{"id":306,"date":"2018-02-07T17:12:09","date_gmt":"2018-02-07T16:12:09","guid":{"rendered":"https:\/\/archiliturgique.fr\/?p=306"},"modified":"2018-02-07T17:12:09","modified_gmt":"2018-02-07T16:12:09","slug":"via-pulchritudinis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/via-pulchritudinis\/","title":{"rendered":"Via pulchritudinis"},"content":{"rendered":"<table width=\"609\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"609\"><strong>DOCUMENT FINAL DE L&#8217;ASSEMBL\u00c9E PL\u00c9NI\u00c8RE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>La\u00a0<\/em>Via pulchritudinis<em>,<br \/>\nchemin privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation et de dialogue<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc137978342\"><\/a><a name=\"_Toc137978756\"><\/a><a name=\"_Toc137978870\"><\/a><a name=\"_Toc138048486\"><\/a><a name=\"_Toc138050319\"><\/a><strong>I<\/strong><strong>NTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>Le th\u00e8me de l\u2019Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re 2006 du Conseil Pontifical de la Culture s\u2019inscrit dans sa mission d\u2019aider l\u2019\u00c9glise \u00e0 transmettre la foi au Christ par une pastorale qui r\u00e9ponde aux d\u00e9fis de la culture contemporaine, notamment l\u2019indiff\u00e9rence religieuse et la non-croyance (Motu proprio\u00a0<em>Inde a Pontificatus<\/em>). Par des projets et des propositions concr\u00e8tes, il souhaite aider les pasteurs en suivant\u00a0<em>La Via pulchritudinis<\/em>\u00a0comme<em>\u00a0chemin d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation\u00a0<\/em>des cultures\u00a0<em>et de dialogue<\/em>\u00a0avec les non-croyants, \u00e0 conduire au Christ qui est \u00ab\u00a0<em>la voie, la v\u00e9rit\u00e9 et la vie<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Jn<\/em>\u00a014, 6).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc137978343\"><\/a><a name=\"_Toc137978757\"><\/a><a name=\"_Toc137978871\"><\/a><a name=\"_Toc138048487\"><\/a><strong><a name=\"_Toc138050320\"><\/a>I.\u00a0UN D\u00c9FI CRUCIAL.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019avant-derni\u00e8re\u00a0<em>Plenaria<\/em>\u00a0du Dicast\u00e8re en 2002, qui avait pour th\u00e8me \u00ab\u00a0<em>Transmettre la foi au c\u0153ur des cultures,\u00a0<\/em>novo millennio ineunte\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, et la suivante en 2004, sur \u00ab\u00a0<em>La foi chr\u00e9tienne \u00e0 l\u2019aube du nouveau mill\u00e9naire et le d\u00e9fi de la non-croyance et de l\u2019indiff\u00e9rence religieuse\u00a0<\/em>\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, ont soulign\u00e9 l\u2019urgence d\u2019un nouvel \u00e9lan apostolique de l\u2019\u00c9glise, pour \u00e9vang\u00e9liser les cultures par une inculturation effective de l\u2019\u00c9vangile.<\/p>\n<p>La culture empreinte d\u2019une vision mat\u00e9rialiste et ath\u00e9e caract\u00e9ristique des soci\u00e9t\u00e9s s\u00e9cularis\u00e9es, suscite une r\u00e9elle d\u00e9saffection et parfois une mise en accusation de la religion, en particulier du christianisme, et notamment un nouvel anti-catholicisme<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Beaucoup vivent\u00a0<em>comme si Dieu n\u2019existait pas\u00a0<\/em>(<em>Etsi Deus non daretur<\/em>), comme si sa pr\u00e9sence et sa parole ne pouvaient influencer d\u2019aucune mani\u00e8re la vie concr\u00e8te des personnes et des soci\u00e9t\u00e9s. Ils \u00e9prouvent de la difficult\u00e9 \u00e0 affirmer clairement leur appartenance religieuse\u00a0: celle-ci rel\u00e8verait du strict domaine de la vie priv\u00e9e. L\u2019exp\u00e9rience religieuse, par suite, se dissocie souvent d\u2019une claire appartenance \u00e0 une institution eccl\u00e9siale\u00a0: certains croient sans appartenir, tandis que d\u2019autres appartiennent sans donner de signes visibles de leur croire.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne de la\u00a0<em>nouvelle religiosit\u00e9<\/em>\u00a0et les\u00a0<em>spiritualit\u00e9s \u00e9mergentes<\/em>\u00a0qui se r\u00e9pandent dans le monde, se dressent comme un grand d\u00e9fi pour la nouvelle \u00e9vang\u00e9lisation\u00a0: elles pr\u00e9tendent r\u00e9pondre mieux que l\u2019\u00c9glise \u2013 ou, en tous cas, mieux que les formes religieuses traditionnelles \u2013 aux attentes spirituelles, \u00e9motives et psychologiques de nos contemporains, et \u00e0 travers rites syncr\u00e9tistes et pratiques \u00e9sot\u00e9riques, elles touchent \u00e0 vif l\u2019\u00e9motivit\u00e9 des personnes dans une dynamique communautaire pseudo-religieuse qui, souvent, les \u00e9touffe, voire les prive de leur libert\u00e9 et de leur dignit\u00e9.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/p>\n<p>Si en certains pays d\u2019anciennes chr\u00e9tient\u00e9s les chr\u00e9tiens pratiquants ne constituent plus, comme dans un pass\u00e9 encore r\u00e9cent, la majorit\u00e9 de la population, ils demeurent une force vive, capable de t\u00e9moigner avec discernement et courage, au c\u0153ur d\u2019une culture n\u00e9o-pa\u00efenne. Les Journ\u00e9es mondiales de la Jeunesse, les grands rassemblements des Congr\u00e8s eucharistiques et des sanctuaires de la Vierge Marie, la multiplication des lieux de ressourcement et la demande de s\u00e9jours silencieux dans les h\u00f4telleries des monast\u00e8res, la red\u00e9couverte des antiques voies de p\u00e8lerinage et la floraison d\u2019une multitude de nouveaux mouvements religieux qui touchent jeunes et adultes, les foules immenses qui se sont press\u00e9es \u00e0 Rome \u00e0 la mort de Jean-Paul II et \u00e0 l\u2019\u00e9lection de Beno\u00eet XVI, sont autant de signes d\u2019esp\u00e9rance\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Oui, l\u2019\u00c9glise est vivante<\/em>, t\u00e9moignait le Saint-P\u00e8re dans son Hom\u00e9lie pour la messe inaugurale de son Pontificat<em>\u00a0\u2013\u00a0telle est la merveilleuse exp\u00e9rience de ces jours-ci. Au cours des journ\u00e9es tristes de la maladie et de la mort du Pape<\/em>\u00a0[Jean-Paul II]<em>, pr\u00e9cis\u00e9ment, s\u2019est manifest\u00e9 de mani\u00e8re merveilleuse \u00e0 nos yeux le fait que l\u2019\u00c9glise est vivante. Et l\u2019\u00c9glise est jeune. Elle porte en elle l\u2019avenir du monde et c\u2019est pourquoi elle montre aussi \u00e0 chacun de nous le chemin vers l\u2019avenir. L\u2019\u00c9glise est vivante et nous le voyons: nous faisons l\u2019exp\u00e9rience de la joie que le Ressuscit\u00e9 a promise aux siens<\/em>.\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc137978344\"><\/a><a name=\"_Toc137978758\"><\/a><a name=\"_Toc137978872\"><\/a><a name=\"_Toc138048488\"><\/a><a name=\"_Toc138050321\"><\/a><strong>II. UNE PROPOSITION DE R\u00c9PONSE DE L\u2019\u00c9GLISE\u00a0: LA\u00a0<em>VIA PULCHRITUDINIS<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978345\"><\/a><a name=\"_Toc137978759\"><\/a><a name=\"_Toc137978873\"><\/a><a name=\"_Toc138048489\"><\/a>II.<a name=\"_Toc138050322\"><\/a>1\u00a0\u00a0Accueillir le d\u00e9fi.<\/strong><\/p>\n<p>Devant les d\u00e9fis historiques, sociaux, culturels et religieux relev\u00e9s dans les deux pr\u00e9c\u00e9dentes Assembl\u00e9es pl\u00e9ni\u00e8res, quels aspects de la pastorale l\u2019\u00c9glise est-elle appel\u00e9e \u00e0 privil\u00e9gier dans son dialogue apostolique avec les hommes et les femmes de notre temps, notamment les non-croyants et les indiff\u00e9rents\u00a0?<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise accomplit sa mission de conduire les hommes au Christ Sauveur par le partage de la Parole de Dieu et le don des Sacrements de la Gr\u00e2ce. Pour mieux les rejoindre par une\u00a0<em>pastorale de la culture<\/em>\u00a0adapt\u00e9e, \u00e0 la lumi\u00e8re du Christ contempl\u00e9 dans le myst\u00e8re de son Incarnation (Cf.\u00a0<em>Gaudium et spes<\/em>, n. 22), elle scrute les \u00ab\u00a0<em>signes des temps<\/em>\u00a0\u00bb et y trouve de pr\u00e9cieuses indications pour \u00e9tablir des \u00ab\u00a0ponts\u00a0\u00bb qui permettent de rencontrer le Dieu de J\u00e9sus Christ \u00e0 travers un itin\u00e9raire d\u2019amiti\u00e9 dans un dialogue de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, la\u00a0<em>Via pulchritudinis<\/em>\u00a0se pr\u00e9sente comme un itin\u00e9raire privil\u00e9gi\u00e9 pour rejoindre beaucoup de celles et ceux qui \u00e9prouvent de grandes difficult\u00e9s \u00e0 recevoir l\u2019enseignement, en particulier moral, de l\u2019\u00c9glise. Trop souvent en ces derni\u00e8res d\u00e9cennies,\u00a0<em>la v\u00e9rit\u00e9\u00a0<\/em>a souffert d\u2019\u00eatre instrumentalis\u00e9e par l\u2019id\u00e9ologie, et\u00a0<em>la bont\u00e9\u00a0<\/em>d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0horizontalis\u00e9e\u00a0\u00bb, r\u00e9duite \u00e0 n\u2019\u00eatre plus qu\u2019un acte social, comme si la charit\u00e9 envers le prochain pouvait se priver de puiser sa force dans l\u2019amour de Dieu. Le relativisme qui trouve dans le \u00ab\u00a0<em>pensiero debole<\/em>\u00a0\u00bb, la pens\u00e9e faible, une de ses plus fortes expressions, contribue \u00e0 rendre difficile une vraie confrontation, s\u00e9rieuse et raisonnable avec les non-croyants.<\/p>\n<p>La\u00a0<em>Voie de la beaut\u00e9<\/em>, \u00e0 partir de l\u2019exp\u00e9rience toute simple de la rencontre avec la beaut\u00e9 qui suscite l\u2019\u00e9merveillement, peut ouvrir le chemin de la recherche de Dieu et disposer le c\u0153ur et l\u2019esprit \u00e0 la rencontre du Christ, la Beaut\u00e9 de la Saintet\u00e9 Incarn\u00e9e offerte par Dieu aux hommes pour leur Salut. Elle invite les nouveaux Augustin de notre temps, chercheurs insatiables d\u2019amour, de v\u00e9rit\u00e9 et de beaut\u00e9, \u00e0 s\u2019\u00e9lever de la beaut\u00e9 sensible \u00e0 la Beaut\u00e9 \u00e9ternelle, et \u00e0 d\u00e9couvrir avec ferveur le Dieu Saint, l\u2019Auteur de toute beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Toutes les cultures ne sont pas \u00e9galement ouvertes au Transcendant et \u00e0 l\u2019accueil de la r\u00e9v\u00e9lation chr\u00e9tienne. De m\u00eame, toutes les expressions de la beaut\u00e9 \u2013 ou de ce qui pr\u00e9tend l\u2019\u00eatre \u2013 sont loin de favoriser l\u2019accueil du message du Christ et l\u2019intuition de sa beaut\u00e9 divine. Les cultures, comme les expressions artistiques et les manifestations esth\u00e9tiques, sont marqu\u00e9es par le p\u00e9ch\u00e9 et peuvent attirer, voire emprisonner l\u2019attention jusqu\u2019\u00e0 la faire se replier sur elle-m\u00eame, et susciter de nouvelles formes d\u2019idol\u00e2trie. Ne sommes-nous pas trop souvent confront\u00e9s \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes de r\u00e9elle d\u00e9cadence o\u00f9 l\u2019art et la culture se d\u00e9naturent jusqu\u2019\u00e0 blesser l\u2019homme dans sa dignit\u00e9\u00a0? Le beau ne peut \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 un simple plaisir des sens\u00a0: ce serait s\u2019interdire d\u2019avoir la pleine intelligence de son universalit\u00e9, de sa valeur supr\u00eame, transcendante. Sa perception requiert une \u00e9ducation, car la beaut\u00e9 n\u2019est authentique que dans son lien \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u2013 de quoi serait-elle d\u2019ailleurs le resplendissement, si ce n\u2019est de la v\u00e9rit\u00e9\u00a0?\u00a0\u2013 et elle est en m\u00eame temps \u00ab\u00a0<em>l\u2019expression visible du bien, de m\u00eame que le bien est la condition m\u00e9taphysique du beau<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0<em>Le beau ne serait-il pas la route la plus s\u00fbre pour atteindre le bien\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb, se demandait Max Jacob. Largement accessible \u00e0 tous, la\u00a0<em>Voie de la beaut\u00e9<\/em>\u00a0n\u2019est pas pour autant exempte d\u2019ambigu\u00eft\u00e9s et de fourvoiements. Toujours d\u00e9pendante de la subjectivit\u00e9 humaine, elle peut \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 un esth\u00e9tisme \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, se laisser instrumentaliser et asservir par les modes captatrices de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Aussi est-il urgent d\u2019\u00e9duquer au discernement entre l\u2019<em>uti\u00a0<\/em>et le\u00a0<em>frui<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire entre un rapport avec les r\u00e9alit\u00e9s et les personnes fond\u00e9 uniquement sur la fonctionnalit\u00e9 \u2013\u00a0<em>uti\u00a0<\/em>\u2013, et celui d\u2019une relation authentique et de confiance \u2013\u00a0<em>frui<\/em>\u00a0\u2013, solidement enracin\u00e9e dans la beaut\u00e9 de l\u2019amour gratuit, selon saint Augustin dans son\u00a0<em>De catechizandis rudibus\u00a0<\/em>: \u201c<em>Nulla est enim maior ad amorem invitatio quam praevenire amando \u2013 Il n\u2019est pas de plus grande invitation \u00e0 l\u2019amour que d\u2019aimer le premier<\/em>\u201d (Lib. I, 4.7, 26).<\/p>\n<p>Aussi est-il n\u00e9cessaire de clarifier\u00a0<em>ce qu\u2019est<\/em>\u00a0et\u00a0<em>en quoi consiste\u00a0<\/em>la\u00a0<em>Via pulchritudinis\u00a0<\/em>: de quelle beaut\u00e9 s\u2019agit-il, qui permette de transmettre la foi par sa capacit\u00e9 \u00e0 toucher le c\u0153ur des personnes, \u00e0 exprimer le myst\u00e8re de Dieu et de l\u2019homme, \u00e0 se pr\u00e9senter comme un authentique \u00ab\u00a0pont\u00a0\u00bb, espace libre pour cheminer avec les hommes et les femmes de notre temps qui savent ou apprennent \u00e0 appr\u00e9cier le beau, et les aider \u00e0 rencontrer la beaut\u00e9 de l\u2019\u00c9vangile du Christ que l\u2019\u00c9glise a pour mission d\u2019annoncer \u00e0 tous les hommes de bonne volont\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc137978346\"><\/a><a name=\"_Toc137978760\"><\/a><a name=\"_Toc137978874\"><\/a><a name=\"_Toc138048490\"><\/a><strong>II.<a name=\"_Toc138050323\"><\/a>2 De quelle mani\u00e8re la via pulchritudinis peut-elle \u00eatre une r\u00e9ponse de l\u2019\u00c9glise aux d\u00e9fis de notre temps\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le Pape Jean-Paul II, inlassable scrutateur des signes des temps, indique la voie dans son Encyclique\u00a0<em>Fides et ratio\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0<em>Tandis que je ne me lasse pas de proclamer l\u2019urgence d\u2019une nouvelle \u00e9vang\u00e9lisation, je fais appel aux philosophes pour qu\u2019ils sachent approfondir les dimensions du vrai, du bon et du beau, auxquelles donne acc\u00e8s la parole de Dieu. Cela devient plus urgent lorsque l\u2019on consid\u00e8re les d\u00e9fis que le nouveau mill\u00e9naire semble lancer et qui touchent particuli\u00e8rement les r\u00e9gions et les cultures d\u2019ancienne tradition chr\u00e9tienne. Cette pr\u00e9occupation doit aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un apport fondamental et original sur la route de la nouvelle \u00e9vang\u00e9lisation<\/em>.\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/p>\n<p>Cet appel aux philosophes peut surprendre, mais la\u00a0<em>via pulchritudinis<\/em>\u00a0n\u2019est-elle pas une\u00a0<em>via veritatis<\/em>\u00a0sur laquelle l\u2019homme s\u2019engage pour d\u00e9couvrir la\u00a0<em>bonitas\u00a0<\/em>du Dieu d\u2019amour, source de toute beaut\u00e9, de toute v\u00e9rit\u00e9 et de toute bont\u00e9\u00a0? Le beau, tout autant que le vrai ou le bien, nous conduit \u00e0 Dieu, V\u00e9rit\u00e9 premi\u00e8re, Bien supr\u00eame, et Beaut\u00e9 m\u00eame. Mais le beau dit plus que le vrai ou le bien. Dire d\u2019un \u00eatre qu\u2019il est beau, n\u2019est pas seulement lui reconna\u00eetre une intelligibilit\u00e9 qui le rend aimable. C\u2019est en m\u00eame temps dire qu\u2019en sp\u00e9cifiant notre connaissance, il nous attire, voire nous captive par un rayonnement capable de susciter l\u2019\u00e9merveillement. S\u2019il exprime un certain pouvoir d\u2019attraction, plus encore, peut-\u00eatre, le beau dit la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame dans la perfection de sa forme. Il en est l\u2019\u00e9piphanie. Il la manifeste en exprimant sa clart\u00e9 interne. Cette derni\u00e8re est, selon saint Thomas d\u2019Aquin, l\u2019une des trois conditions de la beaut\u00e9. Dans son Trait\u00e9 sur la Trinit\u00e9 de la\u00a0<em>Somme Th\u00e9ologique<\/em>, il s\u2019interroge sur les attributs propres \u00e0 chaque personne divine et rattache la beaut\u00e9 \u00e0 la personne du Fils\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>Pulchritudo habet similitudinem cum propriis Filii<\/em>\u00a0\u2013\u00a0<em>La beaut\u00e9 pr\u00e9sente quelque similitude avec ce qui est le propre du Fils<\/em>\u00a0\u00bb. Et il indique les trois conditions de la beaut\u00e9, pour les appliquer au Christ\u00a0: l\u2019int\u00e9grit\u00e9 ou la perfection \u2013\u00a0<em>integritas sive perfectio<\/em>\u00a0\u2013, la juste proportion ou harmonie \u2013\u00a0<em>proportio sive consonantia<\/em>\u00a0\u2013 et la clart\u00e9 \u2013\u00a0<em>claritas<\/em>\u00a0(Ia, qu. 39, art. 8). Si le bien dit le d\u00e9sirable, le beau dit plus encore la splendeur et la lumi\u00e8re d\u2019une perfection qui se manifeste.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a><\/p>\n<p>La\u00a0<em>via pulchritudinis<\/em>\u00a0est une voie\u00a0<em>pastorale<\/em>, qui ne saurait se r\u00e9duire \u00e0 une approche philosophique. Mais le regard du m\u00e9taphysicien nous aide \u00e0 comprendre pourquoi la beaut\u00e9 est une voie royale pour conduire \u00e0 Dieu. En nous sugg\u00e9rant qui Il est, elle suscite en nous le d\u00e9sir d\u2019en jouir dans le repos de la contemplation, non seulement parce que Lui seul peut combler nos intelligences et nos c\u0153urs, mais parce qu\u2019Il contient en lui-m\u00eame la perfection de l\u2019\u00catre, source harmonieuse et intarissable de clart\u00e9 et de lumi\u00e8re. Pour y parvenir, il importe de savoir accomplir le passage \u00ab\u00a0<em>du ph\u00e9nom\u00e8ne au fondement<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est encore l\u2019appel du pape philosophe<em>\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0<em>Partout o\u00f9 l\u2019homme constate un appel \u00e0 l\u2019absolu et \u00e0 la transcendance, il lui est donn\u00e9 d\u2019entrevoir la dimension m\u00e9taphysique du r\u00e9el\u00a0: dans le vrai, dans le beau, dans les valeurs morales, dans la personne d\u2019autrui, dans l\u2019\u00eatre m\u00eame, en Dieu. Un grand d\u00e9fi qui se pr\u00e9sente \u00e0 nous au terme de ce mill\u00e9naire est celui de savoir accomplir le passage, aussi n\u00e9cessaire qu\u2019urgent, du\u00a0<\/em>ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0<em>au\u00a0<\/em>fondement<em>. Il n\u2019est pas possible de s\u2019arr\u00eater \u00e0 la seule exp\u00e9rience\u00a0; m\u00eame quand celle-ci exprime et rend manifeste l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019homme et sa spiritualit\u00e9, il faut que la r\u00e9flexion sp\u00e9culative atteigne la substance spirituelle et le fondement sur lesquels elle repose.<\/em>\u00a0\u00bb Et il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Une pens\u00e9e philosophique qui refuserait toute ouverture m\u00e9taphysique serait donc radicalement inad\u00e9quate pour remplir une fonction de m\u00e9diation dans l&#8217;intelligence de la R\u00e9v\u00e9lation<\/em>.\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a><\/p>\n<p>Ce passage du\u00a0<em>ph\u00e9nom\u00e8ne<\/em>\u00a0au\u00a0<em>fondement<\/em>\u00a0ne se fait pas spontan\u00e9ment pour qui n\u2019est pas apte \u00e0 passer du visible \u00e0 l\u2019invisible, parce qu\u2019une certaine accoutumance \u00e0 la laideur, au mauvais go\u00fbt, \u00e0 la grossi\u00e8ret\u00e9, se voit promue, tant par la publicit\u00e9 que par certains \u00ab\u00a0<em>artistes fous<\/em>\u00a0\u00bb qui \u00e9rigent en valeur l\u2019immonde et le laid, dans le but de susciter le scandale. Les\u00a0<em>fleurs captieuses du mal\u00a0<\/em>fascinent\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l\u2019ab\u00eeme, \u00f4 Beaut\u00e9\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb, s\u2019interroge Baudelaire. Et Dimitri Karamazov confie \u00e0 son fr\u00e8re Aliocha\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La Beaut\u00e9 est une chose terrible. Elle est la lutte de Dieu et de Satan, et le champ de bataille, c\u2019est mon c\u0153ur\u00a0<\/em>\u00bb. Si la beaut\u00e9 est image du Dieu cr\u00e9ateur, elle est aussi fille d\u2019Adam et \u00c8ve et \u00e0 leur suite marqu\u00e9e par le p\u00e9ch\u00e9. L\u2019homme souvent risque de se laisser prendre au pi\u00e8ge de la beaut\u00e9 prise pour elle-m\u00eame, l\u2019ic\u00f4ne devenue idole, moyen qui engloutit la fin, v\u00e9rit\u00e9 qui emprisonne, pi\u00e8ge dans lequel tombent nombre de personnes, faute d\u2019une formation ad\u00e9quate de la sensibilit\u00e9 et d\u2019une juste \u00e9ducation \u00e0 la beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Parcourir la\u00a0<em>Via pulchritudinis<\/em>\u00a0implique de s\u2019engager \u00e0 \u00e9duquer les jeunes \u00e0 la beaut\u00e9, les aider \u00e0 d\u00e9velopper un esprit critique face \u00e0 l\u2019offre de la culture m\u00e9diatique et \u00e0 fa\u00e7onner leur sensibilit\u00e9 et leur caract\u00e8re\u00a0pour les \u00e9lever et les conduire \u00e0 une r\u00e9elle maturit\u00e9. La \u00ab\u00a0culture kitch\u00a0\u00bb n\u2019est-elle pas caract\u00e9ristique d\u2019une certaine peur de se sentir pouss\u00e9 \u00e0 une profonde transformation\u00a0? Apr\u00e8s un long refus de cette \u00ab\u00a0passion\u00a0\u00bb, saint Augustin t\u00e9moigne de la transformation profonde de l\u2019\u00e2me provoqu\u00e9e par la rencontre avec la beaut\u00e9 de Dieu\u00a0: dans les\u00a0<em>Confessions<\/em>, il songe avec tristesse et amertume au temps perdu et aux occasions manqu\u00e9es, et, en des pages inoubliables, il revit son parcours tourment\u00e9 \u00e0 la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 et de Dieu. Mais, dans une sorte d\u2019illumination dans l\u2019\u00e9vidence, il retrouve Dieu et le saisit comme \u00ab\u00a0la V\u00e9rit\u00e9 elle-m\u00eame\u00a0\u00bb (X, 24), source d\u2019une joie pure et d\u2019un authentique bonheur\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Tard je t\u2019ai aim\u00e9e, \u00f4 Beaut\u00e9 si ancienne et si nouvelle, tard je t\u2019ai aim\u00e9e ! Mais quoi ! tu \u00e9tais au-dedans de moi, et j\u2019\u00e9tais, moi, en dehors de moi-m\u00eame ! Et c\u2019est au dehors que je te cherchais ; je me ruais, dans ma laideur, sur la gr\u00e2ce de tes cr\u00e9atures\u2026 Tu m\u2019as appel\u00e9, et ton cri a forc\u00e9 ma surdit\u00e9 ; tu as brill\u00e9 et ton \u00e9clat a chass\u00e9 ma c\u00e9cit\u00e9 ; tu as exhal\u00e9 ton parfum, je l\u2019ai respir\u00e9, et voici que pour toi je soupire ; je t\u2019ai go\u00fbt\u00e9e et j\u2019ai faim de toi, soif de toi ; tu m\u2019as touch\u00e9, et je br\u00fble d\u2019ardeur pour la paix que tu donnes<\/em>.\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>\u00a0Cette exp\u00e9rience de la rencontre avec le Dieu de Beaut\u00e9, est un \u00e9v\u00e8nement v\u00e9cu dans la totalit\u00e9 de l\u2019\u00eatre, et non pas seulement dans la sensibilit\u00e9. D\u2019o\u00f9 la confession du\u00a0<em>De musica\u00a0<\/em>(6, 13, 38)\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Num possumus amare nisi pulchra\u00a0? \u2013 Que pourrions-nous aimer sinon le beau\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978347\"><\/a><a name=\"_Toc137978761\"><\/a><a name=\"_Toc137978875\"><\/a><a name=\"_Toc138048491\"><\/a>II.<a name=\"_Toc138050324\"><\/a>3 La\u00a0<em>Via pulchritudinis<\/em>, chemin vers la V\u00e9rit\u00e9 et la Bont\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>En proposant une esth\u00e9tique th\u00e9ologique, Urs von Balthazar entendait ouvrir les horizons de la pens\u00e9e \u00e0 la m\u00e9ditation et \u00e0 la contemplation de la beaut\u00e9 de Dieu, de son myst\u00e8re et du Christ en qui Il se r\u00e9v\u00e8le. Dans l\u2019introduction au premier volume de son ouvrage magistral\u00a0:\u00a0<em>La Gloire et la Croix<\/em>, le th\u00e9ologien \u00e9voque ce mot \u00ab\u00a0<em>qui pour nous sera le premier<\/em>\u00a0\u00bb, la beaut\u00e9, et il en exprime la port\u00e9e par rapport au bien qui \u00ab\u00a0<em>a aussi perdu sa force d\u2019attraction<\/em>\u00a0\u00bb et o\u00f9 \u00ab\u00a0<em>les preuves de la v\u00e9rit\u00e9 ont perdu leur caract\u00e8re concluant<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Le mot par lequel nous commencerons\u2026 c\u2019est\u00a0: beaut\u00e9\u00a0; c\u2019est lui qui pour nous sera le premier. Beaut\u00e9, c\u2019est la derni\u00e8re aventure o\u00f9 la raison raisonnante puisse se risquer, parce que la beaut\u00e9 ne fait que cerner d\u2019une \u00e9clat impalpable le double visage du vrai et du bien et leur r\u00e9ciprocit\u00e9 indissoluble\u00a0; beaut\u00e9 d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, sans laquelle le monde ancien refusait de se concevoir, mais qui, insensiblement, a pris cong\u00e9 du monde int\u00e9ress\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui, pour l\u2019abandonner \u00e0 sa cupidit\u00e9 et \u00e0 sa tristesse. Beaut\u00e9, que m\u00eame la religion n\u2019aime et ne choie plus et qui pourtant, \u00f4t\u00e9e comme un masque de son visage, met \u00e0 nu des traits qui menacent de devenir incompr\u00e9hensibles aux hommes\u2026<\/em><\/p>\n<p><em>Celui qui, \u00e0 son nom, fait la moue comme si elle \u00e9tait le vain ornement d\u2019un pass\u00e9 bourgeois, on peut \u00eatre s\u00fbr que \u2013 en secret ou ouvertement \u2013 il ne peut d\u00e9j\u00e0 plus prier, et bient\u00f4t ne pourra plus aimer\u2026<\/em><\/p>\n<p><em>Dans un monde sans beaut\u00e9 \u2013 m\u00eame si les hommes ne peuvent se passer de ce mot, et l\u2019ont sans cesse \u00e0 la bouche en le prostituant \u2013 dans un monde qui n\u2019est peut-\u00eatre pas d\u00e9pourvu de beaut\u00e9, mais n\u2019est plus capable de la voir, de compter avec elle, le bien a aussi perdu sa force d\u2019attraction, l\u2019\u00e9vidence \u00ab\u00a0qu\u2019il doit \u00eatre accompli\u00a0\u00bb\u2026 Dans un monde qui ne se croit plus capable d\u2019affirmer le beau, les preuves de la v\u00e9rit\u00e9 ont perdu leur caract\u00e8re concluant<\/em>.\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a><\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, avec d\u2019autres pr\u00e9occupations, Aleksandr I. Soljenitsyne note avec accent proph\u00e9tique, dans son\u00a0<em>Discours pour la remise du Prix Nobel de litt\u00e9rature<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Cette antique tri-unit\u00e9 de la V\u00e9rit\u00e9, du Bien et de la Beaut\u00e9 n\u2019est pas simplement une formule caduque de parade, comme il nous avait sembl\u00e9 aux temps de notre pr\u00e9somptueuse jeunesse mat\u00e9rialiste. Si, comme le disaient les sages, les cimes de ces trois arbres se r\u00e9unissent tandis que les pousses de la V\u00e9rit\u00e9 et du Bien, trop pr\u00e9coces et sans d\u00e9fenses, sont \u00e9cras\u00e9es, d\u00e9chir\u00e9es et n\u2019arrivent pas \u00e0 maturation, il peut se faire que, \u00e9tranges, impr\u00e9vues, inattendues, les pousses de la Beaut\u00e9 pousseront et cro\u00eetront \u00e0 la m\u00eame place, et ce seront elles, de cette mani\u00e8re, qui accompliront le travail pour toutes les trois.<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a><\/p>\n<p>Le P\u00e8re\u00a0TUROLDO, chantre de la beaut\u00e9, rapporte cette affirmation significative de Divo\u00a0BARSOTTI\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le myst\u00e8re de la beaut\u00e9\u00a0! Jusqu\u2019\u00e0 ce que la v\u00e9rit\u00e9 et le bien ne deviennent beaut\u00e9, la v\u00e9rit\u00e9 et le bien semblent rester, en quelque sorte, \u00e9trangers \u00e0 l\u2019homme, et s\u2019imposent \u00e0 lui de l\u2019ext\u00e9rieur\u00a0; il y adh\u00e8re, mais ne les poss\u00e8de pas\u00a0; ils exigent de lui une ob\u00e9issance qui, de quelque mani\u00e8re, le mortifie<\/em>\u00a0\u00bb. Et il en tire la conclusion suivante\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le vrai et le bien ne suffisent pas \u00e0 cr\u00e9er une culture, parce que seuls, ils ne semblent pas suffire \u00e0 cr\u00e9er une communion, une unit\u00e9 de vie entre les hommes. Et parce que la culture est l\u2019expression m\u00eame d\u2019un d\u00e9veloppement individuel, d\u2019une certaine perfection atteinte, il s\u2019ensuit que la culture semble s\u2019exprimer au plus haut point dans la beaut\u00e9<\/em>.\u00a0\u00bb Ainsi, bien loin de renoncer \u00e0 proposer la\u00a0<em>V\u00e9rit\u00e9\u00a0<\/em>et le\u00a0<em>Bien\u00a0<\/em>qui sont au c\u0153ur de l\u2019\u00c9vangile, il s\u2019agit de suivre une voie privil\u00e9gi\u00e9e pour leur permettre de rejoindre le c\u0153ur de l\u2019homme et des cultures.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>Le monde en a un urgent besoin, comme le soulignait le Pape Paul VI dans son vibrant\u00a0<em>Message aux Artistes\u00a0<\/em>le 8 d\u00e9cembre 1965, \u00e0 la cl\u00f4ture du Concile \u0153cum\u00e9nique Vatican II\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Ce monde dans lequel nous vivons a besoin de beaut\u00e9 pour ne pas sombrer dans la d\u00e9sesp\u00e9rance. La beaut\u00e9, comme la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est ce qui met la joie au c\u0153ur des hommes, c\u2019est ce fruit pr\u00e9cieux qui r\u00e9siste \u00e0 l\u2019usure du temps, qui unit les g\u00e9n\u00e9rations et les fait communiquer dans l\u2019admiration<\/em>.\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>\u00a0Contempl\u00e9e avec une \u00e2me pure, la beaut\u00e9 parle directement au c\u0153ur, et l\u2019\u00e9l\u00e8ve int\u00e9rieurement de l\u2019\u00e9tonnement \u00e0 l\u2019\u00e9merveillement, de l\u2019admiration \u00e0 la gratitude, et du bonheur \u00e0 la contemplation. Par l\u00e0, elle cr\u00e9e un terrain fertile pour l\u2019\u00e9coute et le dialogue, car elle aide \u00e0 saisir l\u2019homme tout entier, esprit et c\u0153ur, intelligence et raison, capacit\u00e9 cr\u00e9atrice et imagination. Car elle laisse difficilement indiff\u00e9rent\u00a0: elle suscite des \u00e9motions, elle met en mouvement un dynamisme de profonde transformation int\u00e9rieure qui engendre joie, sentiment de pl\u00e9nitude, d\u00e9sir de participer gratuitement \u00e0 cette m\u00eame beaut\u00e9, de se l\u2019approprier en l\u2019int\u00e9riorisant et en l\u2019int\u00e9grant dans son existence concr\u00e8te.<\/p>\n<p>La voie de la beaut\u00e9 r\u00e9pond au d\u00e9sir intime de bonheur qui habite le c\u0153ur de tous les hommes. Elle ouvre des horizons infinis qui poussent l\u2019\u00eatre humain \u00e0 sortir de lui-m\u00eame, de la routine et de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re instant qui passe, \u00e0 s\u2019ouvrir au Transcendant et au Myst\u00e8re, \u00e0 d\u00e9sirer, comme but ultime de son d\u00e9sir de bonheur et de sa nostalgie d\u2019absolu, cette Beaut\u00e9 originelle qu\u2019est Dieu lui-m\u00eame, Cr\u00e9ateur de toute beaut\u00e9 cr\u00e9\u00e9e. Nombre de P\u00e8res s\u2019y sont r\u00e9f\u00e9r\u00e9s au cours du Synode des \u00c9v\u00eaques sur l\u2019Eucharistie, en octobre 2005. L\u2019homme, dans son d\u00e9sir intime de bonheur, ne peut \u00e9viter de se trouver au prises avec le mal, la souffrance et de la mort. Et les cultures elles-m\u00eames sont parfois confront\u00e9es \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes analogues de blessures qui peuvent conduire jusqu\u2019\u00e0 leur disparition. La voie de la beaut\u00e9 aide \u00e0 s\u2019ouvrir \u00e0 la lumi\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9, et elle \u00e9claire ainsi la condition humaine en aidant \u00e0 saisir le sens myst\u00e9rieux de la douleur. Ce faisant, elle facilite la gu\u00e9rison de ces blessures.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978348\"><\/a><a name=\"_Toc137978762\"><\/a><a name=\"_Toc137978876\"><\/a><a name=\"_Toc138048492\"><\/a><a name=\"_Toc138050325\"><\/a>III. LES VOIES DE LA BEAUT\u00c9.<\/strong><\/p>\n<p>Trois d\u00e9veloppements s\u2019offrent \u00e0 nous comme voies privil\u00e9gi\u00e9es de la\u00a0<em>Via pulchritudinis<\/em>pour dialoguer avec les cultures contemporaines\u00a0:<\/p>\n<p>III.1\u00a0La beaut\u00e9 de la cr\u00e9ation<\/p>\n<p>III.2\u00a0La beaut\u00e9 des arts<\/p>\n<p>III.3\u00a0La beaut\u00e9 du Christ, mod\u00e8le et prototype de la saintet\u00e9 chr\u00e9tienne<\/p>\n<p>La Beaut\u00e9 de Dieu, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la beaut\u00e9 singuli\u00e8re de son Fils, constitue l\u2019origine et la fin de tout le cr\u00e9\u00e9. S\u2019il est possible de partir du degr\u00e9 le plus \u00e9l\u00e9mentaire, pour ensuite remonter, selon un dynamisme inscrit dans l\u2019\u00c9criture Sainte, de la beaut\u00e9 sensible de la nature \u00e0 la Beaut\u00e9 du Cr\u00e9ateur, celle-ci resplendit d\u2019une mani\u00e8re unique sur le visage du Christ, et sur celui de sa M\u00e8re et des saints. Pour le chr\u00e9tien, la \u00ab\u00a0cr\u00e9ation\u00a0\u00bb est ins\u00e9parable de la \u00ab\u00a0recr\u00e9ation\u00a0\u00bb, car si Dieu a jug\u00e9 bonne et belle l\u2019\u0153uvre des six jours (cf.\u00a0<em>Gn\u00a0<\/em>1), le p\u00e9ch\u00e9, avec le d\u00e9sordre a introduit la laideur du mal et de la mort dont le Christ ressuscit\u00e9 est vainqueur. \u00ab\u00a0<em>Heureuse faute qui nous a valu un tel R\u00e9dempteur\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb, chante la liturgie de P\u00e2ques\u00a0: la Gr\u00e2ce qui se r\u00e9pand sur le monde du c\u00f4t\u00e9 ouvert du Christ Sauveur, purifie et introduit dans une beaut\u00e9\u00a0<em>tout autre\u00a0<\/em>le monde sauv\u00e9 qui attend\u00a0<em>dans les g\u00e9missements\u00a0<\/em>l\u2019heure de la transformation finale (<em>Rm<\/em>\u00a08, 22).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978349\"><\/a><a name=\"_Toc137978763\"><\/a><a name=\"_Toc137978877\"><\/a><a name=\"_Toc138048493\"><\/a>III.<a name=\"_Toc138050326\"><\/a>1\u00a0\u00a0La beaut\u00e9 de la cr\u00e9ation.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00c9criture souligne la valeur symbolique de la beaut\u00e9 du monde qui nous entoure, reflet visible de la beaut\u00e9 de son cr\u00e9ateur invisible\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Oui, vains par nature tous les hommes en qui se trouvait l\u2019ignorance de Dieu, qui, en partant des biens visibles, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 capables de conna\u00eetre Celui-qui-est, et qui, en consid\u00e9rant les \u0153uvres, n\u2019ont pas reconnu l\u2019Artisan\u2026\u00a0S\u2019ils les ont pris pour des dieux, qu\u2019ils sachent combien leur Ma\u00eetre est sup\u00e9rieur, car c\u2019est la source m\u00eame de la beaut\u00e9 qui les a cr\u00e9\u00e9s<\/em>.\u00a0\u00bb (<em>Sg<\/em>\u00a013, 1 et 3). Il est toutefois un ab\u00eeme entre la beaut\u00e9 ineffable de Dieu et ses vestiges dans la cr\u00e9ation, aussi l\u2019auteur sacr\u00e9 ne croit pas inutile de pr\u00e9ciser le cadre de cette \u00ab\u00a0dialectique ascendante\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La grandeur et la beaut\u00e9 des cr\u00e9atures font,\u00a0<\/em>par analogie<em>, contempler leur Auteur<\/em>\u00a0\u00bb (v. 5). Il importe de d\u00e9passer les formes visibles des choses de la nature, pour remonter jusqu\u2019\u00e0 leur Auteur invisible, le \u00ab\u00a0<em>Tout Autre<\/em>\u00a0\u00bb que nous professons dans le\u00a0<em>Credo\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Je crois en un seul Dieu, le P\u00e8re tout-puissant, cr\u00e9ateur du ciel et de la terre, de l\u2019univers visible et invisible\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978764\"><\/a><a name=\"_Toc137978878\"><\/a><a name=\"_Toc138048494\"><\/a><a name=\"_Toc138050327\"><\/a>A) L\u2019\u00e9merveillement devant la beaut\u00e9 de la cr\u00e9ation.<\/strong>\u00a0\u00ab\u00a0<em>La nature est un temple o\u00f9 de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles\u2026<\/em>\u00a0\u00bb. Les po\u00e8tes sont, avec Baudelaire, particuli\u00e8rement sensibles aux beaut\u00e9s de la cr\u00e9ation et \u00e0 leur myst\u00e9rieux langage. Ainsi, en son\u00a0<em>Cantique spirituel<\/em>, saint Jean de la Croix donne aux cr\u00e9atures de confesser\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>R\u00e9pandant mille gr\u00e2ces<\/em><\/p>\n<p><em>En h\u00e2te il est pass\u00e9 par ces bocages.<\/em><\/p>\n<p><em>Les allant regardant,<\/em><\/p>\n<p><em>par sa seule figure,<\/em><\/p>\n<p><em>il les laissa rev\u00eatus de beaut\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p>et le po\u00e8te anglais G.M. Hopkins\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le monde est p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de la splendeur de Dieu<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est que de la contemplation d\u2019un paysage au coucher du soleil, des sommets des montagnes enneig\u00e9es sous le ciel \u00e9toil\u00e9, des champs couverts de fleurs baign\u00e9s de lumi\u00e8re, du foisonnement des plantes et des esp\u00e8ces animales naissent une palette de sentiments qui nous invitent \u00e0 \u00ab\u00a0lire de l\u2019int\u00e9rieur\u00a0\u2013\u00a0<em>intus-legere<\/em>\u00a0\u00bb, pour, du visible atteindre l\u2019invisible et donner r\u00e9ponse raisonnable au questionnement incontournable\u00a0: qui est cet artisan \u00e0 l\u2019imagination si puissante \u00e0 l\u2019origine de tant de beaut\u00e9 et de grandeur, d\u2019une telle profusion d\u2019\u00eatres dans le ciel et sur la terre\u00a0?<\/p>\n<p>Voici deux mille ans, Platon avait dit\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le beau, qui est l\u2019unit\u00e9 d\u2019une diversit\u00e9, nous fait parvenir au seuil de la r\u00e9alit\u00e9 supr\u00eame, le Bien<\/em>\u00a0\u00bb, c&#8217;est \u00e0 dire Dieu. Et\u00a0Aristote affirmait\u00a0que \u00ab\u00a0<em>dans toutes les choses de la nature, il est quelque chose de merveilleux<\/em>\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9tude de la nature et du cosmos a, de fait, jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans la philosophie, d\u00e8s la Gr\u00e8ce antique. De m\u00eame, en th\u00e9ologie, la cosmologie a constitu\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment fondamental pour comprendre l\u2019\u0153uvre de Dieu et son action dans l\u2019histoire. Ainsi\u00a0: la vision du Pseudo-Denys l\u2019Ar\u00e9opagite, tant de fois reprise dans la th\u00e9ologie et la mystique chr\u00e9tienne, et la cosmologie aristot\u00e9licienne reprise par saint Thomas, pr\u00e9sente dans ses \u00ab\u00a0preuves de l\u2019existence de Dieu\u00a0\u00bb.Emmanuel Kant reconna\u00eet lui aussi la beaut\u00e9 de la cr\u00e9ation et sa capacit\u00e9 \u00e0 provoquer l\u2019\u00e9merveillement, dans la\u00a0<em>Critique de la raison pratique<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Deux choses remplissent le c\u0153ur d\u2019une admiration et d\u2019une v\u00e9n\u00e9ration toujours nouvelles et toujours croissantes, \u00e0 mesure que la r\u00e9flexion s\u2019y attache et s\u2019y applique : le ciel \u00e9toil\u00e9 au-dessus de moi et la loi morale en moi.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La contemplation des beaut\u00e9s de la cr\u00e9ation suscite la paix int\u00e9rieure et aiguise le sens de l\u2019harmonie et le d\u00e9sir d\u2019une vie belle. Chez l\u2019homme religieux, l\u2019\u00e9tonnement et l\u2019admiration se transforment en des attitudes int\u00e9rieures plus spirituelles\u00a0: l\u2019adoration, la louange et l\u2019action de gr\u00e2ces envers l\u2019Auteur de ces beaut\u00e9s. Ainsi le psalmiste\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les \u00e9toiles que tu as cr\u00e9\u00e9es\u00a0: Qu\u2019est-ce que l\u2019homme, pour que tu te souviennes de lui\u00a0? le fils de l\u2019homme, pour que tu en prennes souci\u00a0? Tu l\u2019as fait de peu inf\u00e9rieur \u00e0 Dieu, et tu l\u2019as couronn\u00e9 de gloire et de magnificence. Tu lui as donn\u00e9 la domination sur les oeuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds\u2026 Yahv\u00e9, notre Dieu, que ton nom est magnifique sur toute la terre\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Ps\u00a0<\/em>8, 3-6\u00a0et 9). La tradition franciscaine, avec saint Bonaventure et Dun Scot Erig\u00e8ne<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>, accorde une dimension \u00ab\u00a0sacramentelle\u00a0\u00bb \u00e0 la cr\u00e9ation, qui porte en elle les traces de ses origines. Aussi, la nature est-elle consid\u00e9r\u00e9e comme une all\u00e9gorie, et chaque r\u00e9alit\u00e9 naturelle le symbole de son Auteur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978765\"><\/a><a name=\"_Toc137978879\"><\/a><a name=\"_Toc138048495\"><\/a><a name=\"_Toc138050328\"><\/a>B) De la cr\u00e9ation \u00e0 la recr\u00e9ation.<\/strong>\u00a0Parmi les cr\u00e9atures, il en est une qui pr\u00e9sente une certaine similitude de Dieu\u00a0: l\u2019homme, cr\u00e9\u00e9 \u00ab\u00a0<em>\u00e0 son image et \u00e0 sa ressemblance<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Gn\u00a0<\/em>1, 27). Par son \u00e2me spirituelle, il porte en lui un \u00ab\u00a0<em>germe d\u2019\u00e9ternit\u00e9 irr\u00e9ductible \u00e0 la seule mati\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Gaudium et spes<\/em>, 18). Mais l\u2019image a \u00e9t\u00e9 alt\u00e9r\u00e9e par le premier p\u00e9ch\u00e9, ce poison qui affaiblit la volont\u00e9 dans son orientation vers le bien et, par l\u00e0, obscurcit l\u2019intelligence et entache la sensibilit\u00e9. La beaut\u00e9 de l\u2019\u00e2me, assoiff\u00e9e de v\u00e9rit\u00e9 et \u00e9lan vers le bien-aim\u00e9, perd de son \u00e9clat et devient capable du mal, du laid. Un enfant t\u00e9moin d\u2019un acte mauvais ne dit-il pas spontan\u00e9ment\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Ce n\u2019est pas beau<\/em>\u00a0\u00bb. Ainsi la laideur \u2013 et donc\u00a0<em>a fortiori\u00a0<\/em>le bien \u2013 appara\u00eet dans le domaine de la morale et rejaillit sur l\u2019homme, son sujet. Avec le p\u00e9ch\u00e9, celui-ci a perdu sa beaut\u00e9 originelle et se voit nu, jusqu\u2019\u00e0 en \u00e9prouver de la honte. La venue du R\u00e9dempteur le r\u00e9tablit dans sa beaut\u00e9 premi\u00e8re, plus encore, le rev\u00eat d\u2019une beaut\u00e9 nouvelle\u00a0: la beaut\u00e9 inimaginable de la cr\u00e9ature \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la filiation divine, la transfiguration promise de l\u2019\u00e2me rachet\u00e9e et \u00e9lev\u00e9e par la gr\u00e2ce, son resplendissement dans toutes les fibres du corps appel\u00e9 \u00e0 ressusciter avec le Christ (<em>Eph\u00a0<\/em>2, 6).<\/p>\n<p>Si le Christ, Nouvel Adam, \u00ab\u00a0<em>manifeste pleinement l\u2019homme \u00e0 lui-m\u00eame et lui d\u00e9couvre la sublimit\u00e9 de sa vocation<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Gaudium et spes<\/em>, 22), le regard chr\u00e9tien sur la beaut\u00e9 de la cr\u00e9ation trouve son ach\u00e8vement dans la bouleversante nouvelle de la\u00a0<em>recr\u00e9ation<\/em>\u00a0: le Christ, parfaite repr\u00e9sentation de la gloire du P\u00e8re, communique \u00e0 l\u2019homme de sa pl\u00e9nitude de gr\u00e2ce. Il le rend \u00ab\u00a0gracieux\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire beau et agr\u00e9able \u00e0 Dieu. L\u2019Incarnation est le centre focal, la juste perspective dans laquelle la beaut\u00e9 prend son ultime signification\u00a0: \u00ab\u00a0<em>&#8220;Image du Dieu invisible&#8221; (Col\u00a01,15), le Christ Seigneur est l\u2019homme parfait qui a restaur\u00e9 dans la descendance d\u2019Adam la ressemblance divine, alt\u00e9r\u00e9e d\u00e8s le premier p\u00e9ch\u00e9. Parce qu\u2019en lui la nature humaine a \u00e9t\u00e9 assum\u00e9e, non absorb\u00e9e, par le fait m\u00eame, cette nature a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e en nous aussi \u00e0 une dignit\u00e9 sans \u00e9gale. Car, par son incarnation, le Fils de Dieu s\u2019est en quelque sorte uni lui-m\u00eame \u00e0 tout homme<\/em>.\u00a0\u00bb Nous y reviendrons plus loin, la beaut\u00e9 de la saintet\u00e9 qui \u00e9mane de l\u2019homme configur\u00e9 au Christ sous le souffle de l\u2019Esprit-Saint, est l\u2019un des plus beaux t\u00e9moignages, capable d\u2019\u00e9branler les plus indiff\u00e9rents et de leur faire ressentir le passage de Dieu dans la vie des hommes.<\/p>\n<p>Dans une action de gr\u00e2ces continuelle, le chr\u00e9tien loue le Christ qui lui a redonn\u00e9 vie, et se laisse transfigurer par ce don glorieux qui lui est fait. Nos yeux avides de beaut\u00e9 se laissent attirer par le Nouvel Adam, v\u00e9ritable ic\u00f4ne du P\u00e8re \u00e9ternel, \u00ab\u00a0<em>resplendissement de Sa gloire<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>effigie de Sa substance\u00a0<\/em>\u00bb (<em>He<\/em>\u00a01.3). Aux \u00ab\u00a0<em>c\u0153urs purs<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 qui il est promis de voir Dieu face \u00e0 face, le Christ donne d\u00e9j\u00e0 d\u2019entrevoir la lumi\u00e8re de la gloire au c\u0153ur m\u00eame de la nuit de la foi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978766\"><\/a><a name=\"_Toc137978880\"><\/a><a name=\"_Toc138048496\"><\/a><a name=\"_Toc138050329\"><\/a>C) La cr\u00e9ation, utilis\u00e9e ou idol\u00e2tr\u00e9e.<\/strong>\u00a0Nombreux, cependant, sont les hommes et les femmes qui ne voient la nature et le cosmos que dans leur mat\u00e9rialit\u00e9 visible, univers muet qui n\u2019aurait d\u2019autre destin que d\u2019ob\u00e9ir aux froides lois physiques immuables et invariables, sans \u00e9voquer nulle autre beaut\u00e9, encore moins un Cr\u00e9ateur. Dans une culture o\u00f9 le scientisme, cette science extrapol\u00e9e hors de ses fronti\u00e8res, impose les limites de sa m\u00e9thode d\u2019observation valable dans le domaine des sciences exactes, jusqu\u2019\u00e0 en faire ind\u00fbment la norme exclusive de toute connaissance, le cosmos est r\u00e9duit \u00e0 n\u2019\u00eatre qu\u2019un immense r\u00e9servoir o\u00f9 l\u2019homme puise jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puiser, en fonction de ses besoins croissants, d\u00e9mesur\u00e9s.<\/p>\n<p>Le\u00a0<em>Livre de la Sagesse<\/em>\u00a0met en garde contre une telle myopie que saint Paul d\u00e9nonce comme un \u00ab\u00a0<em>p\u00e9ch\u00e9 d\u2019orgueil et de pr\u00e9somption<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Rm\u00a0<\/em>1, 20-23). Au reste, la cr\u00e9ation n\u2019est pas muette\u00a0: les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels extraordinaires, parfois tragiques, enregistr\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et les d\u00e9sastres \u00e9cologiques qui ne cessent de se multiplier, suscitent une nouvelle compr\u00e9hension de la nature, de ses lois, de son harmonie. Il s\u2019av\u00e8re de plus en plus \u00e9vident pour nombre de nos contemporains que la nature ne peut ni ne doit \u00eatre manipul\u00e9e sans respect.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas pour autant de faire de la nature un absolu, voire une idole, comme en certains groupes n\u00e9o-pa\u00efens\u00a0: sa valeur ne saurait surpasser la dignit\u00e9 de l\u2019homme appel\u00e9 \u00e0 en \u00eatre le gardien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc137978767\"><\/a><a name=\"_Toc137978881\"><\/a><a name=\"_Toc138048497\"><\/a><a name=\"_Toc138050330\"><\/a><strong>Propositions pastorales.<\/strong><\/p>\n<p>Une attention particuli\u00e8re \u00e0 la nature, aide \u00e0 y d\u00e9couvrir le miroir de la beaut\u00e9 de Dieu. Aussi est-il urgent de promouvoir une plus grande attention \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la cr\u00e9ation et de sa beaut\u00e9,\u00a0tant dans la formation humaine que chr\u00e9tienne, en \u00e9vitant de la r\u00e9duire \u00e0 un simple \u00e9cologisme, voire \u00e0 une vision panth\u00e9iste. Certains mouvements \u2013 scoutisme, Action catholique de l\u2019enfance, etc. \u2013 s\u2019emploient \u00e0 \u00e9duquer \u00e0 l\u2019observation de la nature et sensibilisent \u00e0 sa protection. Ils aident les jeunes \u00e0 d\u00e9couvrir le projet cr\u00e9ateur de Dieu, tout en \u00e9veillant en eux les sentiments li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9merveillement, \u00e0 l\u2019adoration et \u00e0 l\u2019action de gr\u00e2ce. Il importe donc d\u2019\u00eatre attentif \u00e0 mettre en lumi\u00e8re la double dimension de l\u2019\u00e9coute\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013\u00a0\u00e9coute de la cr\u00e9ation qui raconte la gloire de Dieu (<em>Ps\u00a0<\/em>18, 2),<\/p>\n<p>\u2013\u00a0et \u00e9coute de Dieu qui nous parle \u00e0 travers sa cr\u00e9ation et se rend accessible \u00e0 la raison, selon l\u2019enseignement du Concile Vatican I (<em>Dei Filius<\/em>, Ch. 2, can.1).<\/p>\n<p>La cat\u00e9ch\u00e8se, dans son effort de formation des enfants et des jeunes,\u00a0tire avantage \u00e0 d\u00e9velopper une p\u00e9dagogie de l\u2019observation des beaut\u00e9s naturelles et des attitudes humaines fondamentales qui s\u2019y rapportent\u00a0: silence, \u00e9coute, admiration, int\u00e9riorisation, patience dans l\u2019attente, d\u00e9couverte de l\u2019harmonie, respect de l\u2019\u00e9quilibre naturel, sens de la gratuit\u00e9, adoration et contemplation.<\/p>\n<p>L\u2019enseignement d\u2019une authentique philosophie de la nature et d\u2019une th\u00e9ologie de la Cr\u00e9ation m\u00e9riterait un nouvel \u00e9lan dans une culture o\u00f9 le dialogue\u00a0<em>science et foi<\/em>\u00a0est particuli\u00e8rement crucial, o\u00f9 les clercs se doivent de poss\u00e9der un minimum de connaissances \u00e9pist\u00e9mologiques, et o\u00f9 les scientifiques m\u00e9connaissent trop souvent l\u2019immense profit \u00e0 tirer de la sagesse chr\u00e9tienne.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>\u00a0Les pr\u00e9jug\u00e9s scientistes et le fid\u00e9isme sont encore trop souvent pr\u00e9sents dans la mentalit\u00e9 commune, aussi est-il crucial de provoquer \u00e0 tous les niveaux\u00a0\u2013 dans les \u00c9tablissements d\u2019enseignement catholiques, les Instituts de formation, les Universit\u00e9s, les Centres culturels catholiques, etc. \u2013 des occasions de rencontre et de dialogue entre hommes de science et de foi. Dans ce cadre, le Jubil\u00e9 des Scientifiques, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 pendant le grand Jubil\u00e9 de l\u2019an 2000, a provoqu\u00e9 de nouvelles initiatives culturelles, destin\u00e9es \u00e0 renouveler le dialogue\u00a0<em>science et foi<\/em><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Parmi celles-ci, le projet STOQ,\u00a0<em>Science, Theology and Ontological Quest<\/em>, promu par le Conseil Pontifical de la Culture en collaboration avec plusieurs Universit\u00e9s pontificales, aide un nombre croissant d\u2019\u00e9tudiants \u00e0 parcourir le chemin qui conduit de l\u2019observation intellectuelle et de l\u2019exp\u00e9rience humaine \u00e0 la connaissance du Cr\u00e9ateur, en utilisant avec sagesse sous la conduite de sp\u00e9cialistes reconnus les meilleurs acquis des sciences modernes, \u00e0 la lumi\u00e8re de la droite raison. Par ailleurs, chaque branche du savoir \u2013 philosophie, th\u00e9ologie, sciences humaines et sociales, psychologie \u2013 peut contribuer au d\u00e9voilement de la beaut\u00e9 de Dieu et de sa cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Les actions en faveur de la d\u00e9fense de la nature, de l\u2019habitat naturel, organis\u00e9es par des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes ou des familles religieuses s\u2019inspirant de l\u2019exemple de saint Fran\u00e7ois qui \u00ab\u00a0<em>contemplait le Tr\u00e8s Beau dans les choses belles<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>, ont un certain \u00e9cho et contribuent au d\u00e9veloppement d\u2019une vision moins \u00ab\u00a0idol\u00e2tre\u00a0\u00bb de la nature. La\u00a0<em>Lettre pastorale des \u00c9v\u00eaques Australiens du Queensland\u00a0<\/em>au titre \u00e9vocateur\u00a0:\u00a0<em>Let the Many Coastlands Be Glad ! A Pastoral Letter on the Great Barrier Reef<\/em>, en est un exemple. Il est important de multiplier les initiatives pour transmettre, dans la culture contemporaine, le sens de la valeur authentique de la nature, de sa beaut\u00e9, de sa puissance symbolique et de sa capacit\u00e9 \u00e0 faire d\u00e9couvrir l\u2019\u0153uvre cr\u00e9atrice de Dieu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978350\"><\/a><a name=\"_Toc137978768\"><\/a><a name=\"_Toc137978882\"><\/a><a name=\"_Toc138048498\"><\/a>III.<a name=\"_Toc138050331\"><\/a>2\u00a0\u00a0La beaut\u00e9 des arts.<\/strong><\/p>\n<p>Si la nature et le cosmos qui sont l\u2019expression de la beaut\u00e9 du Cr\u00e9ateur peuvent introduire au seuil d\u2019un silence tout de contemplation, la cr\u00e9ation artistique poss\u00e8de une capacit\u00e9 propre \u00e0 \u00e9voquer l\u2019indicible du myst\u00e8re de Dieu. L\u2019\u0153uvre d\u2019art n\u2019est pas \u00ab\u00a0la beaut\u00e9\u00a0\u00bb, mais elle en est l\u2019expression, et si elle ob\u00e9it \u00e0 des canons \u2013 par nature fluctuants\u00a0: tout art est li\u00e9 \u00e0 une culture \u2013, elle poss\u00e8de un caract\u00e8re intrins\u00e8que d\u2019universalit\u00e9. La beaut\u00e9 artistique suscite l\u2019\u00e9motion int\u00e9rieure, provoque dans le silence le ravissement et conduit \u00e0 la \u00ab\u00a0sortie de soi\u00a0\u00bb, l\u2019extase o\u00f9 la personne se trouve comme transport\u00e9e hors du monde sensible par l\u2019intensit\u00e9 du sentiment \u00e9prouv\u00e9.<\/p>\n<p>Pour le croyant, la beaut\u00e9 transcende l\u2019esth\u00e9tique et le beau trouve son arch\u00e9type en Dieu. La contemplation du Christ dans son myst\u00e8re d\u2019Incarnation et de R\u00e9demption est la source vive \u00e0 laquelle l\u2019artiste chr\u00e9tien puise son inspiration pour dire le myst\u00e8re de Dieu et le myst\u00e8re de l\u2019homme sauv\u00e9 en J\u00e9sus Christ. Toute \u0153uvre d\u2019art chr\u00e9tienne a un sens\u00a0: elle est, par nature, un \u00ab\u00a0symbole\u00a0\u00bb, une r\u00e9alit\u00e9 qui renvoie au-del\u00e0 d\u2019elle-m\u00eame, qui aide \u00e0 avancer sur la voie qui r\u00e9v\u00e8le le sens, l\u2019origine et la fin de notre cheminement terrestre. Sa beaut\u00e9 se caract\u00e9rise par sa capacit\u00e9 \u00e0 mouvoir de l\u2019int\u00e9rieur le passage du \u00ab<em>\u00a0pour soi\u00a0<\/em>\u00bb au \u00ab\u00a0<em>plus grand que soi\u00a0<\/em>\u00bb. Ce passage se r\u00e9alise en J\u00e9sus Christ, qui est lui-m\u00eame \u00ab\u00a0<em>la voie, la v\u00e9rit\u00e9 et la vie<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Jn\u00a0<\/em>14, 6), la \u00ab\u00a0<em>V\u00e9rit\u00e9 tout enti\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Jn\u00a0<\/em>16, 13).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978769\"><\/a><a name=\"_Toc137978883\"><\/a><a name=\"_Toc138048499\"><\/a><a name=\"_Toc138050332\"><\/a>A) La beaut\u00e9 suscit\u00e9e par la foi.<\/strong>\u00a0Les \u0153uvres d\u2019art d\u2019inspiration chr\u00e9tienne, qui constituent une part incomparable du patrimoine artistique et culturel de l\u2019humanit\u00e9, sont l\u2019objet d\u2019un v\u00e9ritable engouement de foules de touristes, croyants ou non, agnostiques ou indiff\u00e9rents au fait religieux. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne cesse de cro\u00eetre et touche toutes les cat\u00e9gories de la population, sans distinction de culture et de religion. La culture, au sens du \u00ab\u00a0patrimoine spirituel\u00a0\u00bb, s\u2019est fortement \u00ab\u00a0d\u00e9mocratis\u00e9e\u00a0\u00bb\u00a0: gr\u00e2ce aux d\u00e9veloppements extraordinaires de la technologie, les \u0153uvres d\u2019art se sont rapproch\u00e9es du \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb. D\u00e9sormais, un minuscule appareil \u00e9lectronique peut contenir toute l\u2019\u0153uvre de Mozart ou de Bach, et la mise sur vid\u00e9odisque de dizaines de milliers de miniatures de la biblioth\u00e8que du Vatican les met \u00e0 la port\u00e9e de tous.<\/p>\n<p>L\u2019incarnation du Fils de Dieu est le fondement de l\u2019image chr\u00e9tienne. \u00ab\u00a0<em>Image du Dieu invisible<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Col\u00a0<\/em>1, 15), le Christ qui repose dans le sein du P\u00e8re nous l\u2019a fait conna\u00eetre (cf.\u00a0<em>Jn\u00a0<\/em>1, 18). Aussi les g\u00e9n\u00e9rations de chr\u00e9tiens se succ\u00e8dent qui gardent soigneusement le souvenir non seulement de ses paroles et de ses gestes, mais aussi de l\u2019image de sa sainte Face. L\u2019amour du sauveur incite les croyants \u00e0 l\u2019expression artistique de leur foi. Dans sa Lettre apostolique\u00a0<em>Duodecimum Saeculum<\/em>\u00a0du 4 d\u00e9cembre 1987, le pape Jean-Paul II souligne comment la doctrine du II\u00e8me Concile de Nic\u00e9e a nourri l\u2019art de l\u2019\u00c9glise, tant en Orient qu\u2019en Occident, lui inspirant des \u0153uvres d\u2019une beaut\u00e9 et d\u2019une profondeur sublimes. Le pape rappelle l\u2019essentiel\u00a0: \u00ab\u00a0<em>le croyant d\u2019aujourd&#8217;hui comme celui d\u2019hier doit pouvoir \u00eatre aid\u00e9 dans sa pri\u00e8re et sa vie spirituelle par la vue d&#8217;\u0153uvres qui tentent d&#8217;exprimer le myst\u00e8re et jamais ne l&#8217;occultent<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>l&#8217;art pour l&#8217;art qui ne renvoie qu&#8217;\u00e0 son auteur, sans \u00e9tablir un rapport avec le monde divin, n&#8217;a pas sa place dans la conception chr\u00e9tienne de l&#8217;ic\u00f4ne<\/em>\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0<em>l\u2019art sacr\u00e9 doit tendre \u00e0 nous offrir une synth\u00e8se visuelle de toutes les dimensions de notre foi<\/em>.\u00a0\u00bb. Ainsi, \u00ab<em>\u00a0l&#8217;art d&#8217;\u00c9glise doit viser \u00e0 parler le langage de l&#8217;Incarnation et, avec les \u00e9l\u00e9ments de la mati\u00e8re, exprimer Celui qui &#8220;a daign\u00e9 habiter dans la mati\u00e8re et op\u00e9rer notre salut \u00e0 travers la mati\u00e8re\u201d<\/em>.\u00a0\u00bb\u00a0<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a><\/p>\n<p>Le visage du Christ, en sa beaut\u00e9 singuli\u00e8re, les sc\u00e8nes de l\u2019\u00c9vangile et les grands \u00e9v\u00e9nements proph\u00e9tiques de l\u2019Ancien Testament, le Golgotha, la Vierge \u00e0 l\u2019Enfant et la Vierge des Douleurs ont constitu\u00e9 au long des si\u00e8cles une source f\u00e9conde d\u2019inspiration pour les artistes chr\u00e9tiens. En un foisonnement imaginatif extraordinaire, ceux-ci s\u2019efforcent, \u00e0 travers une recherche continuelle et sans cesse renouvel\u00e9e, de repr\u00e9senter la beaut\u00e9 de Dieu r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans le Christ, et de la rendre plus proche, presque tangible et visible. En quelque sorte, l\u2019artiste prolonge la R\u00e9v\u00e9lation par une mise en forme, en image, en couleur ou en sonorit\u00e9. En montrant combien Dieu est beau, il dit combien il l\u2019est pour l\u2019homme, comme son bien propre et la v\u00e9rit\u00e9 ultime de son existence. La beaut\u00e9 chr\u00e9tienne est porteuse d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 plus grande que le c\u0153ur de l\u2019homme, v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9passe le langage humain, et indique son Bien, l\u2019unique essentiel.<\/p>\n<p>Les Cardinaux de la Sainte \u00c9glise romaine n\u2019ont-ils pas ressenti la terrible beaut\u00e9 du Jugement dernier de Michel Ange, en la Chapelle Sixtine, dans l\u2019acte d\u2019\u00e9lire le nouveau Pontife Romain\u00a0? Les cath\u00e9drales et les \u00e9glises d\u2019Orient et d\u2019Occident, n\u2019atteignent-elles pas un sommet de splendeur quand une liturgie ruisselante de beaut\u00e9 y est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par tout un peuple rassembl\u00e9\u00a0?\u00a0Les abbayes et les monast\u00e8res, ne deviennent-ils pas des havres de paix quand y retentissent les m\u00e9lodies inalt\u00e9rables qui, \u00e0 travers les si\u00e8cles, poursuivent leur fonction de louange, de supplication et d\u2019action de gr\u00e2ces\u00a0? Tant d\u2019hommes et de femmes, de toutes les \u00e9poques et de toutes les cultures, ont \u00e9prouv\u00e9 une profonde \u00e9motion, jusqu\u2019\u00e0 ouvrir leur c\u0153ur \u00e0 Dieu, en contemplant le visage du Christ en Croix, comme en son temps Fran\u00e7ois d\u2019Assise, en \u00e9coutant une Passion ou un Te Deum, en s\u2019agenouillant devant un retable d\u2019or ou une ic\u00f4ne byzantine.<\/p>\n<p>Le pape Jean-Paul II, dans sa\u00a0<em>Lettre aux artistes<\/em>, a appel\u00e9 \u00e0 une nouvelle\u00a0<em>\u00e9piphanie de la beaut\u00e9<\/em>\u00a0et \u00e0 un nouveau dialogue\u00a0<em>foi\u00a0<\/em>et\u00a0<em>culture<\/em>\u00a0entre l\u2019\u00c9glise et l\u2019art, en soulignant le besoin r\u00e9ciproque de l\u2019un et de l\u2019autre et la f\u00e9condit\u00e9 de leur alliance mill\u00e9naire d\u2019o\u00f9 jaillit cet \u00ab\u00a0<em>enfantement dans la beaut\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb dont Platon d\u00e9j\u00e0 parlait dans\u00a0<em>Le Banquet<\/em>.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a><\/p>\n<p>Si le milieu culturel conditionne fortement l\u2019artiste, alors se pose la question\u00a0:\u00a0<em>comment \u00eatre gardiens de la beaut\u00e9<\/em>, selon le v\u0153u de von Balthasar, dans cette culture artistique contemporaine o\u00f9 la s\u00e9duction \u00e9rotique omnipr\u00e9sente hypertrophie les instincts, pollue l\u2019imaginaire et inhibe les facult\u00e9s spirituelles\u00a0? En r\u00e9alit\u00e9, sauver la beaut\u00e9, n\u2019est-ce pas sauver l\u2019homme\u00a0? N\u2019est-ce pas le r\u00f4le de l\u2019\u00c9glise, \u00ab\u00a0<em>experte en humanit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb et gardienne de la foi\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978770\"><\/a><a name=\"_Toc137978884\"><\/a><a name=\"_Toc138048500\"><\/a><a name=\"_Toc138050333\"><\/a>B) Apprendre \u00e0 accueillir cette beaut\u00e9.<\/strong>\u00a0Les \u0153uvres d\u2019art inspir\u00e9es par la foi chr\u00e9tienne \u2013 peintures et mosa\u00efques, ic\u00f4nes et vitraux, sculptures et architectures, ivoires et argents, \u0153uvres po\u00e9tiques et litt\u00e9raires, musicales et th\u00e9\u00e2trales, cin\u00e9matographiques et chor\u00e9graphiques, et tant d\u2019autres encore \u2013 poss\u00e8dent un potentiel \u00e9norme, toujours actuel, qui ne se laisse pas alt\u00e9rer par le temps qui passe : il permet de communiquer de mani\u00e8re intuitive et savoureuse la grande exp\u00e9rience de la foi, de la rencontre avec Dieu dans le Christ en qui se d\u00e9voile le myst\u00e8re de l\u2019amour de Dieu et l\u2019identit\u00e9 profonde de l\u2019homme.<\/p>\n<p>En s\u2019adressant aux artistes dans la Chapelle Sixtine, le 7 mai 1964, le pape Paul VI d\u00e9non\u00e7ait le \u00ab\u00a0divorce\u00a0\u00bb entre l\u2019art et le sacr\u00e9, caract\u00e9ristique du XX\u00e8me si\u00e8cle, et observait qu\u2019aujourd\u2019hui nombre d\u2019entre eux \u00e9prouvent de grandes difficult\u00e9s \u00e0 traiter les th\u00e8mes chr\u00e9tiens par manque de formation et d\u2019exp\u00e9rience de la foi chr\u00e9tienne.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>\u00a0La laideur de certaines \u00e9glises et de leur d\u00e9coration, leur inadaptation \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration liturgique, sont les cons\u00e9quences de ce divorce, d\u2019une lac\u00e9ration qui demande \u00e0 \u00eatre soign\u00e9e pour \u00eatre gu\u00e9rie. Aussi importe-t-il de rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019ignorance galopante dans le domaine de la culture religieuse pour permettre \u00e0 l\u2019art chr\u00e9tien du pass\u00e9 comme du pr\u00e9sent d\u2019ouvrir \u00e0 tous la\u00a0<em>via pulchritudinis<\/em>.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>\u00a0Pour \u00eatre pleinement re\u00e7ue et comprise, l\u2019\u0153uvre d\u2019art chr\u00e9tienne a besoin d\u2019\u00eatre lue \u00e0 la lumi\u00e8re de la Bible et des textes fondamentaux de la Tradition auxquels se r\u00e9f\u00e8re l\u2019exp\u00e9rience de foi. Si la beaut\u00e9 se dit, encore faut-il en apprendre le langage propre, \u00e9veilleur d\u2019admiration, d\u2019\u00e9motion et de conversion. S\u2019il existe un langage de la beaut\u00e9, celui de l\u2019\u0153uvre chr\u00e9tienne ne transmet pas seulement le message de l\u2019artiste, mais la v\u00e9rit\u00e9 du myst\u00e8re de Dieu m\u00e9dit\u00e9 par une personne qui nous en livre sa propre lecture, non pour se glorifier, mais pour en glorifier la Source. L\u2019analphab\u00e9tisme biblique st\u00e9rilise la capacit\u00e9 de compr\u00e9hension de l\u2019art chr\u00e9tien.<\/p>\n<p>Par ailleurs, un effort conjoint doit \u00eatre entrepris pour surmonter une difficult\u00e9 due \u00e0 un certain climat culturel suscit\u00e9 par une critique d\u2019art largement influenc\u00e9e par des id\u00e9ologies mat\u00e9rialistes\u00a0: la mise en \u00e9vidence du seul aspect esth\u00e9tico-formel des \u0153uvres, sans int\u00e9r\u00eat pour leur contenu qui a inspir\u00e9 tant de beaut\u00e9, st\u00e9rilise l\u2019art, tar\u00eet le flot vivifiant de la vie spirituelle pour l\u2019enfermer dans la seule \u00e9motion sensible.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978771\"><\/a><a name=\"_Toc137978885\"><\/a><a name=\"_Toc138048501\"><\/a><a name=\"_Toc138050334\"><\/a>C) L\u2019art sacr\u00e9, instrument d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation et de cat\u00e9ch\u00e8se.<\/strong>\u00a0Le Serviteur de Dieu Jean-Paul II qualifiait le patrimoine artistique inspir\u00e9 par la foi chr\u00e9tienne de \u00ab\u00a0<em>formidable instrument de cat\u00e9ch\u00e8se<\/em>\u00a0\u00bb, fondamental pour \u00ab\u00a0<em>relancer le message universel de la beaut\u00e9 et de la bont\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Aux \u00c9v\u00eaques de Toscane<\/em>, 11 mars 1991). En syntonie avec lui, le Cardinal Ratzinger, en sa qualit\u00e9 de Pr\u00e9sident de la Commission sp\u00e9ciale de pr\u00e9paration du\u00a0<em>Compendium\u00a0<\/em>du Cat\u00e9chisme de l\u2019\u00c9glise catholique, justifiait ainsi l\u2019insertion caract\u00e9ristique des images dans cet ouvrage\u00a0: \u00ab\u00a0<em>L\u2019image est aussi une pr\u00e9dication \u00e9vang\u00e9lique. En tout temps, les artistes ont offert \u00e0 la contemplation et \u00e0 l\u2019admiration des fid\u00e8les les \u00e9v\u00e8nements marquants du myst\u00e8re du salut, les pr\u00e9sentant avec la splendeur des couleurs et dans la perfection de la beaut\u00e9. C\u2019est l\u00e0 un indice de ce que, aujourd\u2019hui plus que jamais dans la civilisation de l\u2019image, l\u2019image sainte peut exprimer beaucoup plus que les paroles elles-m\u00eames, car son dynamisme de communication et de transmission du message \u00e9vang\u00e9lique est autrement plus efficace<\/em>\u00a0\u00bb.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a><\/p>\n<p>Le futur Cardinal Christoph Sch\u00f6nborn, dans un article sur\u00a0<em>L\u2019Ic\u00f4ne du Verbe Incarn\u00e9<\/em>publi\u00e9 dans\u00a0<em>L\u2019Osservatore romano\u00a0<\/em>\u00e0 l\u2019occasion de la publication de la Lettre apostolique\u00a0<em>Duodecimum Saeculum<\/em>\u00a0du Pape Jean-Paul II, s\u2019interroge sur le regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour la th\u00e9ologie et la spiritualit\u00e9 des ic\u00f4nes orientales\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Dans un monde submerg\u00e9 par l\u2019image, l\u2019image de toute sorte, violente, \u00e9rotique, commerciale, l\u2019image qui choque ou qui s\u00e9duit, n\u2019y a-t-il pas une soif de plus en plus grande de l\u2019image pure, l\u2019image sainte, l\u2019image qui suscite la compassion, la joie, qui \u00e9l\u00e8ve le c\u0153ur vers l\u2019amour de Dieu et qui nous sensibilise \u00e0 la vraie beaut\u00e9, celle de Dieu et de sa cr\u00e9ation\u00a0? Soif de l\u2019image \u00ab\u00a0d\u2019en haut\u00a0\u00bb, de l\u2019image qui nous parle du monde de Dieu, qui nous transcrit une inspiration qui ne vient pas simplement des bas-fonds de notre subconscient, de nos d\u00e9sirs refoul\u00e9s ou inassouvis, mais qui est re\u00e7ue \u00ab\u00a0d\u2019en haut\u00a0\u00bb, dans une \u00e9coute et un accueil de ce que Dieu dit et donne \u00e0 l\u2019homme<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>. C\u2019est pourquoi le document du Conseil Pontifical de la Culture,\u00a0<em>Pour une pastorale de la culture<\/em>, souhaite\u00a0qu\u2019\u00ab\u00a0<em>en notre culture marqu\u00e9e par un d\u00e9luge d\u2019images souvent banales et brutales, quotidiennement d\u00e9vers\u00e9es par les t\u00e9l\u00e9visions, les films et les vid\u00e9ocassettes<\/em>\u00a0\u00bb, une \u00ab\u00a0<em>alliance f\u00e9conde entre l\u2019\u00c9vangile et l\u2019art<\/em>\u00a0\u00bb soit promue pour \u00ab\u00a0<em>de nouvelles \u00e9piphanies de beaut\u00e9, n\u00e9es de la contemplation du Christ, Dieu fait homme, de la m\u00e9ditation de ses myst\u00e8res, de leur irradiation dans la vie de la Vierge Marie et des saints<\/em>\u00a0\u00bb (n. 36).<\/p>\n<p>La forte capacit\u00e9 de communiquer de l\u2019art sacr\u00e9 le rend capable de franchir les barri\u00e8res et les filtres des pr\u00e9jug\u00e9s, pour rejoindre le c\u0153ur des hommes et des femmes d\u2019autres cultures et religions, et leur donner de percevoir l\u2019universalit\u00e9 du message du Christ et de son \u00c9vangile. Aussi, quand une \u0153uvre d\u2019art inspir\u00e9e par la foi est offerte au public dans le cadre de sa fonction religieuse, elle se r\u00e9v\u00e8le comme une \u00ab\u00a0<em>via<\/em>\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0<em>chemin d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation et de dialogue<\/em>\u00a0\u00bb qui donne de go\u00fbter, en m\u00eame temps qu\u2019au patrimoine vivant du christianisme, \u00e0 la foi chr\u00e9tienne elle-m\u00eame. Des guides exp\u00e9riment\u00e9s, comme Emile Berthoud en son monumental ouvrage de quelque 500 pages abondamment illustr\u00e9es,\u00a0<em>2.000 ans d\u2019art chr\u00e9tien<\/em><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>, permettent de pr\u00e9senter \u00e0 nos contemporains, souvent imperm\u00e9ables \u00e0 un autre enseignement, le souci permanent de l\u2019\u00c9glise, depuis deux mill\u00e9naires, de rapprocher tout un chacun du Dieu de beaut\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de l\u2019image, certes imparfaite, mais suggestive, et de transmettre le message \u00e9vang\u00e9lique du Christ par le puissant moyen de l\u2019art et de ses expressions en syntonie avec les cultures, des premiers lieux de rassemblement de l\u2019assembl\u00e9e chr\u00e9tienne aux cath\u00e9drales, de l\u2019art byzantin \u00e0 l\u2019art roman, de l\u2019art gothique \u00e0 la Renaissance, de l\u2019art baroque \u00e0 l\u2019art moderne.<\/p>\n<p>Relire les \u0153uvres d\u2019art chr\u00e9tiennes, grandes ou petites, artistiques ou musicales, et les replacer dans leur contexte tout en approfondissant leurs liens vitaux avec la vie de l\u2019\u00c9glise, en particulier la liturgie, c\u2019est faire \u00ab\u00a0parler\u00a0\u00bb \u00e0 nouveau ces \u0153uvres, leur permettre de transmettre le message qui en a inspir\u00e9 la cr\u00e9ation. La\u00a0<em>via pulchritunidis<\/em>, en empruntant le chemin des arts, conduit \u00e0 la\u00a0<em>veritas\u00a0<\/em>de la foi, le Christ lui-m\u00eame, devenu \u00ab\u00a0<em>par l\u2019Incarnation, ic\u00f4ne du Dieu invisible<\/em>\u00a0\u00bb. Jean-Paul II n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 partager sa \u00ab\u00a0<em>conviction que, en un certain sens,\u00a0<\/em>l\u2019ic\u00f4ne est un sacrement\u00a0<em>: en effet, d\u2019une mani\u00e8re analogue \u00e0 ce qui se r\u00e9alise dans les sacrements, elle rend pr\u00e9sent le myst\u00e8re de l\u2019Incarnation dans l\u2019un ou l\u2019autre de ses aspects<\/em>\u00a0\u00bb.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>\u00a0Michel Quenot en donne le t\u00e9moignage\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le regard se pose sur l\u2019image sainte et le c\u0153ur se laisse interroger. En effet, la pl\u00e9nitude pressentie de ces existences singuli\u00e8res \u00e9veille la curiosit\u00e9\u00a0: qu\u2019est-ce qui fait la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019un visage\u00a0? D\u2019o\u00f9 vient la lumi\u00e8re qui en rayonne\u00a0? A quelle source de vie s\u2019abreuvent ces existences pleines de paix, d\u2019unit\u00e9 profonde, d\u2019\u00e9nergie et de rayonnement\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a><\/p>\n<p>Les \u0153uvres d\u2019art chr\u00e9tiennes offrent au croyant un th\u00e8me de r\u00e9flexion et une aide pour entrer en contemplation dans une pri\u00e8re intense, \u00e0 travers un moment de cat\u00e9ch\u00e8se, comme aussi de confrontation avec l\u2019Histoire Sainte. Les chefs-d\u2019\u0153uvre inspir\u00e9s par la foi sont de vraies \u201cBibles des pauvres\u201d, \u201c\u00e9chelles de Jacob\u201d qui \u00e9l\u00e8vent l\u2019\u00e2me jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Auteur de toute beaut\u00e9, et avec Lui, au myst\u00e8re de Dieu et de ceux qui vivent dans sa vision b\u00e9atifiante\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Vita hominis, visio Dei \u2013 La vie de l\u2019homme est la vision de Dieu<\/em>\u00a0\u00bb, professe saint Ir\u00e9n\u00e9e<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>. Ils sont les voies privil\u00e9gi\u00e9es d\u2019une authentique exp\u00e9rience de foi. En conclusion de sa lumineuse th\u00e8se de doctorat sur\u00a0<em>L\u2019ic\u00f4ne du Christ. Fondements th\u00e9ologiques \u00e9labor\u00e9s entre le Ie et le II<\/em><em>\u00e8me Concile de Nic\u00e9e (325-787)<\/em>, le futur Cardinal Christoph Sch\u00f6nborn fait de la contemplation le crit\u00e8re profond de l\u2019art sacr\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Pendant des si\u00e8cles, l\u2019\u00c9glise \u00e9tait le foyer rayonnant de la beaut\u00e9, le lien d\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 humaine transfigur\u00e9e. Elle devrait se renier elle-m\u00eame si, du fond de sa vocation, elle n\u2019aspirait pas \u00e0 manifester la beaut\u00e9 dont elle a \u00e9t\u00e9 combl\u00e9e. L\u2019admiration que suscite de nos jours l\u2019art des ic\u00f4nes, leur beaut\u00e9 si pure et si purifiante, ne viendrait-elle pas de l\u2019aspiration \u00e0 cette beaut\u00e9 dont Dosto\u00efevski a dit qu\u2019elle sauvera le monde\u00a0? Or, d\u2019o\u00f9 pourrait se nourrir un tel art, sinon de la contemplation du Christ\u00a0? Ne serait-ce pas l\u00e0 le seul crit\u00e8re profond qu\u2019on puisse donner aujourd\u2019hui \u00e0 ce qui constituerait un art sp\u00e9cifiquement chr\u00e9tien\u00a0? Ce crit\u00e8re ne saurait \u00eatre, ni un certain canon d\u2019expression artistique, ni un certain choix th\u00e9matique, mais un regard transform\u00e9 par une longue et patiente contemplation de la Sainte Face du Christ notre Dieu<\/em>.\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc137978772\"><\/a><a name=\"_Toc137978886\"><\/a><a name=\"_Toc138048502\"><\/a><a name=\"_Toc138050335\"><\/a><strong>Propositions pastorales.<\/strong><\/p>\n<p>La\u00a0<em>Lettre aux artistes\u00a0<\/em>du pape Jean-Paul II, qui constitue une r\u00e9f\u00e9rence fondamentale \u00e0 cet \u00e9gard, trouve un large \u00e9cho dans le document du Conseil Pontifical de la Culture,\u00a0<em>Pour une pastorale de la culture<\/em>.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>\u00a0Les conf\u00e9rences \u00e9piscopales peuvent prendre ces deux textes comme base de d\u00e9part pour des initiatives concr\u00e8tes.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a><\/p>\n<p>Il s\u2019agit par une \u00e9ducation appropri\u00e9e d\u2019initier au langage de la beaut\u00e9 et de former l\u2019aptitude \u00e0 saisir le message de l\u2019art chr\u00e9tien\u00a0: ce qui rend les \u0153uvres belles, et surtout ce qui en elles favorise une rencontre avec le myst\u00e8re du Christ. Dans ce domaine, une prise de conscience se fait jour, avec une reprise significative des \u00e9tudes sur l\u2019art sacr\u00e9 chr\u00e9tien, d\u00e9sormais mieux connu de ceux qui sont en charge de formation chr\u00e9tienne. Ainsi, les cours de formation se multiplient dans les Universit\u00e9s catholiques, comme \u00e0 la Facult\u00e9 d\u2019Histoire de l\u2019\u00c9glise et des Biens culturels de l\u2019Universit\u00e9 pontificale Gr\u00e9gorienne, \u00e0 l\u2019Institut d\u2019Art Sacr\u00e9 et de Musique liturgique de l\u2019Institut catholique de Paris et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 catholique de Lisbonne. Les revues d\u2019inspiration chr\u00e9tienne abordent de plus en plus souvent ce sujet, comme par exemple\u00a0<em>Arte Cristiana<\/em>\u00a0de Milan,\u00a0<em>Humanitas<\/em>\u00a0de Santiago du Chili. Les Mus\u00e9es dioc\u00e9sains se multiplient, con\u00e7us comme de vrais Centres culturels catholiques. Des publications r\u00e9centes empruntent la\u00a0<em>via pulchritudinis<\/em>\u00a0et aident le lecteur \u00e0 entrer dans le langage de l\u2019art pour une m\u00e9ditation spirituelle.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>\u00a0Toutefois, un important travail de reformulation th\u00e9orique de l\u2019enseignement de l\u2019art sacr\u00e9 \u00e0 partir d\u2019une authentique vision chr\u00e9tienne appara\u00eet particuli\u00e8rement n\u00e9cessaire devant les interpr\u00e9tations id\u00e9ologiques et ath\u00e9es largement r\u00e9pandues.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit aussi de cr\u00e9er les conditions du renouveau de la cr\u00e9ation artistique dans la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne, et pour cela nouer des liens personnels avec les artistes et les aider \u00e0 saisir ce qui permet \u00e0 une \u0153uvre d\u2019art d\u2019\u00eatre authentiquement religieuse et digne de l\u2019\u00ab\u00a0art sacr\u00e9\u00a0\u00bb. Si beaucoup a \u00e9t\u00e9 fait en ces derni\u00e8res d\u00e9cennies en de nombreux dioc\u00e8ses, beaucoup reste encore \u00e0 faire pour valoriser le tr\u00e8s riche patrimoine culturel et artistique de l\u2019\u00c9glise n\u00e9 de la foi chr\u00e9tienne, et l\u2019utiliser comme instrument d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation, de cat\u00e9ch\u00e8se et de dialogue. Il ne suffit pas de faire des mus\u00e9es\u00a0: il faut donner \u00e0 ce patrimoine de pouvoir exprimer le contenu de son message. Une liturgie authentiquement belle aide \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans ce langage particulier de la foi, fait de symboles et d\u2019\u00e9vocations du myst\u00e8re c\u00e9l\u00e9br\u00e9.<\/p>\n<p>Quelques initiatives ont d\u00e9j\u00e0 fait leurs preuves et m\u00e9ritent une attention particuli\u00e8re\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Dialogue avec les artistes, les peintres, les sculpteurs, architectes d\u2019\u00e9glise, restaurateurs, musiciens, po\u00e8tes, dramaturges, etc., pour alimenter leur imaginaire aux sources de la foi et, dans le m\u00eame temps, demeurer profond\u00e9ment enracin\u00e9s dans les diverses cultures, pour permettre de nouveaux rapports entre les commandes de l\u2019\u00c9glise et la production des artistes. L\u2019analphab\u00e9tisme liturgique de certains artistes choisis pour la construction d\u2019\u00e9glises, est un v\u00e9ritable drame trop largement r\u00e9pandu.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Formation \u00e0 la beaut\u00e9 du myst\u00e8re chr\u00e9tien exprim\u00e9 dans l\u2019art sacr\u00e9, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019inauguration d\u2019une nouvelle \u00e9glise, d\u2019une \u0153uvre d\u2019art, d\u2019un concert, d\u2019une liturgie particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Organisation d\u2019\u00e9v\u00e9nements culturels et artistiques \u2013 expositions, concours prim\u00e9s, concerts, conf\u00e9rences, festivals, etc. \u2013, pour valoriser l\u2019immense patrimoine de l\u2019\u00c9glise et son message, et favoriser une nouvelle cr\u00e9ativit\u00e9, en particulier dans le domaine de l\u2019art et du chant liturgiques.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Publications locales sous forme de d\u00e9pliants touristiques, de pages web ou de revues plus sp\u00e9cialis\u00e9es, sur le patrimoine, avec le souci p\u00e9dagogique de mettre en \u00e9vidence l\u2019\u00e2me, l\u2019inspiration et le message des \u0153uvres, l\u2019analyse scientifique se mettant au service de la compr\u00e9hension profonde de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Sensibilisation des agents de la pastorale, des cat\u00e9chistes et enseignants de religion, mais aussi des s\u00e9minaristes et du clerg\u00e9, \u00e0 travers des cours de formation, des s\u00e9minaires, des rencontres th\u00e9matiques, des visites guid\u00e9es. Les Mus\u00e9es dioc\u00e9sains et les Centres culturels catholiques peuvent jouer un r\u00f4le important, notamment en proposant la lecture des \u0153uvres d\u2019art locales ou r\u00e9gionales, et favoriser leur usage dans la cat\u00e9ch\u00e8se.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Formation de guides inform\u00e9s de la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019art d\u2019inspiration chr\u00e9tienne, cr\u00e9ation de groupes sp\u00e9cialis\u00e9s pour la mise en valeur des \u0153uvres et Centres culturels qui partagent ces m\u00eames finalit\u00e9s.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0\u00c9tude et approfondissement de la probl\u00e9matique au niveau scolaire et universitaire, par des\u00a0<em>masters<\/em>, s\u00e9minaires, laboratoires, etc. Proposition de bourses d\u2019\u00e9tude ou d\u2019aides propres \u00e0 sensibiliser les instances \u00e9ducatives. D\u00e9veloppement au niveau r\u00e9gional et national, d\u2019Instituts de Musique sacr\u00e9e, de Liturgie, d\u2019Arch\u00e9ologie, etc., et constitution de biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es dans ce domaine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978351\"><\/a><a name=\"_Toc137978773\"><\/a><a name=\"_Toc137978887\"><\/a><a name=\"_Toc138048503\"><\/a>III.<a name=\"_Toc138050336\"><\/a>3\u00a0La beaut\u00e9 du Christ, mod\u00e8le et prototype de la saintet\u00e9 chr\u00e9tienne.<\/strong><\/p>\n<p>Si la beaut\u00e9 de la cr\u00e9ation est, selon saint Augustin, une \u00ab\u00a0<em>confessio<\/em>\u00a0\u00bb et invite \u00e0 contempler la\u00a0<em>beaut\u00e9 dans sa source<\/em>, le \u00ab\u00a0Cr\u00e9ateur du ciel et de la terre, de l\u2019univers visible et invisible\u00a0\u00bb, et si la beaut\u00e9 des \u0153uvres d\u2019art nous d\u00e9voile quelque chose de la\u00a0<em>beaut\u00e9 dans sa figure<\/em>, le Fils qui a pris chair, \u00ab\u00a0<em>le plus beau des enfants des hommes<\/em>\u00a0\u00bb, il est une troisi\u00e8me voie fondamentale \u2013 la premi\u00e8re en importance \u2013 qui conduit \u00e0 la d\u00e9couverte de la\u00a0<em>beaut\u00e9 dans l\u2019ic\u00f4ne\u00a0<\/em>de la saintet\u00e9, \u0153uvre de l\u2019Esprit qui fa\u00e7onne l\u2019\u00c9glise \u00e0 l\u2019image du Christ, mod\u00e8le de perfection\u00a0: c\u2019est, pour le baptis\u00e9, la beaut\u00e9 du t\u00e9moignage donn\u00e9 par une vie transform\u00e9e dans la gr\u00e2ce, et, pour l\u2019\u00c9glise, la beaut\u00e9 de la liturgie qui donne d\u2019exp\u00e9rimenter Dieu, vivant au milieu de son peuple, et qui attire \u00e0 Lui celui qui se laisse prendre dans son \u00e9treinte toute de joie et d\u2019amour.<\/p>\n<p>L\u2019<em>Ecclesia de caritate<\/em>\u00a0t\u00e9moigne de la beaut\u00e9 du Christ. Elle se r\u00e9v\u00e8le comme son \u00c9pouse, embellie par son Seigneur lorsqu\u2019elle accomplit ses actes de charit\u00e9 et ses choix pr\u00e9f\u00e9rentiels, qu\u2019elle s\u2019engage pour la justice et l\u2019\u00e9dification de la grande maison commune o\u00f9 toute cr\u00e9ature est appel\u00e9e \u00e0 faire sa demeure, notamment les pauvres\u00a0: ils ont, eux aussi, droit \u00e0 la beaut\u00e9. Dans le m\u00eame temps, ce t\u00e9moignage de la beaut\u00e9 par la charit\u00e9 et par l\u2019engagement au service de la justice et de la paix, annonce l\u2019esp\u00e9rance qui ne trompe pas. Proposer aux hommes et aux femmes d\u2019aujourd\u2019hui la vraie beaut\u00e9, rendre l\u2019\u00c9glise attentive \u00e0 toujours annoncer, \u00e0 temps et \u00e0 contretemps, la beaut\u00e9 qui sauve, et qui s\u2019exp\u00e9rimente l\u00e0 o\u00f9 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 a plant\u00e9 sa tente dans le temps, c\u2019est offrir des raisons de vivre et d\u2019esp\u00e9rer \u00e0 celles et ceux qui en sont d\u00e9pourvus ou qui risquent de les perdre. T\u00e9moin du sens ultime de la vie, ferment de confiance dans le c\u0153ur de l\u2019histoire humaine, l\u2019\u00c9glise appara\u00eet d\u00e8s lors comme le peuple de la beaut\u00e9 qui sauve, car elle anticipe dans les temps qui sont les derniers, quelque chose de la beaut\u00e9 promise de ce Dieu qui se fait tout en tous \u00e0 la fin des temps. L\u2019esp\u00e9rance, anticipation militante de l\u2019avenir dans le monde sauv\u00e9 promis dans le Fils crucifi\u00e9 et ressuscit\u00e9, est annonce de la beaut\u00e9. Le monde en a particuli\u00e8rement besoin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978774\"><\/a><a name=\"_Toc137978888\"><\/a><a name=\"_Toc138048504\"><\/a><a name=\"_Toc138050337\"><\/a>A) En chemin vers la beaut\u00e9 du Christ<\/strong>.\u00a0La beaut\u00e9 singuli\u00e8re du Christ, comme mod\u00e8le d\u2019une \u00ab\u00a0<em>vie vraiment belle\u00a0<\/em>\u00bb, se refl\u00e8te dans la saintet\u00e9 d\u2019une vie transform\u00e9e par la gr\u00e2ce. Beaucoup malheureusement per\u00e7oivent le christianisme comme la soumission \u00e0 des commandements faits d\u2019interdits et de limites \u00e0 la libert\u00e9 personnelle. Le pape Beno\u00eet XVI le rappelait dans un interview \u00e0 Radio-Vatican, le 14 ao\u00fbt dernier, avant de partir pour Cologne rencontrer des jeunes du monde entier r\u00e9unis pour les Journ\u00e9es Mondiales de la Jeunesse. Il ajoutait\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Moi, au contraire, je voudrais leur faire comprendre qu\u2019\u00eatre soutenu par un grand Amour et par une r\u00e9v\u00e9lation, ce n\u2019est pas un fardeau\u00a0: cela donne des ailes, et que c\u2019est beau d\u2019\u00eatre chr\u00e9tiens. Cette exp\u00e9rience donne de l\u2019ampleur\u2026 La joie d\u2019\u00eatre chr\u00e9tien\u00a0: c\u2019est beau, et il est juste aussi de croire<\/em>\u00a0\u00bb. E. Bianchi fait \u00e9cho \u00e0 ces paroles quand il exhorte \u00e0 \u00ab\u00a0<em>savoir annoncer la diff\u00e9rence chr\u00e9tienne<\/em>\u00a0\u00bb comme une vraie r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019indiff\u00e9rence\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Ou le christianisme est philocalie, amour de la beaut\u00e9,\u00a0<\/em>via pulchritudinis<em>, voie de la beaut\u00e9, ou il n\u2019est pas\u00a0! Et s\u2019il est voie de la beaut\u00e9, il saura attirer aussi les autres sur ce chemin qui conduit \u00e0 la vie plus forte que la mort, il saura \u00eatre une s\u00e9quence des saints \u00c9vangiles pour les hommes et les femmes de notre temps.<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>\u00a0De la beaut\u00e9 int\u00e9rieure et de la profonde \u00e9motion provoqu\u00e9e par la rencontre avec la Beaut\u00e9 en personne \u2013 pensons \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de saint Augustin \u2013 jaillit la capacit\u00e9 de proposer des \u00e9v\u00e9nements de beaut\u00e9 dans toutes les dimensions de l\u2019existence et de l\u2019exp\u00e9rience de foi.<\/p>\n<p>La pastorale de l\u2019\u00c9glise, pour conduire \u00e0 la rencontre du Christ, trouve dans la pr\u00e9sentation de sa beaut\u00e9 le moyen d\u2019\u00e9veiller les c\u0153urs \u00e0 cette d\u00e9couverte. Dans sa\u00a0<em>Lettre aux artistes<\/em>, le pape Jean-Paul II souligne la f\u00e9condit\u00e9 de la nouveaut\u00e9 de l\u2019Incarnation\u00a0: \u00ab\u00a0<em>En se faisant homme, en effet, le Fils de Dieu a introduit dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9 toute la richesse \u00e9vang\u00e9lique de la v\u00e9rit\u00e9 et du bien, et, en elle, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aussi une nouvelle dimension de la beaut\u00e9 : le message \u00e9vang\u00e9lique en est totalement rempli<\/em>\u00a0\u00bb (n. 5). Cette beaut\u00e9, toute particuli\u00e8re et unique, du \u00ab\u00a0<em>fils de l\u2019homme\u00a0<\/em>\u00bb se r\u00e9v\u00e8le tout autant sur le visage du \u00ab\u00a0<em>Beau Pasteur\u00a0<\/em>\u00bb, que sur celui du Christ transfigur\u00e9 au Thabor et, dans le m\u00eame temps, sur Celui qui a perdu, suspendu \u00e0 la Croix, toute beaut\u00e9 corporelle\u00a0: l\u2019<em>Homme des douleurs<\/em>. Pr\u00e9cis\u00e9ment, le chr\u00e9tien voit dans la difformit\u00e9 du\u00a0<em>Serviteur souffrant<\/em>\u00a0d\u00e9pouill\u00e9 de toute beaut\u00e9 ext\u00e9rieure, la manifestation de l\u2019amour infini de Dieu qui va jusqu\u2019\u00e0 se rev\u00eatir de la laideur du p\u00e9ch\u00e9 pour nous \u00e9lever, par del\u00e0 les sens, \u00e0 la beaut\u00e9 divine qui d\u00e9passe toute autre beaut\u00e9 et jamais ne s\u2019alt\u00e8re. L\u2019ic\u00f4ne du Crucifi\u00e9 au visage d\u00e9figur\u00e9 contient pour qui veut le contempler, la myst\u00e9rieuse beaut\u00e9 de Dieu. C\u2019est la Beaut\u00e9 qui s\u2019accomplit dans la douleur, dans le don de soi sans aucun retour pour soi. C\u2019est la beaut\u00e9 de l\u2019amour, qui est plus fort que le mal et la mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978775\"><\/a><a name=\"_Toc137978889\"><\/a><a name=\"_Toc138048505\"><\/a><a name=\"_Toc138050338\"><\/a>B) La beaut\u00e9 lumineuse du Christ et son reflet dans la saintet\u00e9 chr\u00e9tienne.<\/strong>\u00a0Le Christ J\u00e9sus est la parfaite repr\u00e9sentation de la Gloire du P\u00e8re. Il est \u00ab\u00a0<em>le plus beau des enfants de l\u2019homme<\/em>\u00a0\u00bb, parce qu\u2019il poss\u00e8de la pl\u00e9nitude de la Gr\u00e2ce par laquelle Dieu d\u00e9livre l\u2019homme du p\u00e9ch\u00e9, l\u2019arrache \u00e0 la ternissure du mal et le restitue \u00e0 son innocence premi\u00e8re. Une multitude d\u2019hommes et de femmes se sont, en tous lieux et en toutes les \u00e9poques, laiss\u00e9s saisir par cette beaut\u00e9 pour se consacrer \u00e0 elle. Le pape Beno\u00eet XVI l\u2019exprimait ainsi lors de la premi\u00e8re canonisation de son pontificat c\u00e9l\u00e9br\u00e9e au cours de la messe de cl\u00f4ture de la XI\u00e8me Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale ordinaire du Synode des \u00c9v\u00eaques sur l\u2019Eucharistie\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le saint est celui qui est tellement fascin\u00e9 par la beaut\u00e9 de Dieu et par sa parfaite v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il en est progressivement transform\u00e9. Pour cette beaut\u00e9 et cette v\u00e9rit\u00e9, il est pr\u00eat \u00e0 renoncer \u00e0 tout, m\u00eame \u00e0 lui-m\u00eame<\/em>\u00a0\u00bb (23 octobre 2005).<\/p>\n<p>Si la saintet\u00e9 chr\u00e9tienne configure \u00e0 la beaut\u00e9 du Fils, l\u2019Immacul\u00e9e conception est la plus parfaite illustration de cette \u00ab\u00a0\u0153uvre de beaut\u00e9\u00a0\u00bb. La Vierge Marie et les saints sont les reflets lumineux et les t\u00e9moins attrayants de la beaut\u00e9 singuli\u00e8re du Christ, beaut\u00e9 de l\u2019amour infini de Dieu qui se donne et se communique aux hommes. Ils refl\u00e8tent, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, comme les prismes du cristal, les facettes du diamant, les contours de l\u2019arc-en-ciel, la lumi\u00e8re et la beaut\u00e9 originaire du Dieu d\u2019amour. L\u2019Immacul\u00e9e, la \u00ab\u00a0toute belle\u00a0\u00bb du\u00a0<em>Cantique des Cantiques<\/em>, est, au dire m\u00eame de l\u2019Archange au matin de l\u2019Annonciation, \u00ab\u00a0<em>pleine de gr\u00e2ce<\/em>\u00a0\u00bb. Par son\u00a0<em>fiat<\/em>, la Nouvelle \u00c8ve ouvre sans r\u00e9serve la totalit\u00e9 de sa vie \u00e0 l\u2019action de l\u2019Esprit divin, et par l\u00e0 elle permet \u00e0 son humanit\u00e9 cr\u00e9\u00e9e de donner chair au Dieu infini, d\u2019une beaut\u00e9 indicible. La f\u00eate de l\u2019Immacul\u00e9e conception ouvre les horizons de notre condition humaine aux esp\u00e9rances de la foi\u00a0: la beaut\u00e9 \u00e0 laquelle nous sommes appel\u00e9s dans la cr\u00e9ation r\u00e9nov\u00e9e par la gr\u00e2ce, anticip\u00e9e pour la M\u00e8re de Dieu, \u00ab\u00a0<em>premier fruit du salut et signe resplendissant de l\u2019humanit\u00e9 r\u00e9nov\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb, au jour de l\u2019Assomption. Marie, qui anticipe et r\u00e9alise cette pl\u00e9nitude de beaut\u00e9 \u00e0 laquelle nous tous sommes appel\u00e9s \u00e0 participer par la mort et la R\u00e9surrection du Christ notre Sauveur, nous donne de comprendre avec Divo Barsotti\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Au fond, la beaut\u00e9 c\u2019est la gloire de Dieu qui resplendit dans la cr\u00e9ation, c\u2019est dieu qui vit dans l\u2019homme\u00a0: c\u2019est la saintet\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Ainsi, la saintet\u00e9 des hommes est participation \u00e0 la saintet\u00e9 de Dieu, et, par l\u00e0, \u00e0 sa beaut\u00e9\u00a0: celle-ci, accueillie pleinement dans le c\u0153ur et dans l\u2019esprit, illumine et guide la vie des hommes et leurs actions quotidiennes.<\/p>\n<p>La beaut\u00e9 du t\u00e9moignage chr\u00e9tien exprime la beaut\u00e9 du christianisme, et tout autant elle la fait advenir. \u00ab\u00a0<em>Comment pouvons-nous \u00eatre cr\u00e9dibles dans notre annonce d\u2019une \u2018bonne nouvelle\u2019, si notre vie ne r\u00e9ussit pas \u00e0 manifester aussi la \u2018beaut\u00e9\u2019 de cette vie\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb De la rencontre de foi avec le Christ, jaillissent ainsi, dans un dynamisme int\u00e9rieur soutenu par la Gr\u00e2ce, la saintet\u00e9 des disciples et leur capacit\u00e9 \u00e0 rendre \u00ab\u00a0belle et bonne\u00a0\u00bb leur vie comme celle de leur prochain. Ce n\u2019est pas une beaut\u00e9 ext\u00e9rieure et superficielle, toute de fa\u00e7ade, mais une beaut\u00e9 int\u00e9rieure qui se dessine sous l\u2019action de l\u2019Esprit Saint. Elle resplendit devant les hommes\u00a0: nul ne peut cacher ce qui est partie essentielle de son \u00eatre.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019appel de Jean-Paul II \u00e0 l\u2019intention des personnes consacr\u00e9es, dans l\u2019Exhortation apostolique post-synodale\u00a0<em>Vita consecrata\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0<em>C\u2019est \u00e0 vous surtout, femmes et hommes consacr\u00e9s, qu\u2019au terme de cette Exhortation j\u2019adresse avec confiance mon appel\u00a0: vivez pleinement votre offrande \u00e0 Dieu, pour que ce monde ne soit pas priv\u00e9 d\u2019un rayon de la beaut\u00e9 divine qui illumine la route de l\u2019existence humaine. Les chr\u00e9tiens, plong\u00e9s dans les occupations et les soucis de ce monde, mais appel\u00e9s, eux aussi, \u00e0 la saintet\u00e9, ont besoin de trouver en vous des c\u0153urs purifi\u00e9s qui \u00ab voient \u00bb Dieu dans la foi, des personnes dociles \u00e0 l\u2019action de l\u2019Esprit Saint, qui marchent all\u00e8grement, fid\u00e8les au charisme de leur vocation et de leur mission.<\/em>\u00a0\u00bb (n. 109) L\u00e0 o\u00f9 la charit\u00e9 rayonne, l\u00e0 se manifeste la beaut\u00e9 qui sauve, l\u00e0 est rendue gloire au P\u00e8re, l\u00e0 grandit l\u2019unit\u00e9 des disciples de Notre Seigneur bien-aim\u00e9.<\/p>\n<p>Pavel Florenskij, chantre russe de la beaut\u00e9, martyr du XXe si\u00e8cle, commente ainsi un passage de l\u2019\u00c9vangile de saint Matthieu (5, 16)\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Vos \u2018actes bons\u2019 ne signifient pas en r\u00e9alit\u00e9 \u2018actes bons\u2019 au sens philanthropique et moraliste\u00a0: t\u00e0 kal\u00e0 \u00e9rga veut dire \u2018actes beaux\u2019, r\u00e9v\u00e9lations lumineuses et harmonieuses de la personnalit\u00e9 spirituelle \u2013 surtout, un visage lumineux, beau, d\u2019une beaut\u00e9 qui donne \u00e0 \u2018la lumi\u00e8re int\u00e9rieure\u2019 de l\u2019homme de se r\u00e9pandre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. C\u2019est alors que, vaincus par cette lumi\u00e8re irr\u00e9sistible, les hommes rendent gloire au P\u00e8re c\u00e9leste, et son image resplendit ainsi sur la terre<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>. Ainsi, la vie chr\u00e9tienne est appel\u00e9e \u00e0 devenir, dans la force de la Gr\u00e2ce donn\u00e9e par le Christ ressuscit\u00e9, un \u00e9v\u00e9nement de beaut\u00e9 susceptible de susciter l\u2019admiration, de provoquer la r\u00e9flexion et d\u2019inciter \u00e0 la conversion. La rencontre avec le Christ et avec ses disciples, en particulier avec Marie sa m\u00e8re et avec les saints, ses t\u00e9moins, doit pouvoir toujours devenir, en toutes circonstances, un \u00e9v\u00e8nement de beaut\u00e9, un moment de joie, la d\u00e9couverte d\u2019une dimension nouvelle de l\u2019existence, une incitation \u00e0 se remettre en route vers la Patrie du Ciel pour jouir de la vision de \u00ab\u00a0<em>la V\u00e9rit\u00e9 tout enti\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb, de la beaut\u00e9 de l\u2019Amour de Dieu\u00a0: la beaut\u00e9 est splendeur de la V\u00e9rit\u00e9 et floraison de l\u2019Amour. Comme l\u2019\u00e9crit saint Augustin dans\u00a0<em>La cit\u00e9 de Dieu\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0<em>L\u00e0 nous verrons, nous aimerons et nous louerons sans fin<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978776\"><\/a><a name=\"_Toc137978890\"><\/a><a name=\"_Toc138048506\"><\/a><a name=\"_Toc138050339\"><\/a>C) La beaut\u00e9 de la Liturgie.<\/strong>\u00a0La beaut\u00e9 de l\u2019amour du Christ vient chaque jour \u00e0 notre rencontre, non seulement \u00e0 travers l\u2019exemple des saints, mais encore dans la sainte Liturgie, particuli\u00e8rement dans la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019Eucharistie o\u00f9 le Myst\u00e8re se rend pr\u00e9sent et illumine de sens et de beaut\u00e9 toute notre existence. C\u2019est l\u2019extraordinaire moyen par lequel notre Seigneur, mort et ressuscit\u00e9, nous communique sa vie, nous rattache \u00e0 son Corps comme ses membres vivants, et ainsi nous rend participants de sa beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Florenskij d\u00e9crit la beaut\u00e9 de la liturgie, symbole des symboles du monde, comme ce qui permet la transformation du temps et de l\u2019espace \u00ab\u00a0<em>dans le temps saint, myst\u00e9rieux, qui brille d\u2019une beaut\u00e9 c\u00e9leste\u00a0<\/em>\u00bb. Dans l\u2019article d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>, le P\u00e8re Sch\u00f6nborn indique trois fonctions des saintes images dans la vie de l\u2019\u00c9glise, qui ne doivent pas manquer dans l\u2019art chr\u00e9tien et donc, dans la liturgie\u00a0: les images sacr\u00e9es sont des \u00ab\u00a0signes comm\u00e9moratifs\u00a0\u00bb\u00a0: l\u2019\u00c9glise ne peut vivre sans faire m\u00e9moire de ce qui le Seigneur a fait et dit\u00a0; des \u00ab\u00a0signes d\u00e9monstratifs\u00a0\u00bb\u00a0: elles ne comm\u00e9morent pas seulement des faits du pass\u00e9, elles indiquent la pr\u00e9sence du salut\u00a0; et des \u00ab\u00a0signes prognostiques\u00a0\u00bb\u00a0: en nous repr\u00e9sentant le Christ et ses saints, l\u2019art chr\u00e9tien tourne notre regard vers l\u2019avenir, vers notre but ultime, le Christ dans la gloire de son P\u00e8re. Croix et r\u00e9surrection sont ins\u00e9parables\u00a0: l\u2019art chr\u00e9tien manquerait d\u2019une dimension essentielle s\u2019il ne donnait pas un certain avant-go\u00fbt de la gloire \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Dans une conf\u00e9rence au XXIII\u00e8me Congr\u00e8s eucharistique national italien, le Cardinal Ratzinger reprenait, en introduction, la vieille l\u00e9gende relative aux origines du christianisme en Russie\u00a0: le Prince Vladimir de Kiev se serait d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 l\u2019\u00c9glise Orthodoxe de Constantinople apr\u00e8s avoir entendu les \u00e9missaires qu\u2019il avait envoy\u00e9s \u00e0 Constantinople, o\u00f9 ils avaient assist\u00e9 \u00e0 une liturgie solennelle dans la basilique Sainte-Sophie. Ils dirent au prince\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Nous ne savions pas si nous \u00e9tions au ciel ou sur la terre\u2026 Nous en sommes t\u00e9moins\u00a0: Dieu a fait l\u00e0 sa demeure parmi les hommes.<\/em>\u00a0\u00bb Et le Cardinal th\u00e9ologien tirait de ce r\u00e9cit le fond de v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 retenir\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Il est en effet certain que la force interne de la liturgie a jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans la diffusion du christianisme\u2026 Ce qui a convaincu les \u00e9missaires du prince russe que la foi c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans la liturgie orthodoxe \u00e9tait la vraie, ce ne fut pas une argumentation de type missionnaire dont les \u00e9l\u00e9ments fussent apparus, \u00e0 ceux qui les \u00e9coutaient, plus convaincants que ceux des autres religions. Ce qui les a frapp\u00e9s, ce fut plut\u00f4t le myst\u00e8re en tant que tel, un myst\u00e8re qui, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019il se situait au-del\u00e0 de toute discussion, imposait \u00e0 la raison la force de la v\u00e9rit\u00e9<\/em>.\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a>\u00a0Comment ne pas souligner l\u2019importance de l\u2019art de l\u2019ic\u00f4ne, merveilleux h\u00e9ritage de l\u2019Orient chr\u00e9tien, qui donne d\u2019\u00e9prouver encore aujourd\u2019hui quelque chose de la liturgie de l\u2019\u00c9glise indivise\u00a0: son langage d\u2019une grande richesse et si profond plonge ses racines dans l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019\u00c9glise indivise, des catacombes romaines aux mosa\u00efques de Rome et de Ravenne tout autant que de Byzance.<\/p>\n<p>Pour le croyant, la beaut\u00e9 transcende l\u2019esth\u00e9tique. Elle permet le passage du \u00ab\u00a0<em>pour soi<\/em>\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0<em>plus grand que soi<\/em>\u00a0\u00bb. La liturgie n\u2019est belle, et donc vraie, que \u00ab\u00a0d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e\u00a0\u00bb, d\u00e9pourvue de tout motif autre que celui de la c\u00e9l\u00e9bration de Dieu, pour Lui, par Lui, avec Lui et en Lui. Il s\u2019agit \u00ab\u00a0<em>de se tenir devant Dieu et de porter son regard sur lui, \u00e9clairant d\u2019une lumi\u00e8re divine ce que se passe<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est dans cette aust\u00e8re simplicit\u00e9 qu\u2019elle devient missionnaire, c\u2019est \u00e0 dire capable de t\u00e9moigner aux observateurs qui se laissent saisir dans sa dynamique, la r\u00e9alit\u00e9 invisible qu\u2019elle donne de go\u00fbter.<\/p>\n<p>Le po\u00e8te dramaturge fran\u00e7ais Paul Claudel t\u00e9moigne de la force interne de la liturgie dans le t\u00e9moignage de sa conversion, pendant le chant des V\u00eapres, le Magnificat de No\u00ebl \u00e0 Notre-Dame de Paris\u00a0: \u00ab\u00a0<em>C\u2019est alors que se produisit l\u2019\u00e9v\u00e9nement qui domine toute ma vie. En un instant, mon c\u0153ur fut touch\u00e9 et je crus. Je crus, d\u2019une telle force d\u2019adh\u00e9sion, d\u2019un tel soul\u00e8vement de tout mon \u00eatre, d\u2019une conviction si puissante, d\u2019une telle certitude ne laissant place \u00e0 aucune esp\u00e8ce de doute que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d\u2019une vie agit\u00e9e, n\u2019ont pu \u00e9branler ma foi, ni, \u00e0 vrai dire, la toucher.<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a><\/p>\n<p>La beaut\u00e9 de la liturgie, moment essentiel de l\u2019exp\u00e9rience de foi et du cheminement vers une foi adulte, ne saurait se r\u00e9duire \u00e0 sa seule beaut\u00e9 formelle. Elle est d\u2019abord la beaut\u00e9 profonde de la rencontre avec le myst\u00e8re de Dieu, pr\u00e9sent au milieu des hommes par l\u2019interm\u00e9diaire de son Fils, \u00ab\u00a0<em>le plus beau des enfants de l\u2019homme<\/em>\u00a0(<em>Ps<\/em>\u00a045, 2), qui renouvelle sans cesse pour nous son sacrifice d\u2019amour. Elle exprime la beaut\u00e9 de la communion avec Lui et avec nos fr\u00e8res, la beaut\u00e9 d\u2019une harmonie qui se traduit en des gestes, des symboles, des paroles, des images et des m\u00e9lodies qui touchent le c\u0153ur et l\u2019esprit, et suscitent l\u2019\u00e9merveillement et le d\u00e9sir de rencontrer le Seigneur ressuscit\u00e9, Lui qui est la \u00ab\u00a0<em>Porte de la Beaut\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb. Ce qui fait la beaut\u00e9 de la liturgie, ce n\u2019est pas tant la parfaite coordination des gestes et des attitudes, le parfait agencement des voix ou l\u2019harmonie du ch\u0153ur, c\u2019est l\u2019inspiration de la vision int\u00e9rieure partag\u00e9e par tous les acteurs de l\u2019action sacr\u00e9e. Cette source commune peut jaillir dans la mesure o\u00f9 le chantre, le liturge, se fond, s\u2019efface en quelque sorte pour devenir transparent de la lumi\u00e8re qu\u2019il veut refl\u00e9ter. La beaut\u00e9 de la liturgie n\u2019est autre que le discret et humble reflet de la Beaut\u00e9 de Dieu. Elle a ses exigences, et la premi\u00e8re est l\u2019humilit\u00e9 du croyant. \u00ab\u00a0<em>Me voici, Seigneur, pour faire ta volont\u00e9.<\/em>\u00a0\u00bb La liturgie n\u2019est jamais la liturgie d\u2019un homme, ou d\u2019une communaut\u00e9\u00a0: elle est liturgie de l\u2019\u00c9glise, Corps du Christ tout entier, et par l\u00e0 m\u00eame, elle est la liturgie du Christ Grand Pr\u00eatre qui, sans cesse tourn\u00e9 vers le P\u00e8re, lui pr\u00e9sente le visage orant de ses fr\u00e8res.<\/p>\n<p>La superficialit\u00e9, et parfois m\u00eame la banalit\u00e9, voire la n\u00e9gligence de certaines c\u00e9l\u00e9brations liturgiques, non seulement n\u2019aident pas le croyant \u00e0 avancer dans son cheminement de foi, mais surtout heurtent ceux qui reviennent aux c\u00e9l\u00e9brations chr\u00e9tiennes et, en particulier, \u00e0 l\u2019Eucharistie dominicale. Ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, certains en sont venus \u00e0 accorder une importance excessive \u00e0 la dimension p\u00e9dagogique et \u00e0 la volont\u00e9 de rendre la liturgie compr\u00e9hensible m\u00eame aux observateurs ext\u00e9rieurs, et ont minimis\u00e9 sa fonction premi\u00e8re\u00a0: nous introduire de tout notre \u00eatre dans un myst\u00e8re qui nous d\u00e9passe totalement. Urs von Balthasar aide \u00e0 en percevoir la profondeur par sa r\u00e9flexion sur le \u00ab\u00a0<em>paradoxe insoluble<\/em>\u00a0\u00bb du myst\u00e8re de la beaut\u00e9<em>.\u00a0<\/em>\u00ab\u00a0<em>Car toujours,\u00a0<\/em>dit-il,\u00a0<em>ce qui se manifeste est, dans sa manifestation m\u00eame, ce qui ne se manifeste pas\u2026 Dans la surface visible de la manifestation, on per\u00e7oit la profondeur qui ne se manifeste pas, et c\u2019est cela seul qui donne au ph\u00e9nom\u00e8ne du beau son caract\u00e8re enchanteur et subjuguant, de m\u00eame que cela seul assure \u00e0 l\u2019\u00e9tant sa v\u00e9rit\u00e9 et sa bont\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>\u00a0C\u00e9l\u00e9bration de la foi dans l\u2019action salvifique de Dieu en Son Fils J\u00e9sus, c\u2019est par l\u00e0 que la liturgie est missionnaire. Essentiellement tourn\u00e9e vers Dieu, elle est belle quand elle permet \u00e0 toute la beaut\u00e9 du myst\u00e8re d\u2019amour et de communion, de se manifester.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a>\u00a0La liturgie est belle, quand elle est \u00ab\u00a0agr\u00e9able \u00e0 Dieu\u00a0\u00bb et nous introduit dans la joie divine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc137978777\"><\/a><a name=\"_Toc137978891\"><\/a><a name=\"_Toc138048507\"><\/a><strong><a name=\"_Toc138050340\"><\/a>Propositions pastorales.<\/strong><\/p>\n<p>Il convient de proposer le message du Christ dans toute sa beaut\u00e9, capable d\u2019attirer les esprits et les c\u0153urs par les liens de l\u2019amour. En m\u00eame temps, les chr\u00e9tiens sont appel\u00e9s \u00e0 vivre et \u00e0 t\u00e9moigner de la beaut\u00e9 de la communion dans un monde souvent marqu\u00e9 par la d\u00e9sharmonie et l\u2019\u00e9clatement. Il s\u2019agit de transformer en \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e8nements de beaut\u00e9\u00a0\u00bb tous les gestes de la charit\u00e9 quotidienne et l\u2019ensemble des activit\u00e9s pastorales ordinaires des \u00e9glises locales. La beaut\u00e9 salvatrice du Christ demande \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e de mani\u00e8re renouvel\u00e9e pour \u00eatre accueillie et contempl\u00e9e non seulement par chaque croyant, mais aussi par ceux qui se d\u00e9clarent peu concern\u00e9s, voire indiff\u00e9rents. Il s\u2019agit notamment de sensibiliser les pasteurs et les cat\u00e9ch\u00e8tes pour que, joignant la beaut\u00e9 de l\u2019expression \u00e0 la rigueur de l\u2019expos\u00e9, leurs pr\u00e9dications et leurs enseignements conduisent leurs auditeurs \u00e0 \u00eatre saisis par la beaut\u00e9 du Christ. Les chr\u00e9tiens sont appel\u00e9s \u00e0 t\u00e9moigner de la joie de se savoir aim\u00e9s de Dieu et de la beaut\u00e9 d\u2019une vie transform\u00e9e par cet amour qui vient d\u2019En-haut.<\/p>\n<p>Pour la cl\u00f4ture du grand Jubil\u00e9 de l\u2019an 2000, Jean-Paul II a adress\u00e9 \u00e0 toute l\u2019\u00c9glise sa Lettre apostolique\u00a0<em>Novo millennio ineunte<\/em>, o\u00f9 il invite express\u00e9ment \u00e0 repartir du Christ et \u00e0 apprendre \u00e0 contempler son visage. De cette contemplation jaillit le d\u00e9sir, la n\u00e9cessit\u00e9 et l\u2019urgence de red\u00e9couvrir le sens authentique du myst\u00e8re et de la liturgie chr\u00e9tienne, dans laquelle se vit concr\u00e8tement la rencontre avec le Seigneur mort et ressuscit\u00e9<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette invitation, de nombreux \u00e9v\u00eaques ont adress\u00e9 \u00e0 leurs dioc\u00e9sains des\u00a0<em>Lettres pastorales<\/em>\u00a0sur la beaut\u00e9 du salut et le sens de la c\u00e9l\u00e9bration liturgique, tout en soulignant la beaut\u00e9 de la rencontre avec le Christ, le dimanche, jour qui Lui est consacr\u00e9 et qui permet de faire une pause dans les rythmes fr\u00e9n\u00e9tiques de nos soci\u00e9t\u00e9s.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a>\u00a0Par ailleurs, au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, et surtout \u00e0 partir du discours de Paul VI au VII\u00e8me Congr\u00e8s International de Mariologie, le 16 mai 1975, la\u00a0<em>Via pulchritudinis<\/em>\u00a0a \u00e9t\u00e9 amplement parcourue en mariologie, avec des r\u00e9sultats positifs et prometteurs.<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a><\/p>\n<p>Il importe de pr\u00e9senter dans un langage qui parle et pla\u00eet \u00e0 nos contemporains, en utilisant les moyens les mieux adapt\u00e9s, les pr\u00e9cieux t\u00e9moignages donn\u00e9s par la M\u00e8re de Dieu, les martyrs et les saints\u00a0qui, d\u2019une mani\u00e8re particuli\u00e8rement \u00ab\u00a0attrayante\u00a0\u00bb ont suivi le Christ. Beaucoup est fait, en cat\u00e9ch\u00e8se, pour faire d\u00e9couvrir les figures extraordinaires des saints qui, nous le constatons aujourd\u2019hui encore, exercent une authentique fascination sur les jeunes, tels Fran\u00e7ois d\u2019Assise et Jos\u00e9 de Anchieta, Juan Diego et Th\u00e9r\u00e8se de l\u2019Enfant-J\u00e9sus, Rose de Lima et Bakhita, Kisito et Maria Goretti, le P\u00e8re Kolbe et M\u00e8re Teresa, etc., \u00e0 travers bandes dessin\u00e9es, th\u00e9\u00e2tre, publications, films, r\u00e9citals et com\u00e9dies musicales. Leurs exemples le rappellent\u00a0: chaque chr\u00e9tien est un authentique p\u00e8lerin sur le chemin de la beaut\u00e9, de la v\u00e9rit\u00e9, de la bont\u00e9, en marche vers la J\u00e9rusalem C\u00e9leste o\u00f9 nous contemplerons la beaut\u00e9 de Dieu, dans une intense relation d\u2019amour, dans le \u00ab\u00a0<em>face \u00e0 face<\/em>\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0<em>L\u00e0 , nous nous reposerons et nous verrons ; nous verrons et nous aimerons ; nous aimerons et nous louerons. Voil\u00e0 ce qui sera \u00e0 la fin, sans fin.<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a><\/p>\n<p>Une formation appropri\u00e9e aidera les fid\u00e8les \u00e0 progresser dans le sens de la pri\u00e8re d\u2019adoration et de louange pour participer en v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 une liturgie v\u00e9cue dans sa pl\u00e9nitude de beaut\u00e9 qui introduit au myst\u00e8re de foi. Aussi est-il n\u00e9cessaire, en m\u00eame temps que de r\u00e9apprendre aux fid\u00e8les \u00e0 s\u2019\u00e9merveiller devant l\u2019\u0153uvre que Dieu accomplit dans nos vies, de redonner \u00e0 la liturgie sa vraie \u00ab\u00a0splendeur\u00a0\u00bb, toute sa dignit\u00e9 et sa v\u00e9ritable beaut\u00e9, par la red\u00e9couverte du sens v\u00e9ridique du myst\u00e8re chr\u00e9tien, et de former les fid\u00e8les pour les rendre aptes \u00e0 entrer dans le sens et la beaut\u00e9 du myst\u00e8re c\u00e9l\u00e9br\u00e9, et en vivre d\u2019une mani\u00e8re authentique.<\/p>\n<p>La liturgie n\u2019est pas un\u00a0<em>facere\u00a0<\/em>de l\u2019homme, mais une \u0153uvre divine. Il est important d\u2019aider les fid\u00e8les \u00e0 percevoir que l\u2019acte de religion n\u2019est pas le fruit d\u2019une \u00ab\u00a0activit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0\u2013 un \u00ab\u00a0produit\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0m\u00e9rite\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0gain\u00a0\u00bb \u2013, mais l\u2019expression d\u2019un myst\u00e8re, d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 qui ne peut \u00eatre enti\u00e8rement comprise mais qui demande \u00e0 \u00eatre re\u00e7ue plus qu\u2019\u00e0 \u00eatre conceptualis\u00e9e. Il s\u2019agit d\u2019un acte purement libre de toute consid\u00e9ration d\u2019efficience. L\u2019attitude du croyant dans la liturgie est caract\u00e9ris\u00e9e par sa capacit\u00e9 \u00e0 recevoir, condition du progr\u00e8s dans la vie spirituelle. Cette attitude n\u2019est plus spontan\u00e9e dans une culture o\u00f9 le rationalisme dominant tend \u00e0 \u00e9touffer jusqu\u2019aux sentiments les plus intimes.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas moins urgent de favoriser la cr\u00e9ation artistique pour revivifier un art sacr\u00e9 qui soit apte \u00e0 accompagner et soutenir la c\u00e9l\u00e9bration des myst\u00e8res de la foi, capable de redonner une beaut\u00e9 expressive aux \u00e9difices du culte et au mobilier liturgique. Ainsi, les liturgies seront, certes, accueillantes, mais surtout capables de communiquer le sens authentique de la liturgie chr\u00e9tienne, tout en favorisant la pleine participation des fid\u00e8les aux myst\u00e8res, selon le v\u0153u formul\u00e9 \u00e0 maintes reprises par les P\u00e8res du Synode des \u00c9v\u00eaques sur l\u2019Eucharistie, convoqu\u00e9 par le serviteur de Dieu Jean-Paul II et pr\u00e9sid\u00e9 par le pape Beno\u00eet XVI \u00e0 l\u2019automne 2005.<\/p>\n<p>Certes, les \u00e9glises doivent \u00eatre esth\u00e9tiquement belles, bien d\u00e9cor\u00e9es, les liturgies accompagn\u00e9es de beaux chants et de pi\u00e8ces musicales de valeur, les c\u00e9l\u00e9brations dignes et les pr\u00e9dications soign\u00e9es, mais ce n\u2019est pas cela qui, en d\u00e9finitive, est\u00a0<em>via pulchritudinis<\/em>\u00a0capable de conduire \u00e0 Dieu. Ce ne sont que les conditions qui facilitent l\u2019agir de la gr\u00e2ce de Dieu. Il s\u2019agit donc d\u2019\u00e9duquer les fid\u00e8les \u00e0 ne pas laisser cours \u00e0 la seule dimension esth\u00e9tique, pour suggestive qu\u2019elle soit, et de les aider \u00e0 percevoir que la Liturgie est un acte divin qui ne se laisse pas d\u00e9terminer par une ambiance, un climat, ni m\u00eame des rubriques, car il est myst\u00e8re de foi c\u00e9l\u00e9br\u00e9 en \u00c9glise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a name=\"_Toc137978352\"><\/a><a name=\"_Toc137978778\"><\/a><a name=\"_Toc137978892\"><\/a><a name=\"_Toc138048508\"><\/a><a name=\"_Toc138050341\"><\/a>CONCLUSION<\/strong><\/p>\n<p>Proposer la\u00a0<em>Via pulchritudinis<\/em>\u00a0comme\u00a0<em>chemin d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation et de dialogue<\/em>, c\u2019est partir d\u2019une interrogation lancinante, parfois latente, mais toujours pr\u00e9sente au c\u0153ur de l\u2019homme\u00a0: \u00ab\u00a0<strong><em>Qu\u2019est-ce que la beaut\u00e9\u00a0?<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb, pour conduire \u00ab\u00a0<em>tous les hommes de bonne volont\u00e9, dans lesquels, invisiblement, agit la gr\u00e2ce<\/em>\u00a0\u00bb, vers \u00ab\u00a0<em>l\u2019homme parfait<\/em>\u00a0\u00bb qui est l\u2019 \u00ab\u00a0<em>image du Dieu invisible<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Col<\/em>\u00a01, 15).<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a><\/p>\n<p>Cette interrogation remonte \u00e0 l\u2019origine des temps, comme si l\u2019homme recherchait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment, depuis la chute originelle, ce monde de beaut\u00e9 d\u00e9sormais hors de sa port\u00e9e. Elle traverse l\u2019histoire sous de multiples formes, et la profusion d\u2019une multitude d\u2019\u0153uvres de beaut\u00e9 en toutes les civilisations ne parvient pas en \u00e9tancher la soif.<\/p>\n<p>Pilate pose au Christ la question de la v\u00e9rit\u00e9. Le Christ ne r\u00e9pond pas, ou plut\u00f4t sa r\u00e9ponse est silence\u00a0: cette v\u00e9rit\u00e9-l\u00e0 ne se dit pas, mais se rejoint sans paroles au plus intime de l\u2019\u00eatre. J\u00e9sus s\u2019\u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 ses disciples\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je suis le Chemin, la V\u00e9rit\u00e9 et la Vie<\/em>\u00a0\u00bb. Maintenant il se tait. Dans un instant il va montrer le chemin, chemin de v\u00e9rit\u00e9, qui aboutit \u00e0 la Croix, myst\u00e8re de sagesse. Pilate ne comprend pas, mais myst\u00e9rieusement, il donne lui-m\u00eame la r\u00e9ponse \u00e0 sa question\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Qu\u2019est-ce que la v\u00e9rit\u00e9\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb. Devant le peuple, il s\u2019\u00e9crie\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Voici l\u2019homme<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est le Christ qui est la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Si la beaut\u00e9 est la splendeur de la v\u00e9rit\u00e9, alors notre interrogation rejoint celle de Pilate, et la r\u00e9ponse se fait identique\u00a0:\u00a0<strong>c\u2019est J\u00e9sus lui-m\u00eame qui est la Beaut\u00e9<\/strong>. Il se manifeste du Thabor \u00e0 la Croix pour \u00e9clairer le myst\u00e8re de l\u2019homme, d\u00e9figur\u00e9 par le p\u00e9ch\u00e9, mais purifi\u00e9 et recr\u00e9\u00e9 par l\u2019Amour r\u00e9dempteur. J\u00e9sus n\u2019est pas un chemin parmi d\u2019autres, une v\u00e9rit\u00e9 parmi d\u2019autres, une beaut\u00e9 parmi d\u2019autres. Il ne propose pas une vie parmi d\u2019autres\u00a0: Il est\u00a0<em>le chemin<\/em>vivant qui conduit \u00e0\u00a0<em>la v\u00e9rit\u00e9\u00a0<\/em>vivante qui donne\u00a0<em>la vie<\/em>. Beaut\u00e9 supr\u00eame, splendeur de V\u00e9rit\u00e9, J\u00e9sus est \u00e0 la source de toute beaut\u00e9, parce que, Verbe de Dieu fait chair, il est la manifestation du P\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Celui qui m\u2019a vu a vu le P\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Jn\u00a0<\/em>14, 9).<\/p>\n<p>Le sommet, l\u2019arch\u00e9type de toute beaut\u00e9 se manifeste dans le visage du Fils de l\u2019homme crucifi\u00e9 sur la Croix des douleurs, r\u00e9v\u00e9lation de l\u2019amour infini de Dieu qui, dans sa mis\u00e9ricorde pour ses cr\u00e9atures, restaure la beaut\u00e9 perdue avec la faute originelle. \u00ab\u00a0<em>La beaut\u00e9 sauvera le monde\u00a0<\/em>\u00bb parce que cette beaut\u00e9 est le Christ, seule beaut\u00e9 qui d\u00e9fie le mal, et triomphe de la mort. Par amour, le \u00ab\u00a0<em>plus beau des enfants de l\u2019homme<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0s\u2019est fait \u00ab\u00a0<em>l\u2019homme des douleurs<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>sans beaut\u00e9 ni \u00e9clat pour attirer nos regards<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Is<\/em>\u00a053, 2), et il a ainsi rendu \u00e0 l\u2019homme, \u00e0 chaque homme, en pl\u00e9nitude sa beaut\u00e9, sa dignit\u00e9 et sa vraie grandeur. Dans le Christ, et seulement en Lui, notre\u00a0<em>via Crucis<\/em>\u00a0se transforme dans la sienne en\u00a0<em>via lucis<\/em>\u00a0et en\u00a0<em>via pulchritudinis<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise du troisi\u00e8me mill\u00e9naire recherche cette beaut\u00e9 dans la rencontre avec son Seigneur, et, avec Lui, dans le dialogue d\u2019amour des hommes et des femmes de notre temps. Au c\u0153ur des cultures, pour r\u00e9pondre \u00e0 leurs angoisses, leurs joies et leurs espoirs, elle ne cesse de professer\u00a0avec le pape Beno\u00eet XVI\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien \u2013 absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non\u00a0! Dans cette amiti\u00e9 seulement s\u2019ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amiti\u00e9 seulement se d\u00e9voilent r\u00e9ellement les grandes potentialit\u00e9s de la condition humaine. Dans cette amiti\u00e9 seulement nous faisons l\u2019exp\u00e9rience de ce qui est beau et de ce qui lib\u00e8re.<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a>\u00a0Cf.\u00a0<em>Cultures et foi<\/em>, Cit\u00e9 du Vatican, n\u00b0 2, 2002.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>\u00a0Cf. le document \u00ab\u00a0<em>O\u00f9 est-il ton Dieu\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb, publi\u00e9 en diff\u00e9rentes langues : P.\u00a0POUPARD\u00a0\u2013 CONSEIL PONTIFICAL DE LA CULTURE,\u00a0<em>O\u00f9 est-il ton Dieu ?\u00a0<\/em><em>La foi chr\u00e9tienne au d\u00e9fi de l\u2019indiff\u00e9rence religieuse<\/em>, Salvator, Paris 2004 ;\u00a0<em>Fede cristiana, non credenza e indifferenza religiosa<\/em>, in \u201cReligioni e sette nel mondo\u201c, 26, 2003-2004 ;\u00a0<em>Where Is Your God ?\u00a0<\/em><em>Responding to the Challenge of Unbelief and Religious Indifference Today &#8211; D\u00f3nde est\u00e1 tu Dios ?\u00a0La fe cristiana ante la increencia religiosa<\/em>, Chicago 2004 ;\u00a0<em>D\u00f3nde est\u00e1 tu Dios ? La fe cristiana ante la increencia religiosa<\/em>, Valencia 2005 ;\u00a0<em>Gdje je tvoj Bog ? Kr\u0161\u0107anska vjera pred izazovom vjerske ravnodu\u0161nosti<\/em>, Sarajevo 2005.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a>\u00a0Cf. R.\u00a0R\u00c9MOND,\u00a0<em>Le Christianisme en accusation<\/em>, Paris 2000\u00a0;\u00a0<em>Le nouvel antichristianisme<\/em>,\u00a0<em>ibid.<\/em>, 2005.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a>\u00a0Outre les textes de la Plenaria 2004, cf. le document\u00a0<em>J\u00e9sus-Christ, le porteur d\u2019eau vive. Une r\u00e9flexion chr\u00e9tienne sur le \u00ab\u00a0Nouvel \u00c2ge\u00a0\u00bb<\/em>, Cit\u00e9\u00a0du Vatican 2003\u00a0;\u00a0<em>Ges\u00f9 Cristo portatore dell\u2019acqua viva.\u00a0<\/em><em>Una riflessione cristiana sul \u201cNew Age\u201d<\/em>;\u00a0<em>Jesus Christ the Bearer of the Water of Life.\u00a0<\/em><em>A Christian Reflection on the \u201cNew Age\u201c<\/em>;\u00a0<em>Jesucristo portador del agua de la vida. Una reflexi\u00f3n cristiana sobre la \u201cNueva Era\u201c<\/em>;\u00a0<em>Jesus Christus der Spender lebendigen Wassers.\u00a0<\/em><em>\u00dcberlegungen zu New Age aus christlicher Sicht<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a>\u00a0BENO\u00ceT\u00a0XVI,\u00a0<em>Hom\u00e9lie pour la messe d\u2019inauguration du Pontificat<\/em>, le 24 avril 2005,\u00a0<em>La Documentation catholique<\/em>, CII (2005) 545-549.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>\u00a0JEAN-PAUL\u00a0II,\u00a0<em>Lettre aux artistes<\/em>, 4 avril 1999, n. 3.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>\u00a0JEAN-PAUL\u00a0II,\u00a0<em>Fides et ratio<\/em>, 14 septembre 1998, n. 103.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a>\u00a0Pour une r\u00e9flexion sur une philosophie du beau et sur l\u2019activit\u00e9 artistique, voir M.-D.\u00a0PHILIPPE,\u00a0<em>L\u2019activit\u00e9 artistique. Philosophie du faire<\/em>, 2 vol., Paris 1969-1970, avec une importante bibliographie. Pour une r\u00e9flexion th\u00e9ologique, voir B.\u00a0FORTE,\u00a0<em>La porta della Bellezza.\u00a0<\/em><em>Per un\u2019estetica teologica<\/em>, Brescia 1999 ;\u00a0<em>Inquietudini della trascendenza<\/em>, chap. 3\u00a0: \u201cLa Bellezza\u201d, Brescia 2005, p. 45-55, et\u00a0<em>La bellezza di Dio<\/em>.\u00a0<em>Scriti e discorsi 2004-2005<\/em>, Edizioni San Paolo, 2006.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a>\u00a0JEAN-PAUL\u00a0II,\u00a0<em>Fides et ratio<\/em>,\u00a0<em>op. cit.<\/em>, n. 83.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a>\u00a0St\u00a0AUGUSTIN,\u00a0<em>Confessions<\/em>, X, 27.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a>\u00a0H.\u00a0URS VON BALTHASAR,\u00a0<em>La Gloire et la Croix. Les aspects esth\u00e9tiques de la R\u00e9v\u00e9lation<\/em>, I \u2013 Apparition, Coll. Th\u00e9ologie 61, Aubier, 1965, p. 16-17.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a>\u00a0<em>Discours pour le Prix Nobel<\/em>, in\u00a0<em>\u0152uvres<\/em>, t. IX, YMCA Press, Vermont-Paris 1981, p. 9.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a>\u00a0D. M.\u00a0TUROLDO, \u201cBellezza\u201c, in\u00a0<em>Nuovo Dizionario di Mariologia<\/em>, Ed.\u00a0Paoline, 1985, p. 222-223.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a>\u00a0Le pape\u00a0JEAN-PAUL\u00a0II a repris cette affirmation essentielle dans sa\u00a0<em>Lettre aux Artistes<\/em>, n.\u00a011.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a>\u00a0Cf.\u00a0JEAN SCOT ERIG\u00c8NE,\u00a0<em>De divisione naturae\u00a0<\/em>1.3, et saint Bonaventure,\u00a0<em>Collationes in Hexaemeron\u00a0<\/em>II, 27.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a>\u00a0Cf.\u00a0CONSEIL PONTIFICAL DE LA CULTURE,\u00a0<em>Pour une pastorale de la culture<\/em>, T\u00e9qui, 1999, n. 35.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a>\u00a0Cfr.\u00a0<em>The Human Search for Truth: Philosophy, Science, Theology. International Conference on Science and Faith. The Vatican 23-25 may 2000,\u00a0<\/em>Saint Joseph\u2019s University Press, Philadelphia, USA, 2002; tr. it.\u00a0<em>L\u2019uomo alla ricerca della verit\u00e0. Filosofia, scienza, teologia: prospettive per il terzo millennio. Conferenza internazionale su scienza e fede \u2013 Citt\u00e0 del Vaticano, 23-25 maggio 2000<\/em>, Vita e Pensiero, Milano 2005.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a>\u00a0St\u00a0BONAVENTURE,\u00a0<em>Legenda Maior<\/em>, IX.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a>\u00a0Cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique\u00a0<em>Duodecimum Saeculum<\/em>, 4 d\u00e9cembre 1987, Ch. IV\u00a0: L\u2019art chr\u00e9tien authentique, N. 10-11.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a>\u00a0JEAN-PAUL\u00a0II,\u00a0<em>Lettre aux artistes<\/em>, n. 12-13.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a>\u00a0Cf.\u00a0ASSOCIAZIONE ARTE E SPIRITUALIT\u00c0,\u00a0<em>Sulla via della Bellezza. Paolo VI e gli artisti<\/em>, Cahier n. 3, Brescia 2003, p. 71-76.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a>\u00a0Cf. D.\u00a0PONNAU, dans\u00a0<em>Forme et sens.\u00a0<\/em><em>Colloque de formation \u00e0 la dimension religieuse du patrimoine culturel<\/em>, Ecole du Louvre, Paris, 1997, p. 20.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a>\u00a0<em>Cat\u00e9chisme de l\u2019\u00c9glise catholique \u2013 Abr\u00e9g\u00e9<\/em>. Introduction, Bayard, Cerf, Fleurus-Mame, 2005, p. 21.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a>\u00a0<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, \u00e9dition fran\u00e7aise, n. 15, 12 avril 1988, p. 13.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a>\u00a0E.\u00a0BERTHOUD,\u00a0<em>2000 ans d\u2019art chr\u00e9tien<\/em>, CLD, 1998.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a>\u00a0JEAN-PAUL\u00a0II,\u00a0<em>Lettre aux artistes<\/em>,\u00a0<em>op. cit.<\/em>, n. 12 et 8.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a>\u00a0M. QUENOT,\u00a0<em>Du Dieu-homme \u00e0 l\u2019homme-Dieu. De l\u2019ic\u00f4ne du Christ \u00e0 l\u2019ic\u00f4ne des saints<\/em>, Cerf, 2004, avec 150 illustrations.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a>\u00a0St\u00a0IR\u00c9N\u00c9E,\u00a0<em>Adversus h\u00e6reses,\u00a0<\/em>IV, 20, 7.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a>\u00a0C. SCH\u00d6NBORN,\u00a0<em>L\u2019ic\u00f4ne du Christ. Fondements th\u00e9ologiques \u00e9labor\u00e9s entre le I<sup>e<\/sup>\u00a0et le II<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0Concile de Nic\u00e9e (325-787)<\/em>, Editions Universitaires, Fribourg, Suisse, 1976. Cf. aussi\u00a0PAUL EVDOKIMOV,\u00a0<em>L\u2019art de l\u2019ic\u00f4ne. Th\u00e9ologie de la beaut\u00e9<\/em>, Paris, 1970.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a>\u00a0Cf. n\u00b0 17\u00a0:\u00a0<em>Art et loisir<\/em>\u00a0et surtout n\u00b0 36\u00a0:\u00a0<em>L\u2019art et les artistes<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a>\u00a0Cf. la Lettre circulaire de la Commission pontificale pour les biens culturels de l\u2019\u00c9glise, sur\u00a0<em>La formation aux biens culturels dans les s\u00e9minaires<\/em>, 15 octobre 1992\u00a0; la Note pastorale de la Conf\u00e9rence \u00e9piscopale r\u00e9gionale de Toscane\u00a0:\u00a0<em>La vita si \u00e8 fatta visibile. La comunicazione della fede attraverso l\u2019Arte<\/em>, du 23 f\u00e9vrier 1997, et celle du Bureau national pour les Biens culturels eccl\u00e9siastiques de la Conf\u00e9rence \u00c9piscopale Italienne\u00a0:\u00a0<em>Spirito Creatore<\/em>, du 30 novembre 1997.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a>\u00a0Cf.\u00a0M. G. RIVA,\u00a0<em>Nell\u2019arte lo stupore di una Presenza<\/em>, San Paolo, Milano, 2004.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a>\u00a0E.\u00a0BIANCHI\u00a0<em>Perch\u00e9 e come evangelizzare di fronte all\u2019indifferentismo<\/em>, in \u201cVita e pensiero\u201c 2, 2005, p. 92-93.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a>\u00a0D.\u00a0BARSOTTI,\u00a0<em>\u00a0Il mistero cristiano nell\u2019anno liturgico<\/em>, Cinisello Balsamo 2004, p. 70.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a>\u00a0P. FLORENSKIJ,<em>\u00a0Les portes royales. Essai sur l\u2019ic\u00f4ne<\/em>, Milan 1999, 50.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a>\u00a0Cf. note 27.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a>\u00a0Card. J.\u00a0RATZINGER,\u00a0<em>Eucharistie et mission<\/em>, dans\u00a0<em>Liturgie et Mission<\/em>, Centre international d\u2019\u00e9tudes liturgiques, Paris, 2002, p. 13-16.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a>\u00a0Cf. P.\u00a0CLAUDEL,\u00a0<em>Ma conversion<\/em>, dans\u00a0<em>Contacts et circonstances<\/em>, Gallimard, 1940, p. 11 sq\u00a0; repris dans\u00a0<em>Ecclesia<\/em>,\u00a0<em>Lectures chr\u00e9tiennes,<\/em>\u00a0Paris, No<sup>\u00a0<\/sup>1, avril 1949, p. 53-58.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a>\u00a0URS VON BALTHASAR,\u00a0<em>La Gloire et la Croix<\/em>,\u00a0<em>op.cit.<\/em>, p. 373.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a>\u00a0Cf. T.\u00a0VERDON,\u00a0<em>Vedere il mistero. Il genio artistico della liturgia cattolica<\/em>, Mondatori 2003.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a>\u00a0Cf. aussi Exhortation Apostolique post-synodale\u00a0<em>Ecclesia in Europa,<\/em>\u00a028 juin 2003, n. 66-73 ; Encyclique\u00a0<em>Ecclesia de Eucharistia<\/em>, 17 avril 2003<em>\u00a0<\/em>; Lettre Apostolique\u00a0<em>Mane nobiscum<\/em>, 17 octobre 2004.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a>\u00a0Cf. par exemple : C.M.\u00a0MARTINI,\u00a0<em>Quelle beaut\u00e9 sauvera le monde?\u00a0<\/em>Lettre pastorale 1999-2000, Milan 1999 ; B.\u00a0FORTE,\u00a0<em>Pourquoi aller \u00e0 la messe le dimanche.\u00a0<\/em><em>L\u2019Eucharistie et la beaut\u00e9 de Dieu<\/em>, Cinisello Balsamo 2004 ; G.\u00a0VECERRICA,\u00a0<em>Diamo forma alla bellezza della vita cristiana<\/em>,\u00a0<em>Lettera pastorale<\/em>, Fabriano 2006.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a>\u00a0Cf.\u00a0ACAD\u00c9MIE PONTIFICALE MARIALE INTERNATIONALE,\u00a0<em>La m\u00e8re du Seigneur. M\u00e9moire, pr\u00e9sence, espoir<\/em>, Cit\u00e9 du Vatican, 2000, p. 40-42.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a>\u00a0St\u00a0AUGUSTIN,\u00a0<em>La Cit\u00e9 de Dieu<\/em>, XXII, 30, 5.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a>\u00a0CONCILE VATICAN\u00a0II,\u00a0<em>Gaudium et spes<\/em>, 22.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/pontifical_councils\/cultr\/documents\/rc_pc_cultr_doc_20060327_plenary-assembly_final-document_fr.html#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a>\u00a0BENO\u00ceT\u00a0XVI,\u00a0<em>Hom\u00e9lie pour la messe d\u2019inauguration de son Pontificat<\/em>, le 24 avril 2005,\u00a0<em>Documentation catholique\u00a0<\/em>CII (2005) 545-549.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOCUMENT FINAL DE L&#8217;ASSEMBL\u00c9E PL\u00c9NI\u00c8RE La\u00a0Via pulchritudinis, chemin privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation et de dialogue &nbsp; &nbsp; INTRODUCTION Le th\u00e8me de l\u2019Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re 2006 du Conseil Pontifical de la Culture s\u2019inscrit dans sa mission d\u2019aider l\u2019\u00c9glise \u00e0 transmettre la foi au Christ par une pastorale qui r\u00e9ponde aux d\u00e9fis de la culture contemporaine, notamment l\u2019indiff\u00e9rence religieuse et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mi_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[39,130,170],"tags":[76,138,171],"class_list":["post-306","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documents-officiels","category-definitions","category-synodes","tag-christ","tag-beaute","tag-chemin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/306"}],"collection":[{"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=306"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/306\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":308,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/306\/revisions\/308"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=306"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=306"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archiliturgique.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=306"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}