{"id":302,"date":"2018-02-07T17:09:09","date_gmt":"2018-02-07T16:09:09","guid":{"rendered":"https:\/\/archiliturgique.fr\/?p=302"},"modified":"2018-02-07T17:09:09","modified_gmt":"2018-02-07T16:09:09","slug":"lumen-gentium","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/lumen-gentium\/","title":{"rendered":"LUMEN GENTIUM"},"content":{"rendered":"<p>PAUL, \u00c9V\u00caQUE,<br \/>\nSERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,<br \/>\nAVEC LES P\u00c8RES DU SAINT CONCILE,<br \/>\nPOUR QUE LE SOUVENIR S&#8217;EN MAINTIENNE \u00c0 JAMAIS.<\/p>\n<p>CONSTITUTION DOGMATIQUE SUR L&#8217;\u00c9GLISE<br \/>\nLUMEN GENTIUM<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>CHAPITRE PREMIER\u00a0:<br \/>\nLe Myst\u00e8re de l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>1.\u00a0Le but de la Constitution sur l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>Le Christ est la lumi\u00e8re des peuples ; r\u00e9uni dans l\u2019Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annon\u00e7ant \u00e0 toutes les cr\u00e9atures la bonne nouvelle de l\u2019\u00c9vangile r\u00e9pandre sur tous les hommes la clart\u00e9 du Christ qui resplendit sur le visage de l\u2019\u00c9glise (cf.\u00a0Mc\u00a016, 15). L\u2019\u00c9glise \u00e9tant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la fois le signe et le moyen de l\u2019union intime avec Dieu et de l\u2019unit\u00e9 de tout le genre humain, elle se propose de mettre dans une plus vive lumi\u00e8re, pour ses fid\u00e8les et pour le monde entier, en se rattachant \u00e0 l\u2019enseignement des pr\u00e9c\u00e9dents Conciles, sa propre nature et sa mission universelle. \u00c0 ce devoir qui est celui de l\u2019\u00c9glise, les conditions pr\u00e9sentes ajoutent une nouvelle urgence : il faut que tous les hommes, d\u00e9sormais plus \u00e9troitement unis entre eux par les liens sociaux, techniques, culturels, r\u00e9alisent \u00e9galement leur pleine unit\u00e9 dans le Christ.<\/p>\n<p>2.\u00a0Le dessein universel de salut du P\u00e8re \u00e9ternel<\/p>\n<p>Le P\u00e8re \u00e9ternel par la disposition absolument libre et myst\u00e9rieuse de sa sagesse et de sa bont\u00e9 a cr\u00e9\u00e9 l\u2019univers ; il a voulu \u00e9lever les hommes \u00e0 la participation de la vie divine ; devenus p\u00e9cheurs en Adam, il ne les a pas abandonn\u00e9s, leur apportant sans cesse les secours salutaires, en consid\u00e9ration du Christ r\u00e9dempteur, \u00ab qui est l\u2019image du Dieu invisible, premier-n\u00e9 de toute la cr\u00e9ation \u00bb (Col\u00a01, 15). Tous ceux qu\u2019il a choisis, le P\u00e8re, avant tous les si\u00e8cles, les \u00ab a distingu\u00e9s et pr\u00e9destin\u00e9s \u00e0 reproduire l\u2019image de son Fils qui devient ainsi l\u2019a\u00een\u00e9 d\u2019une multitude de fr\u00e8res \u00bb (Rm\u00a08, 29). Et tous ceux qui croient au Christ, il a voulu les convoquer dans la sainte \u00c9glise qui, annonc\u00e9e en figure d\u00e8s l\u2019origine du monde, merveilleusement pr\u00e9par\u00e9e dans l\u2019histoire du peuple d\u2019Isra\u00ebl et de l\u2019ancienne Alliance [1], \u00e9tablie enfin dans ces temps qui sont les derniers, s\u2019est manifest\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019effusion de l\u2019Esprit Saint et, au terme des si\u00e8cles, se consommera dans la gloire. Alors, comme on peut le lire dans les saints P\u00e8res, tous les justes depuis Adam, \u00ab depuis Abel le juste jusqu\u2019au dernier \u00e9lu [2] \u00bb se trouveront rassembl\u00e9s aupr\u00e8s du P\u00e8re dans l\u2019\u00c9glise universelle.<\/p>\n<p>3.\u00a0La mission et l\u2019\u0153uvre du Fils<\/p>\n<p>Ainsi le Fils vint, envoy\u00e9 par le P\u00e8re qui nous avait choisis en lui avant la cr\u00e9ation du monde et pr\u00e9destin\u00e9s \u00e0 l\u2019adoption filiale, selon son libre dessein de tout rassembler en lui (cf.\u00a0Ep\u00a01, 4-5.10). C\u2019est pourquoi le Christ, pour accomplir la volont\u00e9 du P\u00e8re, inaugura le Royaume des cieux sur la terre, tout en nous r\u00e9v\u00e9lant son myst\u00e8re et, par son ob\u00e9issance, effectua la r\u00e9demption. L\u2019\u00c9glise, qui est le r\u00e8gne de Dieu d\u00e9j\u00e0 myst\u00e9rieusement pr\u00e9sent, op\u00e8re dans le monde, par la vertu de Dieu, sa croissance visible. Commencement et d\u00e9veloppement que signifient le sang et l\u2019eau sortant du c\u00f4t\u00e9 ouvert de J\u00e9sus crucifi\u00e9 (cf.\u00a0Jn\u00a019, 34) et que proph\u00e9tisent les paroles du Seigneur disant de sa mort en croix : \u00ab Pour moi, quand j\u2019aurai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de terre, j\u2019attirerai tous les hommes \u00bb (Jn\u00a012, 32\u00a0grec). Toutes les fois que le sacrifice de la croix par lequel le Christ notre p\u00e2que a \u00e9t\u00e9 immol\u00e9 (1 Co\u00a05, 7) se c\u00e9l\u00e8bre sur l\u2019autel, l\u2019\u0153uvre de notre R\u00e9demption s\u2019op\u00e8re. En m\u00eame temps, par le sacrement du pain eucharistique, est repr\u00e9sent\u00e9e et r\u00e9alis\u00e9e l\u2019unit\u00e9 des fid\u00e8les qui, dans le Christ, forment un seul corps (cf.\u00a01 Co\u00a010, 17). \u00c0 cette union avec le Christ, lumi\u00e8re du monde, de qui nous proc\u00e9dons, par qui nous vivons, vers qui nous tendons, tous les hommes sont appel\u00e9s.<\/p>\n<p>4.\u00a0La sanctification de l\u2019\u00c9glise par le Saint-Esprit<\/p>\n<p>Une fois achev\u00e9e l\u2019\u0153uvre que le P\u00e8re avait charg\u00e9 son Fils d\u2019accomplir sur la terre (cf.\u00a0Jn\u00a017, 4), le jour de Pentec\u00f4te, l\u2019Esprit Saint fut envoy\u00e9 qui devait sanctifier l\u2019\u00c9glise en permanence et procurer ainsi aux croyants, par le Christ, dans l\u2019unique esprit, l\u2019acc\u00e8s aupr\u00e8s du P\u00e8re (cf.\u00a0Ep\u00a02, 18). C\u2019est lui, l\u2019Esprit de vie, la source d\u2019eau jaillissante pour la vie \u00e9ternelle (cf.\u00a0Jn\u00a04, 14 ; 7, 38-39), par qui le P\u00e8re donne la vie aux hommes que le p\u00e9ch\u00e9 avait tu\u00e9s, en attendant de ressusciter dans le Christ leur corps mortel (cf.\u00a0Rm\u00a08, 10-11). L\u2019Esprit habite dans l\u2019\u00c9glise et dans le c\u0153ur des fid\u00e8les comme dans un temple (cf.\u00a01 Co\u00a03, 16 ; 6, 19), en eux il prie et atteste leur condition de fils de Dieu par adoption (cf.\u00a0Ga\u00a04, 6 ;\u00a0Rm\u00a08, 15-16.26). Cette \u00c9glise qu\u2019il introduit dans la v\u00e9rit\u00e9 tout enti\u00e8re (cf.\u00a0Jn\u00a016, 13), et \u00e0 laquelle il assure l\u2019unit\u00e9 de la communaut\u00e9 et du minist\u00e8re, il b\u00e2tit et la dirige gr\u00e2ce \u00e0 la diversit\u00e9 des dons hi\u00e9rarchiques et charismatiques, il l\u2019orne de ses fruits (cf.\u00a0Ep\u00a04, 11-12 ;\u00a01 Co\u00a012, 4 ;\u00a0Ga\u00a05, 22). Par la vertu de l\u2019\u00c9vangile, il fait la jeunesse de l\u2019\u00c9glise et la renouvelle sans cesse, l\u2019acheminant \u00e0 l\u2019union parfaite avec son \u00e9poux [3]. L\u2019Esprit et l\u2019\u00c9pouse, en effet, disent au Seigneur J\u00e9sus : \u00ab Viens\u00bb (cf.\u00a0Ap\u00a022, 17). Ainsi l\u2019\u00c9glise universelle appara\u00eet comme un \u00ab peuple qui tire son unit\u00e9 de l\u2019unit\u00e9 du P\u00e8re et du Fils et de l\u2019Esprit Saint [4] \u00bb.<\/p>\n<p>5.\u00a0Le Royaume de Dieu<\/p>\n<p>Le myst\u00e8re de l\u2019\u00c9glise sainte se manifeste en sa fondation. En effet, le Seigneur J\u00e9sus posa le commencement de son \u00c9glise en pr\u00eachant l\u2019heureuse nouvelle, l\u2019av\u00e8nement du r\u00e8gne de Dieu promis dans les \u00c9critures depuis les si\u00e8cles : \u00ab que les temps sont accomplis et que le Royaume de Dieu est l\u00e0 \u00bb (Mc\u00a01, 15 ;\u00a0Mt\u00a04, 17). Ce Royaume, il brille aux yeux des hommes dans la parole, les \u0153uvres et la pr\u00e9sence du Christ. La parole du Seigneur est en effet compar\u00e9e \u00e0 une semence qu\u2019on s\u00e8me dans un champ (Mc\u00a04, 14) : ceux qui l\u2019\u00e9coutent avec foi et sont agr\u00e9g\u00e9s au petit troupeau du Christ (Lc\u00a012, 32) ont accueilli le Royaume lui-m\u00eame ; puis, par sa propre vertu, la semence germe et cro\u00eet jusqu\u2019au temps de la moisson (cf.\u00a0Mc\u00a04, 26-29). Les miracles de J\u00e9sus confirment \u00e9galement que le Royaume est d\u00e9j\u00e0 venu sur la terre : \u00ab si c\u2019est par le doigt de Dieu que j\u2019expulse les d\u00e9mons, c\u2019est donc que le Royaume de Dieu est arriv\u00e9 parmi vous \u00bb (Lc\u00a011, 20 ; Mt 12, 28). Avant tout cependant, le Royaume se manifeste dans la personne m\u00eame du Christ, Fils de Dieu et Fils de l\u2019homme, \u00ab venu pour servir et donner sa vie en ran\u00e7on d\u2019une multitude \u00bb (Mc\u00a010, 45).<\/p>\n<p>Et quand J\u00e9sus, ayant souffert pour les hommes la mort de la croix, fut ressuscit\u00e9, il apparut que Dieu l\u2019avait fait Seigneur, Christ et Pr\u00eatre pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 (cf.\u00a0Ac\u00a02, 36 ;\u00a0He\u00a05, 6 ; 7, 17-21), et il r\u00e9pandit sur ses disciples l\u2019Esprit promis par le P\u00e8re (cf.\u00a0Ac\u00a02, 33). Aussi l\u2019\u00c9glise, pourvue des dons de son fondateur, et fid\u00e8lement appliqu\u00e9e \u00e0 garder ses pr\u00e9ceptes de charit\u00e9, d\u2019humilit\u00e9 et d\u2019abn\u00e9gation, re\u00e7oit mission d\u2019annoncer le Royaume du Christ et de Dieu et de l\u2019instaurer dans toutes les nations, formant de ce Royaume le germe et le commencement sur la terre. Cependant, tandis que peu \u00e0 peu elle s\u2019accro\u00eet, elle-m\u00eame aspire \u00e0 l\u2019ach\u00e8vement de ce Royaume, esp\u00e9rant de toutes ses forces et appelant de ses v\u0153ux l\u2019heure o\u00f9 elle sera, dans la gloire, r\u00e9unie \u00e0 son Roi.<\/p>\n<p>6.\u00a0Les diverses images de l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>Tout comme dans l\u2019Ancien Testament la r\u00e9v\u00e9lation du Royaume est souvent pr\u00e9sent\u00e9e sous des figures, de m\u00eame maintenant c\u2019est sous des images vari\u00e9es que la nature intime de l\u2019\u00c9glise nous est montr\u00e9e, images tir\u00e9es soit de la vie pastorale ou de la vie des champs, soit du travail de construction ou encore de la famille et des \u00e9pousailles, et qui se trouvent \u00e9bauch\u00e9es d\u00e9j\u00e0 dans les livres des proph\u00e8tes.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise, en effet, est le\u00a0bercail\u00a0dont le Christ est l\u2019entr\u00e9e unique et n\u00e9cessaire (Jn\u00a010, 1- 10). Elle est aussi le troupeau dont Dieu a proclam\u00e9 lui-m\u00eame \u00e0 l\u2019avance qu\u2019il serait le pasteur (cf.\u00a0Is\u00a040, 11 ;\u00a0Ez\u00a034, 11s.), et dont les brebis, quoiqu\u2019elles aient \u00e0 leur t\u00eate des pasteurs humains, sont cependant continuellement conduites et nourries par le Christ m\u00eame, Bon Pasteur et Prince des pasteurs (cf.\u00a0Jn\u00a010, 11 ; 1 P 5, 4), qui a donn\u00e9 sa vie pour ses brebis (cf.\u00a0Jn\u00a010, 11-15).<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise est le\u00a0terrain de culture, le champ de Dieu (1 Co\u00a03, 9). Dans ce champ cro\u00eet l\u2019antique olivier dont les patriarches furent la racine sainte et en lequel s\u2019op\u00e8re et s\u2019op\u00e9rera la r\u00e9conciliation entre Juifs et Gentils (Rm\u00a011, 13-26). Elle fut plant\u00e9e par le Vigneron c\u00e9leste comme une vigne choisie (Mt\u00a021, 33-43 par. ;\u00a0Is\u00a05, 1 s.). La Vigne v\u00e9ritable, c\u2019est le Christ : c\u2019est lui qui donne vie et f\u00e9condit\u00e9 aux rameaux que nous sommes : par l\u2019\u00c9glise nous demeurons en lui, sans qui nous ne pouvons rien faire (Jn\u00a015, 1-5).<\/p>\n<p>Bien souvent aussi, l\u2019\u00c9glise est dite la\u00a0construction\u00a0de Dieu (1 Co\u00a03, 9). Le Seigneur lui-m\u00eame s\u2019est compar\u00e9 \u00e0 la pierre rejet\u00e9e par les b\u00e2tisseurs et devenue pierre angulaire (Mt\u00a021, 42 par. ;\u00a0Ac\u00a04, 11 ;\u00a01 P\u00a02, 7 ;\u00a0Ps\u00a0117, 22). Sur ce fondement, l\u2019\u00c9glise est construite par les Ap\u00f4tres (cf.\u00a01 Co\u00a03, 11), et de ce fondement elle re\u00e7oit fermet\u00e9 et coh\u00e9sion. Cette construction est d\u00e9cor\u00e9e d\u2019appellations diverses : la maison de Dieu (1 Tm\u00a03, 15), celle dans laquelle habite la\u00a0famille, l\u2019habitation de Dieu dans l\u2019Esprit (Ep\u00a02, 19-22), la demeure de Dieu chez les hommes (Ap\u00a021, 3), et surtout le\u00a0temple\u00a0saint, lequel, repr\u00e9sent\u00e9 par des sanctuaires de pierres, est l\u2019objet de la louange des saints P\u00e8res et compar\u00e9 \u00e0 juste titre dans la liturgie \u00e0 la Cit\u00e9 sainte, la nouvelle J\u00e9rusalem [5]. En effet, nous sommes en elle sur la terre comme les pierres vivantes qui entrent dans la construction (1 P\u00a02, 5). Cette Cit\u00e9 sainte, Jean la contemple descendant du ciel d\u2019aupr\u00e8s de Dieu \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 se renouvellera le monde, pr\u00eate comme une fianc\u00e9e par\u00e9e pour son \u00e9poux (Ap\u00a021, 1 s.).<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise s\u2019appelle encore \u00ab la J\u00e9rusalem d\u2019en haut \u00bb et \u00ab notre m\u00e8re \u00bb (Ga\u00a04, 26 ; cf.\u00a0Ap\u00a012, 17) ; elle est d\u00e9crite comme l\u2019\u00e9pouse immacul\u00e9e de l\u2019Agneau immacul\u00e9 (Ap\u00a019, 7 ; 21, 2.9 ; 22, 17) que le Christ \u00ab a aim\u00e9e, pour laquelle il s\u2019est livr\u00e9 afin de la sanctifier \u00bb (Ep\u00a05, 26), qu\u2019il s\u2019est associ\u00e9e par un pacte indissoluble, qu\u2019il ne cesse de \u00ab nourrir et d\u2019entourer de soins \u00bb (Ep\u00a05, 29) ; l\u2019ayant purifi\u00e9e, il a voulu se l\u2019unir et se la soumettre dans l\u2019amour et la fid\u00e9lit\u00e9 (cf.\u00a0Ep\u00a05, 24), la comblant enfin et pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 des biens c\u00e9lestes, pour que nous puissions comprendre l\u2019amour envers nous de Dieu et du Christ, amour qui d\u00e9fie toute connaissance (cf.\u00a0Ep\u00a03, 19). Tant qu\u2019elle chemine sur cette terre, loin du Seigneur (cf.\u00a02 Co\u00a05, 6), l\u2019\u00c9glise se consid\u00e8re comme exil\u00e9e, en sorte qu\u2019elle est en qu\u00eate des choses d\u2019en haut et en garde le go\u00fbt, tourn\u00e9e l\u00e0 o\u00f9 le Christ se trouve, assis \u00e0 la droite de Dieu, l\u00e0 o\u00f9 la vie de l\u2019\u00c9glise est cach\u00e9e avec le Christ en Dieu, attendant l\u2019heure o\u00f9, avec son \u00e9poux, elle appara\u00eetra dans la gloire (cf.\u00a0Col\u00a03, 1- 4).<\/p>\n<p>7.\u00a0L\u2019\u00c9glise, corps mystique du Christ<\/p>\n<p>Le Fils de Dieu, dans la nature humaine qu\u2019il s\u2019est unie, a rachet\u00e9 l\u2019homme en triomphant de la mort par sa mort et sa r\u00e9surrection, et il l\u2019a transform\u00e9 en une cr\u00e9ature nouvelle (cf.\u00a0Ga\u00a06, 15 ;\u00a02 Co\u00a05, 17). En effet, en communiquant son Esprit \u00e0 ses fr\u00e8res, qu\u2019il rassemblait de toutes les nations, il les a constitu\u00e9s, mystiquement, comme son corps.<\/p>\n<p>Dans ce corps, la vie du Christ se r\u00e9pand \u00e0 travers les croyants que les sacrements, d\u2019une mani\u00e8re myst\u00e9rieuse et r\u00e9elle, unissent au Christ souffrant et glorifi\u00e9 [6]. Par le bapt\u00eame, en effet, nous sommes rendus semblables au Christ : \u00ab Car nous avons tous \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s en un seul Esprit pour n\u2019\u00eatre qu\u2019un seul corps \u00bb (1 Co\u00a012, 13). Par ce rite sacr\u00e9 est signifi\u00e9e et r\u00e9alis\u00e9e l\u2019union avec la mort et la r\u00e9surrection du Christ. \u00ab Nous avons \u00e9t\u00e9 mis au tombeau avec lui par le bapt\u00eame qui nous plonge en sa mort\u00bb, et \u00ab si nous sommes devenus avec lui un m\u00eame \u00eatre par une mort semblable \u00e0 la sienne, nous le serons aussi par une semblable r\u00e9surrection \u00bb (Rm\u00a06, 4-5). Participant r\u00e9ellement au Corps du Seigneur dans la fraction du pain eucharistique, nous sommes \u00e9lev\u00e9s \u00e0 la communion avec lui et entre nous. Puisqu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un seul pain, \u00e0 nous tous nous ne formons qu\u2019un corps, car tous nous avons part \u00e0 ce pain unique \u00bb (1 Co\u00a010, 17). Nous devenons ainsi les membres de ce corps (cf.\u00a01 Co\u00a012, 27), \u00ab \u00e9tant chacun pour sa part membres les uns des autres\u00bb (Rm\u00a012, 5).<\/p>\n<p>Mais comme tous les membres du corps humain, malgr\u00e9 leur multiplicit\u00e9, ne forment cependant qu\u2019un seul corps, ainsi les fid\u00e8les dans le Christ (cf.\u00a01 Co\u00a012, 12). Dans l\u2019\u00e9dification du Corps du Christ r\u00e8gne \u00e9galement une diversit\u00e9 de membres et de fonctions. Unique est l\u2019Esprit qui distribue des dons vari\u00e9s pour le bien de l\u2019\u00c9glise \u00e0 la mesure de ses richesses et des exigences des services (cf.\u00a01 Co\u00a012, 11). Parmi ces dons, la gr\u00e2ce accord\u00e9e aux Ap\u00f4tres tient la premi\u00e8re place : l\u2019Esprit lui-m\u00eame soumet \u00e0 leur autorit\u00e9 jusqu\u2019aux b\u00e9n\u00e9ficiaires des charismes (cf.\u00a01 Co\u00a014). Le m\u00eame Esprit qui est par lui-m\u00eame principe d\u2019unit\u00e9 dans le corps o\u00f9 s\u2019exerce sa vertu et o\u00f9 il r\u00e9alise la connexion int\u00e9rieure des membres, produit et stimule entre les fid\u00e8les la charit\u00e9. Aussi un membre ne peut souffrir, que tous les membres ne souffrent, un membre ne peut \u00eatre \u00e0 l\u2019honneur, que tous les membres ne se r\u00e9jouissent avec lui (cf.1 Co\u00a012, 26).<\/p>\n<p>De ce corps le Christ est la t\u00eate. Il est l\u2019image du Dieu invisible et en lui toutes choses ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es. Il est ant\u00e9rieur \u00e0 tous et l\u2019univers subsiste en lui. Il est la t\u00eate du corps qu\u2019est l\u2019\u00c9glise. Il est Principe, premier-n\u00e9 d\u2019entre les morts, afin d\u2019exercer en tout la primaut\u00e9 (cf.\u00a0Col.\u00a01, 15-18). Sa grande puissance lui donne domination sur les choses du ciel et celles de la terre et, par sa perfection et son action souveraine, il comble des richesses de sa gloire le corps tout entier (cf.\u00a0Ep\u00a01, 18-23) [7].<\/p>\n<p>Tous les membres doivent se conformer \u00e0 lui jusqu\u2019\u00e0 ce que le Christ soit form\u00e9 en eux (cf. Ga 4, 19). C\u2019est pourquoi nous sommes assum\u00e9s dans les myst\u00e8res de sa vie, configur\u00e9s \u00e0 lui, associ\u00e9s \u00e0 sa mort et \u00e0 sa r\u00e9surrection, en attendant de l\u2019\u00eatre \u00e0 son r\u00e8gne (cf.\u00a0Ph\u00a03, 21 ;\u00a02 Tm\u00a02, 11 ;\u00a0Ep\u00a02, 6 ;\u00a0Col\u00a02, 12, etc.). Encore en p\u00e8lerinage sur la terre, mettant nos pas dans la trace des siens, \u00e0 travers la tribulation et la pers\u00e9cution, nous sommes associ\u00e9s \u00e0 ses souffrances comme le corps \u00e0 la t\u00eate, unis \u00e0 sa passion pour \u00eatre unis \u00e0 sa gloire (cf.\u00a0Rm\u00a08, 17). De lui \u00ab le corps tout entier, par les ligaments et jointures, tire nourriture et coh\u00e9sion pour op\u00e9rer sa croissance en Dieu \u00bb (Col\u00a02, 19). Dans son corps, c\u2019est-\u00e0-dire dans l\u2019\u00c9glise, il dispose continuellement les dons des minist\u00e8res par lesquels nous nous apportons mutuellement, gr\u00e2ce \u00e0 sa vertu, les services n\u00e9cessaires au salut, en sorte que, par la pratique d\u2019une charit\u00e9 sinc\u00e8re nous puissions grandir de toutes mani\u00e8res vers celui qui est notre t\u00eate (cf.\u00a0Ep\u00a04, 11-16\u00a0grec) Pour que nous puissions nous renouveler en lui sans cesse (cf.\u00a0Ep\u00a04, 23) , il nous fait part de son Esprit qui, unique et pr\u00e9sent, identique \u00e0 lui-m\u00eame dans la t\u00eate et dans les membres, vivifie le corps entier, l\u2019unifie et le meut, si bien que son action a pu \u00eatre compar\u00e9e par les saints P\u00e8res \u00e0 la fonction que remplit dans le corps humain, l\u2019\u00e2me, principe de vie [8].<\/p>\n<p>8.\u00a0L\u2019\u00c9glise, \u00e0 la fois visible et spirituelle<\/p>\n<p>Le Christ, unique m\u00e9diateur, cr\u00e9e et continuellement soutient sur la terre, comme un tout visible, son \u00c9glise sainte, communaut\u00e9 de foi, d\u2019esp\u00e9rance et de charit\u00e9, par laquelle il r\u00e9pand, \u00e0 l\u2019intention de tous, la v\u00e9rit\u00e9 et la gr\u00e2ce [9]. Cette soci\u00e9t\u00e9 organis\u00e9e hi\u00e9rarchiquement d\u2019une part et le corps mystique d\u2019autre part, l\u2019ensemble discernable aux yeux et la communaut\u00e9 spirituelle, l\u2019\u00c9glise terrestre et l\u2019\u00c9glise enrichie des biens c\u00e9lestes ne doivent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme deux choses, elles constituent au contraire une seule r\u00e9alit\u00e9 complexe, faite d\u2019un double \u00e9l\u00e9ment humain et divin [10]. C\u2019est pourquoi, en vertu d\u2019une analogie qui n\u2019est pas sans valeur, on la compare au myst\u00e8re du Verbe incarn\u00e9. Tout comme en effet la nature prise par le Verbe divin est \u00e0 son service comme un organe vivant de salut qui lui est indissolublement uni, de m\u00eame le tout social que constitue l\u2019\u00c9glise est au service de l\u2019Esprit du Christ qui lui donne la vie, en vue de la croissance du corps (cf.\u00a0Ep\u00a04, 16) [11].<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 l\u2019unique \u00c9glise du Christ, dont nous professons dans le symbole l\u2019unit\u00e9, la saintet\u00e9, la catholicit\u00e9 et l\u2019apostolicit\u00e9 [12], cette \u00c9glise que notre Sauveur, apr\u00e8s sa r\u00e9surrection, remit \u00e0 Pierre pour qu\u2019il en soit le pasteur (Jn\u00a021, 17), qu\u2019il lui confia, \u00e0 lui et aux autres Ap\u00f4tres, pour la r\u00e9pandre et la diriger (cf.\u00a0Mt\u00a028, 18, etc.) et dont il a fait pour toujours la \u00ab colonne et le fondement de la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb (1 Tm\u00a03, 15). Cette \u00c9glise comme soci\u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e et organis\u00e9e en ce monde, c\u2019est dans l\u2019\u00c9glise catholique qu\u2019elle subsiste, gouvern\u00e9e par le successeur de Pierre et les \u00e9v\u00eaques qui sont en communion avec lui [13], bien que des \u00e9l\u00e9ments nombreux de sanctification et de v\u00e9rit\u00e9 se trouvent hors de sa sph\u00e8re, \u00e9l\u00e9ments qui, appartenant proprement par le don de Dieu \u00e0 l\u2019\u00c9glise du Christ, portent par eux-m\u00eames \u00e0 l\u2019unit\u00e9 catholique.<\/p>\n<p>Mais, comme c\u2019est dans la pauvret\u00e9 et la pers\u00e9cution que le Christ a op\u00e9r\u00e9 la r\u00e9demption, l\u2019\u00c9glise elle aussi est appel\u00e9e \u00e0 entrer dans cette m\u00eame voie pour communiquer aux hommes les fruits du salut. Le Christ J\u00e9sus \u00ab qui \u00e9tait de condition divine s\u2019an\u00e9antit lui-m\u00eame prenant condition d\u2019esclave \u00bb (Ph\u00a02, 6), pour nous \u00ab il s\u2019est fait pauvre, de riche qu\u2019il \u00e9tait \u00bb (2 Co\u00a08, 9). Ainsi l\u2019\u00c9glise, qui a cependant besoin pour remplir sa mission de ressources humaines, n\u2019est pas faite pour chercher une gloire terrestre mais pour r\u00e9pandre, par son exemple aussi, l\u2019humilit\u00e9 et l\u2019abn\u00e9gation. Le Christ a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par le P\u00e8re \u00ab pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, &#8230; gu\u00e9rir les c\u0153urs meurtris \u00bb (Lc\u00a04, 18), \u00ab chercher et sauver ce qui \u00e9tait perdu \u00bb (Lc\u00a019, 10) : de m\u00eame l\u2019\u00c9glise enveloppe de son amour ceux que l\u2019infirmit\u00e9 humaine afflige, bien plus, dans les pauvres et les souffrants, elle reconna\u00eet l\u2019image de son fondateur pauvre et souffrant, elle s\u2019efforce de soulager leur mis\u00e8re et en eux c\u2019est le Christ qu\u2019elle veut servir. Mais tandis que le Christ saint, innocent, sans tache (He\u00a07, 26) ignore le p\u00e9ch\u00e9 (2 Co\u00a05, 21), venant seulement expier les p\u00e9ch\u00e9s du peuple (cf.\u00a0He\u00a02, 17), l\u2019\u00c9glise, elle, enferme des p\u00e9cheurs dans son propre sein, elle est donc \u00e0 la fois sainte et toujours appel\u00e9e \u00e0 se purifier, poursuivant constamment son effort de p\u00e9nitence et de renouvellement.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019\u00c9glise avance dans son p\u00e8lerinage \u00e0 travers les pers\u00e9cutions du monde et les consolations de Dieu [14], annon\u00e7ant la croix et la mort du Seigneur jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il vienne (cf.\u00a01 Co\u00a011, 26). La vertu du Seigneur ressuscit\u00e9 est sa force pour lui permettre de vaincre dans la patience et la charit\u00e9 les afflictions et les difficult\u00e9s qui lui viennent \u00e0 la fois du dehors et du dedans, et de r\u00e9v\u00e9ler fid\u00e8lement au milieu du monde le myst\u00e8re du Seigneur, encore envelopp\u00e9 d\u2019ombre, jusqu\u2019au jour o\u00f9, finalement, il \u00e9clatera dans la pleine lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>CHAPITRE II\u00a0:<br \/>\nLe Peuple de Dieu<\/p>\n<p>9.\u00a0La Nouvelle Alliance et le Peuple nouveau<\/p>\n<p>\u00c0 toute \u00e9poque, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, et en toute nation, Dieu a tenu pour agr\u00e9able quiconque le craint et pratique la justice (cf.\u00a0Ac\u00a010, 35). Cependant le bon vouloir de Dieu a \u00e9t\u00e9 que les hommes ne re\u00e7oivent pas la sanctification et le salut s\u00e9par\u00e9ment, hors de tout lien mutuel ; il a voulu en faire un peuple qui le conna\u00eetrait selon la v\u00e9rit\u00e9 et le servirait dans la saintet\u00e9. C\u2019est pourquoi il s\u2019est choisi Isra\u00ebl pour \u00eatre son peuple avec qui il a fait alliance et qu\u2019il a progressivement instruit, se manifestant, lui-m\u00eame et son dessein, dans l\u2019histoire de ce peuple et se l\u2019attachant dans la saintet\u00e9. Tout cela cependant n\u2019\u00e9tait que pour pr\u00e9parer et figurer l\u2019Alliance Nouvelle et parfaite qui serait conclue dans le Christ, et la r\u00e9v\u00e9lation plus totale qui serait transmise par le Verbe de Dieu lui-m\u00eame, fait chair. \u00ab Voici venir les jours, dit le Seigneur, o\u00f9 je conclurai avec la maison d\u2019Isra\u00ebl et la maison de Juda une Alliance Nouvelle&#8230; Je mettrai ma loi au fond de leur \u00eatre et je l\u2019\u00e9crirai sur leur c\u0153ur. Alors, je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. Tous me conna\u00eetront du plus petit jusqu\u2019au plus grand, dit le Seigneur \u00bb (Jr\u00a031, 31-34). Cette alliance nouvelle, le Christ l\u2019a institu\u00e9e : c\u2019est la Nouvelle Alliance dans son sang (cf.\u00a01 Co\u00a011, 25), il appelle la foule des hommes de parmi les Juifs et de parmi les Gentils, pour former un tout non selon la chair mais dans l\u2019Esprit et devenir le nouveau Peuple de Dieu. Ceux, en effet, qui croient au Christ, qui sont \u00ab re-n\u00e9s \u00bb non d\u2019un germe corruptible mais du germe incorruptible qui est la parole du Dieu vivant (cf.\u00a01 P\u00a01, 23), non de la chair, mais de l\u2019eau et de l\u2019Esprit Saint (cf.\u00a0Jn\u00a03, 5-6), ceux-l\u00e0 constituent finalement \u00ab une race \u00e9lue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s\u2019est acquis, ceux qui autrefois n\u2019\u00e9taient pas un peuple \u00e9tant maintenant le Peuple de Dieu \u00bb (1 P\u00a02, 9-10).<\/p>\n<p>Ce peuple messianique a pour chef le Christ, \u00ab livr\u00e9 pour nos p\u00e9ch\u00e9s, ressuscit\u00e9 pour notre justification \u00bb (Rm\u00a04, 25), possesseur d\u00e9sormais du Nom qui est au-dessus de tout nom et glorieusement r\u00e9gnant dans les cieux. Le statut de ce peuple, c\u2019est la dignit\u00e9 et la libert\u00e9 des fils de Dieu, dans le c\u0153ur de qui, comme dans un temple, habite l\u2019Esprit Saint. Sa loi, c\u2019est le commandement nouveau d\u2019aimer comme le Christ lui-m\u00eame nous a aim\u00e9s (cf.\u00a0Jn\u00a013, 34). Sa destin\u00e9e enfin, c\u2019est le Royaume de Dieu, inaugur\u00e9 sur la terre par Dieu m\u00eame, qui doit se dilater encore plus loin jusqu\u2019\u00e0 ce que, \u00e0 la fin des si\u00e8cles, il re\u00e7oive enfin de Dieu son ach\u00e8vement, lorsque le Christ notre vie sera apparu (cf.\u00a0Col\u00a03, 4) et que \u00ab la cr\u00e9ation elle-m\u00eame sera affranchie de l\u2019esclavage de la corruption pour conna\u00eetre la glorieuse libert\u00e9 des enfants de Dieu \u00bb (Rm\u00a08, 21). C\u2019est pourquoi ce peuple messianique, bien qu\u2019il ne comprenne pas encore effectivement l\u2019universalit\u00e9 des hommes et qu\u2019il garde souvent les apparences d\u2019un petit troupeau, constitue cependant pour tout l\u2019ensemble du genre humain le germe le plus s\u00fbr d\u2019unit\u00e9, d\u2019esp\u00e9rance et de salut. \u00c9tabli par le Christ pour communier \u00e0 la vie, \u00e0 la charit\u00e9 et \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, il est entre ses mains l\u2019instrument de la R\u00e9demption de tous les hommes ; au monde entier il est envoy\u00e9 comme lumi\u00e8re du monde et sel de la terre (cf.\u00a0Mt\u00a05, 13-16).<\/p>\n<p>Et tout comme l\u2019Isra\u00ebl selon la chair cheminant dans le d\u00e9sert re\u00e7oit d\u00e9j\u00e0 le nom d\u2019\u00c9glise de Dieu (Ne\u00a013, 1 ; cf.\u00a0Nb\u00a020, 4 ;\u00a0Dt\u00a023, 1 s.) ainsi le nouvel Isra\u00ebl qui s\u2019avance dans le si\u00e8cle pr\u00e9sent en qu\u00eate de la cit\u00e9 future, celle-l\u00e0 permanente (cf.\u00a0He\u00a013, 14), est appel\u00e9 lui aussi : l\u2019\u00c9glise du Christ (cf.\u00a0Mt\u00a016, 18) : c\u2019est le Christ, en effet, qui l\u2019a achet\u00e9 de son sang (cf.\u00a0Ac\u00a020, 28), empli de son Esprit et pourvu des moyens adapt\u00e9s pour son unit\u00e9 visible et sociale. L\u2019ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers J\u00e9sus, auteur du salut, principe d\u2019unit\u00e9 et de paix, Dieu les a appel\u00e9s, il en a fait l\u2019\u00c9glise, pour qu\u2019elle soit, pour tous et pour chacun, le sacrement visible de cette unit\u00e9 salutaire [15]. Destin\u00e9e \u00e0 s\u2019\u00e9tendre \u00e0 toutes les parties du monde, elle prend place dans l\u2019histoire humaine, bien qu\u2019elle soit en m\u00eame temps transcendante aux limites des peuples dans le temps et dans l\u2019espace. Marchant \u00e0 travers les tentations, les tribulations, l\u2019\u00c9glise est soutenue par la vertu de la gr\u00e2ce de Dieu, \u00e0 elle promise par le Seigneur pour que, du fait de son infirmit\u00e9 charnelle, elle ne d\u00e9faille pas \u00e0 la perfection de sa fid\u00e9lit\u00e9 mais reste de son Seigneur la digne \u00c9pouse, se renouvelant sans cesse sous l\u2019action de l\u2019Esprit Saint jusqu\u2019\u00e0 ce que, par la croix, elle arrive \u00e0 la lumi\u00e8re sans couchant.<\/p>\n<p>10.\u00a0Le sacerdoce commun<\/p>\n<p>Le Christ Seigneur, grand pr\u00eatre d\u2019entre les hommes (cf.\u00a0He\u00a05, 1-5) 1-5) a fait du peuple nouveau \u00ab un Royaume, des pr\u00eatres pour son Dieu et P\u00e8re \u00bb (Ap\u00a01, 6 ; 5, 9-10). Les baptis\u00e9s, en effet, par la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration et l\u2019onction du Saint-Esprit, sont consacr\u00e9s pour \u00eatre une demeure spirituelle et un sacerdoce saint, de fa\u00e7on \u00e0 offrir, par toutes les activit\u00e9s du chr\u00e9tien, autant d\u2019hosties spirituelles, en proclamant les merveilles de celui qui, des t\u00e9n\u00e8bres, les a appel\u00e9s \u00e0 son admirable lumi\u00e8re (cf.\u00a01 P\u00a02, 4-10). C\u2019est pourquoi tous les disciples du Christ, pers\u00e9v\u00e9rant dans la pri\u00e8re et la louange de Dieu (cf.\u00a0Ac\u00a02, 42-47), doivent s\u2019offrir en victimes vivantes, saintes, agr\u00e9ables \u00e0 Dieu (cf.\u00a0Rm\u00a012, 1), porter t\u00e9moignage du Christ sur toute la surface de la terre, et rendre raison, sur toute requ\u00eate, de l\u2019esp\u00e9rance qui est en eux d\u2019une vie \u00e9ternelle (cf.\u00a01 P\u00a03, 15).<\/p>\n<p>Le sacerdoce commun des fid\u00e8les et le sacerdoce minist\u00e9riel ou hi\u00e9rarchique, qui ont entre eux une diff\u00e9rence essentielle et non seulement de degr\u00e9, sont cependant ordonn\u00e9s l\u2019un \u00e0 l\u2019autre : l\u2019un et l\u2019autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l\u2019unique sacerdoce du Christ [16]. Celui qui a re\u00e7u le sacerdoce minist\u00e9riel jouit d\u2019un pouvoir sacr\u00e9 pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le r\u00f4le du Christ, le sacrifice eucharistique et l\u2019offrir \u00e0 Dieu au nom du peuple tout entier ; les fid\u00e8les eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent \u00e0 l\u2019offrande de l\u2019Eucharistie [17] et exercent leur sacerdoce par la r\u00e9ception des sacrements, la pri\u00e8re et l\u2019action de gr\u00e2ces, le t\u00e9moignage d\u2019une vie sainte, leur renoncement et leur charit\u00e9 effective.<\/p>\n<p>11.\u00a0L\u2019exercice du sacerdoce commun dans les sacrements<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re sacr\u00e9 et organique de la communaut\u00e9 sacerdotale entre en action par les sacrements et les vertus. Les fid\u00e8les incorpor\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00c9glise par le bapt\u00eame ont re\u00e7u un caract\u00e8re qui les d\u00e9l\u00e8gue pour le culte religieux chr\u00e9tien ; devenus fils de Dieu par une r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, ils sont tenus de professer devant les hommes la foi que par l\u2019\u00c9glise ils ont re\u00e7ue de Dieu [18]. Par le sacrement de confirmation, leur lien avec l\u2019\u00c9glise est rendu plus parfait, ils sont enrichis d\u2019une force sp\u00e9ciale de l\u2019Esprit Saint et oblig\u00e9s ainsi plus strictement tout \u00e0 la fois \u00e0 r\u00e9pandre et d\u00e9fendre la foi par la parole et par l\u2019action en vrais t\u00e9moins du Christ [19]. Participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de toute la vie chr\u00e9tienne, ils offrent \u00e0 Dieu la victime divine et s\u2019offrent eux-m\u00eames avec elle [20] ; ainsi, tant par l\u2019oblation que par la sainte communion, tous, non pas indiff\u00e9remment mais chacun \u00e0 sa mani\u00e8re, prennent leur part originale dans l\u2019action liturgique. Il s\u2019ensuit sous une forme concr\u00e8te qu\u2019ils manifestent, ayant \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9s par le Corps du Christ au cours de la sainte liturgie eucharistique, l\u2019unit\u00e9 du Peuple de Dieu que ce grand sacrement signifie en perfection et r\u00e9alise admirablement.<\/p>\n<p>Ceux qui s\u2019approchent du sacrement de P\u00e9nitence y re\u00e7oivent de la mis\u00e9ricorde de Dieu le pardon de l\u2019offense qu\u2019ils lui ont faite et du m\u00eame coup sont r\u00e9concili\u00e9s avec l\u2019\u00c9glise que leur p\u00e9ch\u00e9 a bless\u00e9e et qui, par la charit\u00e9, l\u2019exemple, les pri\u00e8res, travaille \u00e0 leur conversion. Par la sainte onction des malades et la pri\u00e8re des pr\u00eatres, c\u2019est l\u2019\u00c9glise tout enti\u00e8re qui recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifi\u00e9, pour qu\u2019il les soulage et les sauve (cf. (cf.\u00a0Jc\u00a05, 14-16) ; bien mieux, elle les exhorte de s\u2019associer librement \u00e0 la passion et \u00e0 la mort du Christ (cf.\u00a0Rm\u00a08, 17 ;\u00a0Col 1, 24 ;\u00a02 Tm\u00a02, 11-12 ;\u00a01 P\u00a04, 13) afin d\u2019apporter leur part pour le bien du Peuple de Dieu. Quant \u00e0 ceux parmi les fid\u00e8les qui re\u00e7oivent l\u2019honneur de l\u2019ordre sacr\u00e9, c\u2019est pour \u00eatre par la parole et la gr\u00e2ce de Dieu les pasteurs de l\u2019\u00c9glise qu\u2019ils sont institu\u00e9s au nom du Christ. Enfin, par la vertu du sacrement de mariage, qui leur donne de signifier en y participant le myst\u00e8re de l\u2019unit\u00e9 et de l\u2019amour f\u00e9cond entre le Christ et l\u2019\u00c9glise (cf.\u00a0Ep\u00a05, 32), les \u00e9poux chr\u00e9tiens s\u2019aident mutuellement \u00e0 se sanctifier dans la vie conjugale, par l\u2019accueil et l\u2019\u00e9ducation des enfants ; en leur \u00e9tat de vie et leur ordre, ils ont ainsi dans le Peuple de Dieu leurs dons propres (cf.\u00a01 Co\u00a07, 7) [21]. De leur union, en effet, proc\u00e8de la famille o\u00f9 naissent des membres nouveaux de la cit\u00e9 des hommes, dont la gr\u00e2ce de l\u2019Esprit Saint fera par le bapt\u00eame des fils de Dieu pour que le Peuple de Dieu se perp\u00e9tue tout au long des si\u00e8cles. Il faut que par la parole et par l\u2019exemple, dans cette sorte d\u2019\u00c9glise qu\u2019est le foyer, les parents soient pour leurs enfants les premiers h\u00e9rauts de la foi, au service de la vocation propre de chacun et tout sp\u00e9cialement de la vocation sacr\u00e9e.<\/p>\n<p>Pourvus de moyens salutaires d\u2019une telle abondance et d\u2019une telle grandeur, tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur \u00e9tat de vie, sont appel\u00e9s par Dieu, chacun dans sa route, \u00e0 une saintet\u00e9 dont la perfection est celle m\u00eame du P\u00e8re.<\/p>\n<p>12.\u00a0Le sens de la foi et les charismes dans le peuple chr\u00e9tien<\/p>\n<p>Le Peuple saint de Dieu participe aussi de la fonction proph\u00e9tique du Christ ; il r\u00e9pand son vivant t\u00e9moignage avant tout par une vie de foi et de charit\u00e9, il offre \u00e0 Dieu un sacrifice de louange, le fruit de l\u00e8vres qui c\u00e9l\u00e8brent son Nom (cf.\u00a0He\u00a013, 15). La collectivit\u00e9 des fid\u00e8les, ayant l\u2019onction qui vient du Saint (cf.\u00a01 Jn\u00a02, 20.27), ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu\u2019elle poss\u00e8de, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, \u00ab des \u00e9v\u00eaques jusqu\u2019aux derniers des fid\u00e8les la\u00efcs [22] \u00bb, elle apporte aux v\u00e9rit\u00e9s concernant la foi et les m\u0153urs un consentement universel. Gr\u00e2ce en effet \u00e0 ce sens de la foi qui est \u00e9veill\u00e9 et soutenu par l\u2019Esprit de v\u00e9rit\u00e9, et sous la conduite du magist\u00e8re sacr\u00e9, pourvu qu\u2019il lui ob\u00e9isse fid\u00e8lement, le Peuple de Dieu re\u00e7oit non plus une parole humaine, mais v\u00e9ritablement la Parole de Dieu (cf.\u00a01 Th\u00a02, 13), il s\u2019attache ind\u00e9fectiblement \u00e0 la foi transmise aux saints une fois pour toutes (cf.\u00a0Jude\u00a03), il y p\u00e9n\u00e8tre plus profond\u00e9ment par un jugement droit et la met plus parfaitement en \u0153uvre dans sa vie.<\/p>\n<p>Mais le m\u00eame Esprit Saint ne se borne pas \u00e0 sanctifier le Peuple de Dieu par les sacrements et les minist\u00e8res, \u00e0 le conduire et \u00e0 lui donner l\u2019ornement des vertus, il distribue aussi parmi les fid\u00e8les de tous ordres, \u00ab r\u00e9partissant ses dons \u00e0 son gr\u00e9 en chacun \u00bb (1 Co12, 11), les gr\u00e2ces sp\u00e9ciales qui rendent apte et disponible pour assumer les diverses charges et offices utiles au renouvellement et au d\u00e9veloppement de l\u2019\u00c9glise, suivant ce qu\u2019il est dit : \u00ab C\u2019est toujours pour le bien commun que le don de l\u2019Esprit se manifeste dans un homme \u00bb (1 Co\u00a012, 7). Ces gr\u00e2ces, des plus \u00e9clatantes aux plus simples et aux plus largement diffus\u00e9es, doivent \u00eatre re\u00e7ues avec action de gr\u00e2ce et apporter consolation, \u00e9tant avant tout ajust\u00e9es aux n\u00e9cessit\u00e9s de l\u2019\u00c9glise et destin\u00e9es \u00e0 y r\u00e9pondre. Mais les dons extraordinaires ne doivent pas \u00eatre t\u00e9m\u00e9rairement recherch\u00e9s ; ce n\u2019est pas de ce c\u00f4t\u00e9 qu\u2019il faut esp\u00e9rer pr\u00e9somptueusement le fruit des \u0153uvres apostoliques ; c\u2019est \u00e0 ceux qui ont la charge de l\u2019\u00c9glise de porter un jugement sur l\u2019authenticit\u00e9 de ces dons et sur leur usage bien ordonn\u00e9. C\u2019est \u00e0 eux qu\u2019il convient sp\u00e9cialement, non pas d\u2019\u00e9teindre l\u2019Esprit, mais de tout \u00e9prouver pour retenir ce qui est bon (cf.\u00a01 Th\u00a05, 12.19-21).<\/p>\n<p>13.\u00a0L\u2019universalit\u00e9 ou \u00ab catholicit\u00e9 \u00bb de l\u2019unique Peuple de Dieu<\/p>\n<p>\u00c0 faire partie du Peuple de Dieu, tous les hommes sont appel\u00e9s. C\u2019est pourquoi ce peuple, demeurant uni et unique, est destin\u00e9 \u00e0 se dilater aux dimensions de l\u2019univers entier et \u00e0 toute la suite des si\u00e8cles pour que s\u2019accomplisse ce que s\u2019est propos\u00e9 la volont\u00e9 de Dieu cr\u00e9ant \u00e0 l\u2019origine la nature humaine dans l\u2019unit\u00e9, et d\u00e9cidant de rassembler enfin dans l\u2019unit\u00e9 ses fils dispers\u00e9s (cf.\u00a0Jn\u00a011, 52). C\u2019est dans ce but que Dieu envoya son Fils dont il fit l\u2019h\u00e9ritier de l\u2019univers (cf.\u00a0He\u00a01, 2), pour \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tous Ma\u00eetre, Roi et Pr\u00eatre, chef du peuple nouveau et universel des fils de Dieu. C\u2019est pour cela enfin que Dieu envoya l\u2019Esprit de son Fils, l\u2019Esprit souverain et vivifant, qui est, pour l\u2019\u00c9glise enti\u00e8re, pour tous et chacun des croyants, le principe de leur rassemblement et de leur unit\u00e9 dans la doctrine des Ap\u00f4tres, et la communion fraternelle, dans la fraction du pain et les pri\u00e8res (cf.\u00a0Ac\u00a02, 42\u00a0grec).<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019unique Peuple de Dieu est pr\u00e9sent \u00e0 tous les peuples de la terre, empruntant \u00e0 tous les peuples ses propres citoyens, citoyens d\u2019un Royaume dont le caract\u00e8re n\u2019est pas de nature terrestre mais c\u00e9leste. Tous les fid\u00e8les, en effet, dispers\u00e9s \u00e0 travers le monde, sont, dans l\u2019Esprit Saint, en communion avec les autres, et, de la sorte \u00ab celui qui r\u00e9side \u00e0 Rome sait que ceux des Indes sont pour lui un membre [23] \u00bb. Mais comme le Royaume du Christ n\u2019est pas de ce monde (cf.\u00a0Jn\u00a018, 36), l\u2019\u00c9glise, Peuple de Dieu par qui ce Royaume prend corps, ne retire rien aux richesses temporelles de quelque peuple que ce soit, au contraire, elle sert et assume toutes les capacit\u00e9s, les ressources et les formes de vie des peuples en ce qu\u2019elles ont de bon ; en les assumant, elle les purifie, elle les renforce, elle les \u00e9l\u00e8ve. Elle se souvient en effet qu\u2019il lui faut faire office de rassembleur avec ce Roi \u00e0 qui les nations ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es en h\u00e9ritage (cf.\u00a0Ps\u00a02, 8) et dans la cit\u00e9 duquel on apporte dons et pr\u00e9sents (cf.\u00a0Ps\u00a071 [72], 10 ;\u00a0Is\u00a060, 4-7 ;\u00a0Ap\u00a021, 24). Ce caract\u00e8re d\u2019universalit\u00e9 qui brille sur le Peuple de Dieu est un don du Seigneur lui-m\u00eame, gr\u00e2ce auquel l\u2019\u00c9glise catholique, efficacement et perp\u00e9tuellement, tend \u00e0 r\u00e9capituler l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re avec tout ce qu\u2019elle comporte de bien sous le Christ chef, dans l\u2019unit\u00e9 de son Esprit [24].<\/p>\n<p>En vertu de cette catholicit\u00e9, chacune des parties apporte aux autres et \u00e0 toute l\u2019\u00c9glise le b\u00e9n\u00e9fice de ses propres dons, en sorte que le tout et chacune des parties s\u2019accroissent par un \u00e9change mutuel universel et par un effort commun vers une pl\u00e9nitude dans l\u2019unit\u00e9. C\u2019est pourquoi le Peuple de Dieu ne se constitue pas seulement par le rassemblement des peuples divers, mais jusqu\u2019en lui-m\u00eame, il se construit dans la vari\u00e9t\u00e9 des fonctions. En effet, entre ses membres r\u00e8gne une diversit\u00e9 qui est, soit celle des charges, certains exer\u00e7ant le minist\u00e8re sacr\u00e9 pour le bien de leurs fr\u00e8res, soit celle de la condition et du mode de vie, beaucoup \u00e9tant, de par l\u2019\u00e9tat religieux qui leur fait poursuivre la saintet\u00e9 par une voie plus \u00e9troite, un exemple stimulant pour leurs fr\u00e8res. C\u2019est pourquoi encore il existe l\u00e9gitimement, au sein de la communion de l\u2019\u00c9glise, des \u00c9glises particuli\u00e8res jouissant de leurs traditions propres \u2013 sans pr\u00e9judice du primat de la Chaire de Pierre qui pr\u00e9side \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e universelle de la charit\u00e9 [25], garantit les l\u00e9gitimes diversit\u00e9s et veille \u00e0 ce que, loin de porter pr\u00e9judice \u00e0 l\u2019unit\u00e9, les particularit\u00e9s, au contraire, lui soient profitables. De l\u00e0, enfin, entre les diverses parties de l\u2019\u00c9glise, les liens de communion intime quant aux richesses spirituelles, quant au partage des ouvriers apostoliques et des ressources mat\u00e9rielles. Les membres du Peuple de Dieu sont appel\u00e9s en effet \u00e0 partager leurs biens et \u00e0 chacune des \u00c9glises s\u2019appliquent \u00e9galement les paroles de l\u2019Ap\u00f4tre : \u00ab Que chacun mette au service des autres le don qu\u2019il a re\u00e7u, comme il sied \u00e0 de bons dispensateurs de la gr\u00e2ce divine qui est si diverse \u00bb (1 P\u00a04, 10).<\/p>\n<p>Ainsi donc, \u00e0 cette unit\u00e9 catholique du Peuple de Dieu qui pr\u00e9figure et promeut la paix universelle, tous les hommes sont appel\u00e9s ; \u00e0 cette unit\u00e9 appartiennent sous diverses formes ou sont ordonn\u00e9s, et les fid\u00e8les catholiques et ceux qui, par ailleurs, ont foi dans le Christ, et finalement tous les hommes sans exception que la gr\u00e2ce de Dieu appelle au salut.<\/p>\n<p>14.\u00a0Les fid\u00e8les catholiques<\/p>\n<p>C\u2019est vers les fid\u00e8les catholiques que le saint Concile tourne en premier lieu sa pens\u00e9e. Appuy\u00e9 sur la Sainte \u00c9criture et sur la Tradition, il enseigne que cette \u00c9glise en marche sur la terre est n\u00e9cessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est m\u00e9diateur et voie de salut : or, il nous devient pr\u00e9sent en son Corps qui est l\u2019\u00c9glise ; et en nous enseignant express\u00e9ment la n\u00e9cessit\u00e9 de la foi et du bapt\u00eame (cf.\u00a0Mc\u00a016, 16 ;\u00a0Jn\u00a03, 5), c\u2019est la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise elle-m\u00eame, dans laquelle les hommes entrent par la porte du bapt\u00eame, qu\u2019il nous a confirm\u00e9e en m\u00eame temps. C\u2019est pourquoi ceux qui refuseraient soit d\u2019entrer dans l\u2019\u00c9glise catholique, soit d\u2019y pers\u00e9v\u00e9rer, alors qu\u2019ils la sauraient fond\u00e9e de Dieu par J\u00e9sus Christ comme n\u00e9cessaire, ceux-l\u00e0 ne pourraient pas \u00eatre sauv\u00e9s.<\/p>\n<p>Sont incorpor\u00e9s pleinement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019est l\u2019\u00c9glise ceux qui, ayant l\u2019Esprit du Christ, acceptent int\u00e9gralement son organisation et les moyens de salut qui lui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s, et qui, en outre, gr\u00e2ce aux liens constitu\u00e9s par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement eccl\u00e9siastique et la communion, sont unis, dans l\u2019ensemble visible de l\u2019\u00c9glise, avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pontife et les \u00e9v\u00eaques. L\u2019incorporation \u00e0 l\u2019\u00c9glise, cependant, n\u2019assurerait pas le salut pour celui qui, faute de pers\u00e9v\u00e9rer dans la charit\u00e9, reste bien \u00ab de corps \u00bb au sein de l\u2019\u00c9glise, mais pas \u00ab de c\u0153ur\u00bb [26]. Tous les fils de l\u2019\u00c9glise doivent d\u2019ailleurs se souvenir que la grandeur de leur condition doit \u00eatre rapport\u00e9e non \u00e0 leurs m\u00e9rites, mais \u00e0 une gr\u00e2ce particuli\u00e8re du Christ ; s\u2019ils n\u2019y correspondent pas par la pens\u00e9e, la parole et l\u2019action, ce n\u2019est pas le salut qu\u2019elle leur vaudra, mais un plus s\u00e9v\u00e8re jugement [27].<\/p>\n<p>Quant aux cat\u00e9chum\u00e8nes qui, sous l\u2019action de l\u2019Esprit Saint demandent par un acte explicite de leur volont\u00e9 \u00e0 \u00eatre incorpor\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00c9glise, par le fait m\u00eame de ce v\u0153u, ils lui sont unis, et l\u2019\u00c9glise, maternelle, les enveloppe d\u00e9j\u00e0 dans son amour en prenant soin d\u2019eux.<\/p>\n<p>15.\u00a0Les liens de l\u2019\u00c9glise avec les chr\u00e9tiens non catholiques<\/p>\n<p>Avec ceux qui, \u00e9tant baptis\u00e9s, portent le beau nom de chr\u00e9tiens sans professer pourtant int\u00e9gralement la foi ou sans garder l\u2019unit\u00e9 de la communion sous le Successeur de Pierre, l\u2019\u00c9glise se sait unie pour de multiples raisons [28]. Il en est beaucoup, en effet, qui tiennent la Sainte \u00c9criture pour leur r\u00e8gle de foi et de vie, manifestent un z\u00e8le religieux sinc\u00e8re, croient de tout leur c\u0153ur au Dieu P\u00e8re tout-puissant et au Christ Fils de Dieu et Sauveur [29], sont marqu\u00e9s par le bapt\u00eame qui les unit au Christ, et m\u00eame reconnaissent et re\u00e7oivent d\u2019autres sacrements dans leurs propres \u00c9glises ou dans leurs communaut\u00e9s eccl\u00e9siales. Plusieurs d\u2019entre eux jouissent m\u00eame de l\u2019\u00e9piscopat, c\u00e9l\u00e8brent la sainte Eucharistie et entourent de leur pi\u00e9t\u00e9 la Vierge M\u00e8re de Dieu [30]. \u00c0 cela s\u2019ajoute la communion dans la pri\u00e8re et dans les autres bienfaits spirituels, bien mieux, une v\u00e9ritable union dans l\u2019Esprit Saint, qui, par ses dons et ses gr\u00e2ces, op\u00e8re en eux aussi son action sanctifiante et dont la force a permis \u00e0 certains d\u2019entre eux d\u2019aller jusqu\u2019\u00e0 verser leur sang. Ainsi, l\u2019Esprit suscite en tous les disciples du Christ le d\u00e9sir et les initiatives qui tendent \u00e0 l\u2019union pacifique de tous, suivant la mani\u00e8re que le Christ a voulue, en un troupeau unique sous l\u2019unique Pasteur [31]. \u00c0 cette fin, l\u2019\u00c9glise notre M\u00e8re ne cesse de prier, d\u2019esp\u00e9rer et d\u2019agir, exhortant ses fils \u00e0 se purifier et \u00e0 se renouveler pour que, sur le visage de l\u2019\u00c9glise, le signe du Christ brille avec plus de clart\u00e9.<\/p>\n<p>16.\u00a0Les non-chr\u00e9tiens<\/p>\n<p>Enfin, pour ceux qui n\u2019ont pas encore re\u00e7u l\u2019\u00c9vangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonn\u00e9s au Peuple de Dieu [32] et, en premier lieu, ce peuple qui re\u00e7ut les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair (cf.\u00a0Rm\u00a09, 4-5), peuple tr\u00e8s aim\u00e9 du point de vue de l\u2019\u00e9lection, \u00e0 cause des P\u00e8res, car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de son appel (cf.\u00a0Rm\u00a011, 28-29). Mais le dessein de salut enveloppe \u00e9galement ceux qui reconnaissent le Cr\u00e9ateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d\u2019Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, mis\u00e9ricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. Et m\u00eame des autres, qui cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu\u2019ils ignorent, de ceux-l\u00e0 m\u00eames Dieu n\u2019est pas loin, puisque c\u2019est lui qui donne \u00e0 tous vie, souffle et toutes choses (cf. Ac 17, 25-28), et puisqu\u2019il veut, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut (cf.\u00a01 Tm\u00a02, 4). En effet, ceux qui, sans qu\u2019il y ait de leur faute, ignorent l\u2019\u00c9vangile du Christ et son \u00c9glise, mais cherchent pourtant Dieu d\u2019un c\u0153ur sinc\u00e8re et s\u2019efforcent, sous l\u2019influence de sa gr\u00e2ce, d\u2019agir de fa\u00e7on \u00e0 accomplir sa volont\u00e9 telle que leur conscience la leur r\u00e9v\u00e8le et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut \u00e9ternel [33]. \u00c0 ceux-l\u00e0 m\u00eames qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus \u00e0 une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la gr\u00e2ce divine, \u00e0 avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours n\u00e9cessaires \u00e0 leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l\u2019\u00c9glise le consid\u00e8re comme une pr\u00e9paration \u00e9vang\u00e9lique [34] et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie. Bien souvent, malheureusement, les hommes, tromp\u00e9s par le d\u00e9mon, se sont \u00e9gar\u00e9s dans leurs raisonnements, ils ont d\u00e9laiss\u00e9 le vrai Dieu pour des \u00eatres de mensonge, servi la cr\u00e9ature au lieu du Cr\u00e9ateur (cf.\u00a0Rm\u00a01, 21.25) 21.25) ou bien, vivant et mourant sans Dieu dans ce monde, ils sont expos\u00e9s aux extr\u00e9mit\u00e9s du d\u00e9sespoir. C\u2019est pourquoi l\u2019\u00c9glise, soucieuse de la gloire de Dieu et du salut de tous ces hommes, se souvenant du commandement du Seigneur : \u00ab Pr\u00eachez l\u2019\u00c9vangile \u00e0 toutes cr\u00e9atures\u00bb (Mc\u00a016, 16), met tout son soin \u00e0 encourager et soutenir les missions.<\/p>\n<p>17.\u00a0Le caract\u00e8re missionnaire de l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>En effet tout comme il a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par le P\u00e8re, le Fils lui-m\u00eame a envoy\u00e9 ses Ap\u00f4tres (cf.\u00a0Jn\u00a020, 21) en disant : \u00ab Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du P\u00e8re et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant \u00e0 observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu\u2019\u00e0 la consommation des temps \u00bb (Mt\u00a028, 18-20). Ce solennel commandement du Christ d\u2019annoncer la v\u00e9rit\u00e9 du salut, l\u2019\u00c9glise l\u2019a re\u00e7u des Ap\u00f4tres pour en poursuivre l\u2019accomplissement jusqu\u2019aux extr\u00e9mit\u00e9s de la terre (cf.\u00a0Ac\u00a01, 8). C\u2019est pourquoi elle fait siennes les paroles de l\u2019Ap\u00f4tre : \u00ab Malheur \u00e0 moi si je ne pr\u00eachais pas l\u2019\u00c9vangile \u00bb (1 Co\u00a09, 16) : elle continue donc inlassablement \u00e0 envoyer les h\u00e9rauts de l\u2019\u00c9vangile jusqu\u2019\u00e0 ce que les jeunes \u00c9glises soient pleinement \u00e9tablies et en \u00e9tat de poursuivre elles aussi l\u2019\u0153uvre de l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation. L\u2019Esprit Saint la pousse \u00e0 coop\u00e9rer \u00e0 la r\u00e9alisation totale du dessein de Dieu qui a fait du Christ le principe du salut pour le monde tout entier. En pr\u00eachant l\u2019\u00c9vangile, l\u2019\u00c9glise dispose ceux qui l\u2019entendent \u00e0 croire et \u00e0 confesser la foi, elle les pr\u00e9pare au bapt\u00eame, les arrache \u00e0 l\u2019esclavage de l\u2019erreur et les incorpore au Christ pour cro\u00eetre en lui par la charit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce que soit atteinte la pl\u00e9nitude. Son activit\u00e9 a le r\u00e9sultat non seulement de ne pas se laisser perdre tout ce qu\u2019il y a de germe de bien dans le c\u0153ur et la pens\u00e9e des hommes ou de leurs rites propres et leur culture ; mais de le gu\u00e9rir, l\u2019\u00e9lever, l\u2019achever pour la gloire de Dieu, la confusion du d\u00e9mon et le bonheur de l\u2019homme. \u00c0 tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de l\u2019expansion de la foi [35]. Mais si le bapt\u00eame peut \u00eatre donn\u00e9 aux croyants par n\u2019importe qui, c\u2019est aux pr\u00eatres cependant qu\u2019il revient de procurer l\u2019\u00e9dification du Corps par le sacrifice eucharistique en accomplissant les paroles de Dieu quand il dit par la voix du proph\u00e8te : \u00ab De l\u2019Orient jusqu\u2019au couchant, mon Nom est grand parmi les nations, et en tous lieux est offert \u00e0 mon Nom un sacrifice et une offrande pure \u00bb (Ml\u00a01, 11) [36]. Ainsi, l\u2019\u00c9glise unit pri\u00e8re et travail pour que le monde entier dans tout son \u00eatre soit transform\u00e9 en Peuple de Dieu, en Corps du Seigneur et temple du Saint-Esprit, et que soient rendus dans le Christ, chef de tous, au Cr\u00e9ateur et P\u00e8re de l\u2019univers, tout honneur et toute gloire.<br \/>\nCHAPITRE III\u00a0:<br \/>\nLa constitution hi\u00e9rarchique et l\u2019\u00e9piscopat<\/p>\n<p>18.\u00a0Introduction<\/p>\n<p>Le Christ Seigneur, pour assurer au Peuple de Dieu des pasteurs et les moyens de sa croissance, a institu\u00e9 dans son \u00c9glise divers minist\u00e8res qui tendent au bien de tout le corps. En effet, les ministres qui disposent du pouvoir sacr\u00e9 sont au service de leurs fr\u00e8res, pour que tous ceux qui appartiennent au Peuple de Dieu et jouissent par cons\u00e9quent, en toute v\u00e9rit\u00e9, de la dignit\u00e9 chr\u00e9tienne, puissent parvenir au salut, dans leur effort commun, libre et ordonn\u00e9, vers une m\u00eame fin.<\/p>\n<p>Ce saint Concile, s\u2019engageant sur les traces du premier Concile du Vatican, enseigne et d\u00e9clare avec lui que J\u00e9sus Christ, Pasteur \u00e9ternel, a \u00e9difi\u00e9 la sainte \u00c9glise en envoyant ses Ap\u00f4tres, comme lui-m\u00eame avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par le P\u00e8re (cf.\u00a0Jn\u00a020, 21) ; il a voulu que les successeurs de ces Ap\u00f4tres, c\u2019est-\u00e0-dire les \u00e9v\u00eaques, soient dans l\u2019\u00c9glise, pasteurs jusqu\u2019\u00e0 la consommation des si\u00e8cles. Mais, pour que l\u2019\u00e9piscopat lui-m\u00eame f\u00fbt un et indivis, il a mis saint Pierre \u00e0 la t\u00eate des autres Ap\u00f4tres, instituant, dans sa personne, un principe et un fondement perp\u00e9tuels et visibles d\u2019unit\u00e9 de la foi et de communion [37]. Cette doctrine du primat du Pontife romain et de son infaillible magist\u00e8re, quant \u00e0 son institution, \u00e0 sa perp\u00e9tuit\u00e9, \u00e0 sa force et \u00e0 sa conception, le saint Concile \u00e0 nouveau la propose \u00e0 tous les fid\u00e8les comme objet certain de foi. De plus, poursuivant la t\u00e2che commenc\u00e9e, il veut, devant tous, \u00e9noncer et expliciter la doctrine en ce qui concerne les \u00e9v\u00eaques, successeurs des Ap\u00f4tres qui, avec le successeur de Pierre, vicaire du Christ [38], et chef visible de toute l\u2019\u00c9glise, ont charge de diriger la maison du Dieu vivant.<\/p>\n<p>19.\u00a0L\u2019institution des Douze<\/p>\n<p>Le Seigneur J\u00e9sus, apr\u00e8s avoir longuement pri\u00e9 son P\u00e8re, appela \u00e0 lui ceux qu\u2019il voulut et en institua douze pour en faire ses compagnons et les envoyer pr\u00eacher le Royaume de Dieu (cf.\u00a0Mc\u00a03, 13-19 ; Mt 10, 1-42) ; \u00e0 cette institution des Ap\u00f4tres (cf.\u00a0Lc\u00a06, 13), il donna la forme d\u2019un coll\u00e8ge, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un groupe stable, et mit \u00e0 leur t\u00eate Pierre, choisi parmi eux (cf.\u00a0Jn\u00a021, 15-17). Il les envoya aux fils d\u2019Isra\u00ebl d\u2019abord et \u00e0 toutes les nations (cf.\u00a0Rm\u00a01, 16) pour que, participant \u00e0 son pouvoir, ils fassent de tous les peuples ses disciples, pour qu\u2019ils les sanctifient et les gouvernent (cf.\u00a0Mt\u00a028, 16-20 ;\u00a0Mc\u00a016, 15 ;\u00a0Lc\u00a024, 45-48 ;\u00a0Jn\u00a020, 21-23), propageant ainsi l\u2019\u00c9glise et remplissant \u00e0 son \u00e9gard, sous la conduite du Seigneur, le service pastoral tous les jours jusqu\u2019\u00e0 la consommation des si\u00e8cles (cf.\u00a0Mt\u00a028, 20). Le jour de Pentec\u00f4te, ils furent pleinement confirm\u00e9s dans cette mission (cf.\u00a0Ac\u00a02, 1-26), selon la promesse du Seigneur : \u00ab Vous recevrez une force, celle de l\u2019Esprit Saint qui descendra sur vous, et vous serez mes t\u00e9moins \u00e0 J\u00e9rusalem, dans toute la Jud\u00e9e et la Samarie et jusqu\u2019aux extr\u00e9mit\u00e9s de la terre \u00bb (Ac\u00a01, 8). En pr\u00eachant partout l\u2019\u00c9vangile (cf.\u00a0Mc\u00a016, 20), accueilli par ceux qui l\u2019\u00e9coutent gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019action de l\u2019Esprit Saint, les Ap\u00f4tres rassemblent l\u2019\u00c9glise universelle que le Seigneur a fond\u00e9e en ses Ap\u00f4tres et b\u00e2tie sur le bienheureux Pierre, leur chef, le Christ J\u00e9sus \u00e9tant lui-m\u00eame la pierre supr\u00eame d\u2019assise (cf.\u00a0Ap21, 14 ;\u00a0Mt\u00a016, 18 ;\u00a0Ep\u00a02, 20) [39].<\/p>\n<p>20.\u00a0Les \u00e9v\u00eaques, successeurs des Ap\u00f4tres<\/p>\n<p>La mission divine confi\u00e9e par le Christ aux Ap\u00f4tres est destin\u00e9e \u00e0 durer jusqu\u2019\u00e0 la fin des si\u00e8cles (cf. Mt 28, 20), \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019\u00c9vangile qu\u2019ils doivent transmettre est pour l\u2019\u00c9glise principe de toute sa vie, pour toute la dur\u00e9e du temps. C\u2019est pourquoi les Ap\u00f4tres prirent soin d\u2019instituer, dans cette soci\u00e9t\u00e9 hi\u00e9rarchiquement ordonn\u00e9e, des successeurs.<\/p>\n<p>En effet, ils n\u2019eurent pas seulement pour leur minist\u00e8re des auxiliaires divers [40], mais, pour que la mission qui leur avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e p\u00fbt se continuer apr\u00e8s leur mort, ils donn\u00e8rent mandat, comme par testament, \u00e0 leurs coop\u00e9rateurs imm\u00e9diats d\u2019achever leur t\u00e2che et d\u2019affermir l\u2019\u0153uvre commenc\u00e9e par eux [41], leur recommandant de prendre garde \u00e0 tout le troupeau dans lequel l\u2019Esprit Saint les avait institu\u00e9s pour pa\u00eetre l\u2019\u00c9glise de Dieu (cf. Ac 20, 28). Ils institu\u00e8rent donc des hommes, de ce genre, leur donnant pour la suite charge d\u2019ordonner qu\u2019apr\u00e8s leur mort des hommes \u00e9prouv\u00e9s recueillent leur minist\u00e8re [42]. Parmi les diff\u00e9rents minist\u00e8res qui s\u2019exercent dans l\u2019\u00c9glise depuis les premiers temps, la premi\u00e8re place, au t\u00e9moignage de la Tradition, appartient \u00e0 la fonction de ceux qui, \u00e9tablis dans l\u2019\u00e9piscopat, dont la ligne se continue depuis les origines [43], sont les instruments* de transmission de la semence apostolique [44]. Ainsi, selon le t\u00e9moignage de saint Ir\u00e9n\u00e9e, c\u2019est la Tradition apostolique qui se manifeste [45] et se conserve dans le monde entier par ceux que les Ap\u00f4tres ont faits \u00e9v\u00eaques et par leurs successeurs jusqu\u2019\u00e0 nous [46].<\/p>\n<p>Ainsi donc, les \u00e9v\u00eaques ont re\u00e7u, pour l\u2019exercer avec l\u2019aide des pr\u00eatres et des diacres, le minist\u00e8re de la communaut\u00e9 [47]. Ils pr\u00e9sident \u00e0 la place de Dieu le troupeau [48], dont ils sont les pasteurs, par le magist\u00e8re doctrinal, le sacerdoce du culte sacr\u00e9, le minist\u00e8re du gouvernement [49]. De m\u00eame que la charge confi\u00e9e personnellement par le Seigneur \u00e0 Pierre, le premier des Ap\u00f4tres, et destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre transmise \u00e0 ses successeurs, constitue une charge permanente, permanente est \u00e9galement la charge confi\u00e9e aux Ap\u00f4tres d\u2019\u00eatre les pasteurs de l\u2019\u00c9glise, charge \u00e0 exercer sans interruption par l\u2019ordre sacr\u00e9 des \u00e9v\u00eaques [50]. C\u2019est pourquoi le saint Concile enseigne que les \u00e9v\u00eaques, en vertu de l\u2019institution divine, succ\u00e8dent aux Ap\u00f4tres [51], comme pasteurs de l\u2019\u00c9glise, en sorte que, qui les \u00e9coute, \u00e9coute le Christ, qui les rejette, rejette le Christ et celui qui a envoy\u00e9 le Christ (cf.\u00a0Lc\u00a010, 16) [52].<\/p>\n<p>21.\u00a0La sacramentalit\u00e9 de l\u2019\u00e9piscopat<\/p>\n<p>Ainsi donc en la personne des \u00e9v\u00eaques assist\u00e9s des pr\u00eatres, c\u2019est le Seigneur J\u00e9sus Christ, Pontife supr\u00eame, qui est pr\u00e9sent au milieu des croyants. Assis \u00e0 la droite de Dieu le P\u00e8re, il ne fait pas d\u00e9faut au corps des pontifes [53]. C\u2019est par eux en tout premier lieu, par leur service \u00e9minent, qu\u2019il pr\u00eache la Parole de Dieu \u00e0 toutes les nations et administre continuellement aux croyants les sacrements de la foi ; c\u2019est par leur paternelle fonction (cf.\u00a01 Co\u00a04, 15) qu\u2019il int\u00e8gre \u00e0 son Corps par la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration surnaturelle des membres nouveaux ; c\u2019est enfin par leur sagesse et leur prudence qu\u2019il dirige et oriente le peuple du Nouveau Testament dans son p\u00e8lerinage vers l\u2019\u00e9ternelle b\u00e9atitude. Choisis comme pasteurs pour pa\u00eetre le troupeau du Seigneur, ils sont les ministres du Christ et les dispensateurs des myst\u00e8res de Dieu (cf.\u00a01 Co\u00a04, 1). \u00c0 eux a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e la charge de rendre t\u00e9moignage de l\u2019\u00c9vangile de la gr\u00e2ce de Dieu (cf.\u00a0Rm\u00a015, 16 ;\u00a0Ac\u00a020, 24) et d\u2019exercer le minist\u00e8re glorieux de l\u2019Esprit et de la justice dans la gloire (cf.\u00a02 Co\u00a03, 8-9).<\/p>\n<p>Pour remplir de si hautes charges, les Ap\u00f4tres furent enrichis par le Christ d\u2019une effusion de l\u2019Esprit Saint descendant sur eux (cf.\u00a0Ac1, 8 ; 2, 4 ;\u00a0Jn\u00a020, 22-23) ; eux-m\u00eames, par l\u2019imposition des mains, transmirent \u00e0 leurs collaborateurs le don spirituel (cf.\u00a01 Tm\u00a04, 14 ;\u00a02 Tm\u00a01, 6-7) qui s\u2019est communiqu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 nous \u00e0 travers la cons\u00e9cration \u00e9piscopale. Le saint Concile enseigne que, par la cons\u00e9cration \u00e9piscopale [54], est conf\u00e9r\u00e9e la pl\u00e9nitude du sacrement de l\u2019Ordre, que la coutume liturgique de l\u2019\u00c9glise et la voix des saints P\u00e8res d\u00e9signent en effet sous le nom de sacerdoce supr\u00eame, la r\u00e9alit\u00e9 totale du minist\u00e8re sacr\u00e9 [55]. La cons\u00e9cration \u00e9piscopale, en m\u00eame temps que la charge de sanctification, conf\u00e8re aussi les charges d\u2019enseigner et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature, ne peuvent s\u2019exercer que dans la communion hi\u00e9rarchique avec le chef du coll\u00e8ge et ses membres. En effet, la Tradition qui s\u2019exprime surtout par les rites liturgiques et par l\u2019usage de l\u2019\u00c9glise, tant orientale qu\u2019occidentale, montre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que par l\u2019imposition des mains et les paroles de la cons\u00e9cration, la gr\u00e2ce de l\u2019Esprit Saint est donn\u00e9e [56] et le caract\u00e8re sacr\u00e9 imprim\u00e9 [57], de telle sorte que les \u00e9v\u00eaques, d\u2019une fa\u00e7on \u00e9minente et patente, tiennent la place du Christ lui-m\u00eame, Ma\u00eetre, Pasteur et Pontife et agissent en sa personne [58]. Aux \u00e9v\u00eaques, il revient d\u2019introduire, par le sacrement de l\u2019Ordre, de nouveaux \u00e9lus dans le corps \u00e9piscopal.<\/p>\n<p>22.\u00a0Le coll\u00e8ge \u00e9piscopal et son chef<\/p>\n<p>De m\u00eame que saint Pierre et les autres Ap\u00f4tres constituent, de par l\u2019institution du Seigneur, un seul coll\u00e8ge apostolique, semblablement le Pontife romain, successeur de Pierre et les \u00e9v\u00eaques successeurs des Ap\u00f4tres, forment entre eux un tout. D\u00e9j\u00e0 la plus antique discipline en vertu de laquelle les \u00e9v\u00eaques \u00e9tablis dans le monde entier vivaient en communion entre eux et avec l\u2019\u00e9v\u00eaque de Rome par le lien de l\u2019unit\u00e9, de la charit\u00e9 et de la paix [59], et de m\u00eame la r\u00e9union de Conciles [60], o\u00f9 l\u2019on d\u00e9cidait en commun de toutes les questions les plus importantes [61], par une d\u00e9cision que l\u2019avis de l\u2019ensemble permettait d\u2019\u00e9quilibrer [62], tout cela signifie le caract\u00e8re et la nature coll\u00e9giale de l\u2019ordre \u00e9piscopal ; elle se trouve manifestement prouv\u00e9e par le fait des Conciles \u0153cum\u00e9niques tenus tout le long des si\u00e8cles. On la trouve \u00e9voqu\u00e9e dans l\u2019usage qui s\u2019est introduit de tr\u00e8s bonne heure d\u2019appeler plusieurs \u00e9v\u00eaques pour coop\u00e9rer \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9vation d\u2019un nouvel \u00e9lu au minist\u00e8re sacerdotal le plus \u00e9lev\u00e9. C\u2019est en vertu de la cons\u00e9cration sacramentelle et par la communion hi\u00e9rarchique avec le chef du coll\u00e8ge et ses membres que quelqu\u2019un est fait membre du corps \u00e9piscopal.<\/p>\n<p>Mais le coll\u00e8ge ou corps \u00e9piscopal n\u2019a d\u2019autorit\u00e9 que si on l\u2019entend comme uni au Pontife romain, successeur de Pierre, comme \u00e0 son chef et sans pr\u00e9judice pour le pouvoir du primat qui s\u2019\u00e9tend \u00e0 tous, pasteurs et fid\u00e8les. En effet, le Pontife romain a sur l\u2019\u00c9glise, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l\u2019\u00c9glise, un pouvoir pl\u00e9nier, supr\u00eame et universel qu\u2019il peut toujours exercer librement. L\u2019ordre des \u00e9v\u00eaques, qui succ\u00e8de au coll\u00e8ge apostolique dans le magist\u00e8re et le gouvernement pastoral, bien mieux dans lequel le corps apostolique se perp\u00e9tue sans interruption constitue, lui aussi, en union avec le Pontife romain, son chef, et jamais en dehors de ce chef, le sujet du pouvoir supr\u00eame et pl\u00e9nier sur toute l\u2019\u00c9glise [63], pouvoir cependant qui ne peut s\u2019exercer qu\u2019avec le consentement du Pontife romain. Le Seigneur a fait du seul Simon la pierre de son \u00c9glise, \u00e0 lui seul il en a remis les cl\u00e9s (cf.\u00a0Mt\u00a016, 18-19) ; il l\u2019a institu\u00e9 pasteur de tout son troupeau (cf.\u00a0Jn\u00a021, 15 s.), mais cette charge de lier et de d\u00e9lier qui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 Pierre (Mt\u00a016, 19) a \u00e9t\u00e9 aussi donn\u00e9e, sans aucun doute, au coll\u00e8ge des Ap\u00f4tres unis \u00e0 son chef (Mt\u00a018, 18 ; 28, 16-20) [64]. Par sa composition multiple, ce coll\u00e8ge exprime, par son rassemblement sous un seul chef, l\u2019unit\u00e9 du troupeau du Christ. Dans ce coll\u00e8ge, les \u00e9v\u00eaques, fid\u00e8les \u00e0 observer le primat et l\u2019autorit\u00e9 de leur chef, jouissent pour le bien de leurs fid\u00e8les et m\u00eame de toute l\u2019\u00c9glise, d\u2019un pouvoir propre, l\u2019Esprit Saint assurant par l\u2019action continue de sa force, la structure et la concorde dans l\u2019organisme. Le pouvoir supr\u00eame dont jouit ce coll\u00e8ge \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00c9glise universelle s\u2019exerce solennellement dans le Concile \u0153cum\u00e9nique. Il n\u2019y a point de Concile \u0153cum\u00e9nique s\u2019il n\u2019est pas comme tel confirm\u00e9 ou tout au moins accept\u00e9 par le successeur de Pierre : au Pontife romain appartient la pr\u00e9rogative de convoquer ces conciles, de les pr\u00e9sider et de les confirmer [65]. Le pouvoir coll\u00e9gial peut \u00eatre exerc\u00e9 en union avec le pape par les \u00e9v\u00eaques r\u00e9sidant sur la surface de la terre, pourvu que le chef du coll\u00e8ge les appelle \u00e0 agir coll\u00e9gialement ou du moins qu\u2019il donne \u00e0 cette action commune des \u00e9v\u00eaques dispers\u00e9s son approbation ou sa libre acceptation pour en faire un v\u00e9ritable acte coll\u00e9gial.<\/p>\n<p>23. Les relations \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du coll\u00e8ge<\/p>\n<p>L\u2019unit\u00e9 coll\u00e9giale appara\u00eet aussi dans les relations mutuelles de chacun des \u00e9v\u00eaques avec les \u00c9glises particuli\u00e8res et avec l\u2019\u00c9glise universelle. Le pontife romain, comme successeur de Pierre, est le principe perp\u00e9tuel et visible et le fondement de l\u2019unit\u00e9 qui lie entre eux soit les \u00e9v\u00eaques, soit la multitude des fid\u00e8les [66]. Les \u00e9v\u00eaques sont, chacun pour sa part, le principe et le fondement de l\u2019unit\u00e9 dans leurs \u00c9glises particuli\u00e8res [67] ; celles-ci sont form\u00e9es \u00e0 l\u2019image de l\u2019\u00c9glise universelle, c\u2019est en elles et par elles qu\u2019existe l\u2019\u00c9glise catholique une et unique [68]. C\u2019est pourquoi chaque \u00e9v\u00eaque repr\u00e9sente son \u00c9glise, et, tous ensemble, avec le pape, repr\u00e9sentent l\u2019\u00c9glise universelle dans le lien de la paix, de l\u2019amour et de l\u2019unit\u00e9.<\/p>\n<p>Les \u00e9v\u00eaques, pris \u00e0 part, plac\u00e9s \u00e0 la t\u00eate de chacune des \u00c9glises particuli\u00e8res, exercent leur autorit\u00e9 pastorale sur la portion du Peuple de Dieu qui leur a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e, et non sur les autres \u00c9glises ni sur l\u2019\u00c9glise universelle. Mais, comme membres du coll\u00e8ge \u00e9piscopal et l\u00e9gitimes successeurs des Ap\u00f4tres, ils sont tous tenus, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00c9glise universelle, de par l\u2019institution et le pr\u00e9cepte du Christ, \u00e0 cette sollicitude [69] qui est, pour l\u2019\u00c9glise universelle, \u00e9minemment profitable, m\u00eame si elle ne s\u2019exerce pas par un acte de juridiction. Tous les \u00e9v\u00eaques, en effet, doivent promouvoir et servir l\u2019unit\u00e9 de la foi et la discipline commune de l\u2019ensemble de l\u2019\u00c9glise, former les fid\u00e8les \u00e0 l\u2019amour envers tout le Corps mystique du Christ, surtout envers ses membres pauvres, souffrants, et envers ceux qui souffrent pers\u00e9cution pour la justice (cf.\u00a0Mt\u00a05, 10), ils doivent enfin promouvoir toute l\u2019activit\u00e9 qui est commune \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019\u00c9glise, surtout en vue du progr\u00e8s de la foi et pour que la lumi\u00e8re de la pleine v\u00e9rit\u00e9 se l\u00e8ve sur tous les hommes. D\u2019ailleurs, il est bien \u00e9tabli que, en gouvernant leur propre \u00c9glise comme une portion de l\u2019\u00c9glise universelle, ils contribuent efficacement au bien de tout le Corps mystique qui est aussi le Corps des \u00c9glises [70].<\/p>\n<p>Le soin d\u2019annoncer l\u2019\u00c9vangile sur toute la terre revient au corps des pasteurs : \u00e0 eux tous, en commun, le Christ a donn\u00e9 mandat en leur imposant un devoir commun, selon ce que d\u00e9j\u00e0 le pape C\u00e9lestin rappelait aux P\u00e8res du Concile d\u2019Eph\u00e8se [71]. C\u2019est pourquoi les \u00e9v\u00eaques, chacun pour sa part, dans toute la mesure o\u00f9 l\u2019accomplissement de sa propre charge le lui permet, doivent accepter d\u2019entrer en communaut\u00e9 d\u2019effort entre eux et avec le successeur de Pierre, \u00e0 qui a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e, \u00e0 titre singulier, la charge consid\u00e9rable de propager le nom chr\u00e9tien [72]. C\u2019est pourquoi ils doivent, de toutes leurs forces, contribuer \u00e0 fournir aux missions, et des ouvriers de la moisson et les secours spirituels et mat\u00e9riels, tant par eux-m\u00eames directement qu\u2019en suscitant la fervente coop\u00e9ration des fid\u00e8les. Il faut enfin que les \u00e9v\u00eaques se pr\u00eatent volontiers, selon l\u2019antique et v\u00e9n\u00e9rable exemple, \u00e0 fournir, dans la communion universelle de la charit\u00e9, un secours fraternel aux autres \u00c9glises, surtout les plus proches et les plus d\u00e9pourvues.<\/p>\n<p>La divine Providence a voulu que les \u00c9glises diverses \u00e9tablies en divers lieux par les Ap\u00f4tres et leurs successeurs se rassemblent au cours des temps en plusieurs groupes organiquement r\u00e9unis, qui, sans pr\u00e9judice pour l\u2019unit\u00e9 de la foi et pour l\u2019unique constitution divine de l\u2019\u00c9glise universelle, jouissent de leur propre discipline, de leur propre usage liturgique, de leur patrimoine th\u00e9ologique et spirituel. Certaines, parmi elles, notamment les antiques \u00c9glises patriarcales, jou\u00e8rent le r\u00f4le de sources de foi en engendrant d\u2019autres \u00c9glises, comme leurs filles, avec lesquelles, jusqu\u2019aujourd\u2019hui, un lien plus \u00e9troit de charit\u00e9 les relie dans la vie sacramentelle et dans le respect mutuel des droits et des devoirs [73]. Cette vari\u00e9t\u00e9 des \u00c9glises locales montre avec plus d\u2019\u00e9clat, par leur convergence dans l\u2019unit\u00e9, la catholicit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise indivise. De m\u00eame, les Conf\u00e9rences \u00e9piscopales peuvent, aujourd\u2019hui, contribuer de fa\u00e7ons multiples et f\u00e9condes \u00e0 ce que le sentiment coll\u00e9gial se r\u00e9alise concr\u00e8tement.<\/p>\n<p>24.\u00a0Le minist\u00e8re \u00e9piscopal<\/p>\n<p>Les \u00e9v\u00eaques \u00e9tant successeurs des Ap\u00f4tres re\u00e7oivent du Seigneur, \u00e0 qui tout pouvoir a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 dans le ciel et sur la terre, la mission d\u2019enseigner toutes les nations et de pr\u00eacher l\u2019\u00c9vangile \u00e0 toute cr\u00e9ature, afin que tous les hommes, par la foi, le bapt\u00eame et l\u2019accomplissement des commandements, obtiennent le salut (cf.\u00a0Mt\u00a028, 18 ;\u00a0Mc\u00a016, 15- 16 ;\u00a0Ac\u00a026, 17 s.). Pour remplir cette mission, le Christ Seigneur a promis aux Ap\u00f4tres l\u2019Esprit Saint, et, le jour de Pentec\u00f4te, l\u2019a envoy\u00e9 du ciel pour que, gr\u00e2ce \u00e0 sa vertu, les Ap\u00f4tres soient ses t\u00e9moins jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de la terre devant les nations, les peuples et les rois (cf.\u00a0Ac\u00a01, 8 ; 2, 1 s. ; 9, 15). Cette charge, confi\u00e9e par le Seigneur aux pasteurs de son peuple, est un v\u00e9ritable service : dans la Sainte \u00c9criture, il est appel\u00e9 express\u00e9ment \u00ab diakonia \u00bb ou minist\u00e8re (cf.\u00a0Ac\u00a01, 17.25 ; 21, 19 ;\u00a0Rm\u00a011, 13 ;\u00a01 Tm\u00a01, 12).<\/p>\n<p>La mission canonique des \u00e9v\u00eaques peut \u00eatre donn\u00e9e, soit par le moyen des coutumes l\u00e9gitimes que le pouvoir supr\u00eame et universel de l\u2019\u00c9glise n\u2019a pas r\u00e9voqu\u00e9es, ou par le moyen des lois que cette m\u00eame autorit\u00e9 a port\u00e9es ou reconnues, ou directement par le successeur de Pierre lui-m\u00eame ; si celui-ci s\u2019y oppose ou refuse la communion apostolique, les \u00e9v\u00eaques ne peuvent pas \u00eatre mis en charge [74].<\/p>\n<p>25.\u00a0La fonction d\u2019enseignement des \u00e9v\u00eaques<\/p>\n<p>Parmi les charges principales des \u00e9v\u00eaques, la pr\u00e9dication de l\u2019\u00c9vangile est la premi\u00e8re [75]. Les \u00e9v\u00eaques sont, en effet, les h\u00e9rauts de la foi, amenant au Christ de nouveaux disciples, et les docteurs authentiques, c\u2019est-\u00e0-dire pourvus de l\u2019autorit\u00e9 du Christ, pr\u00eachant au peuple qui leur est confi\u00e9 la foi qui doit r\u00e9gler leur pens\u00e9e et leur conduite, faisant rayonner cette foi sous la lumi\u00e8re de l\u2019Esprit Saint, d\u00e9gageant du tr\u00e9sor de la R\u00e9v\u00e9lation le neuf et l\u2019ancien (cf.\u00a0Mt\u00a013, 52), faisant fructifier la foi, attentifs \u00e0 \u00e9carter toutes les erreurs qui menacent leur troupeau (cf.\u00a02 Tm\u00a04, 1-4). Les \u00e9v\u00eaques qui enseignent en communion avec le Pontife romain ont droit, de la part de tous, au respect qui convient \u00e0 des t\u00e9moins de la v\u00e9rit\u00e9 divine et catholique ; les fid\u00e8les doivent s\u2019attacher \u00e0 la pens\u00e9e que leurs \u00e9v\u00eaques expriment, au nom du Christ, en mati\u00e8re de foi et de m\u0153urs, et ils doivent lui donner l\u2019assentiment religieux de leur esprit. Cet assentiment religieux de la volont\u00e9 et de l\u2019intelligence est d\u00fb, \u00e0 un titre singulier, au Souverain Pontife en son magist\u00e8re authentique, m\u00eame lorsqu\u2019il ne parle pas ex cathedra, ce qui implique la reconnaissance respectueuse de son supr\u00eame magist\u00e8re, et l\u2019adh\u00e9sion sinc\u00e8re \u00e0 ses affirmations, en conformit\u00e9 \u00e0 ce qu\u2019il manifeste de sa pens\u00e9e et de sa volont\u00e9 et que l\u2019on peut d\u00e9duire en particulier du caract\u00e8re des documents, ou de l\u2019insistance \u00e0 proposer une certaine doctrine, ou de la mani\u00e8re m\u00eame de s\u2019exprimer.<\/p>\n<p>Quoique les \u00e9v\u00eaques, pris un \u00e0 un, ne jouissent pas de la pr\u00e9rogative de l\u2019infaillibilit\u00e9, cependant, lorsque, m\u00eame dispers\u00e9s \u00e0 travers le monde, mais gardant entre eux et avec le successeur de Pierre le lien de la communion, ils s\u2019accordent pour enseigner authentiquement qu\u2019une doctrine concernant la foi et les m\u0153urs s\u2019impose de mani\u00e8re absolue, alors, c\u2019est la doctrine du Christ qu\u2019infailliblement ils expriment [76]. La chose est encore plus manifeste quand, dans le Concile \u0153cum\u00e9nique qui les rassemble, ils font, pour l\u2019ensemble de l\u2019\u00c9glise, en mati\u00e8re de foi et de m\u0153urs, acte de docteurs et de juges, aux d\u00e9finitions desquels il faut adh\u00e9rer dans l\u2019ob\u00e9issance de la foi [77].<\/p>\n<p>Cette infaillibilit\u00e9, dont le divin R\u00e9dempteur a voulu pourvoir son \u00c9glise pour d\u00e9finir la doctrine concernant la foi et les m\u0153urs, s\u2019\u00e9tend aussi loin que le d\u00e9p\u00f4t lui-m\u00eame de la R\u00e9v\u00e9lation divine \u00e0 conserver saintement et \u00e0 exposer fid\u00e8lement. De cette in faillibilit\u00e9, le Pontife romain, chef du coll\u00e8ge des \u00e9v\u00eaques, jouit du fait m\u00eame de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur supr\u00eame de tous les fid\u00e8les, et charg\u00e9 de confirmer ses fr\u00e8res dans la foi (cf.\u00a0Lc\u00a022, 32) , il proclame, par un acte d\u00e9finitif, un point de doctrine touchant la foi et les m\u0153urs [78]. C\u2019est pourquoi les d\u00e9finitions qu\u2019il prononce sont dites, \u00e0 juste titre, irr\u00e9formables par elles-m\u00eames et non en vertu du consentement de l\u2019\u00c9glise, \u00e9tant prononc\u00e9es sous l\u2019assistance du Saint-Esprit \u00e0 lui promise en la personne de saint Pierre, n\u2019ayant pas besoin, par cons\u00e9quent, d\u2019une approbation d\u2019autrui, de m\u00eame qu\u2019elles ne peuvent comporter d\u2019appel \u00e0 un autre jugement. Alors, en effet, le Pontife romain ne prononce pas une sentence en tant que personne priv\u00e9e, mais il expose et d\u00e9fend la doctrine de la foi catholique [79], en tant qu\u2019il est, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00c9glise universelle, le ma\u00eetre supr\u00eame en qui r\u00e9side, \u00e0 titre singulier, le charisme d\u2019infaillibilit\u00e9 qui est celui de l\u2019\u00c9glise elle-m\u00eame. L\u2019infaillibilit\u00e9 promise \u00e0 l\u2019\u00c9glise r\u00e9side aussi dans le corps des \u00e9v\u00eaques quand il exerce son magist\u00e8re supr\u00eame en union avec le successeur de Pierre. \u00c0 ces d\u00e9finitions, l\u2019assentiment de l\u2019\u00c9glise ne peut jamais faire d\u00e9faut, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019action du m\u00eame Esprit Saint qui conserve et fait progresser le troupeau entier du Christ dans l\u2019unit\u00e9 de la foi [80].<\/p>\n<p>Lorsque le Pontife romain, ou le corps des \u00e9v\u00eaques avec lui, porte une d\u00e9finition, ils le font conform\u00e9ment \u00e0 la R\u00e9v\u00e9lation elle-m\u00eame \u00e0 laquelle tous doivent se tenir et se conformer, R\u00e9v\u00e9lation qui est transmise int\u00e9gralement, sous forme \u00e9crite ou par tradition, par la succession l\u00e9gitime des \u00e9v\u00eaques, et, avant tout, par le soin du Pontife romain lui-m\u00eame ; cette R\u00e9v\u00e9lation \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019Esprit de v\u00e9rit\u00e9 est scrupuleusement conserv\u00e9e dans l\u2019\u00c9glise et fid\u00e8lement pr\u00e9sent\u00e9e [81]. Le Pontife romain et les \u00e9v\u00eaques s\u2019appliquent avec z\u00e8le \u00e0 scruter consciencieusement et \u00e0 \u00e9noncer correctement cette R\u00e9v\u00e9lation, dans la conscience de leur devoir et de la gravit\u00e9 de la chose, en ayant recours aux moyens appropri\u00e9s [82] ; mais ils ne re\u00e7oivent, comme appartenant au d\u00e9p\u00f4t divin de la foi, aucune nouvelle r\u00e9v\u00e9lation publique [83].<\/p>\n<p>26.\u00a0La fonction de sanctification des \u00e9v\u00eaques<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9v\u00eaque, rev\u00eatu de la pl\u00e9nitude du sacrement de l\u2019Ordre, porte \u00ab la responsabilit\u00e9 de dispenser la gr\u00e2ce du supr\u00eame sacerdoce [84] \u00bb, en particulier dans l\u2019Eucharistie qu\u2019il offre lui-m\u00eame ou dont il assure l\u2019oblation [85], et d\u2019o\u00f9 vient \u00e0 l\u2019\u00c9glise continuellement vie et croissance. Cette \u00c9glise du Christ est vraiment pr\u00e9sente en toutes les l\u00e9gitimes assembl\u00e9es locales de fid\u00e8les qui, unies \u00e0 leurs pasteurs, re\u00e7oivent, dans le Nouveau Testament, eux aussi, le nom d\u2019\u00c9glises [86]. Elles sont, en effet, chacune \u00e0 sa place, le peuple nouveau appel\u00e9 par Dieu dans l\u2019Esprit Saint et dans une grande assurance (cf.\u00a01 Th\u00a01, 5). En elles, les fid\u00e8les sont rassembl\u00e9s par la pr\u00e9dication de l\u2019\u00c9vangile du Christ, le myst\u00e8re de la C\u00e8ne du Seigneur est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 \u00ab pour que, par le moyen de la Chair et du Sang du Seigneur, se resserre, en un seul Corps, toute la fraternit\u00e9 [87] \u00bb. Chaque fois que la communaut\u00e9 de l\u2019autel se r\u00e9alise, en d\u00e9pendance du minist\u00e8re sacr\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00eaque [88], se manifeste le symbole de cette charit\u00e9 et \u00ab de cette unit\u00e9 du Corps mystique sans laquelle le salut n\u2019est pas possible [89] \u00bb. Dans ces communaut\u00e9s, si petites et pauvres qu\u2019elles puissent \u00eatre souvent ou dispers\u00e9es, le Christ est pr\u00e9sent par la vertu duquel se constitue l\u2019\u00c9glise une, sainte, catholique et apostolique [90]. Car \u00ab la participation au Corps et au Sang du Christ n\u2019a pas d\u2019autre effet que de nous transformer en ce que nous recevons [91] \u00bb.<\/p>\n<p>Mais toute c\u00e9l\u00e9bration l\u00e9gitime de l\u2019Eucharistie est dirig\u00e9e par l\u2019\u00e9v\u00eaque \u00e0 qui a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e la charge de pr\u00e9senter \u00e0 la Majest\u00e9 divine le culte de la religion chr\u00e9tienne, de le r\u00e9gler selon les pr\u00e9ceptes du Seigneur et selon les lois de l\u2019\u00c9glise, auxquelles il apporte, pour son dioc\u00e8se, par son jugement particulier, les d\u00e9terminations ult\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Aussi, les \u00e9v\u00eaques, en priant et travaillant pour leur peuple, r\u00e9pandent sur lui en abondance et sous des formes diverses ce qui vient de la pl\u00e9nitude de la saintet\u00e9 du Christ. Par le minist\u00e8re de la Parole, ils communiquent aux croyants, en vue de leur sa lut (cf.\u00a0Rm\u00a01, 16), la vertu de Dieu et, par les sacrements dont ils organisent, par leur autorit\u00e9, la distribution r\u00e9guli\u00e8re et f\u00e9conde [92], ils sanctifient les fid\u00e8les. Ils r\u00e8glent la c\u00e9l\u00e9bration du bapt\u00eame, o\u00f9 est donn\u00e9e participation au sacerdoce royal du Christ. Ils sont les ministres originaires de la confirmation ; ce sont eux qui donnent les saints ordres et r\u00e8glent la discipline de la p\u00e9nitence et s\u2019emploient avec z\u00e8le, par l\u2019exhortation et l\u2019instruction, \u00e0 ce que leurs peuples prennent, dans la foi et le respect, la part qui est la leur dans la liturgie et surtout dans le saint sacrifice de la messe. Ils doivent enfin donner \u00e0 ceux \u00e0 la t\u00eate desquels ils sont plac\u00e9s, le b\u00e9n\u00e9fice de leur exemple, s\u2019abstenant dans leur conduite de tout ce qui est mal, et r\u00e9formant leur conduite autant qu\u2019ils le peuvent, avec l\u2019aide de Dieu, dans le sens du bien, en sorte qu\u2019ils puissent parvenir, avec le troupeau qui leur est confi\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 la vie \u00e9ternelle [93].<\/p>\n<p>27.\u00a0La fonction de gouvernement des \u00e9v\u00eaques<\/p>\n<p>Charg\u00e9s des \u00c9glises particuli\u00e8res qui leur sont confi\u00e9es, les \u00e9v\u00eaques les dirigent [94] comme vicaires et l\u00e9gats du Christ, par leurs conseils, leurs encouragements, leurs exemples, mais aussi par leur autorit\u00e9 et par l\u2019exercice du pouvoir sacr\u00e9, dont l\u2019usage cependant ne leur appartient qu\u2019en vue de l\u2019\u00e9dification en v\u00e9rit\u00e9 et en saintet\u00e9 de leur troupeau, se souvenant que celui qui est le plus grand doit se faire le plus petit, et celui qui commande, le serviteur (cf.\u00a0Lc\u00a022, 26-27).<\/p>\n<p>Ce pouvoir qu\u2019ils exercent personnellement au nom du Christ est un pouvoir propre, ordinaire et imm\u00e9diat : il est soumis cependant dans son exercice \u00e0 la r\u00e9gulation derni\u00e8re qui lui vient de l\u2019autorit\u00e9 supr\u00eame de l\u2019\u00c9glise et, en consid\u00e9ration de l\u2019utilit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise ou des fid\u00e8les, il peut \u00eatre, par cette autorit\u00e9, resserr\u00e9 en certaines limites. En vertu de ce pouvoir, les \u00e9v\u00eaques ont le droit sacr\u00e9, et devant Dieu le devoir, de porter des lois obligatoires pour leurs sujets, de rendre les jugements et de r\u00e9gler tout ce qui concerne l\u2019ordre du culte et de l\u2019apostolat.<\/p>\n<p>La charge pastorale, c\u2019est-\u00e0-dire le soin habituel et quotidien de leurs brebis, leur est pleinement remise ; on ne doit pas les consid\u00e9rer comme les vicaires des Pontifes romains, car ils exercent un pouvoir qui leur est propre et, en toute v\u00e9rit\u00e9, sont, pour les peuples qu\u2019ils dirigent, des chefs [95]. Ainsi, leur pouvoir n\u2019est nullement effac\u00e9 par le pouvoir supr\u00eame et universel ; au contraire, il est affermi, renforc\u00e9 et d\u00e9fendu par lui [96], la forme \u00e9tablie par le Christ Seigneur pour le gouvernement de son \u00c9glise \u00e9tant ind\u00e9fectiblement assur\u00e9e par l\u2019Esprit Saint.<\/p>\n<p>Envoy\u00e9 par le p\u00e8re de famille pour gouverner les siens, l\u2019\u00e9v\u00eaque doit garder devant ses yeux l\u2019exemple du bon Pasteur venu, non pas pour se faire servir, mais servir (cf.\u00a0Mt\u00a020, 28 ;\u00a0Mc\u00a010, 45), et donner sa vie pour ses brebis (cf.\u00a0Jn\u00a010, 11). Pris parmi les hommes et envelopp\u00e9 de faiblesse, il peut se montrer indulgent envers les ignorants et les \u00e9gar\u00e9s (cf.\u00a0He\u00a05, 1-2). Qu\u2019il ne r\u00e9pugne pas \u00e0 \u00e9couter ceux qui d\u00e9pendent de lui, les entourant comme de vrais fils et les exhortant \u00e0 travailler avec lui dans l\u2019all\u00e9gresse. Appel\u00e9 \u00e0 rendre compte \u00e0 Dieu de leurs \u00e2mes (cf.\u00a0He\u00a013, 17), que sa sollicitude s\u2019\u00e9tende, par la pri\u00e8re, la pr\u00e9dication et toutes les \u0153uvres de charit\u00e9, soit \u00e0 eux, soit \u00e9galement \u00e0 ceux qui ne sont pas encore de l\u2019unique troupeau et qu\u2019il doit consid\u00e9rer comme lui \u00e9tant confi\u00e9s dans le Seigneur. \u00c9tant comme l\u2019ap\u00f4tre Paul d\u00e9biteur \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tous, qu\u2019il soit prompt \u00e0 annoncer l\u2019\u00c9vangile \u00e0 tous (cf.\u00a0Rm\u00a01, 14-15) en engageant tous ses fid\u00e8les \u00e0 une activit\u00e9 apostolique et missionnaire. Quant aux fid\u00e8les, ils doivent s\u2019attacher \u00e0 leur \u00e9v\u00eaque comme l\u2019\u00c9glise \u00e0 J\u00e9sus Christ et comme J\u00e9sus Christ \u00e0 son P\u00e8re, afin que toutes choses conspirent dans l\u2019unit\u00e9 [97] et soient f\u00e9condes pour la gloire de Dieu (cf.\u00a02 Co\u00a04, 15).<\/p>\n<p>28.\u00a0Les pr\u00eatres dans leur relation au Christ, aux \u00e9v\u00eaques, au presbyterium et au peuple chr\u00e9tien<\/p>\n<p>Le Christ, que le P\u00e8re a consacr\u00e9 et envoy\u00e9 dans le monde (Jn\u00a010, 36) , a fait les \u00e9v\u00eaques successeurs des Ap\u00f4tres et, par ces Ap\u00f4tres eux-m\u00eames, participants de sa cons\u00e9cration et de sa mission [98]. \u00c0 leur tour, les \u00e9v\u00eaques ont transmis l\u00e9gitimement dans l\u2019\u00c9glise la charge de leur minist\u00e8re selon divers degr\u00e9s \u00e0 divers sujets. C\u2019est ainsi que le minist\u00e8re eccl\u00e9siastique, institu\u00e9 par Dieu, est exerc\u00e9 dans la diversit\u00e9 des ordres par ceux que d\u00e9j\u00e0 depuis l\u2019Antiquit\u00e9 on appelle \u00e9v\u00eaques, pr\u00eatres, diacres [99]. Tout en n\u2019ayant pas la charge supr\u00eame du pontificat et tout en d\u00e9pendant des \u00e9v\u00eaques dans l\u2019exercice de leurs pouvoirs, les pr\u00eatres leur sont cependant unis dans la dignit\u00e9 sacerdotale [100] ; et par la vertu du sacrement de l\u2019Ordre [101], \u00e0 l\u2019image du Christ pr\u00eatre supr\u00eame et \u00e9ternel (He\u00a05, 1-10 ; 7, 24 ; 9, 11-28), ils sont consacr\u00e9s pour pr\u00eacher l\u2019\u00c9vangile et pour \u00eatre les pasteurs des fid\u00e8les et c\u00e9l\u00e9brer le culte divin en vrais pr\u00eatres du Nouveau Testament [102]. Participant, \u00e0 leur niveau de minist\u00e8re, de la charge de l\u2019unique M\u00e9diateur qui est le Christ (1 Tm\u00a02, 5), ils annoncent \u00e0 tous la Parole de Dieu. C\u2019est dans le culte ou synaxe eucharistique que s\u2019exerce par excellence leur charge sacr\u00e9e : l\u00e0, agissant en la personne du Christ [103] et proclamant son myst\u00e8re, ils r\u00e9unissent les v\u0153ux des fid\u00e8les au sacrifice de leur chef, repr\u00e9sentant et appliquant dans le sacrifice de la messe, jusqu\u2019\u00e0 ce que le Seigneur vienne (cf.\u00a01 Co\u00a011, 26), l\u2019unique sacrifice du Nouveau Testament, celui du Christ s\u2019offrant une fois pour toutes \u00e0 son P\u00e8re en victime immacul\u00e9e (cf.\u00a0He\u00a09, 11-28) [104]. En faveur des fid\u00e8les p\u00e9nitents ou malades, ils remplissent, \u00e0 un titre \u00e9minent, le minist\u00e8re de la r\u00e9conciliation et du soulagement ; ils pr\u00e9sentent \u00e0 Dieu le P\u00e8re les besoins et les pri\u00e8res des fid\u00e8les (cf.\u00a0He\u00a05, 1-4). Exer\u00e7ant, pour la part d\u2019autorit\u00e9 qui est la leur, la charge du Christ, pasteur et chef [105], ils rassemblent la famille de Dieu, fraternit\u00e9 qui n\u2019a qu\u2019une \u00e2me [106], et, par le Christ, dans l\u2019Esprit, ils la conduisent \u00e0 Dieu le P\u00e8re. Ils rendent \u00e0 Dieu le P\u00e8re, au milieu de leur troupeau, l\u2019adoration en esprit et en v\u00e9rit\u00e9 (cf.\u00a0Jn\u00a04, 24). Enfin, ils peinent \u00e0 la parole et \u00e0 l\u2019enseignement (cf.\u00a01 Tm\u00a05, 17), croyant ce qu\u2019ils lisent et m\u00e9ditent dans la loi du Seigneur, enseignant ce qu\u2019ils croient, pratiquant ce qu\u2019ils enseignent [107].<\/p>\n<p>Coop\u00e9rateurs avis\u00e9s de l\u2019ordre \u00e9piscopal [108] dont ils sont l\u2019aide et l\u2019instrument, appel\u00e9s \u00e0 servir le Peuple de Dieu, les pr\u00eatres constituent, avec leur \u00e9v\u00eaque, un seul presbyterium [109] aux fonctions diverses. En chaque lieu o\u00f9 se trouve une communaut\u00e9 de fid\u00e8les, ils rendent d\u2019une certaine fa\u00e7on pr\u00e9sent l\u2019\u00e9v\u00eaque auquel ils sont associ\u00e9s d\u2019un c\u0153ur confiant et g\u00e9n\u00e9reux, assumant pour leur part ses charges et sa sollicitude, et les mettant en \u0153uvre dans leur souci quotidien des fid\u00e8les. Sanctifiant et dirigeant, sous l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00eaque, la portion du troupeau du Seigneur qui leur est confi\u00e9e, c\u2019est l\u2019\u00c9glise universelle qu\u2019ils rendent visible aux lieux o\u00f9 ils sont, et c\u2019est le Corps entier du Christ \u00e0 l\u2019\u00e9dification duquel (cf.\u00a0Ep\u00a04, 12) ils contribuent efficacement. Sans cesse tendus vers ce qui est le bien des fils de Dieu, ils doivent mettre leur z\u00e8le \u00e0 contribuer aussi \u00e0 l\u2019\u0153uvre pastorale du dioc\u00e8se entier, bien mieux, de toute l\u2019\u00c9glise. En raison de cette participation au sacerdoce et \u00e0 la mission de leur \u00e9v\u00eaque, les pr\u00eatres doivent reconna\u00eetre en lui leur p\u00e8re et lui ob\u00e9ir respectueusement. L\u2019\u00e9v\u00eaque, lui, doit consid\u00e9rer les pr\u00eatres, ses coop\u00e9rateurs, comme des fils et des amis, tout comme le Christ appelle ses disciples non plus serviteurs, mais amis (cf.\u00a0Jn\u00a015, 15). Tous les pr\u00eatres, par cons\u00e9quent, tant dioc\u00e9sains que religieux, en raison de l\u2019ordre et du minist\u00e8re, sont articul\u00e9s sur le corps des \u00e9v\u00eaques et, selon leur vocation et leur gr\u00e2ce, sont au service du bien de l\u2019\u00c9glise enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Une intime fraternit\u00e9 lie entre eux tous les pr\u00eatres en raison de la communaut\u00e9 d\u2019ordination et de mission : cette fraternit\u00e9 doit se manifester spontan\u00e9ment et volontiers sous forme d\u2019aide mutuelle, tant spirituelle que mat\u00e9rielle, tant pastorale que personnelle, dans les r\u00e9unions et la communion de vie, de travail et de charit\u00e9. De leurs fid\u00e8les, qu\u2019ils ont engendr\u00e9s spirituellement par le bapt\u00eame et l\u2019enseignement (cf.\u00a01 Co\u00a04, 15 ;\u00a01 P\u00a01, 23), les pr\u00eatres doivent avoir, dans le Christ, un souci paternel. Se faisant g\u00e9n\u00e9reusement l\u2019exemple du troupeau (1 P\u00a05, 3), ils doivent diriger et servir leurs communaut\u00e9s locales, de telle sorte qu\u2019elles puissent \u00eatre dignes de recevoir le nom qui marque l\u2019unique Peuple de Dieu en sa totalit\u00e9 : l\u2019\u00c9glise de Dieu (cf.\u00a01 Co\u00a01, 2 ;\u00a02 Co\u00a01, 1 ;\u00a0et passim). Qu\u2019ils se souviennent qu\u2019ils doivent, par leur comportement quotidien et dans leur sollicitude, montrer aux fid\u00e8les et aux infid\u00e8les, aux catholiques et aux non-catholiques, le visage d\u2019un minist\u00e8re vraiment sacerdotal et pastoral, et rendre \u00e0 tous le t\u00e9moignage de la v\u00e9rit\u00e9 et de la vie ; \u00eatre \u00e9galement comme de bons pasteurs en qu\u00eate (cf.\u00a0Lc\u00a015, 4-7) de ceux qui, malgr\u00e9 le bapt\u00eame re\u00e7u dans l\u2019\u00c9glise catholique, ont abandonn\u00e9 la pratique des sacrements ou m\u00eame la foi.<\/p>\n<p>Et comme le genre humain, aujourd\u2019hui de plus en plus, tend \u00e0 l\u2019unit\u00e9 civile, \u00e9conomique et sociale, les pr\u00eatres ont le devoir d\u2019autant plus pressant d\u2019unir leurs pr\u00e9occupations et leurs moyens sous la conduite des \u00e9v\u00eaques et du Souverain Pontife, pour \u00e9carter toute forme de division et amener le genre humain tout entier \u00e0 l\u2019unit\u00e9 de la famille de Dieu.<\/p>\n<p>29.\u00a0Les diacres<\/p>\n<p>Au degr\u00e9 inf\u00e9rieur de la hi\u00e9rarchie se trouvent les diacres auxquels on a impos\u00e9 les mains \u00ab non pas en vue du sacerdoce, mais en vue du minist\u00e8re [110] \u00bb. La gr\u00e2ce sacramentelle, en effet, leur donne la force n\u00e9cessaire pour servir le Peuple de Dieu dans la \u00ab diaconie \u00bb de la liturgie, de la parole et de la charit\u00e9, en communion avec l\u2019\u00e9v\u00eaque et son presbyterium. Selon les dispositions \u00e0 prendre par l\u2019autorit\u00e9 qualifi\u00e9e, il appartient aux diacres d\u2019administrer solennellement le bapt\u00eame, de conserver et de distribuer l\u2019Eucharistie, d\u2019assister, au nom de l\u2019\u00c9glise, au mariage et de le b\u00e9nir, de porter le viatique aux mourants, de donner lecture aux fid\u00e8les de la Sainte \u00c9criture, d\u2019instruire et exhorter le peuple, de pr\u00e9sider au culte et \u00e0 la pri\u00e8re des fid\u00e8les, d\u2019\u00eatre ministres des sacramentaux, de pr\u00e9sider aux rites fun\u00e8bres et \u00e0 la s\u00e9pulture. Consacr\u00e9s aux offices de charit\u00e9 et d\u2019administration, les diacres ont \u00e0 se souvenir de l\u2019avertissement de saint Polycarpe : \u00ab \u00catre mis\u00e9ricordieux, z\u00e9l\u00e9s, marcher selon la v\u00e9rit\u00e9 du Seigneur qui s\u2019est fait le serviteur de tous [111]. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\nCHAPITRE IV\u00a0:<br \/>\nLes la\u00efcs<\/p>\n<p>30.\u00a0Introduction<\/p>\n<p>Le saint Concile, ayant pr\u00e9cis\u00e9 les fonctions de la hi\u00e9rarchie, se pla\u00eet \u00e0 tourner sa pens\u00e9e vers la condition de ces chr\u00e9tiens qui portent le nom de la\u00efcs. Si, en effet, tout ce qui a \u00e9t\u00e9 dit du Peuple de Dieu concerne \u00e0 titre \u00e9gal la\u00efcs, religieux et clercs, cependant aux la\u00efcs, hommes et femmes, en raison de leur condition et de leur mission, reviennent en particulier un certain nombre de choses dont les circonstances sp\u00e9ciales \u00e0 notre temps obligent d\u2019\u00e9tudier de plus pr\u00e8s les fondements. Les pasteurs sacr\u00e9s savent bien l\u2019importance de la contribution des la\u00efcs au bien de l\u2019\u00c9glise enti\u00e8re. Ils savent qu\u2019ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 eux-m\u00eames institu\u00e9s par le Christ pour assumer \u00e0 eux seuls tout l\u2019ensemble de la mission salutaire de l\u2019\u00c9glise \u00e0 l\u2019\u00e9gard du monde, leur t\u00e2che magnifique consistant \u00e0 comprendre leur mission de pasteurs \u00e0 l\u2019\u00e9gard des fid\u00e8les et \u00e0 reconna\u00eetre les services et les charismes propres \u00e0 ceux-ci, de telle sorte que tout le monde \u00e0 sa fa\u00e7on et dans l\u2019unit\u00e9 apporte son concours \u00e0 l\u2019\u0153uvre commune. \u00ab Il faut, en effet, que tous, par la pratique d\u2019une charit\u00e9 sinc\u00e8re, nous grandissions de toutes mani\u00e8res vers celui qui est la t\u00eate, le Christ dont le corps tout entier, gr\u00e2ce \u00e0 tous les ligaments qui le desservent, tire coh\u00e9sion et unit\u00e9 et, par l\u2019activit\u00e9 assign\u00e9e \u00e0 chacun de ses organes, op\u00e8re sa propre croissance pour s\u2019\u00e9difier lui-m\u00eame dans la charit\u00e9\u00bb (Ep\u00a04, 15-16).<\/p>\n<p>31.\u00a0Qui est vis\u00e9 ici par le terme \u00ab la\u00efc \u00bb?<\/p>\n<p>Sous le nom de la\u00efcs, on entend ici tous les fid\u00e8les, en dehors des membres de l\u2019ordre sacr\u00e9 et de l\u2019\u00e9tat religieux reconnu dans l\u2019\u00c9glise qui, \u00e9tant incorpor\u00e9s au Christ par le bapt\u00eame, int\u00e9gr\u00e9s au Peuple de Dieu, et participants \u00e0 leur mani\u00e8re de la fonction sacerdotale, proph\u00e9tique et royale du Christ, exercent pour leur part, dans l\u2019\u00c9glise et dans le monde, la mission qui est celle de tout le peuple chr\u00e9tien.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re s\u00e9culier est le caract\u00e8re propre et particulier des la\u00efcs. En effet, les membres de l\u2019ordre sacr\u00e9 bien qu\u2019ils puissent se trouver engag\u00e9s dans les choses du si\u00e8cle, m\u00eame en exer\u00e7ant une profession s\u00e9culi\u00e8re, restent, en raison de leur vocation particuli\u00e8re, principalement et express\u00e9ment ordonn\u00e9s au minist\u00e8re sacr\u00e9 ; les religieux, de leur c\u00f4t\u00e9, en vertu de leur \u00e9tat, attestent d\u2019une mani\u00e8re \u00e9clatante et exceptionnelle que lemonde ne peut se transfigurer et \u00eatre offert \u00e0 Dieu en dehors de l\u2019esprit des B\u00e9atitudes. La vocation propre des la\u00efcs consiste \u00e0 chercher le r\u00e8gne de Dieu pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 travers la g\u00e9rance des choses temporelles qu\u2019ils ordonnent selon Dieu. Ils vivent au milieu du si\u00e8cle, c\u2019est-\u00e0-dire engag\u00e9s dans tous les divers devoirs et travaux du monde, dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale dont leur existence est comme tiss\u00e9e. \u00c0 cette place, ils sont appel\u00e9s par Dieu pour travailler comme du dedans \u00e0 la sanctification du monde, \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un ferment, en exer\u00e7ant leurs propres charges sous la conduite de l\u2019esprit \u00e9vang\u00e9lique, et pour manifester le Christ aux autres avant tout par le t\u00e9moignage de leur vie, rayonnant de foi, d\u2019esp\u00e9rance et de charit\u00e9. C\u2019est \u00e0 eux qu\u2019il revient, d\u2019une mani\u00e8re particuli\u00e8re, d\u2019\u00e9clairer et d\u2019orienter toutes les r\u00e9alit\u00e9s temporelles auxquelles ils sont \u00e9troitement unis, de telle sorte qu\u2019elles se fassent et prosp\u00e8rent constamment selon le Christ et soient \u00e0 la louange du Cr\u00e9ateur et R\u00e9dempteur.<\/p>\n<p>32.\u00a0La dignit\u00e9 des la\u00efcs comme membres du Peuple de Dieu<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise sainte, de par l\u2019institution divine, est organis\u00e9e et dirig\u00e9e suivant une vari\u00e9t\u00e9 merveilleuse. \u00ab Car, de m\u00eame qu\u2019en un seul corps nous avons plusieurs membres et que tous les membres n\u2019ont pas tous m\u00eame fonction, ainsi, \u00e0 plusieurs, nous sommes un seul corps dans le Christ, \u00e9tant chacun pour sa part, membres les uns des autres \u00bb (Rm\u00a012, 4-5).<\/p>\n<p>Il n\u2019y a donc qu\u2019un Peuple de Dieu choisi par Lui : \u00ab Il n\u2019y a qu\u2019un Seigneur, une foi, un bapt\u00eame \u00bb (Ep\u00a04, 5). Commune est la dignit\u00e9 des membres du fait de leur r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration dans le Christ ; commune la gr\u00e2ce d\u2019adoption filiale ; commune la vocation \u00e0 la perfection ; il n\u2019y a qu\u2019un salut, une esp\u00e9rance, une charit\u00e9 indivisible. Il n\u2019y a donc, dans le Christ et dans l\u2019\u00c9glise, aucune in\u00e9galit\u00e9 qui viendrait de la race ou de la nation, de la condition sociale ou du sexe, car \u00ab il n\u2019y a ni Juif ni Grec, il y a ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, vous n\u2019\u00eates tous qu\u2019un dans le Christ J\u00e9sus \u00bb (Ga\u00a03 ; 28\u00a0grec\u00a0; cf.\u00a0Col\u00a03, 11).<\/p>\n<p>Si donc, dans l\u2019\u00c9glise, tous ne marchent pas par le m\u00eame chemin, tous, cependant, sont appel\u00e9s \u00e0 la saintet\u00e9 et ont re\u00e7u une foi qui les rends \u00e9gaux dans la justice du Christ (cf.\u00a02 P\u00a01, 1). M\u00eame si certains, par la volont\u00e9 du Christ, sont institu\u00e9s docteurs, dispensateurs des myst\u00e8res et pasteurs pour le bien des autres, cependant, quant \u00e0 la dignit\u00e9 et \u00e0 l\u2019activit\u00e9 commune \u00e0 tous les fid\u00e8les dans l\u2019\u00e9dification du Corps du Christ, il r\u00e8gne entre tous une v\u00e9ritable \u00e9galit\u00e9. Car la diff\u00e9rence m\u00eame que le Seigneur a mise entre les ministres sacr\u00e9s et le reste du Peuple de Dieu comporte en soi union, \u00e9tant donn\u00e9 que les pasteurs et les autres fid\u00e8les se trouvent li\u00e9s les uns aux autres par une communaut\u00e9 de rapports, les pasteurs de l\u2019\u00c9glise qui suivent l\u2019exemple du Seigneur \u00e9tant au service les uns des autres et au service des autres fid\u00e8les, lesquels apportent de leur c\u00f4t\u00e9 aux pasteurs et aux docteurs le concours joyeux de leur aide. Ainsi, dans la diversit\u00e9 m\u00eame, tous rendent t\u00e9moignage de l\u2019admirable dignit\u00e9 qui r\u00e8gne dans le Corps du Christ : en effet, la diversit\u00e9 m\u00eame des gr\u00e2ces, des minist\u00e8res et des op\u00e9rations contribue \u00e0 lier les fils de Dieu en un tout. Car \u00ab tout cela, c\u2019est l\u2019\u0153uvre d\u2019un seul et m\u00eame Esprit \u00bb (1 Co\u00a012, 11).<\/p>\n<p>Ainsi donc, tout comme, par la bienveillance de Dieu, ils ont pour fr\u00e8re le Christ, venu non pour \u00eatre servi, mais pour servir (cf.\u00a0Mt\u00a020, 28), alors qu\u2019il est le Ma\u00eetre de tout, ainsi les la\u00efcs ont aussi pour fr\u00e8res ceux qui, appliqu\u00e9s au sacr\u00e9 minist\u00e8re, font pr\u00e8s de la famille de Dieu office de pasteurs, enseignant, sanctifiant, dirigeant par l\u2019autorit\u00e9 du Christ pour que le commandement nouveau de la charit\u00e9 soit accompli par tous. Saint Augustin dit \u00e0 ce sujet ces tr\u00e8s belles paroles : \u00ab D\u2019\u00eatre l\u00e0 pour vous me remplit de terreur ; mais d\u2019\u00eatre l\u00e0 avec vous me rassure. Car pour vous, je suis \u00e9v\u00eaque ; avec vous je suis chr\u00e9tien. Cela exprime un devoir, ceci est une gr\u00e2ce ; cela \u00e9voque un p\u00e9ril, ceci est le salut [112]. \u00bb<\/p>\n<p>33.\u00a0La vie salutaire et apostolique des la\u00efcs<\/p>\n<p>Les la\u00efcs, r\u00e9unis dans le Peuple de Dieu et constituant un seul Corps du Christ sous un seul Chef, sont appel\u00e9s, quels qu\u2019ils soient, \u00e0 coop\u00e9rer comme des membres vivants au progr\u00e8s de l\u2019\u00c9glise et \u00e0 sa sanctification permanente, en y appliquant toutes les forces qu\u2019ils ont re\u00e7ues du bienfait du Cr\u00e9ateur et de la gr\u00e2ce du R\u00e9dempteur.<\/p>\n<p>L\u2019apostolat des la\u00efcs est une participation \u00e0 la mission salutaire elle-m\u00eame de l\u2019\u00c9glise : \u00e0 cet apostolat, tous sont destin\u00e9s par le Seigneur lui-m\u00eame en vertu du bapt\u00eame et de la confirmation. Les sacrements, surtout la sainte Eucharistie, communiquent et entretiennent cette charit\u00e9 envers Dieu et les hommes, qui est l\u2019\u00e2me de tout l\u2019apostolat. Les la\u00efcs sont appel\u00e9s tout sp\u00e9cialement \u00e0 assurer la pr\u00e9sence et l\u2019action de l\u2019\u00c9glise dans les lieux et les circonstances o\u00f9 elle ne peut devenir autrement que par eux le sel de la terre [113]. Ainsi, tout la\u00efc, en vertu des dons qui lui ont \u00e9t\u00e9 faits, constitue un t\u00e9moin et en m\u00eame temps un instrument vivant de la mission de l\u2019\u00c9glise elle-m\u00eame, \u00ab \u00e0 la mesure du don du Christ \u00bb (Ep\u00a04, 7).<\/p>\n<p>En plus de cet apostolat, qui concerne tous les fid\u00e8les, les la\u00efcs peuvent en outre, de diverses mani\u00e8res, \u00eatre appel\u00e9s \u00e0 coop\u00e9rer plus imm\u00e9diatement avec l\u2019apostolat de la hi\u00e9rarchie [114], \u00e0 la fa\u00e7on de ces hommes et de ces femmes qui \u00e9taient des auxiliaires de l\u2019ap\u00f4tre Paul dans l\u2019\u00c9vangile, et, dans le Seigneur, d\u00e9pensaient un grand labeur (cf.\u00a0Ph\u00a04, 3 ;\u00a0Rm\u00a016, 3 s.). En outre, ils ont en eux une aptitude \u00e0 \u00eatre assum\u00e9s par la hi\u00e9rarchie en vue de certaines fonctions eccl\u00e9siastiques \u00e0 but spirituel.<\/p>\n<p>\u00c0 tous les la\u00efcs, par cons\u00e9quent, incombe la noble charge de travailler \u00e0 ce que le dessein divin de salut parvienne de plus en plus \u00e0 tous les hommes de tous les temps et de toute la terre. La voie doit donc leur \u00eatre ouverte de toutes parts pour que, selon leurs forces et selon les n\u00e9cessit\u00e9s des temps, ils puissent activement participer, eux aussi, \u00e0 l\u2019\u0153uvre de salut qui est celle de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>34.\u00a0La participation des la\u00efcs au sacerdoce commun et au culte<\/p>\n<p>Voulant poursuivre \u00e9galement, par le moyen des la\u00efcs, son t\u00e9moignage et son service, le Christ J\u00e9sus, pr\u00eatre supr\u00eame et \u00e9ternel, leur apporte la vie par son Esprit, et les pousse inlassablement \u00e0 r\u00e9aliser tout bien et toute perfection.<\/p>\n<p>\u00c0 ceux qu\u2019il s\u2019unit intimement dans sa vie et dans sa mission, il accorde, en outre, une part dans sa charge sacerdotale pour l\u2019exercice du culte spirituel en vue de la glorification de Dieu et du salut des hommes. C\u2019est pourquoi les la\u00efcs, en vertu de leur cons\u00e9cration au Christ et de l\u2019onction de l\u2019Esprit Saint, re\u00e7oivent la vocation admirable et les moyens qui permettent \u00e0 l\u2019Esprit de produire en eux des fruits toujours plus abondants. En effet, toutes leurs activit\u00e9s, leurs pri\u00e8res et leurs entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens, leurs d\u00e9tentes d\u2019esprit et de corps, si elles sont v\u00e9cues dans l\u2019Esprit de Dieu, et m\u00eame les \u00e9preuves de la vie, pourvu qu\u2019elles soient patiemment support\u00e9es, tout cela devient \u00ab offrandes spirituelles, agr\u00e9ables \u00e0 Dieu par J\u00e9sus Christ \u00bb (cf.\u00a01 P\u00a02, 5), et dans la c\u00e9l\u00e9bration eucharistique, rejoint l\u2019oblation du Corps du Seigneur pour \u00eatre offert en toute pi\u00e9t\u00e9 au P\u00e8re. C\u2019est ainsi que les la\u00efcs consacrent \u00e0 Dieu le monde lui-m\u00eame, rendant partout \u00e0 Dieu par la saintet\u00e9 de leur vie un culte d\u2019adoration.<\/p>\n<p>35.\u00a0La participation des la\u00efcs \u00e0 la fonction proph\u00e9tique du Christ et au t\u00e9moignage<\/p>\n<p>Le Christ, grand proph\u00e8te, qui par le t\u00e9moignage de sa vie et la vertu de sa parole a proclam\u00e9 le Royaume du P\u00e8re, accomplit sa fonction proph\u00e9tique jusqu\u2019\u00e0 la pleine manifestation de la gloire, non seulement par la hi\u00e9rarchie qui enseigne en son nom et avec son pouvoir, mais aussi par les la\u00efcs dont il fait pour cela des t\u00e9moins en les pourvoyant du sens de la foi et de la gr\u00e2ce de la parole (cf.\u00a0Ac\u00a02, 17-18 ;\u00a0Ap\u00a019, 10), afin que brille dans la vie quotidienne, familiale et sociale, la vertu de l\u2019\u00c9vangile. Ils se pr\u00e9sentent comme les fils de la promesse, lorsque, fermes dans la foi et dans l\u2019esp\u00e9rance, ils mettent \u00e0 profit le moment pr\u00e9sent (cf.\u00a0Ep\u00a05, 16 ;\u00a0Col\u00a04, 5), et attendent avec constance la gloire \u00e0 venir (cf.\u00a0Rm\u00a08, 25). Cette esp\u00e9rance, ils ne doivent pas la cacher dans le secret de leur c\u0153ur, mais l\u2019exprimer aussi \u00e0 travers les structures de la vie du si\u00e8cle par un effort continu de conversion, en luttant \u00ab contre les souverains de ce monde des t\u00e9n\u00e8bres, contre les esprits du mal \u00bb (Ep\u00a06, 12).<\/p>\n<p>Tout comme les sacrements de la loi nouvelle, o\u00f9 s\u2019alimentent la vie et l\u2019apostolat des fid\u00e8les, pr\u00e9figurent le ciel nouveau et la nouvelle terre (cf.\u00a0Ap\u00a021, 1) , ainsi les la\u00efcs deviennent les h\u00e9rauts puissants de la foi en ce qu\u2019on esp\u00e8re (cf.\u00a0He\u00a011, 1) s\u2019ils unissent, sans h\u00e9sitation, \u00e0 une vie anim\u00e9e par la foi la profession de cette m\u00eame foi. Cette action \u00e9vang\u00e9lisatrice, c\u2019est-\u00e0-dire cette annonce du Christ faite par le t\u00e9moignage de la vie et par la parole, prend un caract\u00e8re sp\u00e9cifique et une particuli\u00e8re efficacit\u00e9 du fait qu\u2019elle s\u2019accomplit dans les conditions communes du si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Dans cet ordre de fonctions appara\u00eet la haute valeur de cet \u00e9tat de vie que sanctifie un sacrement sp\u00e9cial, \u00e0 savoir la vie du mariage et de la famille. Le terrain d\u2019exercice et l\u2019\u00e9cole par excellence de l\u2019apostolat des la\u00efcs se trouvent l\u00e0, dans la famille o\u00f9 la religion chr\u00e9tienne p\u00e9n\u00e8tre toute l\u2019organisation de la vie et la transforme chaque jour davantage. L\u00e0, les \u00e9poux trouvent leur vocation propre : \u00eatre l\u2019un pour l\u2019autre et pour leurs enfants t\u00e9moins de la foi et de l\u2019amour du Christ. La famille chr\u00e9tienne proclame hautement \u00e0 la fois les vertus du Royaume de Dieu et l\u2019espoir de la vie bienheureuse. Ainsi, par son exemple et par son t\u00e9moignage, elle est la condamnation du monde p\u00e9cheur et la lumi\u00e8re pour ceux qui cherchent la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, les la\u00efcs peuvent et doivent, m\u00eame occup\u00e9s par leurs soucis temporels, exercer pour l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation du monde une action pr\u00e9cieuse. Certains d\u2019entre eux, suivant leurs moyens, apportent, \u00e0 d\u00e9faut de ministres sacr\u00e9s, ou quand ceux-ci sont r\u00e9duits \u00e0 l\u2019impuissance par un r\u00e9gime de pers\u00e9cutions, un concours de suppl\u00e9ance pour certains offices sacr\u00e9s ; de nombreux autres d\u00e9pensent toutes leurs forces dans l\u2019action apostolique ; mais, \u00e0 tous, le devoir s\u2019impose de coop\u00e9rer \u00e0 l\u2019extension et au progr\u00e8s du r\u00e8gne du Christ dans le monde. C\u2019est pourquoi les la\u00efcs doivent chercher \u00e0 conna\u00eetre toujours plus profond\u00e9ment la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, et demander instamment \u00e0 Dieu le don de sagesse.<\/p>\n<p>36.\u00a0La participation des la\u00efcs au service royal<\/p>\n<p>Le Christ, s\u2019\u00e9tant fait ob\u00e9issant jusqu\u2019\u00e0 la mort et pour cela m\u00eame ayant \u00e9t\u00e9 exalt\u00e9 par le P\u00e8re (cf.\u00a0Ph\u00a02, 8-9), est entr\u00e9 dans la gloire de son Royaume ; \u00e0 lui, tout est soumis, en attendant que lui-m\u00eame se soumette \u00e0 son P\u00e8re avec toute la cr\u00e9ation, afin que Dieu soit tout en tous (cf.\u00a01 Co\u00a015, 27-28). Ce pouvoir, il l\u2019a communiqu\u00e9 \u00e0 ses disciples pour qu\u2019ils soient eux aussi \u00e9tablis dans la libert\u00e9 royale, pour qu\u2019ils arrachent au p\u00e9ch\u00e9 son empire en eux-m\u00eames par leur abn\u00e9gation et la saintet\u00e9 de leur vie (cf.\u00a0Rm\u00a06, 12), bien mieux, pour que, servant le Christ \u00e9galement dans les autres, ils puissent, dans l\u2019humilit\u00e9 et la patience, conduire leurs fr\u00e8res jusqu\u2019au Roi dont les serviteurs sont eux-m\u00eames des rois. En effet, le Seigneur d\u00e9sire \u00e9tendre son r\u00e8gne \u00e9galement avec le concours des fid\u00e8les la\u00efcs ; son r\u00e8gne qui est r\u00e8gne de v\u00e9rit\u00e9 et de vie, r\u00e8gne de saintet\u00e9 et de gr\u00e2ce, r\u00e8gne de justice, d\u2019amour et de paix [115], r\u00e8gne o\u00f9 la cr\u00e9ation elle-m\u00eame sera affranchie de l\u2019esclavage de la corruption pour conna\u00eetre la libert\u00e9 glorieuse des fils de Dieu (cf.\u00a0Rm\u00a08, 21). Grande vraiment est la promesse, grand le commandement donn\u00e9 aux disciples : \u00ab Tout est \u00e0 vous, mais vous \u00eates au Christ, et le Christ est \u00e0 Dieu \u00bb (1 Co\u00a03, 23).<\/p>\n<p>Les fid\u00e8les doivent donc reconna\u00eetre la nature profonde de toute la cr\u00e9ation, sa valeur et sa finalit\u00e9 qui est la gloire de Dieu ; ils doivent, \u00e0 travers les travaux m\u00eame temporels, s\u2019aider en vue d\u2019une vie plus sainte, afin que le monde s\u2019impr\u00e8gne de l\u2019Esprit du Christ et dans la justice, la charit\u00e9 et la paix atteigne plus efficacement sa fin. Dans l\u2019accomplissement universel de ce devoir, les la\u00efcs ont la premi\u00e8re place. Par leur comp\u00e9tence dans les disciplines profanes et par leurs activit\u00e9s que la gr\u00e2ce du Christ \u00e9l\u00e8ve au-dedans, qu\u2019ils s\u2019appliquent de toutes leurs forces \u00e0 obtenir que les valeurs de la cr\u00e9ation soient cultiv\u00e9es dans l\u2019int\u00e9r\u00eat absolument de tous les hommes, selon les fins du Cr\u00e9ateur et la lumi\u00e8re de son Verbe, gr\u00e2ce au travail de l\u2019homme, \u00e0 la technique et \u00e0 la culture, \u00e0 obtenir aussi que ces biens soient mieux distribu\u00e9s entre les hommes et acheminent selon leur nature \u00e0 un progr\u00e8s universel dans la libert\u00e9 humaine et chr\u00e9tienne. Le Christ ainsi, \u00e0 travers les membres de l\u2019\u00c9glise, \u00e9clairera la soci\u00e9t\u00e9 humaine tout enti\u00e8re, et de plus en plus, de sa lumi\u00e8re qui sauve.<\/p>\n<p>Que les la\u00efcs, en outre, unissent leurs forces pour apporter aux institutions et aux conditions de vie dans le monde, quand elles provoquent au p\u00e9ch\u00e9, les assainissements convenables, pour qu\u2019elles deviennent toutes conformes aux r\u00e8gles de la justice et favorisent l\u2019exercice des vertus au lieu d\u2019y faire obstacle. En agissant ainsi, ils impr\u00e9gneront de valeur morale la culture et les \u0153uvres humaines. Par l\u00e0 aussi, le champ du monde se trouve mieux pr\u00e9par\u00e9 pour accueillir la semence de la Parole de Dieu, et les portes par lesquelles le message de paix entre dans le monde s\u2019ouvrent plus largement \u00e0 l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019\u00e9conomie elle-m\u00eame du salut, les fid\u00e8les doivent apprendre \u00e0 distinguer avec soin entre les droits et les devoirs qui leur incombent en tant que membres de l\u2019\u00c9glise et ceux qui leur reviennent comme membres de la soci\u00e9t\u00e9 humaine. Qu\u2019ils s\u2019efforcent d\u2019accorder les uns et les autres entre eux, harmonieusement, se souvenant que la conscience chr\u00e9tienne doit \u00eatre leur guide en tous domaines temporels, car aucune activit\u00e9 humaine, f\u00fbt-elle d\u2019ordre temporel, ne peut \u00eatre soustraite \u00e0 l\u2019empire de Dieu. Aux temps o\u00f9 nous sommes, il est extr\u00eamement n\u00e9cessaire que, dans la fa\u00e7on d\u2019agir des fid\u00e8les, brillent \u00e0 la fois clairement et cette distinction et cette harmonie, pour que la mission de l\u2019\u00c9glise puisse r\u00e9pondre plus pleinement aux conditions particuli\u00e8res du monde d\u2019aujourd\u2019hui. De m\u00eame, en effet, qu\u2019il faut reconna\u00eetre \u00e0 la cit\u00e9 terrestre, l\u00e9gitimement appliqu\u00e9e aux soucis du si\u00e8cle, le droit d\u2019\u00eatre r\u00e9gie par ses propres principes, de m\u00eame, c\u2019est \u00e0 juste titre qu\u2019est rejet\u00e9e la doctrine n\u00e9faste qui pr\u00e9tend construire la soci\u00e9t\u00e9 sans aucune consid\u00e9ration pour la religion et s\u2019attaque \u00e0 la libert\u00e9 religieuse des citoyens pour l\u2019\u00e9liminer [116].<\/p>\n<p>37.\u00a0Relation des la\u00efcs avec la hi\u00e9rarchie<\/p>\n<p>Les la\u00efcs, comme tous les chr\u00e9tiens, ont le droit de recevoir en abondance des pasteurs sacr\u00e9s les ressources qui viennent des tr\u00e9sors spirituels de l\u2019\u00c9glise, en particulier les secours de la Parole de Dieu et des sacrements [117]; ils ont le droit de s\u2019ouvrir \u00e0 ces m\u00eames pasteurs avec toute la libert\u00e9 et la confiance qui conviennent \u00e0 des fils de Dieu et \u00e0 des fr\u00e8res dans le Christ de leurs besoins et de leurs v\u0153ux. Dans la mesure de leurs connaissances, de leurs comp\u00e9tences et de leur situation, ils ont la facult\u00e9 et m\u00eame parfois le devoir de manifester leur sentiment en ce qui concerne le bien de l\u2019\u00c9glise [118]. Cela doit se faire, le cas \u00e9ch\u00e9ant, par le moyen des institutions que l\u2019\u00c9glise a \u00e9tablies pour cela, et toujours dans la sinc\u00e9rit\u00e9, le courage et la prudence, avec le respect et la charit\u00e9 qu\u2019on doit \u00e0 ceux qui, en raison de leurs charges sacr\u00e9es, tiennent la place du Christ.<\/p>\n<p>Les la\u00efcs, comme tous les fid\u00e8les, doivent embrasser, dans la promptitude de l\u2019ob\u00e9issance chr\u00e9tienne, ce que les pasteurs sacr\u00e9s repr\u00e9sentant le Christ d\u00e9cident au nom de leur magist\u00e8re et de leur autorit\u00e9 dans l\u2019\u00c9glise ; en cela, c\u2019est l\u2019exemple du Christ qu\u2019ils suivent, lui qui, en ob\u00e9issant jusqu\u2019\u00e0 la mort, a ouvert aux hommes la voie bienheureuse de la libert\u00e9 des fils de Dieu. Qu\u2019ils ne manquent pas de recommander \u00e0 Dieu, dans la pri\u00e8re, leurs chefs qui veillent sur nos \u00e2mes comme devant en rendre compte, afin qu\u2019ils puissent le faire avec joie et non en g\u00e9missant (cf.\u00a0He\u00a013, 17).<\/p>\n<p>Les pasteurs, de leur c\u00f4t\u00e9, doivent reconna\u00eetre et promouvoir la dignit\u00e9 et la responsabilit\u00e9 des la\u00efcs dans l\u2019\u00c9glise ; ayant volontiers recours \u00e0 la prudence de leurs conseils, leur remettant avec confiance des charges au service de l\u2019\u00c9glise, leur laissant la libert\u00e9 et la marge d\u2019action, stimulant m\u00eame leur courage pour entreprendre de leur propre mouvement. Qu\u2019ils accordent avec un amour paternel attention et consid\u00e9ration dans le Christ aux essais, v\u0153ux et d\u00e9sirs propos\u00e9s par les la\u00efcs [119], qu\u2019ils respectent et reconnaissent la juste libert\u00e9 qui appartient \u00e0 tous dans la cit\u00e9 terrestre.<\/p>\n<p>De ce commerce familier entre la\u00efcs et pasteurs il faut attendre pour l\u2019\u00c9glise toutes sortes de biens : par l\u00e0 en effet s\u2019affirme chez les la\u00efcs le sens de leurs responsabilit\u00e9s propres, leur ardeur s\u2019entretient et les forces des la\u00efcs viennent plus facilement s\u2019associer \u00e0 l\u2019action des pasteurs. Ceux-ci, avec l\u2019aide de l\u2019exp\u00e9rience des la\u00efcs, sont mis en \u00e9tat de juger plus distinctement et plus exactement en mati\u00e8re spirituelle aussi bien que temporelle, et c\u2019est toute l\u2019\u00c9glise qui pourra ainsi, renforc\u00e9e par tous ses membres, remplir pour la vie du monde plus efficacement sa mission.<\/p>\n<p>38.\u00a0Conclusion<\/p>\n<p>Chacun des la\u00efcs doit devant le monde \u00eatre le t\u00e9moin de la r\u00e9surrection et de la vie du Seigneur J\u00e9sus et signe du Dieu vivant. Tous ensemble et chacun pour sa part doivent nourrir le monde des fruits spirituels (cf.\u00a0Ga\u00a05, 22) et r\u00e9pandre sur lui cet esprit qui anime les pauvres, les doux, les pacifiques que le Seigneur dans l\u2019\u00c9vangile a proclam\u00e9s bienheureux (cf.\u00a0Mt\u00a05, 3-9). En un mot \u00ab ce que l\u2019\u00e2me est dans le corps, il faut que les chr\u00e9tiens le soient dans le monde [120] \u00bb.<br \/>\nCHAPITRE V\u00a0:<br \/>\nLa vocation universelle \u00e0 la saintet\u00e9 dans l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>39.\u00a0Introduction<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise, dont le saint Concile pr\u00e9sente le myst\u00e8re, est aux yeux de la foi ind\u00e9fectiblement sainte. En effet, le Christ, Fils de Dieu, qui, avec le P\u00e8re et l\u2019Esprit, est proclam\u00e9 \u00ab le seul Saint [121] \u00bb, a aim\u00e9 l\u2019\u00c9glise comme son \u00e9pouse, il s\u2019est livr\u00e9 pour elle afin de la sanctifier (cf.\u00a0Ep\u00a05, 25-26), il se l\u2019est unie comme son Corps et l\u2019a combl\u00e9e du don de l\u2019Esprit Saint pour la gloire de Dieu. Aussi dans l\u2019\u00c9glise, tous, qu\u2019ils appartiennent \u00e0 la hi\u00e9rarchie ou qu\u2019ils soient r\u00e9gis par elle, sont appel\u00e9s \u00e0 la saintet\u00e9 selon la parole de l\u2019ap\u00f4tre : \u00ab Oui, ce que Dieu veut c\u2019est votre sanctification \u00bb (1 Th\u00a04, 3 ; cf.\u00a0Ep\u00a01, 4). Cette saintet\u00e9 de l\u2019\u00c9glise se manifeste en permanence et doit se manifester par les fruits de gr\u00e2ce que l\u2019Esprit produit dans les fid\u00e8les ; sous toutes sortes de formes, elle s\u2019exprime en chacun de ceux qui tendent \u00e0 la charit\u00e9 parfaite, dans leur ligne propre de vie, en \u00e9difiant les autres ; elle appara\u00eet d\u2019une mani\u00e8re particuli\u00e8re dans la pratique des conseils qu\u2019on a coutume d\u2019appeler \u00e9vang\u00e9liques. Cette pratique des conseils assum\u00e9e sous l\u2019impulsion de l\u2019Esprit Saint par un grand nombre de chr\u00e9tiens, soit \u00e0 titre priv\u00e9, soit dans une condition ou un \u00e9tat sanctionn\u00e9s par l\u2019\u00c9glise, apporte dans le monde et doit y apporter un lumineux t\u00e9moignage et un exemple de saintet\u00e9.<\/p>\n<p>40.\u00a0L\u2019appel universel \u00e0 la saintet\u00e9<\/p>\n<p>Ma\u00eetre divin et mod\u00e8le de toute perfection, le Seigneur J\u00e9sus a pr\u00each\u00e9 \u00e0 tous et chacun de ses disciples, quelle que soit leur condition, cette saintet\u00e9 de vie dont il est \u00e0 la fois l\u2019initiateur et le consommateur : \u00ab Vous donc, soyez parfaits comme votre P\u00e8re c\u00e9leste est parfait \u00bb (Mt\u00a05, 48) [122]. Et en effet \u00e0 tous il a envoy\u00e9 son Esprit pour les mouvoir de l\u2019int\u00e9rieur \u00e0 aimer Dieu de tout leur c\u0153ur, de toute leur \u00e2me, de toute leur intelligence et de toutes leurs forces (cf.\u00a0Mc\u00a012, 30), et aussi \u00e0 s\u2019aimer mutuellement comme le Christ les a aim\u00e9s (cf.\u00a0Jn\u00a013, 34 ; 15, 12). Appel\u00e9s par Dieu, non au titre de leurs \u0153uvres mais au titre de son dessein gracieux, justifi\u00e9s en J\u00e9sus notre Seigneur, les disciples du Christ sont v\u00e9ritablement devenus par le bapt\u00eame de la foi, fils de Dieu, participants de la nature divine et, par la m\u00eame, r\u00e9ellement saints. Cette sanctification qu\u2019ils ont re\u00e7ue, il leur faut donc, avec la gr\u00e2ce de Dieu, la conserver et l\u2019achever par leur vie. C\u2019est l\u2019ap\u00f4tre qui les avertit de vivre \u00ab comme il convient \u00e0 des saints \u00bb (Ep\u00a05,3) , de rev\u00eatir \u00ab comme des \u00e9lus de Dieu saints et bien-aim\u00e9s, des sentiments de mis\u00e9ricorde, de bont\u00e9, d\u2019humilit\u00e9, de douceur, de longanimit\u00e9 \u00bb (Col3, 12), portant les fruits de l\u2019Esprit pour leur sanctification (cf.\u00a0Ga\u00a05, 22 ;\u00a0Rm\u00a06, 22). Cependant comme nous nous rendons tous fautifs en bien des points (cf.\u00a0Jc\u00a03, 2), nous avons constamment besoin de la mis\u00e9ricorde de Dieu et nous devons tous les jours dire dans notre pri\u00e8re : \u00ab Pardonne-nous nos offenses \u00bb (Mt\u00a06, 12) [123].<\/p>\n<p>Il est donc bien \u00e9vident pour tous que l\u2019appel \u00e0 la pl\u00e9nitude de la vie chr\u00e9tienne et \u00e0 la perfection de la charit\u00e9 s\u2019adresse \u00e0 tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur \u00e9tat ou leur forme de vie [124] ; dans la soci\u00e9t\u00e9 terrestre elle-m\u00eame, cette saintet\u00e9 contribue \u00e0 promouvoir plus d\u2019humanit\u00e9 dans les conditions d\u2019existence. Les fid\u00e8les doivent s\u2019appliquer de toutes leurs forces, dans la mesure du don du Christ, \u00e0 obtenir cette perfection, afin que, marchant sur ses traces et se conformant \u00e0 son image, accomplissant en tout la volont\u00e9 du P\u00e8re, ils soient avec toute leur \u00e2me vou\u00e9s \u00e0 la gloire de Dieu et au service du prochain. Ainsi la saintet\u00e9 du Peuple de Dieu s\u2019\u00e9panouira en fruits abondants, comme en t\u00e9moigne avec \u00e9clat \u00e0 travers la vie de tant de saints l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>41.\u00a0Les formes multiples d\u2019exercice de l\u2019unique saintet\u00e9<\/p>\n<p>\u00c0 travers les formes diverses de vie et les charges diff\u00e9rentes, il n\u2019y a qu\u2019une seule saintet\u00e9 cultiv\u00e9e par tous ceux que conduit l\u2019Esprit de Dieu et qui, ob\u00e9issant \u00e0 la voix du P\u00e8re et adorant Dieu le P\u00e8re en esprit et en v\u00e9rit\u00e9, marchent \u00e0 la suite du Christ pauvre, humble et charg\u00e9 de sa croix, pour m\u00e9riter de devenir participants de sa gloire. Chacun doit inlassablement avancer, selon ses propres dons et fonctions, par la voie d\u2019une foi vivante, g\u00e9n\u00e9ratrice d\u2019esp\u00e9rance et ouvri\u00e8re de charit\u00e9.<\/p>\n<p>Ceux qui ont re\u00e7u la charge de pasteurs \u00e0 l\u2019\u00e9gard du troupeau du Christ doivent tout les premiers, \u00e0 l\u2019image du grand Pr\u00eatre \u00e9ternel, Pasteur et \u00c9v\u00eaque de nos \u00e2mes, remplir leur minist\u00e8re dans la saintet\u00e9 et l\u2019ardeur, l\u2019humilit\u00e9 et la force : accompli dans ces conditions, il sera pour eux-m\u00eames un moyen puissant de sanctification. Choisis pour recevoir la pl\u00e9nitude du sacerdoce, ils b\u00e9n\u00e9ficient de la gr\u00e2ce sacramentelle pour exercer en perfection la charge de la charit\u00e9 pastorale [125] par la pri\u00e8re, le sacrifice, la pr\u00e9dication, et sous toutes ses formes, le soin et le service \u00e9piscopal, acceptant sans crainte de donner leur vie pour leurs brebis et devenant un mod\u00e8le pour leur troupeau (cf.\u00a01 P\u00a05, 3), aidant enfin l\u2019\u00c9glise par leur exemple \u00e0 avancer chaque jour en saintet\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 la ressemblance de l\u2019ordre des \u00e9v\u00eaques dont ils constituent la couronne spirituelle [126], et \u00e0 la gr\u00e2ce de qui ils participent par le Christ, \u00e9ternel et unique M\u00e9diateur, les pr\u00eatres doivent grandir en amour pour Dieu et le prochain par l\u2019exercice quotidien de leur t\u00e2che, garder entre eux le lien de la communion sacerdotale, \u00eatre riches de tous les biens spirituels et offrir \u00e0 tous un vivant t\u00e9moignage de Dieu [127], \u00e9mules de ces pr\u00eatres, qui le long des temps ont laiss\u00e9, par leur service souvent humble et obscur, un \u00e9clatant exemple de saintet\u00e9. L\u2019\u00c9glise de Dieu proclame leur louange. Offrant pour leur peuple et pour tout le Peuple de Dieu, au titre m\u00eame de leur charge, la pri\u00e8re et le sacrifice, conscients de ce qu\u2019ils font et se conformant aux myst\u00e8res qu\u2019ils accomplissent [128], bien loin d\u2019\u00eatre entrav\u00e9s par les soucis, les p\u00e9rils et les \u00e9preuves apostoliques, ils doivent par l\u00e0 au contraire s\u2019\u00e9lever \u00e0 une plus haute saintet\u00e9, en cherchant dans l\u2019abondance de la contemplation de quoi nourrir et soutenir leur activit\u00e9, pour apporter leur encouragement \u00e0 l\u2019\u00c9glise enti\u00e8re de Dieu. Que tous les pr\u00eatres et ceux-l\u00e0 sp\u00e9cialement qui, au titre particulier de leur ordination, portent le nom de pr\u00eatres dioc\u00e9sains, se souviennent de ce que leur saintet\u00e9 peut gagner \u00e0 leur union fid\u00e8le et \u00e0 leur g\u00e9n\u00e9reuse coop\u00e9ration avec leur \u00e9v\u00eaque.<\/p>\n<p>\u00c0 la mission et \u00e0 la gr\u00e2ce du Souverain Pr\u00eatre participent aussi d\u2019une fa\u00e7on sp\u00e9ciale les ministres de l\u2019ordre inf\u00e9rieur ; et d\u2019abord les diacres qui doivent, en servant le myst\u00e8re du Christ et de l\u2019\u00c9glise [129], se garder purs de tous vices, chercher \u00e0 plaire \u00e0 Dieu et \u00e0 \u00eatre devant les hommes les instruments de tout bien possible (cf.\u00a01 Tm\u00a03, 8-10.12-13). Les clercs, qui, appel\u00e9s par Dieu et r\u00e9serv\u00e9s pour \u00eatre la part de Dieu, se pr\u00e9parent aux charges du minist\u00e8re sous la vigilance des pasteurs, ont le devoir de mettre leur esprit et leur c\u0153ur en accord avec une si haute vocation en se montrant assidus \u00e0 la pri\u00e8re, fervents en charit\u00e9, n\u2019ayant d\u2019autre pens\u00e9e que ce qui est vrai, juste et honorable, faisant tout pour la gloire et l\u2019honneur de Dieu. Il faut y ajouter les la\u00efcs choisis par Dieu qui, pour se livrer pleinement aux travaux de l\u2019apostolat, sont appel\u00e9s par l\u2019\u00e9v\u00eaque et travaillent sur le champ du Seigneur, en y faisant beaucoup de fruits [130].<\/p>\n<p>Quant aux \u00e9poux et aux parents chr\u00e9tiens, il leur faut, en suivant leur propre route, s\u2019aider mutuellement dans la fid\u00e9lit\u00e9 de l\u2019amour avec l\u2019aide de la gr\u00e2ce, tout le long de leur vie, inculquant aux enfants qu\u2019ils ont re\u00e7us de Dieu, avec amour, les v\u00e9rit\u00e9s chr\u00e9tiennes et les vertus de l\u2019\u00c9vangile. Par l\u00e0, en effet, ils donnent \u00e0 tous l\u2019exemple d\u2019un amour inlassable et g\u00e9n\u00e9reux, ils contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9dification de la charit\u00e9 fraternelle et apportent \u00e0 la f\u00e9condit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise notre M\u00e8re, leur t\u00e9moignage et leur coop\u00e9ration, en signe et participation de l\u2019amour que le Christ a eu pour son Epouse et qui l\u2019a fait se livrer pour elle [131]. Un exemple semblable est donn\u00e9 par les veuves et les c\u00e9libataires dont le concours peut \u00eatre pour la saintet\u00e9 et l\u2019activit\u00e9 dans l\u2019\u00c9glise de grande valeur. Pour ceux qui se livrent \u00e0 des travaux souvent p\u00e9nibles, leur activit\u00e9 d\u2019homme doit les enrichir personnellement, leur permettre d\u2019aider leurs concitoyens et de contribuer \u00e0 \u00e9lever le niveau de la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re et de la cr\u00e9ation, \u00e0 imiter enfin, par une charit\u00e9 active, le Christ qui a voulu pratiquer le travail manuel et qui, avec son P\u00e8re, ne cesse d\u2019agir pour le salut de tous, cela dans une joyeuse esp\u00e9rance, s\u2019aidant mutuellement \u00e0 porter leurs fardeaux, montant par leur travail quotidien \u00e0 une saintet\u00e9 toujours plus haute, m\u00eame sous la forme apostolique.<\/p>\n<p>Qu\u2019ils se sachent eux aussi unis tout sp\u00e9cialement au Christ souffrant pour le salut du monde, ceux sur qui p\u00e8sent la pauvret\u00e9, l\u2019infirmit\u00e9, la maladie, les \u00e9preuves diverses, ou qui souffrent pers\u00e9cution pour la justice : le Seigneur dans l\u2019\u00c9vangile les a d\u00e9clar\u00e9s bienheureux et \u00ab le Dieu de toute gr\u00e2ce qui nous a appel\u00e9s dans le Christ \u00e0 sa gloire \u00e9ternelle, apr\u00e8s une courte \u00e9preuve, les r\u00e9tablira lui-m\u00eame, les affermira et les rendra in\u00e9branlables \u00bb (1 P\u00a05, 10).<\/p>\n<p>Ainsi donc tous ceux qui croient au Christ iront en se sanctifiant toujours plus dans les conditions, les charges et les circonstances qui sont celles de leur vie et gr\u00e2ce \u00e0 elles, si cependant ils re\u00e7oivent avec foi toutes choses de la main du P\u00e8re c\u00e9leste et coop\u00e8rent \u00e0 l\u2019accomplissement de la volont\u00e9 de Dieu, en faisant para\u00eetre aux yeux de tous, dans leur service temporel lui-m\u00eame, la charit\u00e9 avec laquelle Dieu a aim\u00e9 le monde.<\/p>\n<p>42.\u00a0Voies et moyens de la saintet\u00e9<\/p>\n<p>\u00abDieu est charit\u00e9 et celui qui demeure dans la charit\u00e9 demeure en Dieu et Dieu en lui\u00bb (cf.\u00a01 Jn\u00a04, 16). Sa charit\u00e9, Dieu l\u2019a r\u00e9pandue dans nos c\u0153urs par l\u2019Esprit Saint qui nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 (cf.\u00a0Rm\u00a05, 5). La charit\u00e9 qui nous fait aimer Dieu par-dessus tout et le prochain \u00e0 cause de lui est par cons\u00e9quent le don premier et le plus n\u00e9cessaire. Mais pour que la charit\u00e9, comme un bon grain, croisse dans l\u2019\u00e2me et fructifie, chaque fid\u00e8le doit s\u2019ouvrir volontiers \u00e0 la Parole de Dieu et, avec l\u2019aide de sa gr\u00e2ce, mettre en \u0153uvre sa volont\u00e9, participer fr\u00e9quemment aux sacrements, surtout \u00e0 l\u2019Eucharistie, et aux actions sacr\u00e9es, s\u2019appliquer avec pers\u00e9v\u00e9rance \u00e0 la pri\u00e8re, \u00e0 l\u2019abn\u00e9gation de soi-m\u00eame, au service actif de ses fr\u00e8res et \u00e0 l\u2019exercice de toutes les vertus. La charit\u00e9 en effet, \u00e9tant le lien de la perfection et la pl\u00e9nitude de la loi (cf.\u00a0Col\u00a03, 14 ;\u00a0Rm\u00a013, 10), oriente tous les moyens de sanctification, leur donne leur \u00e2me et les conduit \u00e0 leur fin [132]. C\u2019est donc la charit\u00e9 envers Dieu et envers le prochain qui marque le v\u00e9ritable disciple du Christ.<\/p>\n<p>J\u00e9sus, le Fils de Dieu, ayant manifest\u00e9 sa charit\u00e9 en donnant sa vie pour nous, personne ne peut aimer davantage qu\u2019en donnant sa vie pour lui et pour ses fr\u00e8res (cf.\u00a01 Jn\u00a03, 16 ;\u00a0Jn\u00a015, 13). \u00c0 ce t\u00e9moignage supr\u00eame d\u2019amour rendu devant tous et surtout devant les pers\u00e9cuteurs, depuis la premi\u00e8re heure, quelques-uns parmi les chr\u00e9tiens ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s et d\u2019autres y seront appel\u00e9s sans cesse. C\u2019est pourquoi le martyre dans lequel le disciple est assimil\u00e9 \u00e0 son ma\u00eetre, acceptant librement la mort pour le salut du monde, et rendu semblable \u00e0 lui dans l\u2019effusion de son sang, est consid\u00e9r\u00e9 par l\u2019\u00c9glise comme une gr\u00e2ce \u00e9minente et la preuve supr\u00eame de la charit\u00e9. Que si cela n\u2019est donn\u00e9 qu\u2019\u00e0 un petit nombre, tous cependant doivent \u00eatre pr\u00eats \u00e0 confesser le Christ devant les hommes et \u00e0 le suivre sur le chemin de la croix, \u00e0 travers les pers\u00e9cutions qui ne manquent jamais \u00e0 l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>La saintet\u00e9 de l\u2019\u00c9glise est entretenue sp\u00e9cialement par les conseils, sous des formes multiples, que le Seigneur, dans l\u2019\u00c9vangile, a propos\u00e9s \u00e0 l\u2019observation de ses disciples [133]. Parmi ces conseils, en premi\u00e8re place, il y a ce don pr\u00e9cieux de gr\u00e2ce fait par le P\u00e8re \u00e0 certains (cf.\u00a0Mt\u00a019, 11 ;\u00a01 Co\u00a07, 7) de se vouer \u00e0 Dieu seul plus facilement sans partage du c\u0153ur, dans la virginit\u00e9 ou le c\u00e9libat (cf.\u00a01 Co\u00a07, 32-34) [134]. Cette continence parfaite \u00e0 cause du r\u00e8gne de Dieu a toujours \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de la part de l\u2019\u00c9glise d\u2019un honneur sp\u00e9cial, comme signe et stimulant de la charit\u00e9 et comme une source particuli\u00e8re de f\u00e9condit\u00e9 spirituelle dans le monde.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise se rem\u00e9more l\u2019avertissement de l\u2019ap\u00f4tre qui provoque les fid\u00e8les \u00e0 la charit\u00e9 et les exhorte \u00e0 \u00e9prouver en eux cela m\u00eame qui fut dans le Christ, lequel \u00ab s\u2019an\u00e9antit lui-m\u00eame prenant condition d\u2019esclave [&#8230;] se faisant ob\u00e9issant jusqu\u2019\u00e0 la mort \u00bb (Ph\u00a02, 7-8), et se faisant pour nous \u00ab pauvre, de riche qu\u2019il \u00e9tait \u00bb (2 Co\u00a08, 9). L\u2019imitation et le t\u00e9moignage de cette charit\u00e9 et humilit\u00e9 du Christ s\u2019imposent en v\u00e9rit\u00e9 aux disciples en permanence ; c\u2019est pourquoi l\u2019\u00c9glise notre M\u00e8re se r\u00e9jouit de ce qu\u2019il se trouve dans son sein, en grand nombre, des hommes et des femmes pour vouloir suivre de plus pr\u00e8s et manifester plus clairement l\u2019an\u00e9antissement du Sauveur, en assumant, dans la libert\u00e9 des fils de Dieu, la pauvret\u00e9 et en renon\u00e7ant \u00e0 leur propre volont\u00e9, pour se soumettre \u00e0 cause de Dieu \u00e0 une cr\u00e9ature humaine, en mati\u00e8re de perfection, allant aussi au-del\u00e0 de ce qu\u2019exige le pr\u00e9cepte, afin de se conformer plus pleinement au Christ ob\u00e9issant [135].<\/p>\n<p>Tous les fid\u00e8les du Christ sont donc invit\u00e9s et tenus \u00e0 chercher et \u00e0 atteindre la saintet\u00e9 et la perfection propres \u00e0 leur \u00e9tat. Que tous s&#8217;appliquent donc \u00e0 r\u00e9gler leurs sentiments en toute rectitude, pour que l&#8217;usage des choses du monde et un attachement aux richesses contraire \u00e0 l&#8217;esprit de pauvret\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique ne les emp\u00e8chent pas de rechercher la charit\u00e9 parfaite, selon l&#8217;avertissement de l&#8217;Ap\u00f4tre : &#8221; Que ceux qui usent de ce monde ne s&#8217;y arr\u00eatent pas ; car la figure de ce monde passe &#8221; (cf. 1\u00a0Co\u00a07, 31)\u00a0 [*].<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\nCHAPITRE VI\u00a0:<br \/>\nLes religieux<\/p>\n<p>43.\u00a0La profession des conseils \u00e9vang\u00e9liques dans un \u00e9tat de vie reconnu dans l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>Les conseils \u00e9vang\u00e9liques de chastet\u00e9 vou\u00e9e \u00e0 Dieu, de pauvret\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance, \u00e9tant fond\u00e9s sur les paroles et les exemples du Seigneur, ayant la recommandation des Ap\u00f4tres, des P\u00e8res, des docteurs et pasteurs de l\u2019\u00c9glise, constituent un don divin que l\u2019\u00c9glise a re\u00e7u de son Seigneur et que, par sa gr\u00e2ce, elle conserve toujours. L\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise, sous la conduite de l\u2019Esprit Saint, a veill\u00e9 elle-m\u00eame \u00e0 en fixer la doctrine et en r\u00e9gler la pratique, en instituant m\u00eame des formes de vie stables sur la base de ces conseils. Comme un arbre qui se ramifie de fa\u00e7on admirable et multiple dans le champ du Seigneur, \u00e0 partir d\u2019un germe sem\u00e9 par Dieu, naquirent et se d\u00e9velopp\u00e8rent ainsi des formes vari\u00e9es de vie solitaire ou commune, des familles diverses dont le capital spirituel profite \u00e0 la fois aux membres de ces familles et au bien de tout le Corps du Christ [136]. Ces familles assurent \u00e0 leurs membres les secours d\u2019une plus grande stabilit\u00e9 dans leur forme de vie, d\u2019une doctrine \u00e9prouv\u00e9e pour tendre \u00e0 la perfection, d\u2019une communion fraternelle dans le combat pour le Christ, d\u2019une libert\u00e9 fortifi\u00e9e par l\u2019ob\u00e9issance afin de pouvoir remplir avec s\u00e9curit\u00e9 et garder fid\u00e8lement les exigences de leur profession religieuse en avan\u00e7ant dans la joie spirituelle sur la route de la charit\u00e9 [137].<\/p>\n<p>Cet \u00e9tat de vie, compte tenu de la constitution divine et hi\u00e9rarchique de l\u2019\u00c9glise, ne se situe pas entre la condition du clerc et celle du la\u00efc. Dieu y appelle des fid\u00e8les du Christ de l\u2019une et de l\u2019autre condition pour jouir dans la vie de l\u2019\u00c9glise de ce don sp\u00e9cial et servir \u00e0 la mission salutaire de l\u2019\u00c9glise, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re [138].<\/p>\n<p>44.\u00a0Nature et importance de l\u2019\u00e9tat religieux dans l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>Par les v\u0153ux (ou d\u2019autres engagements sacr\u00e9s assimil\u00e9s aux v\u0153ux par leur nature m\u00eame), le fid\u00e8le du Christ s\u2019oblige \u00e0 la pratique des trois conseils \u00e9vang\u00e9liques susdits ; il est livr\u00e9 enti\u00e8rement \u00e0 Dieu, qu\u2019il aime par-dessus tout, et ainsi il est ordonn\u00e9 au service du Seigneur et \u00e0 son honneur \u00e0 un titre nouveau et particulier. Le bapt\u00eame d\u00e9j\u00e0 l\u2019avait fait mourir au p\u00e9ch\u00e9 et consacr\u00e9 \u00e0 Dieu, mais pour pouvoir recueillir en plus grande abondance le fruit de la gr\u00e2ce baptismale, il veut, par la profession faite dans l\u2019\u00c9glise des conseils \u00e9vang\u00e9lique, se lib\u00e9rer des surcharges qui pourraient le retenir dans sa recherche d\u2019une charit\u00e9 fervente et d\u2019un culte parfait \u00e0 rendre \u00e0 Dieu, et se consacrer plus intimement au service divin [139]. Cette cons\u00e9cration sera d\u2019autant plus parfaite que des liens plus fermes et plus stables reproduiront davantage l\u2019image du Christ uni \u00e0 l\u2019\u00c9glise son Epouse par un lien indissoluble.<\/p>\n<p>Mais comme les conseils \u00e9vang\u00e9liques, gr\u00e2ce \u00e0 la charit\u00e9 \u00e0 laquelle ils conduisent [140], unissent de mani\u00e8re sp\u00e9ciale ceux qui les pratiquent \u00e0 l\u2019\u00c9glise et \u00e0 son myst\u00e8re, leur vie spirituelle doit se vouer \u00e9galement au bien de toute l\u2019\u00c9glise. D\u2019o\u00f9 le devoir de travailler, chacun selon ses forces et selon la forme de sa propre vocation, soit par la pri\u00e8re, soit aussi par son activit\u00e9 effective, pour le r\u00e8gne du Christ \u00e0 enraciner et \u00e0 renforcer dans les \u00e2mes, \u00e0 r\u00e9pandre par tout l\u2019univers. C\u2019est pourquoi l\u2019\u00c9glise prot\u00e8ge et soutient le caract\u00e8re propre des divers instituts religieux.<\/p>\n<p>La profession des conseils \u00e9vang\u00e9liques appara\u00eet en cons\u00e9quence comme un signe qui peut et doit exercer une influence efficace sur tous les membres de l\u2019\u00c9glise dans l\u2019accomplissement courageux des devoirs de leur vocation chr\u00e9tienne. En effet, le Peuple de Dieu n\u2019a pas ici-bas de cit\u00e9 permanente, il est en qu\u00eate de la cit\u00e9 future, or l\u2019\u00e9tat religieux, qui assure aux siens une libert\u00e9 plus grande \u00e0 l\u2019\u00e9gard des charges terrestres, manifeste aussi davantage aux yeux de tous les croyants les biens c\u00e9lestes d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents en ce temps, il atteste l\u2019existence d\u2019une vie nouvelle et \u00e9ternelle acquise par la R\u00e9demption du Christ, il annonce enfin la r\u00e9surrection \u00e0 venir et la gloire du Royaume des cieux. De plus, il s\u2019efforce d\u2019imiter de plus pr\u00e8s et il repr\u00e9sente continuellement dans l\u2019\u00c9glise cette forme de vie que le Fils de Dieu a prise en venant au monde pour faire la volont\u00e9 du P\u00e8re et qu\u2019il a propos\u00e9e aux disciples qui le suivaient. Il fait voir enfin d\u2019une mani\u00e8re particuli\u00e8re comment le r\u00e8gne de Dieu est \u00e9lev\u00e9 au-dessus de toutes les choses terrestres et combien ses n\u00e9cessit\u00e9s sont supr\u00eames ; il montre \u00e0 tous les hommes la sur\u00e9minente grandeur de la puissance du Christ r\u00e9gnant et la puissance de l\u2019Esprit Saint en action dans l\u2019\u00c9glise de fa\u00e7on admirable.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tat de vie constitu\u00e9 par la profession des conseils \u00e9vang\u00e9liques, s\u2019il ne concerne pas la structure hi\u00e9rarchique de l\u2019\u00c9glise, appartient donc cependant sans conteste \u00e0 sa vie et \u00e0 sa saintet\u00e9.<\/p>\n<p>45.\u00a0L\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise \u00e0 l\u2019\u00e9gard des religieux<\/p>\n<p>La fonction de la hi\u00e9rarchie dans l\u2019\u00c9glise \u00e9tant celle du pasteur qui conduit le Peuple de Dieu aux riches p\u00e2turages (cf.\u00a0Ez\u00a034, 14), c\u2019est \u00e0 elle qu\u2019il revient d\u2019instituer des lois qui r\u00e9gleront sagement la pratique des conseils \u00e9vang\u00e9liques, instrument singulier au service de la charit\u00e9 parfaite envers Dieu et envers le prochain [141]. Suivant avec docilit\u00e9 les impulsions de l\u2019Esprit Saint, elle accueille les r\u00e8gles propos\u00e9es par des hommes ou des femmes de premier ordre et, apr\u00e8s les avoir encore plus parfaitement ordonn\u00e9s, elle leur donne une approbation authentique ; enfin, avec autorit\u00e9 elle est l\u00e0 pour veiller et \u00e9tendre sa protection sur les instituts cr\u00e9\u00e9s un peu partout en vue de l\u2019\u00e9dification du Corps du Christ afin que, dans la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l\u2019esprit de leurs fondateurs, ils croissent et fleurissent.<\/p>\n<p>Par ailleurs, pour qu\u2019il soit mieux pourvu aux n\u00e9cessit\u00e9s du troupeau du Seigneur dans son ensemble, le Souverain Pontife peut, en raison du primat qui est le sien sur l\u2019\u00c9glise universelle, et en consid\u00e9ration de l\u2019int\u00e9r\u00eat commun, soustraire tout institut de perfection et chacun de ses sujets \u00e0 la juridiction de l\u2019Ordinaire du lieu et se le subordonner \u00e0 soi seul [142]. De m\u00eame peuvent-ils \u00eatre laiss\u00e9s ou confi\u00e9s \u00e0 la charge de leur propre autorit\u00e9 patriarcale. Quant aux membres des instituts, ils doivent, dans l\u2019accomplissement de leurs devoirs envers l\u2019\u00c9glise selon leur forme particuli\u00e8re de vie, observer \u00e0 l\u2019\u00e9gard des \u00e9v\u00eaques, selon les lois canoniques, la r\u00e9v\u00e9rence et l\u2019ob\u00e9issance qui leur sont dues \u00e0 cause de leur autorit\u00e9 pastorale sur les \u00c9glises particuli\u00e8res et \u00e0 cause, dans le travail apostolique, de la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019unit\u00e9 et de la concorde [143].<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise n\u2019apporte pas seulement \u00e0 la profession religieuse la sanction qui lui donne la dignit\u00e9 d\u2019un \u00e9tat canonique de vie ; par son action liturgique elle-m\u00eame, elle la pr\u00e9sente comme un \u00e9tat de cons\u00e9cration \u00e0 Dieu. Elle re\u00e7oit elle-m\u00eame, au nom de l\u2019autorit\u00e9 que Dieu lui a confi\u00e9e, les v\u0153ux des prof\u00e8s ; elle demande \u00e0 Dieu pour eux dans la pri\u00e8re publique les secours et la gr\u00e2ce, elle les recommande \u00e0 Dieu et leur accorde une b\u00e9n\u00e9diction spirituelle en associant leur offrande au sacrifice eucharistique.<\/p>\n<p>46.\u00a0Grandeur de la profession des conseils \u00e9vang\u00e9liques<\/p>\n<p>Les religieux doivent tendre de tout leur effort \u00e0 ce que, par eux, chaque jour de mieux en mieux, l\u2019\u00c9glise manifeste le Christ aux fid\u00e8les comme aux infid\u00e8les : soit dans sa contemplation sur la montagne, soit dans son annonce aux foules du Royaume de Dieu, soit encore quand il gu\u00e9rit les malades et les infirmes et convertit les p\u00e9cheurs \u00e0 une vie f\u00e9conde, quand il b\u00e9nit les enfants et r\u00e9pand sur tout ses bienfaits, accomplissant en tout cela, dans l\u2019ob\u00e9issance, la volont\u00e9 du P\u00e8re qui l\u2019envoya [144] . Que tous enfin soient persuad\u00e9s que la profession des conseils \u00e9vang\u00e9liques, tout en comportant renonciation \u00e0 des biens qui m\u00e9ritent indiscutablement l\u2019estime, ne fait cependant nullement obstacle au progr\u00e8s de la personne humaine, mais au contraire, de par sa nature, lui est du plus grand profit. En effet, les conseils, volontairement accept\u00e9s selon la vocation personnelle de chacun, contribuent consid\u00e9rablement \u00e0 la purification du c\u0153ur et \u00e0 la libert\u00e9 spirituelle ; ils stimulent en permanence la ferveur de la charit\u00e9 et surtout sont capables d\u2019assurer aux chr\u00e9tiens une conformit\u00e9 plus grande avec la condition de virginit\u00e9 et de pauvret\u00e9 que le Christ Seigneur a voulue pour lui-m\u00eame et qu\u2019a embrass\u00e9e la Vierge sa M\u00e8re, ainsi que le prouve l\u2019exemple de tant de saints fondateurs. Nul ne doit penser que les religieux par leur cons\u00e9cration deviennent \u00e9trangers aux hommes ou inutiles dans la cit\u00e9 terrestre. Car s\u2019ils ne sont pas toujours directement pr\u00e9sents aux c\u00f4t\u00e9s de leurs contemporains, ils leur sont pr\u00e9sents plus profond\u00e9ment dans le c\u0153ur du Christ, coop\u00e9rant spirituellement avec eux, pour que la construction de la cit\u00e9 terrestre ait toujours son fondement dans le Seigneur et soit orient\u00e9e vers lui, afin que ceux qui b\u00e2tissent ne risquent pas de peiner en vain [145]. C\u2019est pourquoi enfin le saint Concile approuve et loue ces hommes et ces femmes, ces fr\u00e8res et ces s\u0153urs qui, dans les monast\u00e8res, dans les \u00e9coles et les h\u00f4pitaux, dans les missions, apportent \u00e0 l\u2019Epouse du Christ la parure d\u2019une constante et humble fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 leur cons\u00e9cration, et \u00e0 tous les hommes leurs services aussi g\u00e9n\u00e9reux que divers.<\/p>\n<p>47.\u00a0Conclusion<\/p>\n<p>Quant \u00e0 tous ceux qui sont appel\u00e9s \u00e0 la profession des conseils, il leur appartient de veiller avec soin \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer dans la vocation, quelle qu\u2019elle soit, \u00e0 laquelle ils ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s, \u00e0 y progresser sans cesse pour une plus grande saintet\u00e9 de l\u2019\u00c9glise, pour la plus grande gloire de l\u2019unique et indivisible Trinit\u00e9 qui, dans le Christ et par le Christ, est de toute saintet\u00e9 la source et l\u2019origine.<br \/>\nCHAPITRE VII\u00a0:<br \/>\nLe caract\u00e8re eschatologique de l\u2019\u00c9glise<br \/>\nen p\u00e8lerinage et son union avec l\u2019\u00c9glise du ciel<\/p>\n<p>48.\u00a0Caract\u00e8re eschatologique de la vocation chr\u00e9tienne<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise, \u00e0 laquelle dans le Christ J\u00e9sus nous sommes tous appel\u00e9s et dans laquelle par la gr\u00e2ce de Dieu nous acqu\u00e9rons la saintet\u00e9, n\u2019aura que dans la gloire c\u00e9leste sa consommation, lorsque viendra le temps o\u00f9 sont renouvel\u00e9es toutes choses (Ac\u00a03, 1) et que, avec le genre humain, tout l\u2019univers lui-m\u00eame, intimement uni avec l\u2019homme et atteignant par lui sa destin\u00e9e, trouvera dans le Christ sa d\u00e9finitive perfection (cf.\u00a0Ep\u00a01, 10 ;\u00a0Col\u00a01, 20 ;\u00a02 P\u00a03, 10-13).<\/p>\n<p>Le Christ \u00e9lev\u00e9 de terre a tir\u00e9 \u00e0 lui tous les hommes (cf.\u00a0Jn\u00a012, 32\u00a0grec) ; ressuscit\u00e9 des morts (cf.\u00a0Rm\u00a06, 9), il a envoy\u00e9 sur ses Ap\u00f4tres son Esprit de vie et par lui a constitu\u00e9 son Corps, qui est l\u2019\u00c9glise, comme le sacrement universel du salut ; assis \u00e0 la droite du P\u00e8re, il exerce continuellement son action dans le monde pour conduire les hommes vers l\u2019\u00c9glise, se les unir par elle plus \u00e9troitement et leur faire part de sa vie glorieuse en leur donnant pour nourriture son propre Corps et son Sang. La nouvelle condition promise et esp\u00e9r\u00e9e a d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u dans le Christ son premier commencement ; l\u2019envoi du Saint-Esprit lui a donn\u00e9 son \u00e9lan et par lui elle se continue dans l\u2019\u00c9glise o\u00f9 la foi nous instruit sur la signification m\u00eame de notre vie temporelle, d\u00e8s lors que nous menons \u00e0 bonne fin, avec l\u2019esp\u00e9rance des biens futurs, la t\u00e2che qui nous a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e par le P\u00e8re et que nous faisons ainsi notre salut (cf.\u00a0Ph\u00a02, 12).<\/p>\n<p>Ainsi donc d\u00e9j\u00e0 les derniers temps sont arriv\u00e9s pour nous (cf.\u00a01 Co\u00a010, 11) . Le renouvellement du monde est irr\u00e9vocablement acquis et, en r\u00e9alit\u00e9, anticip\u00e9 d\u00e8s maintenant : en effet, d\u00e9j\u00e0 sur terre l\u2019\u00c9glise est par\u00e9e d\u2019une saintet\u00e9 encore imparfaite mais d\u00e9j\u00e0 v\u00e9ritable. Cependant, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019heure o\u00f9 seront r\u00e9alis\u00e9s les nouveaux cieux et la nouvelle terre o\u00f9 la justice habite (cf.\u00a02 P\u00a03, 13), l\u2019\u00c9glise en p\u00e8lerinage porte dans ses sacrements et ses institutions, qui rel\u00e8vent de ce temps, la figure du si\u00e8cle qui passe ; elle a sa place parmi les cr\u00e9atures qui g\u00e9missent pr\u00e9sentement encore dans les douleurs de l\u2019enfantement, attendant la manifestation des fils de Dieu (cf.\u00a0Rm\u00a08, 19- 22).<\/p>\n<p>Ainsi donc, unis au Christ dans l\u2019\u00c9glise et marqu\u00e9s de l\u2019Esprit Saint, \u00ab gages de notre h\u00e9ritage\u00bb (Ep\u00a01, 14), en toute v\u00e9rit\u00e9 nous sommes appel\u00e9s enfants de Dieu, et nous le sommes (cf.\u00a01 Jn\u00a03, 1) ; mais l\u2019heure n\u2019est pas encore venue o\u00f9 nous para\u00eetrons avec le Christ dans la gloire (cf.\u00a0Col\u00a03, 4), devenus semblables \u00e0 Dieu parce que nous le verrons tel qu\u2019il est (cf.\u00a01 Jn\u00a03, 2). \u00ab Tant que nous demeurons dans ce corps, nous sommes en exil loin du Seigneur \u00bb (2 Co\u00a05, 6), poss\u00e9dant les pr\u00e9mices de l\u2019Esprit, nous g\u00e9missons int\u00e9rieurement (cf.\u00a0Rm\u00a08, 23) et nous aspirons \u00e0 \u00eatre avec le Christ (cf.\u00a0Ph\u00a01, 23). La m\u00eame charit\u00e9 nous presse du d\u00e9sir de vivre davantage pour lui, qui est mort pour nous et ressuscit\u00e9 (cf.\u00a02 Co\u00a05, 15). Nous avons donc \u00e0 c\u0153ur de plaire au Seigneur en toutes choses (cf.\u00a02 Co\u00a05, 9) et nous endossons l\u2019armure de Dieu afin de pouvoir tenir contre les emb\u00fbches du d\u00e9mon et lui r\u00e9sister au jour mauvais (cf.\u00a0Ep\u00a06, 11-13). Ignorants du jour et de l\u2019heure, il faut que, suivant l\u2019avertissement du Seigneur, nous restions constamment vigilants pour pouvoir, quand s\u2019ach\u00e8vera le cours unique de notre vie terrestre (cf.\u00a0He\u00a09, 27), \u00eatre admis avec lui aux noces et compt\u00e9s parmi les b\u00e9nis de Dieu (cf.\u00a0Mt\u00a025, 31-46), au lieu d\u2019\u00eatre, comme les mauvais et les paresseux serviteurs (cf.\u00a0Mt\u00a025, 26) \u00e9cart\u00e9s par l\u2019ordre de Dieu vers le feu \u00e9ternel (cf.\u00a0Mt\u00a025, 41), vers ces t\u00e9n\u00e8bres du dehors o\u00f9 \u00ab seront les pleurs et les grincements de dents \u00bb (Mt\u00a022, 13 ; 25, 30). En effet, avant de r\u00e9gner avec le Christ glorieux, tous nous devrons \u00eatre mis un jour \u00ab devant le tribunal du Christ, pour que chacun re\u00e7oive le salaire de ce qu\u2019il aura fait pendant qu\u2019il \u00e9tait dans son corps, soit en bien, soit en mal \u00bb (2 Co\u00a05, 10) ; et \u00e0 la fin du monde \u00ab les hommes sortiront du tombeau, ceux qui auront fait le bien pour une r\u00e9surrection de vie, ceux qui auront fait le mal pour une r\u00e9surrection de condamnation \u00ab (Jn\u00a05, 29 ; cf.\u00a0Mt\u00a025, 46). \u00ab C\u2019est pourquoi, estimant qu\u2019il n\u2019y a pas de proportion entre les peines du pr\u00e9sent et la gloire qui doit se manifester en nous \u00bb (Rm\u00a08, 18 ; cf.\u00a02 Tm\u00a02, 11-12), \u00ab nous attendons, solides dans la foi, la bienheureuse esp\u00e9rance et la manifestation glorieuse de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ J\u00e9sus\u00bb (Tt\u00a02, 13) \u00ab qui transformera notre corps de mis\u00e8re en un corps semblable \u00e0 son corps de gloire \u00bb (Ph\u00a03, 21), et qui viendra \u00ab pour \u00eatre glorifi\u00e9 dans ses saints et admir\u00e9 en tous ceux qui auront cru \u00bb (2 Th\u00a01, 10).<\/p>\n<p>49.\u00a0La communion entre l\u2019\u00c9glise c\u00e9leste et l\u2019\u00c9glise sur terre<\/p>\n<p>Ainsi donc, en attendant que le Seigneur soit venu dans sa majest\u00e9, accompagn\u00e9 de tous les anges (cf.\u00a0Mt\u00a025, 31) et que, la mort d\u00e9truite, tout lui ait \u00e9t\u00e9 soumis (cf.\u00a01 Co\u00a015, 26-27), les uns parmi ses disciples continuent sur terre leur p\u00e8lerinage ; d\u2019autres, ayant achev\u00e9 leur vie, se purifient encore ; d\u2019autres enfin sont dans la gloire, contemplant \u00ab dans la pleine lumi\u00e8re, tel qu\u2019il est, le Dieu un en trois Personnes [146] \u00bb. Tous cependant, \u00e0 des degr\u00e9s et sous des formes diverses, nous communions dans la m\u00eame charit\u00e9 envers Dieu et envers le prochain, chantant \u00e0 notre Dieu le m\u00eame hymne de gloire. En effet, tous ceux qui sont du Christ et poss\u00e8dent son Esprit, constituent une seule \u00c9glise et se tiennent mutuellement comme un tout dans le Christ (cf.\u00a0Ep\u00a04, 16). Donc, l\u2019union de ceux qui sont encore en chemin, avec leurs fr\u00e8res qui se sont endormis dans la paix du Christ, ne conna\u00eet pas la moindre intermittence ; au contraire, selon la foi constante de l\u2019\u00c9glise, cette union est renforc\u00e9e par l\u2019\u00e9change des biens spirituels [147]. \u00c9tant en effet li\u00e9s plus intimement avec le Christ, les habitants du ciel contribuent \u00e0 affermir plus solidement l\u2019\u00c9glise en saintet\u00e9, ils ajoutent \u00e0 la grandeur du culte que l\u2019\u00c9glise rend \u00e0 Dieu sur la terre et de multiples fa\u00e7ons l\u2019aident \u00e0 se construire plus largement (cf.\u00a01 Co\u00a012, 12-27) [148]. Admis dans la patrie et pr\u00e9sents au Seigneur (cf.\u00a02 Co\u00a05, 8), par lui, avec lui et en lui, ils ne cessent d\u2019interc\u00e9der pour nous aupr\u00e8s du P\u00e8re [149], offrant les m\u00e9rites qu\u2019ils ont acquis sur terre par l\u2019unique M\u00e9diateur de Dieu et des hommes, le Christ J\u00e9sus (cf.\u00a01 Tm\u00a02, 5), servant le Seigneur en toutes choses et compl\u00e9tant en leur chair ce qui manque aux souffrances du Christ en faveur de son Corps qui est l\u2019\u00c9glise (cf.\u00a0Col\u00a01, 24). Ainsi leur sollicitude fraternelle est pour notre infirmit\u00e9 du plus grand secours [150].<\/p>\n<p>50.\u00a0Les rapports de l\u2019\u00c9glise de la terre avec l\u2019\u00c9glise du ciel<\/p>\n<p>Reconnaissant d\u00e8s l\u2019abord cette communion qui existe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du Corps mystique de J\u00e9sus Christ, l\u2019\u00c9glise, en ses membres qui cheminent sur la terre d\u00e8s les premiers temps du christianisme, a entour\u00e9 de beaucoup de pi\u00e9t\u00e9 la m\u00e9moire des d\u00e9funts [151] en offrant aussi pour eux ses suffrages, car \u00ab la pens\u00e9e de prier pour les morts, afin qu\u2019ils soient d\u00e9livr\u00e9s de leurs p\u00e9ch\u00e9s, est une pens\u00e9e sainte et pieuse \u00bb (2 M\u00a012, 45). Quant aux Ap\u00f4tres et aux martyrs du Christ, qui donn\u00e8rent le t\u00e9moignage supr\u00eame de la foi et de la charit\u00e9 dans l\u2019effusion de leur sang, l\u2019\u00c9glise a toujours cru qu\u2019ils se trouvaient dans le Christ plus \u00e9troitement unis avec nous ; en m\u00eame temps que la bienheureuse Vierge Marie et les saints anges, elle les a entour\u00e9s d\u2019une particuli\u00e8re ferveur [152], sollicitant pieusement le secours de leur intercession. \u00c0 ceux-l\u00e0 s\u2019en ajout\u00e8rent bient\u00f4t d\u2019autres, ceux qui avaient choisi d\u2019imiter de plus pr\u00e8s la virginit\u00e9 et la pauvret\u00e9 du Christ [153], d\u2019autres enfin que l\u2019exercice plus \u00e9clatant des vertus chr\u00e9tiennes [154] et les gr\u00e2ces insignes de Dieu recommandaient \u00e0 la pieuse d\u00e9votion et \u00e0 l\u2019imitation des fid\u00e8les [155].<\/p>\n<p>En effet, de contempler la vie des hommes qui ont suivi fid\u00e8lement le Christ, est un nouveau stimulant \u00e0 rechercher la Cit\u00e9 \u00e0 venir (cf.\u00a0He\u00a013, 14 ; 11, 10), et en m\u00eame temps nous apprenons par l\u00e0 \u00e0 conna\u00eetre le chemin par lequel, \u00e0 propos des vicissitudes du monde, selon l\u2019\u00e9tat et la condition propres \u00e0 chacun, il nous sera possible de parvenir \u00e0 l\u2019union parfaite avec le Christ, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la saintet\u00e9 [156]. Dans la vie de nos compagnons d\u2019humanit\u00e9 plus parfaitement transform\u00e9s \u00e0 l\u2019image du Christ (cf.\u00a02 Co\u00a03, 18), Dieu manifeste aux hommes dans une vive lumi\u00e8re sa pr\u00e9sence et son visage. En eux, Dieu lui-m\u00eame nous parle, il nous donne un signe de son Royaume [157] et nous y attire puissamment, tant est grande la nu\u00e9e de t\u00e9moins qui nous enveloppe (cf.\u00a0He\u00a012, 1) et tant la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00c9vangile se trouve attest\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais nous ne v\u00e9n\u00e9rons pas seulement au titre de leur exemple la m\u00e9moire des habitants du ciel ; nous cherchons bien davantage par l\u00e0 \u00e0 renforcer (gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019exercice de la charit\u00e9 fraternelle) l\u2019union de toute l\u2019\u00c9glise dans l\u2019Esprit (cf.\u00a0Ep\u00a04, 1-6). Car tout comme la communion entre les chr\u00e9tiens de la terre nous approche de plus pr\u00e8s du Christ, ainsi la communaut\u00e9 avec les saints nous unit au Christ de qui d\u00e9coulent, comme de leur source et de leur t\u00eate, toutes gr\u00e2ces et la vie du Peuple de Dieu lui-m\u00eame [158]. Il est donc au plus haut point convenable que nous aimions ces amis et coh\u00e9ritiers de J\u00e9sus Christ, nos fr\u00e8res aussi et nos insignes bienfaiteurs, que nous rendions \u00e0 Dieu pour eux les gr\u00e2ces qui leur sont dues [159], \u00ab les invoquant avec ardeur, recourant \u00e0 leurs pri\u00e8res, \u00e0 leur secours et \u00e0 leur aide pour obtenir de Dieu par son Fils J\u00e9sus Christ, notre Seigneur, notre seul R\u00e9dempteur et Sauveur, les bienfaits que nous d\u00e9sirons [160] \u00bb. Car tout t\u00e9moignage authentique d\u2019amour pr\u00e9sent\u00e9 par nous aux habitants du ciel, par sa nature m\u00eame, tend, comme vers son terme au Christ \u00ab couronne de tous les saints [161] \u00bb et par lui \u00e0 Dieu qui est admirable en ses saints et glorifi\u00e9 en eux [162].<\/p>\n<p>C\u2019est surtout dans la sainte liturgie que se r\u00e9alise de la fa\u00e7on la plus haute notre union avec l\u2019\u00c9glise du ciel : l\u00e0 en effet, par les signes sacramentels s\u2019exerce sur nous la vertu de l\u2019Esprit Saint ; l\u00e0 nous proclamons, dans une joie commune, la louange de la divine Majest\u00e9 [163] ; tous, rachet\u00e9s dans le sang du Christ, de toute tribu, langue, peuple ou nation (cf.\u00a0Ap\u00a05, 9) et rassembl\u00e9s en l\u2019unique \u00c9glise, nous glorifions, dans un chant unanime de louange, le Dieu un en trois Personnes. La c\u00e9l\u00e9bration du sacrifice eucharistique est le moyen supr\u00eame de notre union au culte de l\u2019\u00c9glise du ciel, tandis que, \u00ab unis dans une m\u00eame communion, nous v\u00e9n\u00e9rons d\u2019abord la m\u00e9moire de la glorieuse Marie toujours vierge, de saint Joseph, des bienheureux Ap\u00f4tres et martyrs, et de tous les saints [164] \u00bb.<\/p>\n<p>51.\u00a0Directives pastorales<\/p>\n<p>Cette foi v\u00e9n\u00e9rable de nos p\u00e8res en la communion de vie qui existe avec nos fr\u00e8res d\u00e9j\u00e0 en possession de la gloire c\u00e9leste, ou en voie de purification apr\u00e8s leur mort, le saint Concile la recueille avec pi\u00e9t\u00e9 ; il propose \u00e0 nouveau les d\u00e9crets des saints Conciles : le deuxi\u00e8me de Nic\u00e9e [165], celui de Florence [166], celui de Trente [167]. En m\u00eame temps, dans sa sollicitude pastorale, il exhorte tous les responsables, au cas o\u00f9 des abus, des exc\u00e8s ou des manques auraient pu ici o\u00f9 l\u00e0 s\u2019introduire, \u00e0 y porter avec z\u00e8le rem\u00e8de, en \u00e9cartant ou corrigeant le mal, et en restaurant toutes choses de fa\u00e7on que le Christ et Dieu soient plus parfaitement lou\u00e9s. Qu\u2019ils enseignent aux fid\u00e8les que le culte authentique des saints ne consiste pas tant \u00e0 multiplier les actes ext\u00e9rieurs, mais plut\u00f4t \u00e0 pratiquer un amour fervent et effectif, cherchant, pour notre plus grand bien et celui de l\u2019\u00c9glise, \u00ab \u00e0 fr\u00e9quenter les saints pour les imiter, \u00e0 nous unir \u00e0 eux pour avoir part \u00e0 leur sort, \u00e0 obtenir le secours de leur intercession [168] \u00bb. Par ailleurs, qu\u2019on montre bien aux fid\u00e8les que la fr\u00e9quentation des habitants du ciel, si elle est con\u00e7ue selon la pleine lumi\u00e8re de la foi, bien loin de diminuer le culte d\u2019adoration rendu \u00e0 Dieu le P\u00e8re par le Christ dans l\u2019Esprit, l\u2019enrichit au contraire plus g\u00e9n\u00e9reusement [169].<\/p>\n<p>En effet lorsque la charit\u00e9 mutuelle et la louange unanime de la Tr\u00e8s Sainte Trinit\u00e9 nous font communier les uns aux autres, nous tous, fils de Dieu qui ne faisons dans le Christ qu\u2019une seule famille (cf.\u00a0He\u00a03, 6), nous r\u00e9pondons \u00e0 la vocation profonde de l\u2019\u00c9glise, et nous prenons par avance une part d\u00e9j\u00e0 savoureuse \u00e0 la liturgie de la gloire parfaite [170]. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 le Christ appara\u00eetra, quand se r\u00e9alisera la glorieuse r\u00e9surrection des morts, la clart\u00e9 de Dieu illuminera la Cit\u00e9 c\u00e9leste et l\u2019Agneau sera son flambeau (cf.\u00a0Ap\u00a021, 24). Alors l\u2019\u00c9glise des saints tout enti\u00e8re, dans la joie supr\u00eame de la charit\u00e9, adorera Dieu et \u00ab l\u2019Agneau qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9gorg\u00e9 \u00bb (Ap\u00a05, 12), proclamant d\u2019une seule voix : \u00ab \u00c0 celui qui si\u00e8ge sur le tr\u00f4ne et \u00e0 l\u2019Agneau, louange, honneur, gloire et domination dans les si\u00e8cles des si\u00e8cles \u00bb (Ap\u00a05, 13-14).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>CHAPITRE VIII\u00a0:<br \/>\nLa bienheureuse Vierge Marie,<br \/>\nm\u00e8re de Dieu dans le myst\u00e8re du Christ et de l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>I. Introduction<\/p>\n<p>52.\u00a0La Sainte Vierge dans le myst\u00e8re du Christ<\/p>\n<p>Ayant r\u00e9solu, dans sa tr\u00e8s grande bont\u00e9 et sagesse, d\u2019op\u00e9rer la r\u00e9demption du monde, Dieu \u00ab quand vint la pl\u00e9nitude du temps, envoya son Fils n\u00e9 d\u2019une femme&#8230; pour faire de nous des fils adoptifs \u00bb (Ga\u00a04, 4-5). C\u2019est ainsi que son Fils, \u00ab \u00e0 cause de nous les hommes et pour notre salut, descendit du ciel et prit chair de la Vierge Marie par l\u2019action du Saint-Esprit [171] \u00bb. Ce divin myst\u00e8re de salut se r\u00e9v\u00e8le pour nous et se continue dans l\u2019\u00c9glise, que le Seigneur a \u00e9tablie comme son Corps et dans laquelle les croyants, attach\u00e9s au Christ chef et unis dans une m\u00eame communion avec tous ses saints, se doivent de v\u00e9n\u00e9rer, \u00ab en tout premier lieu la m\u00e9moire de la glorieuse Marie, toujours vierge, M\u00e8re de notre Dieu et Seigneur J\u00e9sus Christ [172].<\/p>\n<p>53.\u00a0La Sainte Vierge et l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>La Vierge Marie en effet, qui, lors de l\u2019Annonciation ang\u00e9lique, re\u00e7ut le Verbe de Dieu \u00e0 la fois dans son c\u0153ur et dans son corps, et pr\u00e9senta au monde la Vie, est reconnue et honor\u00e9e comme la v\u00e9ritable M\u00e8re de Dieu et du R\u00e9dempteur. Rachet\u00e9e de fa\u00e7on \u00e9minente en consid\u00e9ration des m\u00e9rites de son Fils, unie \u00e0 lui par un lien \u00e9troit et indissoluble, elle re\u00e7oit cette immense charge et dignit\u00e9 d\u2019\u00eatre la M\u00e8re du Fils de Dieu, et, par cons\u00e9quent, la fille de pr\u00e9dilection du P\u00e8re et le sanctuaire du Saint-Esprit, don exceptionnel de gr\u00e2ce qui la met bien loin au-dessus de toutes les cr\u00e9atures dans le ciel et sur la terre. Mais elle se trouve aussi r\u00e9unie, comme descendante d\u2019Adam, \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019humanit\u00e9 qui a besoin de salut ; bien mieux, elle est vraiment \u00ab M\u00e8re des membres [du Christ]&#8230; ayant coop\u00e9r\u00e9 par sa charit\u00e9 \u00e0 la naissance dans l\u2019\u00c9glise des fid\u00e8les qui sont les membres de ce Chef [173] \u00bb. C\u2019est pourquoi encore elle est salu\u00e9e comme un membre sur\u00e9minent et absolument unique de l\u2019\u00c9glise, mod\u00e8le et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et dans la charit\u00e9, objet de la part de l\u2019\u00c9glise catholique, instruite par l\u2019Esprit Saint, d\u2019un sentiment filial de pi\u00e9t\u00e9, comme il convient pour une m\u00e8re tr\u00e8s aimante.<\/p>\n<p>54.\u00a0L\u2019intention du Concile<\/p>\n<p>Aussi, pr\u00e9sentant la doctrine de l\u2019\u00c9glise en laquelle le divin R\u00e9dempteur op\u00e8re notre salut, le saint Concile se propose de mettre avec soin en lumi\u00e8re, d\u2019une part le r\u00f4le de la bienheureuse Vierge dans le myst\u00e8re du Verbe incarn\u00e9 et du Corps mystique, et d\u2019autre part les devoirs des hommes rachet\u00e9s envers la M\u00e8re de Dieu, M\u00e8re du Christ et M\u00e8re des hommes, des croyants en premier lieu ; le Concile toutefois n\u2019a pas l\u2019intention de faire au sujet de Marie un expos\u00e9 doctrinal complet, ni de trancher les questions que le travail des th\u00e9ologiens n\u2019a pu encore amener \u00e0 une lumi\u00e8re totale. Par cons\u00e9quent, les opinions demeurent l\u00e9gitimes qui sont librement propos\u00e9es dans les \u00e9coles catholiques au sujet de celle qui occupe dans la Sainte \u00c9glise la place la plus \u00e9lev\u00e9e au-dessous du Christ, et nous est toute proche [174].<\/p>\n<p>II. R\u00f4le de la Sainte Vierge dans l\u2019\u00e9conomie du salut<\/p>\n<p>55.\u00a0La M\u00e8re du Messie dans l\u2019Ancien Testament<\/p>\n<p>Les Saintes \u00c9critures de l\u2019Ancien et du Nouveau Testament et la Tradition v\u00e9n\u00e9rable mettent dans une lumi\u00e8re de plus en plus grande le r\u00f4le de la M\u00e8re du sauveur dans l\u2019\u00e9conomie du salut et le proposent pour ainsi dire \u00e0 notre contemplation. Les livres de l\u2019Ancien Testament, en effet, d\u00e9crivent l\u2019histoire du salut et la lente pr\u00e9paration de la venue du Christ au monde. Ces documents primitifs, tels qu\u2019ils sont lus dans l\u2019\u00c9glise et compris \u00e0 la lumi\u00e8re de la r\u00e9v\u00e9lation post\u00e9rieure et compl\u00e8te, font appara\u00eetre progressivement dans une plus parfaite clart\u00e9 la figure de la femme, M\u00e8re du R\u00e9dempteur. Dans cette clart\u00e9, celle-ci se trouve proph\u00e9tiquement esquiss\u00e9e dans la promesse (faite \u00e0 nos premiers parents apr\u00e8s la chute) d\u2019une victoire sur le serpent (cf.\u00a0Gn\u00a03, 15). De m\u00eame, c\u2019est elle, la Vierge, qui concevra et enfantera un fils auquel sera donn\u00e9 le nom d\u2019Emmanuel (cf.\u00a0Is\u00a07, 14 ; cf.\u00a0Mi\u00a05, 2-3 ;\u00a0Mt\u00a01, 22-23). Elle occupe la premi\u00e8re place parmi ces humbles et ces pauvres du Seigneur qui esp\u00e8rent et re\u00e7oivent le salut de lui avec confiance. Enfin, avec elle, la fille de Sion par excellence, apr\u00e8s la longue attente de la promesse, s\u2019accomplissent les temps et s\u2019instaure l\u2019\u00e9conomie nouvelle, lorsque le Fils de Dieu, par elle, prit la nature humaine pour lib\u00e9rer l\u2019homme du p\u00e9ch\u00e9 par les myst\u00e8res de sa chair.<\/p>\n<p>56.\u00a0Marie \u00e0 l\u2019Annonciation<\/p>\n<p>Mais il plut au P\u00e8re des mis\u00e9ricordes que l\u2019Incarnation f\u00fbt pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par une acceptation de la part de cette M\u00e8re pr\u00e9destin\u00e9e, en sorte que, une femme ayant contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre de mort, de m\u00eame une femme contribu\u00e2t aussi \u00e0 la vie. Ce qui est vrai \u00e0 un titre exceptionnel de la M\u00e8re de J\u00e9sus qui donna au monde la vie destin\u00e9e \u00e0 tout renouveler, et fut pourvue par Dieu de dons \u00e0 la mesure d\u2019une si grande t\u00e2che. Rien d\u2019\u00e9tonnant, par cons\u00e9quent, \u00e0 ce que l\u2019usage se soit \u00e9tabli chez les saints P\u00e8res, d\u2019appeler la M\u00e8re de Dieu la Toute Sainte, indemne de toute tache de p\u00e9ch\u00e9, ayant \u00e9t\u00e9 comme p\u00e9trie par l\u2019Esprit Saint, et form\u00e9e comme une nouvelle cr\u00e9ature [175]. Enrichie d\u00e8s le premier instant de sa conception d\u2019une saintet\u00e9 \u00e9clatante absolument unique, la Vierge de Nazareth est salu\u00e9e par l\u2019ange de l\u2019Annonciation, qui parle au nom de Dieu, comme \u00ab pleine de gr\u00e2ce\u00bb (cf.\u00a0Lc\u00a01, 28). Messager c\u00e9leste auquel elle fait cette r\u00e9ponse : \u00ab Voici la servante du Seigneur, qu\u2019il en soit de moi selon ta parole \u00bb (Lc\u00a01, 38). Ainsi Marie, fille d\u2019Adam, donnant \u00e0 la Parole de Dieu son consentement, devint M\u00e8re de J\u00e9sus et, \u00e9pousant \u00e0 plein c\u0153ur, sans que nul p\u00e9ch\u00e9 ne la retienne, la volont\u00e9 divine de salut, se livra elle-m\u00eame int\u00e9gralement, comme la servante du Seigneur, \u00e0 la personne et \u00e0 l\u2019\u0153uvre de son Fils, pour servir, dans sa d\u00e9pendance et avec lui, par la gr\u00e2ce du Dieu tout-puissant, au myst\u00e8re de la R\u00e9demption. C\u2019est donc \u00e0 juste titre que les saints P\u00e8res consid\u00e8rent Marie non pas simplement comme un instrument passif aux mains de Dieu, mais comme apportant au salut des hommes la coop\u00e9ration de sa libre foi et de son ob\u00e9issance. En effet, comme dit saint Ir\u00e9n\u00e9e, \u00ab par son ob\u00e9issance elle est devenue, pour elle-m\u00eame et pour tout le genre humain, cause du salut [176] \u00bb. Aussi avec lui, un bon nombre d\u2019anciens P\u00e8res disent volontiers dans leurs pr\u00e9dications : \u00ab Le n\u0153ud d\u00fb \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance d\u2019\u00c8ve s\u2019est d\u00e9nou\u00e9 par l\u2019ob\u00e9issance de Marie ; ce qu\u2019\u00c8ve la vierge avait nou\u00e9 par son incr\u00e9dulit\u00e9, la Vierge Marie l\u2019a d\u00e9nou\u00e9 par sa foi [177] \u00bb ; comparant Marie avec \u00c8ve, ils appellent Marie \u00ab la M\u00e8re des vivants [178] \u00bb et d\u00e9clarent souvent : \u00ab Par \u00c8ve la mort, par Marie la vie [179].\u00bb<\/p>\n<p>57.\u00a0La Sainte Vierge et l\u2019enfance de J\u00e9sus<\/p>\n<p>Cette union de la M\u00e8re avec son Fils dans l\u2019\u0153uvre du salut est manifeste d\u00e8s l\u2019heure de la conception virginale du Christ jusqu\u2019\u00e0 sa mort ; et d\u2019abord quand Marie, partant en h\u00e2te pour visiter \u00c9lisabeth, est salu\u00e9e par elle du nom de bienheureuse pour avoir cru au salut promis, tandis que le Pr\u00e9curseur tressaillait au sein de sa m\u00e8re (cf.\u00a0Lc\u00a01, 41-45) ; lors de la Nativit\u00e9 ensuite, quand la M\u00e8re de Dieu pr\u00e9senta dans la joie aux pasteurs et aux mages son Fils premier-n\u00e9, dont la naissance \u00e9tait non la perte mais la cons\u00e9cration de son int\u00e9grit\u00e9 virginale [180]. Puis lorsque, dans le Temple, apr\u00e8s avoir fait l\u2019offrande des pauvres, elle pr\u00e9senta son Fils au Seigneur, elle entendit Sim\u00e9on proph\u00e9tiser en m\u00eame temps que le Fils serait un signe de contradiction, et que l\u2019\u00e2me de la m\u00e8re serait transperc\u00e9e d\u2019un glaive : ainsi se r\u00e9v\u00e9leraient les pens\u00e9es intimes d\u2019un grand nombre (cf.\u00a0Lc\u00a02, 34-35). Ayant perdu l\u2019Enfant J\u00e9sus et l\u2019ayant cherch\u00e9 avec angoisse, ses parents le trouv\u00e8rent au Temple occup\u00e9 dans la maison de son P\u00e8re, et la parole du Fils ne fut pas comprise par eux. Sa m\u00e8re cependant gardait tout cela dans son c\u0153ur et le m\u00e9ditait (cf.\u00a0Lc\u00a02, 41-51).<\/p>\n<p>58.\u00a0La Sainte Vierge et le minist\u00e8re public de J\u00e9sus<\/p>\n<p>Pendant la vie publique de J\u00e9sus, sa m\u00e8re appara\u00eet express\u00e9ment, et d\u00e8s le d\u00e9but, quand aux noces de Cana en Galil\u00e9e, touch\u00e9e de piti\u00e9, elle provoque par son intercession le premier signe de J\u00e9sus le Messie (cf.\u00a0Jn\u00a02, 1-11) . Au cours de la pr\u00e9dication de J\u00e9sus, elle accueillit les paroles par lesquelles le Fils, mettant le Royaume au-del\u00e0 des consid\u00e9rations et des liens de la chair et du sang, proclamait bienheureux ceux qui \u00e9coutent et observent la Parole de Dieu (cf.\u00a0Mc\u00a03, 35 par. et\u00a0Lc\u00a011, 27-28), comme elle le faisait fid\u00e8lement elle-m\u00eame (cf.\u00a0Lc\u00a02, 19.51). Ainsi la bienheureuse Vierge avan\u00e7a dans son p\u00e8lerinage de foi, gardant fid\u00e8lement l\u2019union avec son Fils jusqu\u2019\u00e0 la croix o\u00f9, non sans un dessein divin, elle \u00e9tait debout (cf.\u00a0Jn\u00a019, 25), souffrant cruellement avec son Fils unique, associ\u00e9e d\u2019un c\u0153ur maternel \u00e0 son sacrifice, donnant \u00e0 l\u2019immolation de la victime, n\u00e9e de sa chair, le consentement de son amour, pour \u00eatre enfin, par le m\u00eame Christ J\u00e9sus mourant sur la croix, donn\u00e9e comme sa M\u00e8re au disciple par ces mots : \u00ab Femme, voici ton Fils [181] \u00bb (cf.\u00a0Jn\u00a019, 26-27).<\/p>\n<p>59.\u00a0La Sainte Vierge apr\u00e8s l\u2019Ascension<\/p>\n<p>Mais Dieu ayant voulu que le myst\u00e8re du salut des hommes ne se manifest\u00e2t ouvertement qu\u2019\u00e0 l\u2019heure o\u00f9 il r\u00e9pandrait l\u2019Esprit promis par le Christ, on voit les Ap\u00f4tres, avant le jour de Pentec\u00f4te, \u00ab pers\u00e9v\u00e9rant d\u2019un m\u00eame c\u0153ur dans la pri\u00e8re avec quelques femmes dont Marie, M\u00e8re de J\u00e9sus, et avec ses fr\u00e8res \u00bb (Ac\u00a01, 14) ; et l\u2019on voit Marie appelant elle aussi de ses pri\u00e8res le don de l\u2019Esprit qui, \u00e0 l\u2019Annonciation, l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 elle-m\u00eame prise sous son ombre. Enfin la Vierge immacul\u00e9e, pr\u00e9serv\u00e9e par Dieu de toute souillure de la faute originelle [182], ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut \u00e9lev\u00e9e corps et \u00e2me \u00e0 la gloire du ciel [183], et exalt\u00e9e par le Seigneur comme la Reine de l\u2019univers, pour \u00eatre ainsi plus enti\u00e8rement conforme \u00e0 son Fils, Seigneur des seigneurs (cf.\u00a0Ap\u00a019, 16), victorieux du p\u00e9ch\u00e9 et de la mort [184].<\/p>\n<p>III. La Vierge et l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>60.\u00a0Marie, servante du Seigneur<\/p>\n<p>Unique est notre M\u00e9diateur selon les paroles de l\u2019Ap\u00f4tre : \u00ab Car, il n\u2019y a qu\u2019un Dieu, il n\u2019y a aussi qu\u2019un M\u00e9diateur entre Dieu et les hommes, le Christ J\u00e9sus, homme lui-m\u00eame, qui s\u2019est donn\u00e9 en ran\u00e7on pour tous \u00bb (1 Tm\u00a02, 5-6). Mais le r\u00f4le maternel de Marie \u00e0 l\u2019\u00e9gard des hommes n\u2019offusque et ne diminue en rien cette unique m\u00e9diation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu.<\/p>\n<p>Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu : elle ne na\u00eet pas d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 objective, mais d\u00e9coule de la surabondance des m\u00e9rites du Christ ; elle s\u2019appuie sur sa m\u00e9diation, dont elle d\u00e9pend en tout et d\u2019o\u00f9 elle tire toute sa vertu ; l\u2019union imm\u00e9diate des croyants avec le Christ ne s\u2019en trouve en aucune mani\u00e8re emp\u00each\u00e9e, mais au contraire favoris\u00e9e.<\/p>\n<p>61.\u00a0Marie, l\u2019associ\u00e9e du Seigneur<\/p>\n<p>La bienheureuse Vierge, pr\u00e9destin\u00e9e de toute \u00e9ternit\u00e9, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du dessein d\u2019incarnation du Verbe, pour \u00eatre la M\u00e8re de Dieu, fut sur la terre, en vertu d\u2019une disposition de la Providence divine, l\u2019aimable M\u00e8re du divin R\u00e9dempteur, g\u00e9n\u00e9reusement associ\u00e9e \u00e0 son \u0153uvre \u00e0 un titre absolument unique, humble servante du Seigneur. En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le pr\u00e9sentant dans le Temple \u00e0 son P\u00e8re, en souffrant avec son Fils qui mourait sur la croix, elle apporta \u00e0 l\u2019\u0153uvre du Sauveur une coop\u00e9ration absolument sans pareille par son ob\u00e9issance, sa foi, son esp\u00e9rance, son ardente charit\u00e9, pour que soit rendue aux \u00e2mes la vie surnaturelle. C\u2019est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l\u2019ordre de la gr\u00e2ce, notre M\u00e8re.<\/p>\n<p>62.\u00a0Marie, M\u00e8re de la gr\u00e2ce<\/p>\n<p>\u00c0 partir du consentement qu\u2019elle apporta par sa foi au jour de l\u2019Annonciation et qu\u2019elle maintint sous la croix dans sa fermet\u00e9, cette maternit\u00e9 de Marie dans l\u2019\u00e9conomie de la gr\u00e2ce se continue sans interruption jusqu\u2019\u00e0 la consommation d\u00e9finitive de tous les \u00e9lus. En effet, apr\u00e8s l\u2019Assomption au ciel, son r\u00f4le dans le salut ne s\u2019interrompt pas : par son intercession multiple, elle continue \u00e0 nous obtenir les dons qui assurent notre salut \u00e9ternel [185]. Son amour maternel la rend attentive aux fr\u00e8res de son Fils dont le p\u00e8lerinage n\u2019est pas achev\u00e9, et qui se trouvent engag\u00e9s dans les p\u00e9rils et les \u00e9preuves, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils parviennent \u00e0 la patrie bienheureuse. C\u2019est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoqu\u00e9e dans l\u2019\u00c9glise sous les titres d\u2019avocate, auxiliatrice, secourable, m\u00e9diatrice [186], tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle d\u00e9rogation, nulle addition n\u2019en r\u00e9sulte quant \u00e0 la dignit\u00e9 et \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019unique M\u00e9diateur, le Christ [187] .<\/p>\n<p>Aucune cr\u00e9ature en effet ne peut jamais \u00eatre mise sur le m\u00eame pied que le Verbe incarn\u00e9 et r\u00e9dempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est particip\u00e9 sous des formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fid\u00e8le, et tout comme l\u2019unique bont\u00e9 de Dieu se r\u00e9pand r\u00e9ellement sous des formes diverses dans les cr\u00e9atures, ainsi l\u2019unique m\u00e9diation du R\u00e9dempteur n\u2019exclut pas, mais suscite au contraire une coop\u00e9ration vari\u00e9e de la part des cr\u00e9atures, en d\u00e9pendance de l\u2019unique source.<\/p>\n<p>Ce r\u00f4le subordonn\u00e9 de Marie, l\u2019\u00c9glise le professe sans h\u00e9sitation ; elle ne cesse d\u2019en faire l\u2019exp\u00e9rience ; elle le recommande au c\u0153ur des fid\u00e8les pour que cet appui et ce secours maternels les aident \u00e0 s\u2019attacher plus intimement au M\u00e9diateur et Sauveur.<\/p>\n<p>63.\u00a0Marie, mod\u00e8le de l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>La bienheureuse Vierge, de par le don et la charge de sa maternit\u00e9 divine qui l\u2019unissent \u00e0 son fils, le R\u00e9dempteur, et de par les gr\u00e2ces et les fonctions singuli\u00e8res qui sont siennes, se trouve \u00e9galement en intime union avec l\u2019\u00c9glise : de l\u2019\u00c9glise, comme l\u2019 enseignait d\u00e9j\u00e0 saint Ambroise, la M\u00e8re de Dieu est le mod\u00e8le dans l\u2019ordre de la foi, de la charit\u00e9 et de la parfaite union au Christ [188]. En effet, dans le myst\u00e8re de l\u2019\u00c9glise, qui re\u00e7oit elle aussi \u00e0 juste titre le nom de M\u00e8re et de Vierge, la bienheureuse Vierge Marie occupe la premi\u00e8re place, offrant, \u00e0 un titre \u00e9minent et singulier, le mod\u00e8le de la vierge et de la m\u00e8re [189] : par sa foi et son ob\u00e9issance, elle a engendr\u00e9 sur la terre le Fils lui-m\u00eame du P\u00e8re, sans conna\u00eetre d\u2019homme, envelopp\u00e9e par l\u2019Esprit Saint, comme une nouvelle \u00c8ve qui donne, non \u00e0 l\u2019antique serpent, mais au messager de Dieu, une foi que nul doute n\u2019alt\u00e8re. Elle engendra son Fils, dont Dieu a fait le premier-n\u00e9 parmi beaucoup de fr\u00e8res (Rm\u00a08, 29), c\u2019est-\u00e0-dire parmi les croyants, \u00e0 la naissance et \u00e0 l\u2019\u00e9ducation desquels elle apporte la coop\u00e9ration de son amour maternel.<\/p>\n<p>64.\u00a0L\u2019\u00c9glise, M\u00e8re et Vierge<\/p>\n<p>Mais en contemplant la saintet\u00e9 myst\u00e9rieuse de la Vierge et en imitant sa charit\u00e9, en accomplissant fid\u00e8lement la volont\u00e9 du P\u00e8re, l\u2019\u00c9glise (gr\u00e2ce \u00e0 la Parole de Dieu qu\u2019elle re\u00e7oit dans la foi) devient \u00e0 son tour M\u00e8re : par la pr\u00e9dication en effet, et par le bapt\u00eame, elle engendre \u00e0 une vie nouvelle et immortelle des fils con\u00e7us du Saint-Esprit et n\u00e9s de Dieu. Elle aussi est vierge, ayant donn\u00e9 \u00e0 son Epoux sa foi, qu\u2019elle garde int\u00e8gre et pure ; imitant la M\u00e8re de son Seigneur, elle conserve, par la vertu du Saint- Esprit, dans leur puret\u00e9 virginale une foi int\u00e8gre, une ferme esp\u00e9rance, une charit\u00e9 sinc\u00e8re [190].<\/p>\n<p>65.\u00a0L\u2019\u00c9glise et l\u2019imitation des vertus de Marie<\/p>\n<p>Cependant, si l\u2019\u00c9glise en la personne de la bienheureuse Vierge atteint d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la perfection sans tache ni ride (cf.\u00a0Ep\u00a05, 27), les fid\u00e8les du Christ, eux, sont encore tendus dans leur effort pour cro\u00eetre en saintet\u00e9 par la victoire sur le p\u00e9ch\u00e9 : c\u2019est pourquoi ils l\u00e8vent leurs yeux vers Marie exemplaire de vertu qui rayonne sur toute la communaut\u00e9 des \u00e9lus. En se recueillant avec pi\u00e9t\u00e9 dans la pens\u00e9e de Marie, qu\u2019elle contemple dans la lumi\u00e8re du Verbe fait homme, l\u2019\u00c9glise p\u00e9n\u00e8tre avec respect plus avant dans le myst\u00e8re supr\u00eame de l\u2019Incarnation et devient sans cesse plus conforme \u00e0 son \u00c9poux. En effet intimement entr\u00e9e dans l\u2019histoire du salut, Marie rassemble et refl\u00e8te en elle-m\u00eame d\u2019une certaine fa\u00e7on les requ\u00eates supr\u00eames de la foi et lorsqu\u2019on la pr\u00eache et l\u2019honore, elle renvoie les croyants \u00e0 son Fils et \u00e0 son sacrifice, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019amour du P\u00e8re. L\u2019\u00c9glise, \u00e0 son tour, poursuivant la gloire du Christ, se fait de plus en plus semblable \u00e0 son grand mod\u00e8le en progressant continuellement dans la foi, l\u2019esp\u00e9rance et la charit\u00e9, en recherchant et accomplissant en tout la divine volont\u00e9. C\u2019est pourquoi, dans l\u2019exercice de son apostolat, l\u2019\u00c9glise regarde \u00e0 juste titre vers celle qui engendra le Christ, con\u00e7u du Saint-Esprit et n\u00e9 de la Vierge pr\u00e9cis\u00e9ment afin de na\u00eetre et de grandir aussi par l\u2019\u00c9glise dans le c\u0153ur des fid\u00e8les. La Vierge a \u00e9t\u00e9 par sa vie le mod\u00e8le de cet amour maternel dont doivent \u00eatre anim\u00e9s tous ceux qui, associ\u00e9s \u00e0 la mission apostolique de l\u2019\u00c9glise, coop\u00e8rent pour la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des hommes.<\/p>\n<p>IV. Le culte de la Vierge dans l\u2019\u00c9glise<\/p>\n<p>66.\u00a0Nature et fondement du culte de la Sainte Vierge<\/p>\n<p>Ayant pris part, comme la M\u00e8re tr\u00e8s sainte de Dieu, aux myst\u00e8res du Christ, \u00e9lev\u00e9e par la gr\u00e2ce de Dieu, apr\u00e8s son Fils, au-dessus de tous les anges et les hommes, Marie est l\u00e9gitimement honor\u00e9e par l\u2019\u00c9glise d\u2019un culte sp\u00e9cial. Et de fait, depuis les temps les plus recul\u00e9s, la bienheureuse Vierge est honor\u00e9e sous le titre de \u00ab M\u00e8re de Dieu \u00bb ; et les fid\u00e8les se r\u00e9fugient sous sa protection, l\u2019implorant dans tous les dangers et leurs besoins [191]. Surtout depuis le Concile d\u2019Eph\u00e8se, le culte du Peuple de Dieu envers Marie a connu un merveilleux accroissement, sous les formes de la v\u00e9n\u00e9ration et de l\u2019amour, de l\u2019invocation et de l\u2019imitation, r\u00e9alisant ses propres paroles proph\u00e9tiques : \u00ab Toutes les g\u00e9n\u00e9rations m\u2019appelleront bienheureuse, car le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses \u00bb (Lc\u00a01, 48). Ce culte, tel qu\u2019il a toujours exist\u00e9 dans l\u2019\u00c9glise, pr\u00e9sente un caract\u00e8re absolument unique ; il n\u2019en est pas moins essentiellement diff\u00e9rent du culte d\u2019adoration qui est rendu au Verbe incarn\u00e9 ainsi qu\u2019au P\u00e8re et \u00e0 l\u2019Esprit Saint ; il est \u00e9minemment apte \u00e0 le servir. En effet, les formes diverses de pi\u00e9t\u00e9 envers la M\u00e8re de Dieu, que l\u2019\u00c9glise approuve (maintenues dans les limites d\u2019une saine doctrine orthodoxe) en respectant les conditions de temps et de lieu, le temp\u00e9rament et le g\u00e9nie des peuples fid\u00e8les, font que, \u00e0 travers l\u2019honneur rendu \u00e0 sa M\u00e8re, le Fils, pour qui tout existe (cf.\u00a0Col\u00a01, 15-16) et en qui il a plu au P\u00e8re \u00e9ternel \u00ab de faire habiter toute la pl\u00e9nitude \u00bb (Col\u00a01, 19), peut \u00eatre comme il le doit, connu, aim\u00e9, glorifi\u00e9 et ob\u00e9i dans ses commandements.<\/p>\n<p>67.\u00a0L\u2019esprit de la pr\u00e9dication et du culte de la Sainte Vierge<\/p>\n<p>Cette doctrine catholique, le saint Concile l\u2019enseigne formellement. Il invite en m\u00eame temps les fils de l\u2019\u00c9glise \u00e0 apporter un concours g\u00e9n\u00e9reux au culte, surtout liturgique, envers la bienheureuse Vierge, \u00e0 faire grand cas des pratiques et exercices de pi\u00e9t\u00e9 envers elle, que le magist\u00e8re a recommand\u00e9s au cours des si\u00e8cles et \u00e0 conserver religieusement toutes les r\u00e8gles port\u00e9es dans le pass\u00e9 au sujet du culte des images du Christ, de la bienheureuse Vierge et des saints [192]. Il exhorte vivement les th\u00e9ologiens et ceux qui portent la Parole de Dieu \u00e0 s\u2019abstenir avec le plus grand soin, quand la dignit\u00e9 unique de la M\u00e8re de Dieu est en cause, \u00e0 la fois de tout exc\u00e8s contraire \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 et non moins d\u2019une \u00e9troitesse injustifi\u00e9e [193]. L\u2019application \u00e0 la Sainte \u00c9criture, aux \u00e9crits des P\u00e8res et des docteurs, \u00e0 l\u2019\u00e9tude des liturgies de l\u2019\u00c9glise, sous la conduite du magist\u00e8re, doit leur faire mettre dans une juste lumi\u00e8re le r\u00f4le et les privil\u00e8ges de la bienheureuse Vierge, lesquels sont toujours orient\u00e9s vers le Christ, source de toute v\u00e9rit\u00e9, saintet\u00e9 et pi\u00e9t\u00e9. Qu\u2019ils se gardent avec le plus grand soin de toute parole ou de tout geste susceptibles d\u2019induire en erreur (sur la v\u00e9ritable doctrine de l\u2019\u00c9glise) soit nos fr\u00e8res s\u00e9par\u00e9s, soit toute autre personne. Que les fid\u00e8les se souviennent en outre qu\u2019une v\u00e9ritable d\u00e9votion ne consiste nullement dans un mouvement st\u00e9rile et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de la sensibilit\u00e9, pas plus que dans une vaine cr\u00e9dulit\u00e9 ; la vraie d\u00e9votion proc\u00e8de de la vraie foi, qui nous conduit \u00e0 reconna\u00eetre la dignit\u00e9 \u00e9minente de la M\u00e8re de Dieu, et nous pousse \u00e0 aimer cette M\u00e8re d\u2019un amour filial, et \u00e0 poursuivre l\u2019imitation de ses vertus.<\/p>\n<p>V. Marie, signe d\u2019esp\u00e9rance et de consolation pour le Peuple de Dieu en marche<\/p>\n<p>68.\u00a0Marie, signe d\u2019esp\u00e9rance<\/p>\n<p>Cependant, tout comme dans le ciel o\u00f9 elle est d\u00e9j\u00e0 glorifi\u00e9e corps et \u00e2me, la M\u00e8re de J\u00e9sus repr\u00e9sente et inaugure l\u2019\u00c9glise en son ach\u00e8vement dans le si\u00e8cle futur, de m\u00eame sur cette terre, en attendant la venue du jour du Seigneur (cf.\u00a02 P\u00a03, 10), elle brille d\u00e9j\u00e0 devant le Peuple de Dieu en p\u00e8lerinage comme un signe d\u2019esp\u00e9rance assur\u00e9e et de consolation.<\/p>\n<p>69.\u00a0Marie et l\u2019union des chr\u00e9tiens<\/p>\n<p>Le saint Concile trouve une grande joie et consolation au fait que, parmi nos fr\u00e8res s\u00e9par\u00e9s, il n\u2019en manque pas qui rendent \u00e0 la M\u00e8re de notre Seigneur et Sauveur l\u2019honneur qui lui est d\u00fb, chez les Orientaux en particulier, lesquels vont, d\u2019un \u00e9lan fervent et d\u2019une \u00e2me toute d\u00e9vou\u00e9e, vers la M\u00e8re de Dieu toujours Vierge pour lui rendre leur culte [194]. Il faut que tous les fid\u00e8les croyants adressent \u00e0 la M\u00e8re de Dieu et la M\u00e8re des hommes d\u2019instantes supplications, afin qu\u2019apr\u00e8s avoir assist\u00e9 de ses pri\u00e8res l\u2019\u00c9glise naissante, maintenant encore, exalt\u00e9e dans le ciel au-dessus de tous les bienheureux et des anges, elle continue d\u2019interc\u00e9der pr\u00e8s de son Fils dans la communion de tous les saints, jusqu\u2019\u00e0 ce que toutes les familles des peuples, qu\u2019ils soient d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9s du beau nom de chr\u00e9tiens ou qu\u2019ils ignorent encore leur Sauveur, soient enfin heureusement rassembl\u00e9s dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu \u00e0 la gloire de la Tr\u00e8s Sainte et indivisible Trinit\u00e9.<\/p>\n<p>Tout l\u2019ensemble et chacun des points qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9dict\u00e9s dans cette constitution dogmatique ont plu aux P\u00e8res. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les v\u00e9n\u00e9rables P\u00e8res, Nous les approuvons, arr\u00eatons et d\u00e9cr\u00e9tons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a \u00e9t\u00e9 ainsi \u00e9tabli en Concile soit promulgu\u00e9 pour la gloire de Dieu.<\/p>\n<p>Rome, \u00e0 Saint-Pierre, le 21 novembre 1964.<\/p>\n<p>Moi, Paul, \u00e9v\u00eaque de l\u2019\u00c9glise catholique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(Suivent les signatures des P\u00e8res)<br \/>\nExtraits des actes du Concile<\/p>\n<p>Notifications<br \/>\nFaites par le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Concile<br \/>\nau cours de la 123e\u00a0congr\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale, le 16 novembre 1964 [195].<\/p>\n<p>On a demand\u00e9 quelle devait \u00eatre la qualification th\u00e9ologique de la doctrine expos\u00e9e dans le sch\u00e9ma sur l\u2019\u00c9glise et soumise au vote. \u00c0 cette question la commission doctrinale a donn\u00e9 la r\u00e9ponse suivante : \u00ab Comme il est \u00e9vident de soi, un texte de Concile doit toujours \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 suivant les r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales que tous connaissent. \u00c0 ce propos la commission doctrinale renvoie \u00e0 sa d\u00e9claration du 6 mars 1964, dont nous transcrivons ici le texte. \u00abCompte tenu de l\u2019usage des conciles et du but pastoral du Concile actuel, celui-ci ne d\u00e9finit comme devant \u00eatre tenus par l\u2019\u00c9glise que les seuls points concernant la foi et les m\u0153urs qu\u2019il aura clairement d\u00e9clar\u00e9s tels. \u00abQuant aux autres points propos\u00e9s par le Concile, en tant qu\u2019ils sont l\u2019enseignement du magist\u00e8re supr\u00eame de l\u2019\u00c9glise, tous et chacun des fid\u00e8les doivent les recevoir et les entendre selon l\u2019esprit du Concile lui-m\u00eame qui ressort soit de la mati\u00e8re trait\u00e9e, soit de la mani\u00e8re dont il s\u2019exprime, selon les normes de l\u2019interpr\u00e9tation th\u00e9ologique. \u00bb<\/p>\n<p>De par l\u2019autorit\u00e9 sup\u00e9rieure est communiqu\u00e9e aux P\u00e8res une note explicative pr\u00e9liminaire au sujet des \u00ab modi \u00bb concernant lechapitre 3\u00a0du sch\u00e9ma sur l\u2019\u00c9glise. La doctrine expos\u00e9e dans ce\u00a0chapitre 3\u00a0doit \u00eatre expliqu\u00e9e et comprise selon l\u2019esprit et le libell\u00e9 de cette note.<\/p>\n<p>Note explicative pr\u00e9liminaire<\/p>\n<p>La commission a d\u00e9cid\u00e9 de faire pr\u00e9c\u00e9der l\u2019examen des \u00ab modi [196] \u00bb par les observations g\u00e9n\u00e9rales qui suivent :<\/p>\n<p>1.\u00a0Coll\u00e8ge\u00a0n\u2019est pas pris au sens\u00a0strictement juridique, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un groupe d\u2019\u00e9gaux qui d\u00e9l\u00e9gueraient leur pouvoir \u00e0 leur pr\u00e9sident, mais d\u2019un groupe stable, dont la structure et l\u2019autorit\u00e9 doivent \u00eatre d\u00e9duites de la R\u00e9v\u00e9lation.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi la r\u00e9ponse au modus 12 dit explicitement des Douze que le Seigneur les a \u00e9tablis \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un coll\u00e8ge ou\u00a0groupe stable\u00a0[197] . Voir aussi le modus 53 c.<\/p>\n<p>Pour la m\u00eame raison on emploie aussi \u00e7\u00e0 et l\u00e0 au sujet du coll\u00e8ge \u00e9piscopal les termes d\u2019ordre et de corps. Le parall\u00e9lisme entre Pierre et les autres Ap\u00f4tres d\u2019une part, et le Souverain Pontife et les \u00e9v\u00eaques d\u2019autre part, n\u2019implique pas la transmission du pouvoir extraordinaire des Ap\u00f4tres \u00e0 leurs successeurs, ni \u2013 c\u2019est \u00e9vident \u2013 l\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0entre le chef et les membres du coll\u00e8ge, mais seulement une\u00a0proportionnalit\u00e9\u00a0entre le premier rapport (Pierre-Ap\u00f4tres) et le second (pape-\u00e9v\u00eaques). Aussi la commission a-telle d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9crire au\u00a0n\u00b0 22, non pas de la m\u00eame mani\u00e8re mais d\u2019une mani\u00e8re\u00a0semblable\u00a0(cf. modus 57) [198].<\/p>\n<p>2. On devient\u00a0membre du coll\u00e8ge\u00a0en vertu de la cons\u00e9cration \u00e9piscopale et par la communion hi\u00e9rarchique avec le chef du coll\u00e8ge et ses membres (cf.\u00a0n\u00b0 22, \u00a7 2 \u00e0 la fin) [199].<\/p>\n<p>Dans la\u00a0cons\u00e9cration\u00a0est donn\u00e9e la participation\u00a0ontologique\u00a0aux fonctions (munera)\u00a0sacr\u00e9es\u00a0comme il ressort de fa\u00e7on indubitable de la Tradition et aussi de la tradition liturgique. De propos d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 on emploie le terme de\u00a0fonctions\u00a0(munera) et non pas celui de\u00a0pouvoir\u00a0(potestas), parce que ce dernier pourrait s\u2019entendre d\u2019un pouvoir\u00a0apte \u00e0 s\u2019exercer\u00a0en acte. Mais pour qu\u2019un tel pouvoir apte \u00e0 s\u2019exercer existe, doit intervenir la\u00a0d\u00e9termination\u00a0canonique ou\u00a0juridique\u00a0de la part de l\u2019autorit\u00e9 hi\u00e9rarchique. Cette d\u00e9termination du pouvoir peut consister dans la concession particuli\u00e8re d\u2019une fonction ou dans l\u2019assignation de sujets, et elle est donn\u00e9e selon les normes approuv\u00e9es par l\u2019autorit\u00e9 supr\u00eame. Une telle norme ult\u00e9rieure est requise par la\u00a0nature de la chose, parce qu\u2019il s\u2019agit de fonctions qui doivent \u00eatre exerc\u00e9es par\u00a0plusieurs sujets\u00a0qui, de par la volont\u00e9 du Christ, coop\u00e8rent de fa\u00e7on hi\u00e9rarchique. Il est \u00e9vident que cette \u00ab communion \u00bb a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e dans la vie de l\u2019\u00c9glise suivant les circonstances des temps avant d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 comme codifi\u00e9e\u00a0dans le droit.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi on dit express\u00e9ment qu\u2019est requise la communion\u00a0hi\u00e9rarchique\u00a0avec le chef et les membres de l\u2019\u00c9glise. La\u00a0communionest une notion tenue en grand honneur dans l\u2019ancienne \u00c9glise (comme aujourd\u2019hui encore, notamment en Orient). On ne l\u2019entend pas de quelque vague\u00a0sentiment, mais d\u2019une r\u00e9alit\u00e9\u00a0organique, qui exige une forme juridique et est anim\u00e9e en m\u00eame temps par la charit\u00e9. Aussi, d\u2019un consentement presque unanime, la commission a-t-elle d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il fallait \u00e9crire : \u00ab En communion\u00a0hi\u00e9rarchique\u00a0\u00bb (cf. modus 40 et aussi ce qui est dit de la mission canonique au\u00a0n\u00b0 24) [200].<\/p>\n<p>Les documents des Souverains Pontifes r\u00e9cents au sujet de la juridiction des \u00e9v\u00eaques doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s d\u2019apr\u00e8s cette d\u00e9termination n\u00e9cessaire des pouvoirs.<\/p>\n<p>3. Du coll\u00e8ge, qui n\u2019existe pas sans son chef, on dit : \u00ab qu\u2019il est\u00a0aussi sujet du pouvoir supr\u00eame et pl\u00e9nier\u00a0dans l\u2019\u00c9glise universelle \u00bb. Il faut admettre n\u00e9cessairement cela pour ne pas mettre en question la pl\u00e9nitude du pouvoir du Pontife romain. En effet le coll\u00e8ge s\u2019entend n\u00e9cessairement et toujours avec son chef,\u00a0qui dans le coll\u00e8ge garde int\u00e9gralement sa charge de vicaire du Christ et de pasteur de l\u2019\u00c9glise universelle. En d\u2019autres termes, la distinction n\u2019est pas entre le Pontife romain et les \u00e9v\u00eaques pris ensemble, mais entre le Pontife romain seul et le Pontife romain ensemble avec les \u00e9v\u00eaques. Parce qu\u2019il est le\u00a0chef\u00a0du coll\u00e8ge, le Souverain Pontife seul peut poser certains actes qui ne reviennent d\u2019aucune mani\u00e8re aux \u00e9v\u00eaques, par exemple convoquer le coll\u00e8ge et le diriger, approuver les normes d\u2019action, etc. (cf. modus 81). Il rel\u00e8ve du jugement du Souverain Pontife, \u00e0 qui a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 le soin de tout le troupeau du Christ, de d\u00e9terminer, selon les besoins de l\u2019\u00c9glise qui varient au cours des temps, de quelle mani\u00e8re il convient de rendre effectif ce soin, soit de mani\u00e8re personnelle, soit de mani\u00e8re coll\u00e9giale. Pour r\u00e9gler, promouvoir et approuver l\u2019exercice coll\u00e9gial, le Souverain Pontife proc\u00e8de suivant sa propre discr\u00e9tion, en consid\u00e9ration du bien de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>4. En tant que Pasteur supr\u00eame de l\u2019\u00c9glise, le Souverain Pontife peut exercer \u00e0 son gr\u00e9 son pouvoir en tout temps, comme cela est requis par sa charge m\u00eame. Quant au coll\u00e8ge, il existe bien toujours, mais il n\u2019agit pas pour autant en permanence par une actionstrictement coll\u00e9giale, ainsi qu\u2019il ressort de la Tradition de l\u2019\u00c9glise. En d\u2019autres termes, il n\u2019est pas toujours \u00ab en plein exercice \u00bb, bien plus ce n\u2019est que par intervalle qu\u2019il agit dans un acte strictement coll\u00e9gial et si ce n\u2019est avec le\u00a0consentement de son chef. On dit\u00a0\u00ab avec le consentement de son chef \u00bb, pour qu\u2019on ne pense pas \u00e0 une d\u00e9pendance comme \u00e0 l\u2019\u00e9gard de quelqu\u2019un d\u2019\u00e9tranger\u00a0; le terme de \u00ab consentement \u00bb, \u00e9voque au contraire la\u00a0communion\u00a0entre le chef et les membres et implique la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019acte qui revient en propre au chef. La chose est affirm\u00e9e explicitement au\u00a0n\u00b0 22, \u00a7 2 et expliqu\u00e9e \u00e0 la fin du m\u00eame num\u00e9ro [201]. La formule n\u00e9gative si ce n\u2019est comprend tous les cas, d\u2019o\u00f9 il est \u00e9vident que les\u00a0normes approuv\u00e9es\u00a0par l\u2019autorit\u00e9 supr\u00eame doivent toujours \u00eatre observ\u00e9es (cf. modus 84).<\/p>\n<p>En tout cela il appara\u00eet donc qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une\u00a0union \u00e9troite\u00a0des \u00e9v\u00eaques\u00a0avec leur chef\u00a0et jamais d\u2019une action des \u00e9v\u00eaques ind\u00e9pendamment du pape. Dans ce cas, quand l\u2019action du chef fait d\u00e9faut, les \u00e9v\u00eaques ne peuvent pas agir en tant que coll\u00e8ge, ainsi qu\u2019il ressort de la notion de \u00ab coll\u00e8ge \u00bb. Cette communion hi\u00e9rarchique de tous les \u00e9v\u00eaques avec le Souverain Pontife est certainement habituelle dans la Tradition.<\/p>\n<p>N. B. Sans la communion hi\u00e9rarchique la fonction sacramentelle ontologique, qu\u2019il faut distinguer de l\u2019aspect canonique-juridique,\u00a0ne peut \u00eatre\u00a0exerc\u00e9e. Mais la commission a estim\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas lieu d\u2019entrer dans les questions de\u00a0lic\u00e9it\u00e9\u00a0et de\u00a0validit\u00e9\u00a0; elles sont laiss\u00e9es \u00e0 la discussion des th\u00e9ologiens, sp\u00e9cialement pour ce qui concerne le pouvoir qui est exerc\u00e9 de fait chez les Orientaux s\u00e9par\u00e9s, et pour l\u2019explication duquel existent des opinions diverses.<\/p>\n<p>Pericles Felici<br \/>\nArchev\u00eaque titulaire de Samosate,<br \/>\nsecr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du IIe\u00a0Concile \u0153cum\u00e9nique du Vatican<br \/>\n[1] Cf. Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a064, 4 :\u00a0PL\u00a03, 1017 ; csel (Hartel) III B, p. 720. \u2013 Saint Hilaire de Poitiers, In Mt. 23 :\u00a0PL\u00a09, 1047. \u2013 Saint Augustin,\u00a0passim.\u00a0\u2013 Saint Cyrille d\u2019Alexandrie,\u00a0Glaph. in Gen.\u00a02, 10 :\u00a0PG\u00a069, 110 A.<\/p>\n<p>[2] Cf. Saint Gr\u00e9goire le Grand,\u00a0Hom. in Evang.\u00a019, 1 : PL 76, 1154 B. \u2013 Saint Augustin,\u00a0Sermon\u00a0341, 9, 11 :\u00a0PL\u00a039, 1499s. \u2013 Saint Jean Damasc\u00e8ne,\u00a0Adv. Iconocl.\u00a011 ;\u00a0PG\u00a096, 1357.<\/p>\n<p>[3] Cf. Saint Ir\u00e9n\u00e9e,\u00a0Adv. Haer.\u00a0III, 24, 1 :\u00a0PG\u00a07, 966 B ; Harvey 2, 131 ; Sagnard,\u00a0Sources chr., p. 398.<\/p>\n<p>[4] Saint Cyprien,\u00a0De Orat. Dom.\u00a023 :\u00a0PL\u00a04, 553 ; csel (Hartel) III A, p. 285. \u2013 Saint Augustin,\u00a0Sermon\u00a071, 20, 33 :\u00a0PL\u00a038, 463s. \u2013 Saint Jean Damasc\u00e8ne,\u00a0Adv. Iconocl.\u00a012 :\u00a0PG\u00a096, 1358 D.<\/p>\n<p>[5] Cf. Orig\u00e8ne,\u00a0in Mt.\u00a016, 21 :\u00a0PG\u00a013, 1443 C. \u2013 Tertullien,\u00a0Adv. Marc.\u00a03, 7 :\u00a0PL\u00a02, 357 C ; csel 47, 3, p. 386. \u2013 Pour les documents liturgiques : cf.\u00a0Sacramentarium Gregorianum\u00a0:\u00a0PL\u00a078, 160 B. C. Mohlberg,\u00a0Liber Sacramentorum romanae ecclesiae, Rome, 1960, p. 111, XC : \u00ab Dieu qui par le rassemblement des saints construit pour toi une demeure \u00e9ternelle \u00bb \u2013 Hymne\u00a0Urbs Ierusalem beata, dans le Br\u00e9viaire monastique, et\u00a0Coelestis urbs Ierusalem, dans le Br\u00e9viaire romain.<\/p>\n<p>[6] Cf. Saint Thomas, Somme th\u00e9ologique III, q. 62, a. 5, ad 1.<\/p>\n<p>[7] Cf. Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis, 29 juin 1943\/AAS\u00a035 (1943), p. 208.<\/p>\n<p>[8] Cf. L\u00e9on XIII, Encycl.\u00a0Divinum illud, 9 mai 1897 :\u00a0ASS\u00a029 (1896-1897), p. 650. \u2013 Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis, I, c., p. 219-220 ; Denz. 2288 (3808). \u2013 Saint Augustin,\u00a0Sermon\u00a0268, 2 :\u00a0PL\u00a038, 1232. \u2013 Saint Jean Chrysostome,\u00a0In Eph. Hom.\u00a09, 3 :\u00a0PG\u00a062, 72. \u2013 Didyme d\u2019Alexandrie,\u00a0Trin.\u00a02, 1 :\u00a0PG\u00a039, 449s. \u2013 Saint Thomas,\u00a0In Col.\u00a01, 18, lect. 5, \u00e9d. Marietti, II, n. 46 : \u00ab comme de l\u2019unit\u00e9 de l\u2019\u00e2me se constitue un corps un, de m\u00eame en va-t-il par l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Esprit pour l\u2019\u00c9glise&#8230; \u00bb.<\/p>\n<p>[9] L\u00e9on XIII, Encycl.\u00a0Sapientiae christianae, 10 janvier 1890 :\u00a0ASS\u00a022 (1889-1890), p.392. \u2013 Id. Encycl.\u00a0Satis cognitum, 29 juin 1896 :\u00a0ASS\u00a028 (1895-1896), p. 710 et 724 s. \u2013 Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis, l. c., p. 199- 200.<\/p>\n<p>[10] Cf. Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis, l. c., p. 221s. \u2013 Id., Encycl.\u00a0Humani generis, 12 ao\u00fbt 1950 :\u00a0AAS\u00a042 (1950) p. 571.<\/p>\n<p>[11] L\u00e9on XII, encycl.\u00a0Satis cognitum, l. c., p. 713.<\/p>\n<p>[12] Cf.\u00a0Symbolum Apostolicum\u00a0: Denz. 6-9 (10-13). \u2013 Symb. Nic. Const. : Denz. 86 (150) \u2013 Coll.\u00a0Prof. fidei Trid.\u00a0: Denz. 994 et 999 (1862 et 1868)<\/p>\n<p>[13] Dicitur \u00ab Sancta (catholica apostolica) Romana Ecclesia \u00bb : in\u00a0Prof. fidei Trid., l. c. et Conc. Vat. I, sess. 3, Const. dogm. \u00ab De fide cath.\u00bb,\u00a0Dei Filius\u00a0: Denz. 1782 (3001).<\/p>\n<p>[14] Saint Augustin,\u00a0La Cit\u00e9 de Dieu, XVIII, 51, 2 :\u00a0PL\u00a041, 614.<\/p>\n<p>[15] Cf. Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a069, 6 : PL 3, 1142 B ; csel (Hartel) 3 B, p. 774 : \u00ab\u00a0inseparabile unitatis sacramentum\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>[16] Cf. Pie XII, Alloc.Magnificate Dominum, 2 novembre 1954 :\u00a0AAS\u00a046 (1954), p. 669. \u2013 Encycl.\u00a0Mediator Dei, 20 novembre 1947 :AAS\u00a039 (1947), p. 555.<\/p>\n<p>[17] Cf. Pie XI, Encycl.\u00a0Miserentissimus Redemptor, 8 mai 1928 :\u00a0AAS\u00a020 (1928), p. 171s. \u2013 Pie XII, Alloc.Vous nous avez, 22 septembre 1956 :\u00a0AAS\u00a048 (1956), p. 714.<\/p>\n<p>[18] Cf. Saint Thomas,\u00a0Somme th\u00e9ologique\u00a0III, q. 63, a. 2.<\/p>\n<p>[19] Cf. Saint Cyrille de J\u00e9rusalem,\u00a0Cat\u00e9ch.\u00a017.\u00a0De Spiritu Sancto, II, 35-37 :\u00a0PG\u00a033, 1009-1012. \u2013 Nic. Cabasilas,\u00a0De vita in Christo, liv. III,\u00a0De utilitate chrismatis\u00a0:\u00a0PG\u00a0150, p. 569-580. \u2013 Saint Thomas,\u00a0Somme th\u00e9ologique\u00a0III, q. 65, a. 3 et q. 72, a. 1 et 5.<\/p>\n<p>[20] Cf. Pie XII, Encycl.\u00a0Mediator Dei, 20 novembre 1947 ;\u00a0AAS\u00a039 (1947), praesertim p. 552s.<\/p>\n<p>[21]\u00a01 Co\u00a07, 7 : \u00ab Chacun re\u00e7oit de Dieu son don particulier, l\u2019un celui-ci, l\u2019autre celui-l\u00e0. \u00bb cf. Saint Augustin,\u00a0De Dono Persev.\u00a014, 37 :\u00a0PL\u00a045, 1015s. : \u00ab Ce n\u2019est pas la continence seule qui est don de Dieu, mais aussi la chastet\u00e9 des \u00e9poux.\u00bb<\/p>\n<p>[22] Cf. Saint Augustin,\u00a0De Praed. Sanct.\u00a014, 27 :\u00a0PL\u00a044, 980.<\/p>\n<p>[23] Cf. Saint Jean Chrysostome,\u00a0In Io., Hom.\u00a065, 1 :\u00a0PG\u00a059, 361.<\/p>\n<p>[24] Cf. Saint Ir\u00e9n\u00e9e,\u00a0Adv. Haer.\u00a0III, 16, 6 ; III, 22, 1-3 :\u00a0PG\u00a07, 925 C-926 A et 955 C-958 A ; Harvey 2, 87 s. et 120-123 ; Sagnard,Sources chr., p. 290-292 et 372 s.<\/p>\n<p>[25] Cf. Saint Ignace,\u00a0Ad Rom., pr\u00e9f. : Funk I, p. 252.<\/p>\n<p>[26] Cf. Saint Augustin,\u00a0Bapt. c. Donat.\u00a0V, 28, 39 :\u00a0PL\u00a043, 197 : \u00ab Il est bien \u00e9vident que, si l\u2019on dit dans et hors de l\u2019\u00c9glise, cela doit s\u2019entendre du c\u0153ur et non du corps. \u00bb \u2013 Cf.\u00a0ibid.\u00a0III, 19, 26 : col. 152 ; V, 18, 24 : col. 189;\u00a0In. Io.\u00a0Tr. 61, 2 : PL 35, 1800, et alibi saepe.<\/p>\n<p>[27] Cf.\u00a0Lc\u00a012, 48 : \u00ab \u00c0 qui on aura beaucoup donn\u00e9, il sera beaucoup demand\u00e9. \u00bb \u2013 Cf. aussi\u00a0Mt\u00a05, 19-20 ; 7, 21-22 ; 25, 41-46 ;\u00a0Jc2, 14.<\/p>\n<p>[28] Cf. L\u00e9on XIII, \u00e9p\u00eetre apost. Praeclara gratulationis, 20 juin 1894 : ASS 26 (1893-1894), p. 707.<\/p>\n<p>[29] Cf. L\u00e9on XIII, encycl. Satis cognitum, 29 juin 1896 : ASS 28 (1895-1896), p. 738. \u2013 Encycl.Caritatis studium, 25 juillet 1898 : ASS 31 (1898-1899), p. 11. \u2013 Pie XII, Message radioph. Nell\u2019alba, 24 d\u00e9cembre 1941 : AAS 34 (1942), p. 21.<\/p>\n<p>[30] Cf. Pie XI, Encycl.\u00a0Rerum Orientalium, 8 septembre 1928 :\u00a0AAS\u00a020 (1928), p. 287. \u2013 Pie XII, Encycl.\u00a0Orientalis Ecclesiae, 9 avril 1944 :\u00a0AAS\u00a036 (1944), p. 137.<\/p>\n<p>[31] Cf. Instruc. de la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation du Saint-Office, 20 d\u00e9cembre 1949 :\u00a0AAS\u00a042 (1950), p. 142.<\/p>\n<p>[32] Cf. Saint Thomas,\u00a0Somme th\u00e9ologique\u00a0III, q. 8, a. 3, ad 1.<\/p>\n<p>[33] Cf. Lettre de la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation du Saint-Office \u00e0 l\u2019archev\u00eaque de Boston. : Denz. 3869-72.<\/p>\n<p>[34] Cf. Eus\u00e8be de C\u00e9sar\u00e9e,\u00a0Praeparatio Evangelica, 1, 1 :\u00a0PG\u00a021, 28 AB.<\/p>\n<p>[35] Cf. Beno\u00eet XV, \u00e9p\u00eetre apost.\u00a0Maximum illud\u00a0:\u00a0AAS\u00a011 (1919), p. 440,\u00a0praesertim\u00a0p. 451 s. \u2013 Pie XI, Encycl.\u00a0Rerum Ecclesiae\u00a0:\u00a0AAS18 (1926), p. 68-69. \u2013 Pie XII, encycl.\u00a0Fidei donum, 21 avril 1957 :\u00a0AAS\u00a049 (1957), p. 236-237.<\/p>\n<p>[36] Cf.\u00a0Didach\u00e8, 14 : Funk I, p. 32. \u2013 Saint Justin,\u00a0Dial.\u00a041 : PG 6, 564. \u2013 Saint Ir\u00e9n\u00e9e,\u00a0Adv. Haer.\u00a0IV, 17, 5 : PG 7, 1023 ; Harvey, 2, p. 199s. \u2013 Conc. de Trente, sess. 22, chap. 1 : Denz. 939 (1742).<\/p>\n<p>[37] Cf. Conc. Vat. I, sess. 4, Const. dogm.\u00a0Pastor Aeternus\u00a0: Denz. 1821 (3050s.).<\/p>\n<p>[38] Cf. Conc. de Florence,\u00a0Decretum pro Graecis\u00a0: Denz. 694 (1307) et Conc. Vat. I,\u00a0ibid.\u00a0: Denz. 1826 (3059).<\/p>\n<p>[39] Cf.\u00a0Liber sacramentorum. \u2013 Saint Gr\u00e9goire, Praef. in natali S. Matthiae et S. Thomae :\u00a0PL\u00a078, 51 et 152 ; cf. Cod. Vat. lat. 3548, f. 18. \u2013 Saint Hilaire,\u00a0In Ps.\u00a067, 10 :\u00a0PL\u00a09, 450 ; csel 22, p. 286. \u2013 Saint J\u00e9r\u00f4me,\u00a0Adv. Iovin, 1, 26 :\u00a0PL\u00a023, 247 A. \u2013 Saint Augustin,\u00a0In Ps.\u00a086, 4 :\u00a0PL\u00a037, 1103. \u2013 Saint Gr\u00e9goire le Grand,\u00a0Mor. in Iob\u00a0XXVIII, V :\u00a0PL\u00a076, 455-456. \u2013 Primasius,\u00a0Comm. in Apoc.\u00a0V :\u00a0PL\u00a068, 924 BC. \u2013 Paschase Radbert,\u00a0In Mt.\u00a0L. VIII, chap. 16 :\u00a0PL\u00a0120, 561 C. \u2013 Cf. L\u00e9on XIII, \u00e9p\u00eetre\u00a0Et sane, 17 d\u00e9cembre 1888 :\u00a0ASS\u00a021 (1888), p. 321.<\/p>\n<p>[40] Cf.\u00a0Ac\u00a06, 2-6 ; 11, 30 ; 13, 1 : 14, 23 ; 20, 17 ;\u00a01 Th\u00a05, 12-13 ;\u00a0Ph\u00a01, 1 ; Col. 4, 11 et passim.<\/p>\n<p>[41] Cf.\u00a0Ac\u00a020, 25-27 ;\u00a02 Tm\u00a04, 6 s., coll. c.\u00a01 Tm\u00a05, 22 ;\u00a02 Tm\u00a02, 2 ;\u00a0Tt\u00a01, 5. \u2013 Saint Cl\u00e9ment de Rome,\u00a0Ad Cor.\u00a044, 3 ; Funk I, p. 156.<\/p>\n<p>[42] Saint Cl\u00e9ment de Rome,\u00a0Ad Cor., 44, 2 ;\u00a0Funk\u00a0I, p. 154s.<\/p>\n<p>[43] Cf. Tertullien,\u00a0Praescr. Haer.\u00a032 :\u00a0PL\u00a02, 52 s. \u2013 Saint Ignace,\u00a0passim.\u00a0* Le latin \u00e9voque l\u2019image du marcottage.<\/p>\n<p>[44] Cf. Tertullien,\u00a0Praescr. Haer.\u00a032,\u00a0PL\u00a02, 53.<\/p>\n<p>[45] Cf. Saint Ir\u00e9n\u00e9e,\u00a0Adv. Haer.\u00a0III, 3, 1 :\u00a0PG\u00a07, 848 A ; Harvey 2, 8 ; Sagnard,\u00a0Sources chr., p. 100 s. : \u00ab manifestatam\u00bb.<\/p>\n<p>[46] Cf. Saint Ir\u00e9n\u00e9e,\u00a0Adv. Haer.\u00a0III, 2, 2 :\u00a0PG\u00a07, 847 ; Harvey 2, 7 ; Sagnard,\u00a0ibid., p. 100 : \u00ab custoditur \u00bb ; cf.\u00a0ibid., IV, 26, 2 : col. 1053 ; Harvey 2, 236 necnon IV, 33, 8 ; col. 1077 ; Harvey 2, 262.<\/p>\n<p>[47] Saint Ignace,\u00a0Philad. pr\u00e9f.\u00a0: Funk\u00a0I, p. 264.<\/p>\n<p>[48]\u00a0Ibid., 1, 1 ;\u00a0Magn.\u00a06, 1 : Funk I, p. 264 et 234.<\/p>\n<p>[49] Saint Cl\u00e9ment de Rome, l. c. 42, 3-4 ; 44, 3-4 ; 57, 1-2 : Funk I, 152, 156, 171 s. \u2013 Saint Ignace,\u00a0Philad.\u00a02 ;\u00a0Smyrn.\u00a08,\u00a0Magn.\u00a03 ;\u00a0Trall.\u00a07 : Funk I, p. 265 ; 282 ; 232 ; 246 s., etc. \u2013 Saint Justin,\u00a0Apoll.\u00a01, 65 ;\u00a0PG\u00a06, 428. \u2013 Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre,\u00a0passim.<\/p>\n<p>[50] Cf. L\u00e9on XIII, Encycl.\u00a0Satis cognitum, 29 juin 1896 :\u00a0ASS\u00a028 (1895-1896), p. 732.<\/p>\n<p>[51] Cf. Conc. de Trente, sess. 23, d\u00e9cret\u00a0De sacr. Ordinis, chap. 4 : Denz. 960 (1768). \u2013 Concile Vatican I, sess. 4, Const. Dogm. 1De Ecclesia Christi, chap. 3 : Denz. 1828 (3061). \u2013 Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici corporis, 29 juin 1943,\u00a0AAS\u00a035 (1943), p. 209 et 212. \u2013 Cod. Iur. Can., c. 329 \u00a7 1.<\/p>\n<p>[52] Cf. L\u00e9on XIII, \u00e9p\u00eetre\u00a0Et sane, 17 d\u00e9cembre 1888 :\u00a0ASS\u00a021 (1888), p. 321 s.<\/p>\n<p>[53] Saint L\u00e9on le Grand,\u00a0Sermon\u00a05, 3 :\u00a0PL\u00a054, 154.<\/p>\n<p>[54] Le concile de Trente, sess. 23, chap. 3 cite les paroles de\u00a02 Tm\u00a01, 6-7 pour prouver que l\u2019Ordre est un v\u00e9ritable sacrement : Denz., 959 (1766).<\/p>\n<p>[55]\u00a0In Trad. Apost.\u00a03 : Botte,\u00a0Sources chr., p. 27-30, Episcopo tribuitur \u00ab primatus sacerdotii \u00bb ; cf.\u00a0Sacramentarium Leonianum\u00a0: C. Mohlberg,\u00a0Sacramentarium Veronense, Rome, 1955, p. 119 : \u00ab Au minist\u00e8re du sacerdoce supr\u00eame&#8230; Accomplis dans les pr\u00eatres la r\u00e9alit\u00e9 totale de ton myst\u00e8re = minist\u00e8re \u00bb.\u00a0Idem,\u00a0Liber Sacramentorum Romanae Ecclesiae, Rome, 1960, p. 121-122 : \u00ab Donne-leur, Seigneur, la chaire \u00e9piscopale pour qu\u2019ils dirigent l\u2019\u00c9glise et tout le peuple \u00bb : cf.\u00a0PL\u00a078, 224.<\/p>\n<p>[56]\u00a0Trad. apost.\u00a02 ; Botte, p. 27.<\/p>\n<p>[57] Conc. de Trente, sess. 23, chap. 4 (le Concile de Trente enseigne que le sacrement de l\u2019Ordre imprime un caract\u00e8re ind\u00e9l\u00e9bile : Denz. 960 (1767). \u2013 Cf. Jean XXIII, alloc.\u00a0Iubilate Deo, 8 mai 1960 :\u00a0AAS\u00a052 (1960), p. 466. \u2013 Paul VI, hom.\u00a0in Bas. Vatic., 20 octobre 1963 :\u00a0AAS\u00a055 (1963), p. 1014.<\/p>\n<p>[58] Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a063, 14 :\u00a0PL\u00a04, 386 ; csel (Hartel) III B, p. 713 : \u00ab Le pr\u00eatre agit v\u00e9ritablement \u00e0 la place du Christ \u00bb. \u2013 Saint Jean Chrysostome,\u00a0In 2 Tim, Hom. 2, 4 :\u00a0PG\u00a062, 612 : Le sacerdoce est \u00ab symbolon \u00bb du Christ. \u2013 Saint Ambroise,\u00a0In Ps.\u00a038, 25-26 :\u00a0PL\u00a014, 1051-52 ; csel 64, 203-204. \u2013 Ambrosiaster,\u00a0In 1 Tm\u00a05, 19\u00a0PL\u00a017, 479 C et\u00a0In Eph.\u00a04, 11-12 : col. 387 C \u2013 Theodore Mops.,Hom. Catech.\u00a0XV, 21 et 24 : Tonneau, p. 497 et 503. \u2013 Hesychius de J\u00e9rusalem,\u00a0In Lev.\u00a0L. 2, 9, 23 : PG 93, 894 B.<\/p>\n<p>[59] Cf. Eus\u00e8be,\u00a0Hist. Eccl.\u00a0V, 24, 10 : GCS II, I, p. 495 ; Bardy, Sources chr., II, p. 69. \u2013 Dionysius, chez Eus\u00e8be, ibid. VII, 5, 2 : GCS II, 2, p. 638 s., Bardy, II, p. 168s.<\/p>\n<p>[60] Sur les anciens conciles, cf. Eus\u00e8be, Hist. Eccl. V, 23-24 : GCS II, I, p. 488 s. Bardy, II, p. 66 s. et passim. \u2013 Conc. de Nic\u00e9e, Can. 5 : Conc. \u0152c. Decr., p. 7.<\/p>\n<p>[61] Tertullien,\u00a0De Ieiunio, 13 :\u00a0PL\u00a02, 972 B ; csel 20, p. 292, lin. 13-16.<\/p>\n<p>[62] Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a056, 3 : csel (Hartel) III B, p. 650 ; Bayard, p. 154.<\/p>\n<p>[63] Cf. Zinelli, in Conc. Vat. I :\u00a0Mansi\u00a052, 1109 C.<\/p>\n<p>[64] Cf. Conc. Vat. I, Schema Const. dogm. II,\u00a0de Ecclesia Christi, c. 4 : Mansi 53, 310. \u2013 Cf.relatio Kleutgen de Schemate reformato : Mansi 53, 321 B, 322 B et Zinelli : Mansi 52, 1110 A. \u2013 Voir aussi saint L\u00e9on le Grand,\u00a0Sermon\u00a04, 3 :\u00a0PL\u00a054, 151 A.<\/p>\n<p>[65] Cf. Cod. Iur. Can., c. 227.<\/p>\n<p>[66] Cf. Conc. Vat. I, Const. Dogm.\u00a0Pastor Aeternus\u00a0: Denz. 1821 (3050s.)<\/p>\n<p>[67] Cf. Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a066, 8 : csel (Hartel) III, 2, p. 733 : \u00ab L\u2019\u00e9v\u00eaque est dans l\u2019\u00c9glise, et l\u2019\u00c9glise est dans l\u2019\u00e9v\u00eaque.\u00bb<\/p>\n<p>[68] Cf. Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a055, 24 : csel (Hartel), p. 642, lin. 13 : \u00ab L\u2019\u00c9glise une, r\u00e9partie \u00e0 travers le monde entier en une multitude de membres. \u00bb \u2013\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a036, 4 : csel (Hartel), p.575, lin. 20-21.<\/p>\n<p>[69] Cf. Pie XII, Encycl.\u00a0Fidei donum, 21 avril 1957 :\u00a0AAS\u00a049 (1957), p. 237.<\/p>\n<p>[70] Cf. Saint Hilaire de Poitiers,\u00a0In Ps.\u00a014, 3 :\u00a0PL\u00a09, 206 ; csel 22, p. 86. \u2013 Saint Gr\u00e9goire le Grand,\u00a0Moral.\u00a0IV, 7, 12 :\u00a0PL\u00a075, 643 C. \u2013 Ps. Basile,\u00a0In Is.\u00a015, 296,\u00a0PG\u00a030, 637 c.<\/p>\n<p>[71] Saint C\u00e9lestin,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a018, 1-2, ad Conc. d\u2019\u00c9ph\u00e8se :\u00a0PL\u00a050, 505 AB ; Schwartz,\u00a0Acta Conc. \u0152c.\u00a0I, 1, 1, p. 22. Cf. Beno\u00eet XV, \u00c9p\u00eetre apost.\u00a0Maximum illud AAS\u00a0II (1919), p. 440. Pie XII, Encycl.\u00a0Fidei donum, l. c.<\/p>\n<p>[72] L\u00e9on XIII, Encycl.\u00a0Grande munus, 30 septembre 1880 :\u00a0ASS\u00a013 (1880), p. 145. \u2013 Cf. Cod. Iur. Can., c. 1327 ; c. 1350 \u00a7 2.<\/p>\n<p>[73] Sur les droits des \u00c9glises patriarcales, cf. Conc. de Nic\u00e9e, can. 6 d\u2019Alexandrie et Antioche et can. 7 de J\u00e9rusalem : Conc. \u0152c. Decr., p. 8 \u2013 Conc. de Latran IV, ann\u00e9e 1215, Constitut. V :\u00a0De dignitate Patriarcharum\u00a0:\u00a0ibid., p. 212 \u2013 Conc. de Ferrare-Florence : ibid., p. 504.<\/p>\n<p>[74] Cf.\u00a0Cod. Iuris pro Eccl. Orient., c. 216-314 : de Patriarchis ; c. 324-339 : de\u00a0Archiepiscopis maioribus\u00a0; c. 362-391 : de\u00a0aliis dignitariis\u00a0; in specie, c. 238 \u00a7 3 ; 216, 240, 251, 255 : de\u00a0Episcopis a Patriarcha nominandis.<\/p>\n<p>[75] Cf. Conc. de Trente, D\u00e9cr.\u00a0de reform., sess. 5, c. 2, n. 9 et sess. 24, can. 4 ;\u00a0Conc. \u0152c. Decr., p. 645 et 739.<\/p>\n<p>[76] Cf. Conc. Vat. I, Const. dogm.\u00a0Dei Filius, 3 : Denz. 1712 (3011).\u2013 Cf. nota adiecta ad schema I de\u00a0Eccl.\u00a0(desumpta ex S. Rob. Bellarmino) : Mansi 51, 579 C ; necnon Schema reformatum Const. II de\u00a0Ecclesia Christi, cum commentario Kleutgen : Mansi 53, 313 AB. \u2013 Pie IX, \u00e9p\u00eetre Tuas libenter : Denz. 1683 (2879).<\/p>\n<p>[77] Cf. Cod. Iur. Can., c. 1322-1323.<\/p>\n<p>[78] Cf. Conc. Vat. I, Const. dogm.\u00a0Pastor Aeternus\u00a0: Denz. 1839 (3074).<\/p>\n<p>[79] Cf. explicatio Gasser in Conc. Vat. I : Mansi 152, 1213 AC.<\/p>\n<p>[80] Gasser,\u00a0ibid.\u00a0: Mansi 1214 A.<\/p>\n<p>[81] Gasser,\u00a0ibid.\u00a0: Mansi 1215 CD, 1216-1217 A.<\/p>\n<p>[82] Gasser,\u00a0ibid.\u00a0: Mansi 1213.<\/p>\n<p>[83] Conc. Vat. I, Const. dogm.\u00a0Pastor Aeternus, 4 : Denz. 1836 (3070).<\/p>\n<p>[84] Oraison sur la cons\u00e9cration \u00e9piscopale dans le rite byzantin :\u00a0Euchologion to mega, Rome, 1873, p. 139.<\/p>\n<p>[85] Cf. Saint Ignace,\u00a0Smyrn. 8, 1 : Funk I, p. 282.<\/p>\n<p>[86] Cf.\u00a0Ac\u00a08, 1 ; 14, 22-23 ; 20, 17\u00a0et passim.<\/p>\n<p>[87] Cf.\u00a0Oratio mozarabica\u00a0:\u00a0PL\u00a096, 759 B.<\/p>\n<p>[88] Cf. Saint Ignace,\u00a0Smyrn. 8, 1 ; Funk I, p. 282.<\/p>\n<p>[89] Saint Thomas,\u00a0Somme th\u00e9ologique\u00a0III, q. 73, a. 3.<\/p>\n<p>[90] Cf. Saint Augustin,\u00a0C. Faustum, 12, 20 :\u00a0PL\u00a042, 265 ;\u00a0Sermon\u00a057, 7 :\u00a0PL\u00a038, 389, etc.<\/p>\n<p>[91] Saint L\u00e9on le Grand,\u00a0Sermon\u00a063, 7 :\u00a0PL\u00a054, 357 C.<\/p>\n<p>[92]\u00a0Traditio Apostolica, Saint Hippolyte 2-3 ; Botte, p. 26-30.<\/p>\n<p>[93] Cf.\u00a0Texte de l\u2019examen\u00a0au d\u00e9but de la cons\u00e9cration \u00e9piscopale et oraison \u00e0 la fin de la messe de la cons\u00e9cration \u00e9piscopale.<\/p>\n<p>[94] Beno\u00eet XIV,\u00a0Br. Romana Ecclesia, 5 octobre 1752, \u00a7 1 :\u00a0Bullarium Benedicti XIV, t. IV, Rome, 1758, 21 : \u00ab l\u2019\u00e9v\u00eaque repr\u00e9sente la figure du Christ et accomplit sa fonction. \u00bb \u2013 Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis, 1. c., p. 211 : \u00ab Les \u00e9v\u00eaques paissent et r\u00e9gissent les troupeaux qui leur sont confi\u00e9s, chacun le sien.\u00bb<\/p>\n<p>[95] L\u00e9on XIII, Encycl.\u00a0Satis cognitum, 29 juin 1896 :\u00a0ASS\u00a028 (1895-1896), p. 732. \u2013 Idem, \u00e9p\u00eetre\u00a0Officio sanctissimo, 22 d\u00e9cembre 1887 ;\u00a0ASS\u00a020 (1887), p. 264. \u2013 Pie IX, Lettre apostolique aux \u00c9glises d\u2019Allemagne, 12 mars 1875, et Alloc. consist., 15 mars 1875 : Denz. 3112-3117,\u00a0in nova ed. tantum.<\/p>\n<p>[96] Conc. Vat. I, Constit. dogm.\u00a0Pastor Aeternus, 3 : Denz. 1828 (3061). \u2013 Cf. Zinelli : Mansi 52, 1114 D.<\/p>\n<p>[97] Cf. Saint Ignace,\u00a0Ad Ephes.\u00a05, 1 : Funk I, p. 216.<\/p>\n<p>[98] Cf. Saint Ignace,\u00a0Ad Ephes.\u00a06, 1 ; Funk I, p. 218.<\/p>\n<p>[99] Cf. Conc. de Trente, sess. 23, De sacr. Ord., c. 2 : Denz. 958 (1765) ; et can. 6 : Denz. 966 (1776).<\/p>\n<p>[100] Cf. Innocent Ier, Epist.\u00a0ad Decentium\u00a0:\u00a0PL\u00a020, 554 A ; Mansi 3, 1029 ; Denz. 98 (215) : \u00ab Tout en appartenant au sacerdoce au titre du second ordre, les pr\u00eatres n\u2019ont pas la charge supr\u00eame du pontificat. \u00bb \u2013 Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a061, 3 : csel (Hartel), p. 696.<\/p>\n<p>[101] Cf. Conc. de Trente, l. c. : Denz. 956a-968 (1763-1778),\u00a0et in specie\u00a0can. 7 : Denz. 967 (1777). \u2013 Pie XII, Const. apost.Sacramentum Ordinis\u00a0: Denz. 2301 (3857-3861).<\/p>\n<p>[102] Cf. Innocent I, 1. c. Saint Gr\u00e9goire de Naziance, Apol. II, 22 : PG 35, 432 B. \u2013 Pseudo-Denys, Eccl. Hier. 1, 2 : PG 3, 372 D.<\/p>\n<p>[103] Cf. Conc. de Trente, sess. 22 : Denz. 940 (1743). \u2013 Pie XII, Encycl. Mediator Dei, 20 novembre 1947 :\u00a0AAS\u00a039 (1947), p. 553 ; Denz. 2300 (3850).<\/p>\n<p>[104] Cf. Conc. de Trente, sess. 22 : Denz. 938 (1739-1740). \u2013 Conc. Vat. II, const.\u00a0Sacrosanctum concilium, n. 7 et n. 47.<\/p>\n<p>[105] Cf. Pie XII, encycl.\u00a0Mediator Dei, l. c., sub. n. 67.<\/p>\n<p>[106] Cf. Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a011, 3 :\u00a0PL\u00a04, 242 B ; csel (Hartel) II, 2, p.<\/p>\n<p>[107] \u00ab Ordination des pr\u00eatres, \u00e0 l\u2019imposition des v\u00eatements. \u00bb<\/p>\n<p>[108] \u00ab Ordination des pr\u00eatres, pr\u00e9face cons\u00e9cratoire. \u00bb<\/p>\n<p>[109] Cf. Saint Ignace,\u00a0Philad.\u00a04 : Funk I, p. 266. \u2013 Saint Corneille Ier, chez Saint Cyprien,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a048, 2 : csel (Hartel) III, 2, p. 610.<\/p>\n<p>[110] Constitutiones\u00a0Ecclesiae aegyptiacae, III, 2 : Funk,\u00a0Didascalia, II, p. 103 \u2013\u00a0Statuta Eccl. Ant.\u00a0: 37-41 ; Mansi 3, 954.<\/p>\n<p>[111] Saint Polycarpe,\u00a0Ad Ph.\u00a05, 2 : Funk I, p. 300 (l\u2019auteur dit : \u00ab Le Christ s\u2019est fait le diacre \u2013 serviteur \u2013 de tous \u00bb). Cf.\u00a0Didach\u00e8, 15, 1 :\u00a0ibid., p. 32, I, p. 530. \u2013 Saint Ignace,\u00a0Trall.\u00a02, 3 :\u00a0ibid., p. 242. \u2013\u00a0Constitutiones Apostolorum, 8, 28, 4 : Funk,\u00a0Didascalia, I, p. 530.<\/p>\n<p>[112] Saint Augustin,\u00a0Sermon\u00a0340, 1 : PL 38, 1483.<\/p>\n<p>[113] Cf. Pie XI, Encycl.\u00a0Quadragesimo anno, 15 mai 1931 :\u00a0AAS\u00a023 (1931), p. 221 s. \u2013 Pie XII, Alloc.\u00a0De quelle consolation, 14 octobre 1951 :\u00a0AAS\u00a043 (1951), p. 790s.<\/p>\n<p>[114]Cf. Pie XII, alloc.\u00a0Six ans se sont \u00e9coul\u00e9s, 5 octobre 1957 :\u00a0AAS\u00a049 (1957), p. 927.<\/p>\n<p>[115] Tir\u00e9 de la pr\u00e9face pour la f\u00eate du Christ-Roi.<\/p>\n<p>[116]Cf. L\u00e9on XIII, encycl.\u00a0Immortale Dei, 1er\u00a0novembre 1885 :\u00a0ASS\u00a018 (1885), p. 166s. \u2013\u00a0Idem, Encycl.\u00a0Sapientiae christianae, 10 janvier 1890 :\u00a0ASS\u00a022 (1889-1890), p. 397s. \u2013 Pie XII, Alloc.\u00a0Alla vostra filiale, 23 mars 1958 :\u00a0AAS\u00a050 (1958), p. 220 : \u00ab La l\u00e9gitime saine la\u00efcit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat.\u00bb<\/p>\n<p>[117] Cod. Iur. Can., can. 682.<\/p>\n<p>[118] Cf. Pie XII, Alloc.\u00a0De quelle consolation, l. c., p. 789 : \u00ab Dans les batailles d\u00e9cisives, c\u2019est parfois du front que partent les plus heureuses initiatives&#8230; \u00bb \u2013 Idem, Alloc.\u00a0L\u2019importance de la presse catholique, 17 f\u00e9vrier 1950 :\u00a0AAS\u00a042 (1950), p. 256.<\/p>\n<p>[119] Cf.\u00a01 Th\u00a05, 19 et\u00a01 Jn\u00a04, 1.<\/p>\n<p>[120] Epist.\u00a0ad Diognetum, 6 : Funk I, p. 400. \u2013 Cf. Saint Jean Chrysostome,\u00a0In Mt., Hom. 46 (47) 2 :\u00a0PG\u00a058, 478, de\u00a0fermento in massa.<\/p>\n<p>[121] Missel romain,\u00a0Gloria in excelsis. Cf.\u00a0Lc\u00a01, 35 ;\u00a0Mc\u00a01, 24 ;\u00a0Lc\u00a04, 34 ;\u00a0Jn\u00a06, 69 (ho hagios tou Theou) ;\u00a0Ac\u00a03, 14 ; 4, 27.30 ;\u00a0He\u00a07, 26 ;\u00a01 Jn\u00a02, 20 ;\u00a0Ap\u00a03, 7.<\/p>\n<p>[122] Cf. Orig\u00e8ne,\u00a0Comm. Rom.\u00a07, 7 :\u00a0PG\u00a014, 1122 B. \u2013 Ps.-Macarius,\u00a0De Oratione, 11 :\u00a0PG\u00a034, 861, AB. \u2013 Saint Thomas,\u00a0Somme th\u00e9ologique\u00a0IIa\u00a0IIae, q. 184, a. 3.<\/p>\n<p>[123] Cf. Saint Augustin,\u00a0Retract.\u00a0II, 18 :\u00a0PL\u00a032, 637 s. \u2013 Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis, 29 juin 1943 ;\u00a0AAS\u00a035 (1943), p. 225.<\/p>\n<p>[124] Cf. Pie XI, Encycl.\u00a0Rerum omnium, 26 janvier 1923 :\u00a0AAS\u00a015 (1923), p. 50 et 59-60. \u2013 Id. Encycl.\u00a0Casti Connubii, 31 d\u00e9cembre 1930 :\u00a0AAS\u00a022 (1930), p. 548. \u2013 Pie XII, Const. apost.\u00a0Provida Mater, 2 f\u00e9vrier 1947 :\u00a0AAS\u00a039 (1947), p. 117. \u2013 Alloc.\u00a0Annus sacer, 8 d\u00e9cembre 1950 :\u00a0AAS\u00a043 (1951), p. 27-28. \u2013 Alloc.\u00a0Nel darvi, 1er\u00a0juillet 1956 :\u00a0AAS\u00a048 (1956), p. 574.<\/p>\n<p>[125] Cf. Saint Thomas,\u00a0Somme th\u00e9ologique\u00a0IIa\u00a0IIae, q. 184, a. 5 et 6 ;\u00a0De perf. vitae spir., c. 18. \u2013 Orig\u00e8ne,\u00a0in Is., Hom. 6, 1 :\u00a0PG\u00a013, 239.<\/p>\n<p>[126] Cf. Saint Ignace, Magn. 13, 1 : Funk I, p. 241.<\/p>\n<p>[127] Cf. Saint Pie X, exhort.\u00a0Haerent animo, 4 ao\u00fbt 1908 :\u00a0ASS\u00a041 (1908), p. 560s. \u2013 Cod. Iur. Can., can. 124. \u2013 Pie XI, Encycl.\u00a0Ad catholici sacerdotii, 20 d\u00e9cembre 1935 : AAS 28 (1936), p. 22s.<\/p>\n<p>[128]\u00a0Ordo consecrationis sacerdotalis, in exhortatione initiali.<\/p>\n<p>[129] Cf. Saint Ignace,\u00a0Trall.\u00a02, 3 : Funk I, p. 244.<\/p>\n<p>[130] Cf. Pie XII, Alloc.\u00a0Sous la maternelle protection, 9 d\u00e9cembre 1957 :\u00a0AAS\u00a050 (1958), p.36.<\/p>\n<p>[131] Pie XI, encycl.\u00a0Casti Connubii, 31 d\u00e9cembre 1930 :\u00a0AAS\u00a022 (1930), p. 548s. \u2013 Cf. Saint Jean Chrysostome,\u00a0In Ephes., Hom. 20, 2 :\u00a0PG\u00a062, 136s.<\/p>\n<p>[132] Cf. Saint Augustin,\u00a0Enchir.\u00a0121, 32 :\u00a0PL\u00a040, 288. \u2013 Saint Thomas,\u00a0Somme th\u00e9ologique\u00a0IIa\u00a0IIae, q. 184, a. 1. \u2013 Pie XII, adhort. apost.\u00a0Menti nostrae, 23 septembre 1950 :\u00a0AAS\u00a042 (1950), p. 660.<\/p>\n<p>[133] Sur les conseils en g\u00e9n\u00e9ral, cf. Orig\u00e8ne, Comm. Rom. X, 14 :\u00a0PG\u00a014, 1275 B. \u2013 Saint Augustin,\u00a0De S. Virginitate, 15, 15 :\u00a0PL\u00a040, 403. \u2013 Saint Thomas,\u00a0Somme th\u00e9ologique\u00a0I-II, q.100 a. 2 c (in fine) ; IIa\u00a0IIae\u00a0q. 44, a. 4 ad. 3.<\/p>\n<p>[134] Sur l\u2019excellence de la virginit\u00e9 consacr\u00e9e, cf. Tertullien,\u00a0Exhort. Cast.\u00a010 :\u00a0PL\u00a02, 925 C. \u2013 Saint Cyprien,\u00a0Hab. Virg.\u00a03 et 22 :\u00a0PL\u00a04, 443 B et 461 As. \u2013 Saint Athanase (?), De Virg. :\u00a0PG\u00a028, 252s. \u2013 Saint Jean Chrysostome,\u00a0De Virg.\u00a0:\u00a0PG\u00a048, 533s.<\/p>\n<p>[135] Sur la pauvret\u00e9 spirituelle, cf.\u00a0Mt\u00a05, 3 et 19, 21 ;\u00a0Mc\u00a010, 21 ;\u00a0Lc\u00a018, 22 ; sur l\u2019ob\u00e9issance l\u2019exemple du Christ est donn\u00e9 en\u00a0Jn\u00a04, 34 et 6, 38 ;\u00a0Ph\u00a02, 8-10 ;\u00a0He\u00a010,5-7. Les P\u00e8res et les fondateurs d\u2019ordres en parlent tr\u00e8s souvent.<\/p>\n<p>[*] Sur la pratique effective des conseils qui n&#8217;est pas impos\u00e9e \u00e0 tous, cf. Jean Chrysostome,\u00a0In Mt. Hom\u00a07, 7 : PG 57, 81 s. Ambroise,\u00a0De Viduis\u00a04, 23 : PL 16, 241 s.<\/p>\n<p>[136]\u00a0Cf. Rosweydus,\u00a0Vitae Patrum, Anvers, 1628. \u2013 Apophtegmata Patrum :\u00a0PG\u00a065. \u2013 Palladius,\u00a0Historia Lausiaca\u00a0:\u00a0PG\u00a034, 995 s. : \u00e9d. C. Butler, Cambridge 1898 (1904). \u2013 Pie XI, Const. apost.\u00a0Umbratilem, 8 juillet 1924 :\u00a0AAS\u00a016 (1924), p. 386-387. \u2013 Pie XII, alloc.\u00a0Nous sommes heureux, 11 avril 1958 :\u00a0AAS\u00a050 (1958), p. 283.<\/p>\n<p>[137] Paul VI, Alloc.\u00a0Magno gaudio, 23 mai 1964 :\u00a0AAS\u00a056 (1964), p. 566.<\/p>\n<p>[138] Cf. Cod. Iur. Can., c. 487 et 488. \u2013 Pie XII, Alloc.\u00a0Annus sacer, 8 d\u00e9cembre 1950 :\u00a0AAS\u00a043 (1951), p. 27 a. \u2013 Pie XII, Const. apost.\u00a0Provida Mater, 2 f\u00e9vrier 1947 :\u00a0AAS\u00a039 (947), p. 120 s.<\/p>\n<p>[139] Paul VI, l. c., p. 567.<\/p>\n<p>[140] Cf. Saint Thomas,\u00a0Somme th\u00e9ologique\u00a0IIa\u00a0IIae, q. 184, a. 3 et q. 188, a. 2. \u2013 Saint Bonaventure, Opusc. XI,\u00a0Apologia Pauperum, c. 3, 3 : Quaracchi, t. 8, 1898, p. 245 a.<\/p>\n<p>[141] Cf. Conc. Vat. I, schema\u00a0De Ecclesia Christi, chap. XV, et annot. 48 : Mansi 51, 549 s. et 619 s. \u2013 L\u00e9on XIII, \u00e9p\u00eetre\u00a0Au milieu des consolations, 23 d\u00e9cembre 1900 :\u00a0ASS\u00a033 (1900-1901) p. 361. \u2013 Pie XII, Const. apost.\u00a0Provida Mater, I. c., p. 114s.<\/p>\n<p>[142] Cf. L\u00e9on XIII,. Const.\u00a0Romanos Pontifices, 8 mai 1881 :\u00a0ASS\u00a013 (1880-1881), p. 483. \u2013 Pie XII. Alloc.\u00a0Annus sacer, 8 d\u00e9cembre 1950 :\u00a0AAS\u00a043 (1951), p. 28 s.<\/p>\n<p>[143] Cf. Pie XII, Alloc.\u00a0Annus sacer, l. c. p. 28. \u2013 Pie XII, Const. apost.\u00a0Sedes Sapientiae, 31 mai 1956 :\u00a0AAS\u00a048 (1956), p. 355. \u2013 Paul VI, l. c. p. 570-571.<\/p>\n<p>[144] Cf. Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis, 29 juin 1943 :\u00a0AAS\u00a035 (1943), p. 214 s.<\/p>\n<p>[145] Cf. Pie XII, Alloc.\u00a0Annus sacer, l. c., p. 30. \u2013 Alloc.\u00a0Sous la maternelle protection, 9 d\u00e9cembre 1957 :\u00a0AAS\u00a050 (1958), p. 39 s.<\/p>\n<p>[146] Conc. de Florence,\u00a0Decretum pro Graecis\u00a0: Denz. 693 (1305).<\/p>\n<p>[147] Outre les documents plus anciens contre toute forme d\u2019\u00e9vocation des esprits, \u00e0 partir d\u2019Alexandre IV (27 septembre 1258), cf. Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation du Saint-Office,\u00a0De magnetismi abusu\u00a0: 4 ao\u00fbt 1856 :\u00a0ASS\u00a0(1865), p. 177-178, Denz. 1653-1654 (2823-2825) ; r\u00e9ponse de la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation du Saint-Office, 24 avril 1917 :\u00a0AAS\u00a09 (1917) p. 268, Denz. 2182 (3642).<\/p>\n<p>[148] Voir l\u2019expos\u00e9 synth\u00e9tique de cette doctrine paulinienne dans : Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis\u00a0:\u00a0AAS\u00a035 (1943), p. 200\u00a0et passim.<\/p>\n<p>[149] Cf. i.a., Saint Augustin,\u00a0Enarr.\u00a0in\u00a0Ps.\u00a085, 24 : PL 37, 1099. \u2013Saint J\u00e9r\u00f4me,\u00a0Liber contra Vigilantium, 6 ;\u00a0PL\u00a023, 344. \u2013 Saint Thomas,\u00a0In 4 m Sent., d. 45 q. 3. a. 2. \u2013 Saint Bonaventure, In 4m Sent., d. 45 a. 3, q. 2, etc.<\/p>\n<p>[150] Cf. Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis\u00a0:\u00a0AAS\u00a035 (1943), p. 245.<\/p>\n<p>[151] Cf. De nombreuses inscriptions dans les catacombes romaines.<\/p>\n<p>[152] Cf. G\u00e9lase I, Decretalis\u00a0De libris recipiendis, 3 :\u00a0PL\u00a059, 160, Denz. 165 (353).<\/p>\n<p>[153] Cf. Saint M\u00e9thode,\u00a0Symposion, VII, 3 : GCS (Bonwetsch), p. 74.<\/p>\n<p>[154] Cf. Beno\u00eet XV,\u00a0Decretum approbationis virtutum in Causa beatificationis et canonizationis Servi Dei Ioannis Nepomuceni Neumann\u00a0:\u00a0AAS\u00a014 (1922) p. 23. \u2013 Alloc. Pie XI de Sanctis :\u00a0Inviti all\u2019eroismo\u00a0: Discorsi&#8230;, t. I-III, Rome, 1941-1942,\u00a0passim.\u00a0\u2013 Pie XII,\u00a0Discours et messages radioph., t. 10, 1949, p. 37-43.<\/p>\n<p>[155] Cf. Pie XII, Encycl.\u00a0Mediator Dei\u00a0:\u00a0AAS\u00a039 (1947), p. 581.<\/p>\n<p>[156] Cf.\u00a0He\u00a013,7 ; Encycl. 44-50 ;\u00a0He\u00a011, 3-40. \u2013 Cf. aussi Pie XII, Encycl.\u00a0Mediator Dei\u00a0:\u00a0ASS\u00a039 (1947), p. 582- 583.<\/p>\n<p>[157] Cf. Conc. Vat. I, Const.\u00a0De fide catholica, chap. 3, Denz. 1794 (3013).<\/p>\n<p>[158] Cf. Pie XIII, encycl.Mystici Corporis\u00a0:\u00a0AAS\u00a035 (1943), p. 216.<\/p>\n<p>[159] Au sujet de la reconnaissance envers les saints eux-m\u00eames, cf. E. Diehl,\u00a0Inscriptiones latinae christianae veteres, I. Berolini, 1925, n. 2008, 2382\u00a0et passim.<\/p>\n<p>[160] Conc. de Trente, sess. 25,\u00a0De invocatione&#8230; Sanctorum\u00a0: Denz. 984 (1821).<\/p>\n<p>[161] Br\u00e9viaire romain, Invitatorium in festo Sanctorum Omnium.<\/p>\n<p>[162] Cf. v. g., 2 Th 1, 10.<\/p>\n<p>[163] Conc. Vat. II, Const.\u00a0De Sacra Liturgia, chap. 5, n. 104.<\/p>\n<p>[164] Canon de la messe romaine.<\/p>\n<p>[165] Conc. Nic\u00e9e II, Act. VII : Denz. 302 (600).<\/p>\n<p>[166] Conc. de Florence,\u00a0Decretum pro Graecis\u00a0: Denz. 693 (1304).<\/p>\n<p>[167] Conc. de Trente, sess. 25,\u00a0De invocatione, veneratione et reliquiis Sanctorum et sacris imaginibus\u00a0: Denz. 984-988 (1821-1824) ; sess. 25,\u00a0Decretum de Purgatorio\u00a0: Denz. 983 (1820) ; sess. 6,\u00a0Decretum de iustificatione, can. 30 : Denz. 840 (1580).<\/p>\n<p>[168] Missel romain, pr\u00e9face pour la f\u00eate des saints accord\u00e9e \u00e0 certains dioc\u00e8ses.<\/p>\n<p>[169] Cf. Saint Pierre Canisius,\u00a0Catechismus Maior seu Summa Doctrinae christianae, chap. III (\u00e9d. crit. F. Streicher), Ire\u00a0partie, p. 15-16, n. 44 et p. 100-101, n. 49.<\/p>\n<p>[170] Cf. Concile Vatican II, Const.\u00a0Sacrosanctum concilium, chap. 1, n. 8.<\/p>\n<p>[171] Credo de la messe romaine : Symbolum Constantinopolitanum\u00a0: Mansi 3, 566. \u2013 Cf. Conc. d\u2019\u00c9ph\u00e8se,\u00a0ibid., 4, 1130 (necnon\u00a0ibid.2, 665 et 4, 1071). \u2013 Conc. de Chalc\u00e9doine,\u00a0ibid., 7, 111-116. \u2013 Conc. Const. II,\u00a0ibid., 9, 375-396.<\/p>\n<p>[172] Canon de la messe romaine.<\/p>\n<p>[173] Saint Augustin,\u00a0De S. Virginitate, 6 :\u00a0PL\u00a040, 399.<\/p>\n<p>[174] Cf. Paul VI, Alloc. au Concile, le 4 d\u00e9cembre 1963 :\u00a0AAS\u00a056 (1964), p. 37.<\/p>\n<p>[175] Cf. Saint Germain de Constantinople,\u00a0Hom. in Annunt. Deiparae\u00a0:\u00a0PG\u00a098, 328 A ;\u00a0In Dorm.\u00a02 : col.357. \u2013 Anastase d\u2019Antioche,Sermon 2 de Annunt., 2 :\u00a0PG\u00a089, 1377 AB ;\u00a0Sermon\u00a03, 2 : col.1388 C. \u2013 Saint Andr\u00e9 de Cr\u00e8te,\u00a0Can. in B. V. Nat.\u00a04 :\u00a0PG\u00a097, 1321 B ;\u00a0In B. V. Nat., 1 : col. 812 A ;\u00a0Hom. in dorm.\u00a01 : col. 1068 C. Saint Sophrone,\u00a0Or. 2 in Annunt., 18 :\u00a0PG\u00a087 (3) 3237 BD.<\/p>\n<p>[176] Saint Ir\u00e9n\u00e9e,\u00a0Adv. Haer.\u00a0III 22, 4 :\u00a0PG\u00a07, 959 A ; Harvey 2, 123.<\/p>\n<p>[177]\u00a0Ibid.\u00a0; Harvey 2, 124.<\/p>\n<p>[178] Saint \u00c9piphane,\u00a0Haer.\u00a078, 18 : PG 42, 728 CD \u2013 729.<\/p>\n<p>[179] Saint J\u00e9r\u00f4me,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a022, 21 : PL 22, 408. \u2013 Cf. Saint Augustin,\u00a0Sermon\u00a051, 2, 3 :\u00a0PL\u00a038, 335 ; Sermon 232, 2 col. 1108. \u2013 Saint Cyrille de J\u00e9rusalem, Catech. 12, 15 :\u00a0PG\u00a033, 741 AB. \u2013 Saint Jean Chrysostome,\u00a0In Ps\u00a044, 7 : PG 55, 193. \u2013 Saint Jean Damasc\u00e8ne,\u00a0Hom. 2 in dorm.\u00a0B.M.V., 3 :\u00a0PG\u00a096, 728.<\/p>\n<p>[180] Cf. Conc. de Latran, ann\u00e9e 649, can. 3 : Mansi 10, 1151. \u2013 Saint L\u00e9on le Grand,\u00a0Epist. ad Flav.\u00a0:\u00a0PL\u00a054, 759. \u2013 Conc. de Chalc\u00e9doine : Mansi 7, 462. \u2013 Saint Ambroise,\u00a0De instit. virg.\u00a0:\u00a0PL\u00a016, 320.<\/p>\n<p>[181] Cf. Pie XII, Encycl.\u00a0Mystici Corporis, 29 juin 1943 :\u00a0AAS\u00a035 (1943), p. 247-248.<\/p>\n<p>[182] Cf. Pie IX, bulle Ineffabilis, 8 d\u00e9cembre 1854 : Acta Pii IX, 1, I, p. 616 ; Denz. 1641 (2803).<\/p>\n<p>[183] Cf. Pie XII, Const. apost.\u00a0Munificenissimus, 1er\u00a0novembre 1950 :\u00a0AAS\u00a042 (1950) ; Denz. 2333 (3903). Cf. Saint Jean Damasc\u00e8ne,\u00a0Enc. in dorm. Dei genitricis, hom. 2 et 3 :\u00a0PG\u00a096, 721-761, speciatim col. 728 B. \u2013 Saint Germain de Constantinople,\u00a0in S. Dei gen. dorm.,\u00a0Sermon\u00a01 :\u00a0PG\u00a098 (6)340-348 ;\u00a0Sermon\u00a03, col. 361. \u2013 Saint Modeste de J\u00e9rusalem,\u00a0In dorm. SS. Deiparae\u00a0:\u00a0PG\u00a086 (2), 3277-3312.<\/p>\n<p>[184] Cf. Pie XII, encycl.\u00a0Ad coeli Reginam, 11 octobre 1954 :\u00a0AAS\u00a046 (1954), p. 633-636 ; Denz. 3913 s. \u2013 Cf. Andr\u00e9 de Cr\u00e8te,\u00a0Hom. 3 in dorm. SS. Deiparae\u00a0:\u00a0PG\u00a097, 1089-1109. \u2013 Saint Jean Damasc\u00e8ne,\u00a0De fide orth., IV, 14 :\u00a0PG\u00a094, 1153-1161.<\/p>\n<p>[185] Cf. Kleutgen, textus reformatus\u00a0De mysterio Verbi incarnati, chap. IV : Mansi 53, 290. \u2013 Cf. Saint Andr\u00e9 de Cr\u00e8te, in nat.\u00a0Mariae, Sermon 4 :\u00a0PG\u00a097, 865 A. \u2013 Saint Germain de Constantinople,\u00a0In annunt. Deiparae,\u00a0PG\u00a098, 321 BC ;\u00a0In dorm. Deiparae, III : col. 361 D \u2013 Saint Jean Damasc\u00e8ne,\u00a0in dorm.\u00a0B. V. Mariae, hom. 1, 8 :\u00a0PG\u00a096, 712 BC \u2013 713 A.<\/p>\n<p>[186] Cf. L\u00e9on XIII, Encycl.\u00a0Adiutricem populi, 3 septembre 1895 :\u00a0ASS\u00a015 (1895-1896) p. 303. \u2013 Saint Pie X, Encycl.\u00a0Ad diem illum, 2 f\u00e9vrier 1904 : Acta, I, p. 154 ; Denz. 1978 a (3370). \u2013 Pie XI, Encycl.\u00a0Miserentissimus, 8 mai 1928 :\u00a0AAS\u00a020 (1928), p. 178. Pie XII, Message radioph., 13 mai 1946 ;\u00a0AAS\u00a038 (1946), p. 266.<\/p>\n<p>[187] Saint Ambroise,\u00a0\u00c9p\u00eetre\u00a063 :\u00a0PL\u00a016, 1218.<\/p>\n<p>[188] Saint Ambroise,\u00a0Expos.\u00a0Lc. II, 7 :\u00a0PL\u00a015, 1555.<\/p>\n<p>[189] Cf. Ps. Pierre Dam.,\u00a0Sermon\u00a063 :\u00a0PL\u00a0144, 861 AB. \u2013 Godefroid \u00e0 Saint Victor,\u00a0In nat. B. M., Ms. Paris, Mazarine, 1002, fol. 109 r. \u2013 Gerhoh de Reichersberg,\u00a0De gloria et honore Filii hominis, 10 :\u00a0PL\u00a0194, 1105 AB.<\/p>\n<p>[190] Saint Ambroise,\u00a0l., c. et Expos.\u00a0Lc X, 24-25 :\u00a0PL\u00a015, 1810. \u2013 Saint Augustin,\u00a0In Io Tr.\u00a013, 12 :\u00a0PL\u00a035, 1499. Cf. Sermon 191, 2, 3 :\u00a0PL\u00a038, 1010 ; etc. \u2013 Cf. aussi B\u00e8de le V\u00e9n\u00e9rable,\u00a0In Lc Expos.\u00a0I, chap. 2 :\u00a0PL\u00a092, 330. \u2013 Isaac de l\u2019\u00c9toile,\u00a0Sermon\u00a051 :\u00a0PL\u00a01 94, 1863 A.<\/p>\n<p>[191]\u00a0\u00ab Sub tuum praesidium. \u00bb<\/p>\n<p>[192] Conc. Nic\u00e9e II, ann\u00e9e 787 : Mansi 13, 378-379 ; Denz. 302 (600-601). \u2013 Conc. de Trente, sess. 25 : Mansi 33, 171-172.<\/p>\n<p>[193] Cf. Pie XII, Message radioph., 24 octobre 1954 :\u00a0AAS\u00a046 (1954), p. 679. \u2013 Encycl.\u00a0Ad coeli Reginam, 11 octobre 1954 :\u00a0AAS\u00a046 (1954), p. 637.<\/p>\n<p>[194] Cf. Pie XI, Encycl.\u00a0Ecclesiam Dei, 12 novembre 1923 :\u00a0AAS\u00a015 (1923), p. 581. \u2013 Pie XII, Encycl.\u00a0Fulgens corona, 8 septembre 1953 :\u00a0AAS\u00a045 (1953), p. 590-591.<\/p>\n<p>[195] Ces deux notifications, extraites des Actes du Concile, ont \u00e9t\u00e9 faites aux P\u00e8res pour \u00e9clairer leur vote. Elles sont importantes pour l\u2019interpr\u00e9tation de cette Constitution ; Paul VI le souligne dans son discours aux P\u00e8res lors de la cl\u00f4ture \u00e0 la troisi\u00e8me session du Concile, le 21 novembre 1964, au moment o\u00f9 il promulgue la Constitution sur l\u2019\u00c9glise, \u00e0 propos de la doctrine sur l\u2019\u00e9piscopat : \u00ab &#8230; en tenant compte des explications fournies soit pour l\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 donner aux termes en usage, soit pour la qualification th\u00e9ologique que ce Concile entend attribuer \u00e0 la doctrine trait\u00e9e. Nous n\u2019h\u00e9sitons pas, avec l\u2019aide de Dieu, \u00e0 promulguer la pr\u00e9sente Constitution\u00a0Lumen gentium\u00a0\u00bb (Doc. cath.\u00a0LXI, 6 d\u00e9cembre 1964, col. 1589). La traduction de ces notifications a \u00e9t\u00e9 faite par les \u00c9ditions du Centurion.<\/p>\n<p>[196] Les\u00a0modi\u00a0sont les amendements propos\u00e9s par les P\u00e8res \u00e0 la commission doctrinale.<\/p>\n<p>[197] Cf. Const. dogm.\u00a0Lumen gentium, n. 19.<\/p>\n<p>[198]\u00a0Ibid., n. 22.<\/p>\n<p>[199]\u00a0Ibid., n. 22.<\/p>\n<p>[200]\u00a0Ibid., n. 24.<\/p>\n<p>[201]\u00a0Ibid., n. 22.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PAUL, \u00c9V\u00caQUE, SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU, AVEC LES P\u00c8RES DU SAINT CONCILE, POUR QUE LE SOUVENIR S&#8217;EN MAINTIENNE \u00c0 JAMAIS. CONSTITUTION DOGMATIQUE SUR L&#8217;\u00c9GLISE LUMEN GENTIUM &nbsp; CHAPITRE PREMIER\u00a0: Le Myst\u00e8re de l\u2019\u00c9glise 1.\u00a0Le but de la Constitution sur l\u2019\u00c9glise Le Christ est la lumi\u00e8re des peuples ; r\u00e9uni dans l\u2019Esprit Saint, le saint [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mi_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[42,39],"tags":[168],"class_list":["post-302","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-constitution","category-documents-officiels","tag-lumen-gentium"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/302"}],"collection":[{"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=302"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/302\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":305,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/302\/revisions\/305"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=302"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=302"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=302"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}