{"id":222,"date":"2017-10-02T16:00:35","date_gmt":"2017-10-02T14:00:35","guid":{"rendered":"https:\/\/archiliturgique.fr\/?p=222"},"modified":"2017-10-02T16:00:35","modified_gmt":"2017-10-02T14:00:35","slug":"la-polarite-dynamique-de-leglise-saint-ignace-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/la-polarite-dynamique-de-leglise-saint-ignace-paris\/","title":{"rendered":"La polarit\u00e9 dynamique de l\u2019\u00e9glise Saint Ignace &#8211; Paris"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><span style=\"color: #808080;\">\u00a0L\u2019\u00e9glise Saint-Ignace est l\u2019\u00e9glise des j\u00e9suites \u00e0 Paris situ\u00e9e rue de S\u00e8vres dans le VI\u00b0 arrondissement. Elle a \u00e9t\u00e9 construite dans un style n\u00e9o-gothique par la Compagnie de J\u00e9sus en 1855 et d\u00e8s sa construction elle est ouverte au public. Sans avoir pour autant de fa\u00e7ade donnant sur la rue. Ce lieu est une illustration des innovations soutenues par le Pape Pie X. Ce nouvel \u00e9lan dans le renouveau liturgique a permis en 1953 aux J\u00e9suites de Paris d\u2019inaugurer, en semaine, des messes du soir face au peuple sur un petit autel portatif avec les lectures en fran\u00e7ais. En 1960, un r\u00e9am\u00e9nagement tr\u00e8s important de l\u2019espace liturgique dans le ch\u0153ur de l\u2019\u00e9glise permet de valoriser les trois lieux de l\u2019action liturgique : l\u2019autel, l\u2019ambon de la Parole et le si\u00e8ge de la pr\u00e9sidence. A partir de mars 2001, quarante ans apr\u00e8s, une dizaine de nouveaux am\u00e9nagements de l\u2019espace de c\u00e9l\u00e9bration sont exp\u00e9riment\u00e9s pour \u00eatre d\u00e9finis durablement en mars 2003.<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p>Cette \u00e9glise s\u2019est recompos\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur au fur et \u00e0 mesure donnant, in fine une forme nouvelle et harmonieuse \u00e0 l\u2019espace de la c\u00e9l\u00e9bration. Cette \u00e9volution et ces exp\u00e9rimentations de l\u2019emplacement de l\u2019autel, de l\u2019ambon de la pr\u00e9sidence, de disposition de l\u2019assembl\u00e9e avec des \u00e9l\u00e9ments provisoires, correspond aux orientations de la Commission Episcopale de la Liturgie datant de 1965\u00a0: \u00ab\u00a0M\u00eame si ce plan a \u00e9t\u00e9 soigneusement \u00e9labor\u00e9, il serait imprudent de le r\u00e9aliser aussit\u00f4t de fa\u00e7on d\u00e9finitive. Il convient, pour \u00e9riger un autel face au peuple, ou un ambon, par exemple, de r\u00e9aliser d\u2019abord des mod\u00e8les provisoires, en mat\u00e9riaux l\u00e9gers et peu co\u00fbteux [\u2026]. On pourra, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience, en modifier peu \u00e0 peu l\u2019emplacement, la forme, les proportions. C\u2019est seulement apr\u00e8s plusieurs mois de mise \u00e0 l\u2019essai qu\u2019on pourra proc\u00e9der \u00e0 des d\u00e9molitions ou \u00e0 des constructions d\u00e9finitives.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. C\u2019est en Mars 2007 que l\u2019autel, l\u2019ambon et la pr\u00e9sidence sont\u00a0 refait \u00e0 l\u2019identique mais en pierre.<\/p>\n<p>Les architectes Beno\u00eet Ferr\u00e9, Etienne Tricaud et Jean-Marie Duthilleul proposent de respecter le <strong>grand axe de l\u2019\u00e9glise<\/strong>, de la porte au ch\u0153ur en passant par l\u2019autel. L\u2019autel n\u2019est pas au centre de la nef, mais l\u00e9g\u00e8rement vers l\u2019ancien ch\u0153ur. Cet ancien ch\u0153ur est \u00e0 pr\u00e9sent s\u00e9par\u00e9 du nouveau ch\u0153ur par deux portes r\u00e9alis\u00e9es en teck et constituant un claustra filtrant le regard et augmentant le c\u00f4t\u00e9 mystique du lieu. L\u2018<strong>assembl\u00e9e est dispos\u00e9 en forme de mandorle<\/strong><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> ou d\u2019 ellipse dans laquelle se d\u00e9ploie un triangle compos\u00e9 d\u2019une ligne compos\u00e9 de l\u2019ambon et du si\u00e8ge de pr\u00e9sidence, adoss\u00e9 \u00e0 un pilier et formant le petit axe de la composition, et de l\u2019autel plac\u00e9 \u00e0 l\u2019un des deux foyers de l\u2019ellipse. Ces trois \u00e9l\u00e9ments d\u00e9finissent le sanctuaire. Le <strong>second foyer est constitu\u00e9 de vide. Il est le lieu des c\u00e9l\u00e9brations vivantes\u00a0: bapt\u00eame, ordination, enterrement, etc.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019entr\u00e9e de l\u2019\u00e9glise se fait par un sas constitu\u00e9 de panneau recouvert par un claustra de bois exotique, il filtre la vision que les fid\u00e8les ont de la rue depuis l\u2019int\u00e9rieur et \u00e9galement le regard que porte les visiteurs vers ce sanctuaire depuis la ville, Il permet \u00e9galement de limiter les nuisances sonores. Un narthex offre diff\u00e9rents espaces. Face \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, dans l\u2019axe majeur se d\u00e9ploie l\u2019ensemble autel, ambon, pr\u00e9sidence. Sur la gauche est am\u00e9nag\u00e9e une chapelle de la vierge qui accueille de mani\u00e8re tr\u00e8s chaleureuse les fid\u00e8les. C\u2019est un lieu de recueillement et de pri\u00e8re et de d\u00e9votion personnelle. La mise en sc\u00e8ne de l\u2019iconographie am\u00e8ne ainsi les personnes \u00e0 une v\u00e9ritable int\u00e9riorit\u00e9. La partie de droite est d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019accueil proprement dit, avec les informations de la vie de l\u2019\u00e9glise.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9glise, de style n\u00e9o-gothique, poss\u00e8de quatre chapelles lat\u00e9rales peintes dans lesquelles la circulation est possible. Cette disposition a permis de lib\u00e9rer de toute circulation l\u2019espace du sanctuaire. Ces chapelles ont retrouv\u00e9s avec ce nouvel am\u00e9nagement un r\u00f4le et une fonction. Elles participent \u00e0 l\u2019\u00e9largissement de l\u2019espace liturgique mais \u00e9galement au placement de la chapelle d\u00e9di\u00e9e au sacrement de r\u00e9conciliation. Ce dispositif est tr\u00e8s dynamique. Les fid\u00e8les alternent sans confusion les diff\u00e9rents p\u00f4les de la liturgie, l\u2019autel conservant toute sa pr\u00e9\u00e9minence. Les distances entres les fid\u00e8les sont suffisamment grandes pour que les fid\u00e8les ne soient pas g\u00ean\u00e9es ou perturb\u00e9s lors les c\u00e9l\u00e9brations. L\u2019assembl\u00e9e est plac\u00e9e sur des estrades en bois dans lesquelles circulent tous les \u00e9l\u00e9ments techniques et de confort. Ces estrades rendent bien visible l\u2019action liturgique qui se d\u00e9roule, l\u2019autel n\u2019\u00e9tant sur\u00e9lever que d\u2019un marchepied et le sol de l\u2019\u00e9glise \u00e9tant plan. L\u2019assembl\u00e9e peut se dilater et se disposer facilement dans les chapelles lat\u00e9rales qui servent \u00e9galement de lieu plus discret pour les fid\u00e8les qui recherchent plus de recueillement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>\u200a. Commission Episcopale de Liturgie, Le renouveau liturgique et la disposition des \u00e9glises, Directives pratiques, 20 juillet 1965, p.4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>\u200a. Le mot mandorle vient de l\u2019italien mandorla qui signifie amande. Il d\u00e9signe une figure en forme d\u2019ovale ou d\u2019amande dans laquelle s\u2019inscrivent des personnages sacr\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0L\u2019\u00e9glise Saint-Ignace est l\u2019\u00e9glise des j\u00e9suites \u00e0 Paris situ\u00e9e rue de S\u00e8vres dans le VI\u00b0 arrondissement. Elle a \u00e9t\u00e9 construite dans un style n\u00e9o-gothique par la Compagnie de J\u00e9sus en 1855 et d\u00e8s sa construction elle est ouverte au public. Sans avoir pour autant de fa\u00e7ade donnant sur la rue. 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